‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 57 sur 108 · Bulletin universitaire , t. XI, p. 104 et · texte numérisé non relu

Bulletin universitaire , t. XI, p. 104 et

Et pour les autres départements, vingt inspecteurs de première classe au traitement de 2000 fr.

Vingt -neuf inspecteurs de deuxième classe 9 au traitement de 1800

Trente -six inspecteurs de troisième classe y au traitement de 1600

Trente-quatre sous-inspecteurs de première classe au traitement de 1*400

Soixante-dix-sept sous - inspecteurs de deuxième classe au traitement de. • • . 1200

En 1847, quelques traitements furent relevés; les frais de tournée furent plus considérables; la dépense atteignit 559921 fr. 26 c. En 1849, l'adjonction des dépenses de TAlgérie et de nouveaux développements du service la portèrent à 593478 fr. 06 c.

A partir du 1 •' septembre 1 850, les sous-inspiecteurs disparurent; mais le nombre des inspecteurs fut porté à trois cents : il aurait pu l'être à trois cent quarante-trois , si le Gouvernement avait pris à la lettre l'article 20 de la loi du 15 mars 1850, qui créait une inspection dans chaque arrondissement. Les inspecteurs furent divisés en classes; ceux de Paris reçurent 4000 fr.; ceux des départements, 2000 fr., 1800 fr., 1500 fr. et 1200 fr. La dépense totale atteignit, en 1851, 748006 fr. 85 c, dont 455 738 fr. 57 c. pour les traitements, et 292 268 fr. i8 c. pour les frais de tournée. En 1852 elle fut encore de 741 132 fr. 93 c. Quelques vacances d'emploi, quelques retards apportés dans les tournées d'inspection, la firent descendre en 1 853 à 71 5 884 fr.

39 c. ; en 1854, à 706721 fr. 61 c, en 1855, à 707 982 fr. 73 c.

Sans doute ces chiffres sont élevés, et cependant, pour qui veut bien examiner de près la situation des inspecteurs , il est facile de voir que la modicité de leur traitement est tout à fait hors de proportion avec Timportance des fonctions qui leur sont confiées et les devoirs que leur impose le rang qu'ils occupent dans la hiérarchie. Conçoit-on l'angoisse d'un inspecteur, père de famille, qui n'a pas de fortune personnelle, qui reçoit de l'État 1200 fr. réduits par les retenues mensuelles à 1140 fr., à qui ses fonctions interdisent tout autre genre d'occupation, et qui cependant est assujetti à une certaine tenue? Il est réduit à vivre d'emprunts, et l'administration se félicite quand il ne va pas chercher des prêteurs parmi les instituteurs ses subordonnés qui sont plus riches que luri dans leurs modestes fonctions. Il est urgent que cette situation cesse et que le minimum des traitements soit porté à 1800 fr. Ce serait, il est vrai, un surcroit de dépense de 200000 fr., et quelques personnes aimeraient peut-être mieux supprimer le service; mais cette triste économie aurait pour résultat infaillible la ruine de l'instruction primaire. Si depuis vingt-cinq ans l'enseignement populaire a fait parmi nous quelques progrès, si les écoles sont mieux tenues, si les communes consentent à faire les sacrifices nécessaires pour les entretenir, c'est en grande partie aux inspecteurs primaires que ce résultat est dû. Les juges les plus versés en ces matières ont toujours regardé l'inspection comme le nerf de l'enseignement, de même qu'ils ont toujours demandé qu'elle fut confiée à des

hommes spéciaux*. Il est permis d'espérer que ces idées prévaudront, et que loin d'affaiblir une institution utile, le Gouvernement voudra la doter des ressources indispensables au bien des personnes et à celui du service.

1. Voyez les observations que présentait sur ce point à M. Cousin, en 1836, M. Van den Ende, inspecteur général de rinstruction primaire en Hollande. De l'instruction publique en HollandeyfSLvU. Cousin, Paris, 1837, in-8% p. 29.

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