Bulletin de$ lois, ix* série, n
âl2 ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES
frais relatifs aux travaux dont il est chargé, les dépenses de la bibliothèque et du secrétariat, et autres dépenses communes aux cinq Académies.
L'indemnité des membres de l'Institut a été fixée dès Torigine à 1 500 fr. Elle est perçue par douzième jusqu'à concurrence de 1200 fr.; pour le surplus elle est distribuée sous forme de jetons de présence. Les académiciens libres reçoivent 300 fr. Les secrétaires perpétuels ont un traitement fixe de 6000 fr.
L'Académie des sciences et l'Académie des sciences morales et politiques disposent annuellement de 3000 fr.y l'Académie française et l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de 2000 fr., pour les prix qu'elles sont autorisées à distribuer. A partir de 1 834^ trois médailles de 500 fr. sont en outre décernées tous les ans par l'Académie des inscriptions aux auteurs des meilleurs ouvrages sur les antiquités nationales. 7000 fr. sont inscrits au budget de l'Académie des beaux-arts pour ses concours; mais le plus grand avantage fait aux lauréats, c'est évidemment d'être envoyés à Rome et de pouvoir y consacrer trois ans à l'étude active des chefs-d'œuvre des arts.
Le décret du 14 avril 1855 a créé en faveur de l'œuvre, ou de la découverte la plus remarquable, un prix de 30000 fr. qui sera décerné tous les trois ans par les Académies réunies.
En dehors des fondations de l'État, toutes les classes de l'Institut ont des revenus propres dont le total dépasse 150 000 fr., et qui sont affectés à des prix annuels.
L'Académie française possède environ 56 000 fr. ; l'Académie des sciences, 62000 fr.; l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 14000 fr.; l'Académie
des beaux-arts, 10 000 fr.; rAcadémie des sciences morales, 9500 fr. Parmi les donateurs dont la munificence a enrichi les académies M. de Monthyon figure à lui seul pour une somme de plus de 82 000 fr. consacrée annuellement à récompenser les actes de vertu, les ouvrages les plus utiles aux mœurs^ et les découvertes concernant les arts insalubres. En seconde ligne, vient M. le baron Gobert, fondateur de deux prix annuels, de 1 000 fr. chacun, en faveur des études historiques.
Ces fondations particulières ont permis à l'Etat de n'affecter qu'une somme relativement très-modique aux prix qui sont décernés en son nom, et de réserver pour les travaux de l'Institut l'excédant des ressources dont il pouvait disposer.
Indépendamment du recueil des Mémoires qui sont l'œuvre individuelle de ses membres ou de savants étrangers, chaque classe est chargée de travaux qui intéressent les lettres et les sciences.
L'Académie française poursuit le dictionnaire historique de la langue.
L'Académie des sciences publie le compte rendu hebdomadaire de ses séances.
L'Académie des beaux-arts rédige un dictionnaire historique et pratique des beaux-arts.
L'Académie des sciences morales, à qui les questions d'économie sociale sont dévolues de droit, reçut du gouvernement, en 1848, la mission de composer de petits traités pour l'instruction du peuple.
Mais de toutes les classes de l'Institut, l'Académie des inscriptions et belles-lettres est celle à qui des ordonnances successives ont imposé les travaux les
tl4 ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES
plus nombreux, Appelée, sur sa demande, dès la fondation de l'Institut, à continuer que]ques-une9 des grandes collections coirimencées par lei^ Bénédictins et interrompues^ par la Hévolution, elle publie aujourd'hui la continuation de VHistoire littéraire de la France y
Le Recueil des Historiens de France:
Les Ordonnances des rois de France^
Les Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque impériale^
La Table chronolo^ii^ue desi diplômes^ titres et chartes concernant f histoire de France^
Le Becueil des Historiens des croisades K
Les dépenses commyne^ de l'Institut s'élevaient, en 1833, à 42018 fr. 87 c., dont 14916 fr, lOc.pqurla bibliothèque, 18 619 fr. 47 c. pour Vagroçe et le secrétariat, et 8483 fr. 30 c. pour les frais matériels, chau&agei éclairage, mobilieri^ etc.
Dix ans plus tard, les dépenses de la bibliothèque
étaient portées à 20400 fr., ci 20400 fr.
Celles du secrétariat, à 24045
Celles du matériel, à. 15555
Tot^l , , , 60000 fr.
Aujourd'hui elles sont inférieures à ce chiffre de 2000 fr,
Ces augmentations s'expliquent par l'établissement de TAcadéoiie des sciences morales et politiques, e\
l.Vpye? Tordoppance de !♦' mars 1838. ^^etin des toû, ix** série, n® 144.
ET UTTltRAIRES. HtH
surtout par ce flot de nouvelles flairée ^t de nouveaux heaoin» que les relations, de jour en jour plus multipliées, amènent à l'Institut con^nie dan» lea autres établissements publias.
^n 1848 9 les Académies eurent à supporter leur p^rt des sacrifices que la révolution avait imposés à tous les grands services de FÉtat. Sur l'ensemble des crédita qui leur étaient alloués par la dernière loi de finances de la monarchie de Juillet, l'Académie française perdit 4000 fr. } TAcadémie des inscriptions et belles-lettres 9 14000 fr.; l'Académie des beaux-arts, 2000 fr,; l'Académie des sciences morales et politiques, 2500 ; la bibliothèque et le secrétariat, 2000 fr., total 24500 fr. ^ L'Académie des inscriptions et belles*^ lettres avait été la plus maltraitée. La mesure qui la frappait devait avoir pour résultat infaillible l'interruption de tous les grands travaux confiés à ses soins, et qui sont l'honneur du pays. Quand les esprits commencèrent à se calmer, chacun reconnut la néeessité de prévenir cette conséquence désastreuse d'une économie mal justifiée. Des crédits supplémentaires furent d'abord accordés*, et en 1852, l'allocation de 14000 fr. , qui avait été supprimée, reparut au budget. Moins favorisées, les autres Académies sont encore sous le coup des réductions qui les ont atteintes après Février. Cependant il serait d'autant plus nécessaire d'aviser, surtout en ce qui concerne l'Académie des sciences morales et politiques, que la création
1 . Voyez le Projet de décret sur le budget rectifié de l'exercice 1848, Paris, juin 1848, in-4*.
2. Loi du S9 avril 1851. Bulletin des loiSy x< série, n^ 385.
d'une nouvelle section de dix membres, par un décret du 14 avril 1855, a nécessairement augmenté les dépenses de matériel et d'impression.
Autrefois, quand un prix qui était inscrit au budget n'avait pas été décerné dans Tannée, le montant ne pouvait pas en être payé sans un crédit supplémentaire que Tadministration, du reste, obtenait toujours. En 1849, on pensa qu*il était préférable d'inscrire annuellement au budget le crédit nécessaire à l'acquittement des prix arriérés. Mais l'augmentation qui en résulta ne fut qu'apparente. En fin d'exercice/ au moment de la reddition du compte, les dépenses effectuées ont continué d'offrir en moyenne le même total.
S IL — GOLLiGB DB FRANCS.
La mission propre des universités, c'est d'enseigner les parties les plus incontestées des connaissances humaines ; ce n'est pas d'encourager l'esprit d'invention, ni de propager les découvertes qui ne sont pas pleinement vérifiées. Cependant quand une branche encore peu cultivée a été l'objet de travaux considérables et utiles, l'intérêt de la science veut que ces travaux ne restent pas ignorés ; et quelle meilleure voie pour les répandre que l'enseignement public, qui permet aux inventeurs d'attirer à eux un certain nombre d'esprits actifs, confiants, dévoués, dont ils forment des disciples capables de marcher sur leurs traces? Sans même réclamer pour les idées nouvelles des moyens de publicité, n'est-il pas d'un grand intérêt
ET LITTÉRAIBES. 217
pour ravancement des sciences humaines, qu'il y ait des maîtres chargés de les exposer d'une manière approfondie, et qui ne s'arrêtent pas, comme on le fait dans les écoles ordinaires, aux simples éléments que tout esprit cultivé doit posséder?
Le Collège de France représente surtout cette éminente attrihution, cette face élevée, difficile, souvent périlleuse de l'enseignement.
Nous n'entendons pas dire que tous ceux qui sont montés dans ses chaires étaient doués d'un esprit inventif, ni même qu'ils se sont toujours tenus sur les cimes les plus élevées de la science, sans faire aucune concession à la frivolité ni aux passions de leur auditoire. Mais l'étahlissement avait été créé par François V pour enseigner ce qu'on n'enseignait pas ailleurs, le grec, par exemple; sa mission propre était de seconder ce lihre essor de l'esprit, d'où naissent les vérités nouvelles et les découvertes fécondes dans la littérature et dans les sciences. Quelques modifications qu'il ait subies, il a visiblement conservé le caractère et le but que son fondateur lui avait assignés.
Ce qu'on ignore généralement, c'est qu'après avoir longtemps formé une institution à peu près indépendante, sous la protection immédiate du souverain, le Collège de France fut affilié, en 1772, à l'Université de Paris.
Six ans auparavant, le roi venait d'allouer à l'Université, sur les revenus des postes, une somme considérable destinée à l'amélioration du sort des professeurs, et aux pensions des plus anciens émérites.
Pour faire participer ceux du Collège de France aux libéralités royales, on décida de les agréger au corps
t18 ÉTABLISSEH6I9TS SCIENTIFIQUES
universitaire ; ce qui les plaçait sous la juridiction du recteuri et les soumettait à sa visite \
Cependant, malgré cette transformation « 1^ CqUége ne fut pas euveloppé dai^s le décret du 1 5 septembre 1793, qui supprimât sur toute la surface de la République, les tJoUéges de pleiu ei^ercice et les Facultés d^ théologie, de médeciuei des arts cit da droit; car la même année nous le retrpuvpus debout ayec les dix-
1. Bien que ces détails historiques soient étrangers au sujet tout spécial que nou^ traitons, nou^ croyons faire une chose agréable k nos lecteurs en donnant ici le texte très- curieux et très-peu connu, sinon inédit, des Lettres patentes du Roi concernant le Collège de France données à Versailles le 16 mai 1778, enregistrées au parlement le â6 mars 1773 :
« LOUIS, etc. Le désir de favoriser l'étude des bounes lettres, et l'affection que nous avons toujours eue pour notre filie aînée, l'Université de notre bonne ville da Paris, nous ayant engagé à écouter favorablement les représentations qu'elle nous a faites sur l'accroissei^ent purvenu depuis 1719 dans le produit général du bail des postes, nous avons ordonné, par nos lettres patentes du 3 mai 1766, que la somme k laquelle nous jugerions à propos de fixer la portion que notre Université pouvait espérer dans ledit accroissement, serait employée à l'augmentation des honoraires des professeurs, ^ donner des pensions aux vingt plus anciens émérites, aux principaux ofQciers de notre Université et aux docteurs agrégés de la Faculté des arts. Nous avons ordonné par les mêmes lettres que l'ei^cédant qui surviendrait dans ledit bail, serait destiné au bien de l'instruction, principalement dans le sein de notre Université. C'est à quoi nous avons déjà pourvu en partie, en fixant cet excédant à 60 000 fr., et en concédant moitié au collège Louîs-le-Grand, moitié ^ la reconstruction des bâtiments, et à l'augmentation des honoraires des professeurs du Collège royal qui est tombé dans un état de pauvreté très-préjudiciable à ses exercices. Ce collège, fbndé par François I", le père et le restaurateur des lettres, pour fixer et étendre dans le royaume les connaissances qui pour lors y étaient trop rares, nous a ps^ru mériter la pré-
ET UTTËRAIRES. ^19
sept chaireài au lieu de dix-huit qu'il occupait à U veille de la Révolution. La seule chaire qui eût disparu dans la tourmente était celle de droit canon, qui n'a jamais été rétablie.
Le Collège de France possède aujourd'hui vii(gt-huit cours; le plus grand nombre existaient anciennement; quelques-uns ont été divisés; des créations uouvelles ont eu lieu. Voici les matières de cet en^çigiie-
férence avec d'autant plus de raison que personne n'ignore combien il a contribué à faire renaître et à conserver le goût de la saine littérature, et que, réunissant des professeurs dans tous les genres, il est plus propre qu'aucun autre établissement littéraire à faire germer l'émulation. Nous nous portons d'autant plus volontiers à l'exécution d'un projet aussi louable, que nous avons la satisfaction d'apprendre que notre Université est disposée k concourir à nos vues, et à faciliter, en tout ce qui pourra dépendre d'elle, le désir que nous avons de rendre notre Collège royal encore plus utile que par le passé à l'instruction et au progrès des lettres, soit p$ir son agrégation à notre Université, soit par les nouveaux règlements de discipline que nous allons lui prescrire, soit par l'engagement que nous prenons volontiers de donner toute préférence dans la nomination aux places de professeurs à des sujets choisis dans notre Université et dans nos trois académies de Paris. A ces causes.... nous avonspar ces présentes.... statué et ordonné.... ce qui suit : Art. 1*'. Les fondations du Collège de France, ensemble les statuts, règlements, édits et lettres patentes con-« cernant ledit collège seront exécutés en tout ce qui ne dérogera pas au présent règlement. Voulons que pour procurer l'uniformité dans l'enseignement public, ledit collège soit et demeure uni à notre Université, que nos lecteurs et professeurs y soient agrégés. — Art. 2. Ceux desdits lecteurs et professeurs qui ne seraient point encore membres d'une des quatre facultés qui composent notre Université, seront tenus de se présenter dans les trois mois de la date des présentes pour être coaptés et im-r matricules dans celle des nations à laquelle ils appartiendront par le lieu de leur naissance ; ils seront reçus sans aucun acte
ment le plus varié qui existe dans aucune école du monde :
Astronomie ;
Mathématiques ;
Physique générale et mathématique ;
Physique générale et expérimentale;
Chimie;
Médecine ;
probatoire, en produisant leur extrait baptistaire, et les lettres de leur nomination royale sur lesquelles sera inscrit Tacte du serment qu'ils auront prêté entre les mains de notre grand aumônier. — Art. 3. Au moyen de ladite agrégation, nos lecteurs et professeurs pourront parvenir aux charges et honneurs des nations ; ils seront appelés aux processions, actes et assemblées de rUniversité, se conformeront à la police et aux lois qui s'y trouvent établies, et auront voix active et passive dans les délibérations. — Art. 4. Ils ne paraîtront dans aucune fonction publique que revêtus de la robe académique avec la marque distinctive de leur profession et conserveront leur ancien rang dans les processions. Les écoles de notre Collège royal seront soumises aux visites et à la juridiction du recteur et tribunal de l'Université de la même manière et pour les mêmes objets que les Écoles de théologie, de droit, de médecine et des arts, attendu que les quatre Facultés composent également l'Université. — * Art. 5. Voulant suppléer au concours établi autrefois par Charles IX pour le choix des professeurs de nôtredit collège, nous déclarons que, dans la nomination aux chaires qui viendront à vaquer, nous donnerons toute préférence, soit aux professeurs de l'Université qui se seront distingués dans l'exercice de leurs fonctions, soit aux membres de nos trois académies de Paris. Si notre choix tombait sur un sujet qui ne fût point membre de ladite Université, il serait coapté et immatriculé delà manière énoncée ci-dessus. — Art. 6. Le Collège de nos lecteurs continuera d'être composé d'un inspecteur chargé de veiller à la discipline et d'en rendre compte au secrétaire d'État de notre maison, et de dix-neuf professeurs : un d'hébreu , un de syriaque, deux d'arabe, deux de grec, deux
ET LITTÉRAIRES. 2Si
Histoire naturelle des corps inorganiques; Histoire naturelle des corps organisés ; Embryogénie comparée ; Droit de la nature et des gens ; Histoire des législations comparées ; Économie politique ; Histoire et morale ; Archéologie ;
d'éloquence latine, un de mathématiques, un d'astronomie, un de physique, un de philosophie grecque et latine, un de médecine pratique, un d'anatomie, un de chimie, un de botanique, deux de droit canon, un d'histoire. Lesdites chaires ayant été principalement instituées pour mettre dans notre Université les genres d'instruction qui ne s'y trouvaient point, nous nous réservons de changer l'objet de celles qui paraîtraient le moins nécessaires k mesure qu'elles viendront k vaquer, sur les mémoires qui pourront être présentés. — Art. 7. Nous maintenons et confirmons nos lecteurs dans tous les droits, franchises, privilèges et prérogatives dont ils ont joui ou dû jouir jusqu'à présent, et notamment dans la qualité d'officiers commensaux de notre maison et dans tous les privilèges qui y sont attachés. — Art. 8. Nos lecteurs continueront de jouir des gages dont ils ont joui jusqu'à présent sur notre trésor royal; lesdits gages montant à la somme de 15 930 livres, toutes déductions faites, leur seront payés régulièrement et sans aucune nouvelle retenue par le trésorier de nos parties casuelles. — Art. 9. Sur la somme annuelle de 30 000 livres réservée par arrêt de notre conseil et nos lettres patentes, il sera pris et demeurera affecté à perpétuité à notre Collège royal celle de 15 000 livres pour augmenter les gages des professeurs. Voulons en conséquence que le receveur des messageries de notre Université soit tenu de remettre au syndic de notre Collège royal la somme de 15 000 livres, sur la simple quittance, dont les payements se feront quartier par quartier, par avance et sans aucune retenue. — Art. 10. A l'égard des arrérages échus de ladite rente
de 30 000 livres conservés par le recteur une somme de
12 000 livres sera employée aux réparations du Collège royal
Éi2 ËTABLISSËMËNTS SCIENTIFIQUES
Langueâ hébi^àïque^ chaldaïque et syriaque ;
Langue arabe ;
Langue persane ;
Langue turque;
Langue et littératiit*e chinoisëà et tai'tare-màndchou;
Langue et littérature sanskrites;
Langue et littérature grecques }
Eloquence latine ;
et à h construction de àouvelles Classés conforméineût aii devis qui nous sera présenté.... — Art. U. La somtoe dé 15 930 livres portée à l'article 8, el Celle de 15 000 livres portée à r article 9, seront employées au paiement des gages dé nos lecteurs et professeurs, lesquels gages demeureront fixés à 2000 livres pour inspecteur et à lOOO livres pour chaque pro-* fesseur} à l'égard dès 9930 livres restatites, elles seront par nous réparties chaque année en forme de gratifications entre les dix'neuf professeurs à raison de leur ancienneté, de leur assiduité, du nombre d'étudiants qu'ils attireront à leUrà leçonâ et des autres services qu'ils auront rendus en publiant deë ouvrages utiles chacun sur l'objet de sa profession. — Art. 12. Le Collège de nos lecteurs et professeurs ne participera pas aux pensions d^émérites établies en faveur des professeurs ordinaires de l'Université, et danâ le cas où leur âge ou leurs infirmités ne leur permettraient plus de remplir leurs fonctions avec l'assiduité requise, sur le compte qui nous en sera reiidu par notre secrétaire d'État et sur la démission pure et simple de leur oflîce, nous leur conserverons la jouissance de 800 livres sur les iOOO attachées à la chaire, et le nouveau professeur que nous aurons nommé touchera, outre les 200 livres restantes, telle portion que nous jugerons àpropoé de lui accorder sur les 9930 livres que nous avons réservées pour être distri* buées par forme de gratification. — Art. 13. Attendu que les études qui se font au Collège royal ont pour objet plutôt dé perfectionner des connaissances acquises que de donner les éléments des sciences, et que toute espèce de contrainte doit être bannie de ses exercices, nos lecteurs et professeurs ne tiendront point de registres d'inscriptions. — Art. Î4. tes
ET LlTtËRAlREâ. 523
Poésie ktiûe;
Philosophie grecque et làtinê ; Langue et littérature frànçaiseB dû inoyea âge ; Langue et littérature françaises modernes j Langues et littératures étrangères de TEurope moderne ;
Langue et littérature slaves.
Soùs Napoléon I*' le traitement des professeurs
exercices du Collège royal continueront de se partager en deilx semestres, le premier commencera à la Toussaint, et finira le dimanche des Rameaux; le deuxième ouvrira le lendemain de lA Quasimodo et ne finira que le pï*émîer jour d'août, Petidant toute la durée de ces deux semestres, nos lecteurs et profes^ seurs donneront très-régulièrement trois leçons par semaine d'une heure et demie ; en cas de fête ou de congé la leçon sera remise au lendemain, dès que les nouvelles classes que nous proposons de faire condtruire seront achevées ; et afin que \eê programmes puissent être affichés huit jours avant l'ouverture des écoles, le doyen des professeurs indiquera une assemblée générale avant la clôture du dernier semestre où l'on réglera pour le suivant, les jours, les heures et la matière des leçons.— Art. 15. Au lieu de dicter des cahiers» nos lecteurs feront imprimer d'avance, autant que la nature des exercices le permettra, un précis de leurs leçons. L'explication du professeur durera une heure. La demi-heure suivante sera employée en conférences sur la matière qui vient d'être expliquée et à ré^ soudre les difficultés qui pourront être proposées. — Art. 16» Les enfants nés dans le Levant et connus sous le nom d'enfants de langue, suivront le cours de langue arabe assidûiîient ; leâ heures des leçons seront fixées en conséquence. — Art. l7. Nos lecteurs et professeurs continueront de s'inscrire sur le registre des exercices avant que de commencer leurs leçons ; ils ne pourront s'absenter que pour cause de maladie ou sur une permission par écrit du secrétaire d'État. Dans l'un et l'autre cas, ils seront tenus d'avertir d'avance l'inspecteur du Collège de France, chargé de veiller au maintien de la discipline, et de lui présenter un sujet qui puisse les remplacer. —
224 ËTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES
était de 6000 fr. En 1815, à raison du malheur des temps, il fut réduit à 5000 îr., et depuis, par une omission inexplicable, il n'a pas été relevé. Pour vingthuit professeurs, la dépense est aujourd'hui de 140 000 fr. ; en 1833, elle n'était que de 113000 fr. Elle s'est élevée successivement à mesure que le nombre des chaires a augmenté.
Outre l'éclairage et le chauffage, les dépenses du matériel comprennent les frais occasionnés par les cours scientifiques. Elles étaient en 1833 de 9200 fr.; elles atteignent aujourd'hui et dépassent même 27000 fr.; c'est encore là un effet de l'établissement des nouveaux cours. Il importe en outre de se rappeler que le Collège de France occupait autrefois de vieilles masures que personne ne songeait à réparer, où tous les services étaient à l'étroit, et qui coûtaient peu de chose à entretenir, tandis qu'il est installé aujourd'hui dans des bâtiments dignes sans doute de sa vieille renommée, mais d'un entretien plus dispendieux.
Le Collège de France est sous l'autorité de l'un de ses professeurs qui prend le titre d'administrateur. Il est assez remarquable que les fonctions de l'administrateur soient entièrement gratuites. Dans les Facultés, qui sont des établissements analogues, les fonctions de doyen donnent lieu à un préciput qui varie de 1 000 fr. à 4000 fr.
C'est au Collège de France que le Gouvernement provisoire avait rattaché l'École d'administration, créée
Art. 18. Confirmons en tant que besoin sera les autres usages de notre Collège royal de France. Si donnons en mandement, etc., etc. »
par arrêté du 8 mars 1 848, pour le recrutement des services administratifs. Afin de donner à l'enseignement rétendue et le caractère que réclamait la destination tout à fait spéciale qui était assignée au Collège, plusieurs chaires nouvelles avaient été fondées, quelques chaires anciennes supprimées. La statistique et Téconomie politique étaient les branches les plus favorisées; elles faisaient Tobjet de cinq cours confiés à cinq professeurs qui devaient les exposer dans tous leurs détails \ On sait combien a peu duré cette institution qui n'était pas sans utilité, mais dont l'organisation, improvisée à la hâte au lendemain d'une révolution, se ressentait du temps orageux qui l'avait vue naître. L'École d'administration comptait à peine dixhuit mois d'existence, lorsqu'elle fut supprimée par la loi du 9 août 1849*. La dépense avait été en 1848 de 20000 fr., en 1849 de 34875 fr. 19 c.
§ m. — HUSÉUIl d'histoire NATURELLE.
Le Muséum d'histoire naturelle, comme d'autres grandes institutions, a eu de faibles commencements. Fondé sous le règne de Louis XIII, il n'était à l'origine qu'un jardin de plantes médicinales annexé à un cabinet de curiosités. Dans le courant du xvin* siècle, et principalement par les soins de Buffbn, il reçut des développements considérables; on y réunit dés ani-
1. Bulletin des lois^ x* série, n^ 7; Bulletin v/niv.y t. XVII, p. 63 et 91.
2. Bulletin des lois^ x» série, n* 187 ; BuUetin univ.^ t. XVIII,
336 ÉTABLISSEMfiNTS SCIENTIFIQUES
maux vivants et des échantillons de toutes les productions du globe. Mais rétablissement doit le nom qu'il porte aujourd'hui à la loi du 10 février 1793*, qui en renouvela l'organisation et y fonda Tensei^ gnement public de l'histoire naturelle , prise dans toute son étendue > et appliquée particulièrement à l'avancement de Tagrioulture, du commerce et des arts.
Les cours devaient être au nombre de douze, |
savoir : '
Un cours de minéralogie ; ^
Un cours de chimie générale ;
Un cours des arts chimiques ;
Un cours de botanique dans le Muséum;
Un cours de botanique dans la campagne ;
Un cours d'agriculture et de culture des Jardins, des arbres fruitiers et des bois;
Deux cours pour l'histoire naturelle des quadrupèdes, des cétacés, des oiseaux, des reptiles, des poissons, des insectes et des animaux microscopiques ;
Un cours d'anatomie humaine ;
Un cours d'anatomie des animaux ;
Un cours de zoologie j
Un cours d'iconographie ou de Part de dessiner et de peindre toutes les productions de la nature,
La Convention, « voulant, disait-elle, consacrer l'égalité entre des hommes que l'Europe savante met sur le même rang, » avait supprimé l'antique place d'intendant du Jardin des Plantes et du Cabinet d'his-
1. Recueil des lois et règlements concernant Finstruction publique^ 1. 1, p. 121.
£T LITTÉRAIRES. âi7
toire naturelle. L'assemblée des professeurs préparait elle-même les règlements, et arrêtait toutes les mesures administratives concernant le Muséum. Un directeur choisi parmi les professeurs, et nommé par eux pour un an, veillait à Texécution.
Ce régime oligarchique, conforme à Tesprit du temps qui le vit naître, s'est perpétué, malgré ses défauts, sous les gouvernements les plus divers, et il subsiste encore aujourd'hui.
Mais si la constitution intérieure du Muséum n'a pas varié depuis un demi-siècle, l'établissement a reçu dans toutes ses parties des améliorations considérables, et cependant bien inférieures encore à ce que les inté*rêts de la science auraient demandé.
Le nombre de chaires s*est augmenté. Au lieu de trois chaires de zoologie, il en existe quatre, ijavoir :
Mammifères et oiseaux ;
Reptiles et poissons ;
Insectes» crustacés et arachnides ;
Annélides, mollusques et zoophytes.
Trois chaires nouvelles ont été créées : celle de physique et celle de physiologie comparée en 1 838 *, celle de paléontologie en 1853*. Par le même décret, une chaire a été supprimée, celle de botanique.
Le traitement des professeurs est resté fixé depuis l'origine à 5000 francs. La dépense totale, sauf les décomptes, est aujourd'hui de 75 000 francs*
1. Ord. du 24 juillet 1838. Bulletin des lois, u.* série, n^ 605; Bulletin univ., t. XI, p. 321.
2. Décret du 5 juilet 1853. Bulletin, xi* série, n" 69; Bulletin adm.y t. rV, p. 254.
Aux professeurs sont attachés des aides-naturalistes et des préparateurs qui sont au nombre de soixantedix. En y comprenant les gages des gens de service, la dépense de ce nombreux personnel était, en 1836, de 130 611 fr.; en 1855, de 154 102 fr. 51 c; elle s'est élevée en proportion du développement que les cours recevaient.
Afin d'encourager l'étude des sciences naturelles et d'assurer le renouvellement des collections du Muséum, il a été créé, aux frais de l'établissement, une école de jeunes naturalistes qui ont bientôt formé un corps de voyageurs chargés d'aller dans toutes les parties du monde recueillir les productions les plus dignes de figurer dans les galeries.
Pendant les années 1 854 et 1 855, les divers théâtres de ces explorations laborieuses, savantes et fécondes ont été les îles Sandwich, l'Abyssinie, le Brésil, la Californie, le Mexique, la Guyane, TÉgypte, l'île de Crète, les îles Canaries, les côtes de France, etc.*. La dépense a été de 21 778 fr. 51 c. en 1854, de 25 000 fr. en 1 855. Elle n'a jamais dépassé ce dernier chiffre.
Mais le service le plus dispendieux du Muséum, celui qui fait le plus souvent appel à la munificence de l'État, c'est sans contredit le service des galeries , des jardins et des serres.
Il faut distinguer ici les dépenses ordinaires d'entretien et les dépenses extraordinaires ayant pour objet des acquisitions exceptionnelles.
1. Voy. les Comptes définitifs des dépenses des exercices 1854 et 1855, au chap. du Muséum d'histoire naturelle.
Les principales dépenses extraordinaires ont eu lieu :
En 1 836 , pour l'acquisition de terrains* 48000^,»»
En 1 846, pour une nouvelle acquisition de terrains' 1036768 80
Eu 1847, pour achat de collections de fossiles' 81500»»
Mais les dépenses extraordinaires avaient pour conséquence inévitable d'élever le chiffre des dépenses ordinaires. En effet, lorsque les terrains du Muséum eurent été agrandis d'un hectare^ puis après de trois hectares, les frais de culture, de surveillance et d'entretien, se trouvèrent nécessairement augmentés dans une certaine proportion. Il en fut de même après la construction des serres nouvelles élevées par les soins de l'administration des bâtiments civils , et qu'il aurait été parfaitement inutile d'établir, si le gouvernement n'avait eu l'intention d'y réunir les plus beaux échantillons des plantes tropicales. C'est ainsi que les frais de matériel qui n'atteignaient pas 186 000 fr. en 1835, ont dépassé 247000 fr. en 1846 et 1847.
La révolution de Février compromit de la manière la plus funeste la prospérité du Muséum, dont elle réduisit le budget de 504 000 fr. à 469 000 fr. Comme personne ne songeait alors et ne pouvait songer à sup-