‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 48 sur 108 · Ord. 24 août 1833, BiUl. v/nvo., t. III, p · texte numérisé non relu

Ord. 24 août 1833, BiUl. v/nvo., t. III, p

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vante, M. de SaWandy posa les bases d'une organisation nouvelle sincèrement et largement libérale ^

M. de Salvandy s'attachait d'abord aux collèges des départements, dont il attribuait l'infériorité trop certaine à la déplorable insuffisance des traitements. Il proposait en conséquence d'accorder à chaque ordre de professeurs des augmentations habilement calculées, de manière que toutes les positions étant relevées, la hiérarchie des rangs, fondée sur la différence des enseignements, ne souffrît néanmoins aucune atteinte. Le souci des règles hiérarchiques et de la situation malheureuse des personnes avait conduit également M. de Salvandy à demander que les traitements des censeurs, qui nulle part n'étaient en rapport avec l'importance de leurs fonctions, fussent graduellement améliorés. En même temps ^ le Ministre signalait les nouveaux développements, et par conséquent les nouvelles dépenses que l'instruction secondaire réclamait; l'enseignement des langues vivantes à constituer d'une manière sérieuse; les encouragements à donner à l'étude du chant; la nécessité d'établir des chaires d'histoire dans les collèges qui n'en possédaient pas, et de pourvoir au traitement des agrégés divisionnaires dans tous ceux où le grand nombre des élèves avait entraîné le dédoublement des classes.

« L'élite de la jeunesse française, disait M. de Salvandy, doit trouver dans nos collèges une éducation morfile et dirigée sainement, des études fortes et comprenant toutes les parties de l'instruction scientifique

.1. Rapport au Roi sur le budget général des dépenses pour Vexercice 1840. Paris, 1839, in-4% p. 42 et suiv.

et littéraire qui disposent au choix d'une carrière, et sont utiles ensuite, quelle que soit la vocation adoptée, dans le cours entier de la vie. En un mot, rien ne doit être négligé pour que les établissements publics, ceux de TÉtat surtout, soient, conformément au but de leur institution, de véritables établissements modèles, et plus déjà la concurrence est grande et active, plus elle est destinée à le devenir, plus aussi l'Université doit s'appliquer à défier toutes les rivalités par la force des études et de la discipline chez les élèves, par les garanties de savoir et de dignité morale chez les maîtres. »

Ces sages paroles ne pouvaient manquer de porter leurs fruits. Toutefois, la Commission du budget ne se laissa pas entièrement convaincre; et opposant des motifs d'économie, elle rejeta une partie des augmentations proposées*.

Pour réaliser les plans généraux du ministre , il eût fallu une somme de 364450 fr. La loi de finances du 1 août 1 839, accorda seulement 233 400 fr. , qui furent employés , sous la première administration de M, Villemain, à relever la plupart des traitements dans les collèges de second et de troisième ordre; à porter à la première classe les professeurs de mathématiques spéciales; à la troisième classe, les professeurs de sixième ; à rémunérer les agrégés divisionnaires des collèges royaux de Paris qui ne recevaient pas de traitement fixe, à fonder des chaires

1. Rapport au nom de la Commission chargée de l'examea du projet de budget pour Texercice 1840, séance delà Chambre des députés du 29 juin 1839.

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de laDgues vivantes, à développer renseignement de l'histoire \

Dans les années qui suivirent, et surtout en 1 846 et en 1 847| de nouvelles augmentations inscrites au budget permirent d'accorder de nouveaux avantages aux professeurs *• Ceux de physique et d'histoire furent élevés à la première classe ; ceux de mathématiques élémentaires, à la deuxième classe ^ les agrégés spéciaux chargés d'une partie de l'enseignement historique obtinrent le rang de professeurs avec participation au traitement éventuel* Il en fut de même , dans tous les ordres de l'enseignement, des agrégés divisionnaires, pourvu toutefois que leur situation se fût continuée pendant trois ans. Les maîtres d'étude surnuméraires recurent un traitement égal à la moitié de celui des titulaires. Selon le vœu vainement exprimé dix années durant par tous les ministres de l'instruction publique, il fut créé en faveur des collèges conununaux un fonds d'encouragement et de secours de i 00 000 fr. Enfin, des crédits furent alloués afin d'assurer aux censeurs et aux professeurs un minimum de traitement éventuel, égal à la moitié du traitement fixe. Un grand nombre dépositions personnelles se trouvèrent améliorées. Environnés de la faveur publique, largement dotés par l'Etat, les collèges n'avaient jamais joui d'une situation financière plus prospère, bien que leur discipline in* térteure et leur enseignement fussent l'objet d'attaques passionnées qui a*étaieat pas totttee dépourvues de fondement.

U Ord. 23 nov. lêZ^^MU.-^miw., U VUi, p, â9l. 2. Ord. 15 nov. 1845, BulL unlv.^ U XIV, p. 214.

ENSfilONEMERT 6fiC0!fDAIltB. i50

Sduft riûfluenod de cen diffêretited causes, la subvention dd renseignement secondaire^ qui n^était en 1830 que de 820000 tt.y avait atteint 1 500 000 ft. au moment où la révolution de Février éclata. Qui ne se rappelle quelles promesses furent faites alors à Tin* struction publique^ et avec quelle confiance naïve et enthousiaste elles furent accueillies par les esprits gé* néreuii et crédules ! Cependant le nombre des élèves ne tarda pas A diminuer; il diminua dès avant la loi du 45 mars 1850, par l'effet naturel de l'inquiétude et de la misère publiques, et il diminua bien plus en« core après cette loi, lorsque de toutes parts s'élevèrent des maisons nouvelles qui firent une rude concurrence atil Collèges de l'État. Le produit des pensions et rétributions à la charge des familles s'était maintenu en 1848 à ...... . 6204693 fr. 68 c.

Mais il descendit en 1849 à . . 5991226 16

En 1850 à 5792052 63

En'l851 à 5191666 34

On ne pouvait espérer que le Gouvernement comblât le déficit; c'est à peine s'il consentit à augmenter le chiffre de ^ subvention de quelques milliers de francs nécessaires pour organiser les nouveaux lycées de Sainl^BrieuC et du Mans \ Les receltes étant moindres, il feUut réduire la dépense et retirer aux professeurs les avantages qu'ils avaient acquis sous le régime précédent.

L'augmentation qui avait été allouée en 1829 aux professeurs comptant cinq années d'exercice, fut supprimée la première, par le décret du 29 décembre 1 850,

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