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été convenu que, provisoirement, ces pensions ne seraient accordées qu'aux veuves qui se trouveraient sans moyens d'existence. Mais cette disposition restrictive resta sans application et finit par tomber en désuétude. La carrière de renseignement n'est pas de celles qui conduisent à la fortune, et la plupart des membres de l'Université ne laissent pas même après eux à leur famille la modeste aisance qui peut dispenser de recourir à l'équitable munificence de l'État.

Sous la monarchie de Juillet, la liste des tributaires des caisses de retraite , éventuellement admis au bénéfice de la pension, s'accrut de plusieurs catégories de fonctionnaires; on y comprit successivement les maîtres de conférences, les maîtres surveillants de l'École normale supérieure, les directeurs et maîtres adjoints des écoles normales primaires lorsqu'ils avaient exercé antérieurement des fonctions donnant droit à la retraite, les inspecteurs et sous-inspecteurs de l'instruction primaire, les maîtres d'étude et les aumôniers des collèges communaux, les commis d€s économats, les professeurs titulaires et adjoints et le secrétaire agent comptable des écoles de pharmacie ; les membres de l'École française d'Athènes, etc., etc.^

Ces adjonctions successives augmentaient sans doute les ressources des caisses universitaires; mais elles contribuaient encore plus à l'accroissement de leurs charges. En efiTet, la plupart des fonctionnaires nouvellement admis au bénéfice de la pension, ne

1. Ordonnances des 13 nov. 1837; 17 janvier, 13 et 23 avril 1839; 13 oct., 1840; 18 avril 1841 ; 8 sept. 1845. Arrêtés des 17 juin 1834; 8 décembre 1835; 23 avril 1839; 11 décembre 1846 et 1" février 1847.

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recevaient qu'un modique traitement qui donnait lieu à une faible retenue, tandis que la pension à laquelle ils auraient droit un jour devait être calculée d'après le traitement moyen des trois dernières années d'activité, qui se trouvait en général beaucoup plus élevé. Il en résultait une disproportion ruineuse entre le taux des pensions et la moyenne des retenues subies pour les obtenir. Cependant les dangers de la situation étaient dissimulés à Taide de la subvention prélevée sur les fonds de secours, et qui s'élevait annuellement à 280 000 fr.

Pendant plusieurs exercices, l'administration de l'instruction publique put louvoyer ainsi entre les écueils sans s'y beurter. Même après la réunion du budget de l'Université à celui de l'Etat^ les Chambres législatives accordèrent chaque année^ et le Trésor public paya sans résistance les allocations demandées. Mais, en 1844, il se rencontra, comme nous l'avons raconté, une commission du budget plus curieuse et moins facile qui, s'étant fait représenter les états de situation, et ayant reconnu que les caisses universitaires avaient amassé 72 000 fr. de rentes sur l'Etat, proposa de leur retrancher toute subvention et de les obliger à se procurer par des aliénations le capital nécessaire pour payer les arrérages des pensions inscrites ou à inscrire \ Cette proposition fut adoptée à peu près sans discussion', et à partir de 1845, les caisses furent abandonnées à leurs propres ressources.

1. Rapport de M. Bignon, au nom de U commission chargée de Tetamen du projet de budget pour 1845. Séance de la Chambre des députés du 5 juin 1844.

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