‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 66 sur 108 · I. — INSTITUT DE FRANCE · texte numérisé non relu

I. — INSTITUT DE FRANCE

Lorsque la loi du 3ra maire an iv qui créa les écoles centrales fut soumise à la Convention, Daunou» chargé de porter la parole définit en ces termes la mission de l'Institut des sciences et des arts par lequel il proposait de couronner le nouveau système d'instruction publique :

«Ce sera, en quelque sorte , disait-il, Tabrégé du monde savant, le corps représentatif de la république des lettres, Thonorable but de toutes les ambitions de la science et du talent, la plus magnifique récompense des grands efforts et des grands succès.... Cet Institut raccordera toutes les branches de Tinstruction ; il leur imprimera la seule unité qui ne centriste pas le génie, et qui n'en ralentisse pas l'essor; il manifestera toutes les découvertes, pour que celle qui aura le plus approché de la perfection exerce le libre ascendant de l'estime et devienne Universelle, parce qu'elle sera sentie la meilleure 4 Vous verrez se diriger à ce oentre com^ mun, et s'y porter par une pente naturelle et néces-> saire, tout ce que chaque année doit faire éclore de grand, d'utile> de beau sur le sol fertile de la France. Là, des mains habiles diviseront, répandront^ renverront partout ces trésors de sciences et de lumières ; là, d'éclairés dispensateurs des couroniies du talent, allumant de toutes parts le feu de l'émulation, appelleront les prodiges que l'activité française a la puissance et le besoin de produire^ La, se verront^ s'animeront et se comprendront^ les uns et les autres > les hommes les plus dignes d'être ensemble; ils se trouveront réunis comme les représentants de tous les genres de gloire littéraire^ »

Toutes les promesses que ces belles paroles renferinaient ont été remplies, et le sont encore sous nos yeux. Daunou ajoutait « que l'Institut effacerait en splendeur toutes les Académies des rois, comme les destinées

1. Séance de la Convention du 27 vendémiaire an iv (19 octobre 1795).

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de la France républicaine effaçaient déjà les plus brillantes époques de la France monarchique. » Mais le savant rapporteur connaissait trop bien l'histoire pour ajouter foi à cette prédiction que les préjugés du jour lui arrachaient. La Vraie gloire de l'Institut a été au contraire de faire revivre les académies fondées par Tanciénne monarchie, abolies au nom de TégaUté par la Révolution ; et c'est pour en aVoir conservé les traditions et rappelé les bienfaits, qu41 a mérité de survivre, en se transformant, aux créations éphémères de la loi dé Tan iv.

Mais nous n'avons point à raconter ici les vicissitudes assez nombreuses que l'Institut a traversées ; nous n*avons à exposer que sa situation financière.

Au moment de la fondation de l'tfniversité, l'Institut dé France comprenait quatre classes que l'ordonnance du 21 mars 1816^ conserva sous le titre d*Académies, et qui s'appellent encore aujourd'hui l'Académie française, ^Académie des inscriptions et belleslettres , l'Académie des sciences et l'Académie des beaux-arts. L'ordonnance royale du 26 octobre 1832 institua l'Académie des sciences morales et politiques', ainsi nommée en souvenir de l'ancienne classe du même nom, supprimée sous le gouvernement consulaire. Il en résulta pour l'exercice 1 834 une augmentation de dépenses de 64 000 fr., qui s'est élevée dans les années suivantes à 70 000 francs.

Le budget des dépenses de l'Institut comprend les indemnités de ses membres, les prix qu'il décerne, les

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