Décret du 31 août 1854. Bulletin aàmin.^ t. V, p
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portraits de M. de Bure et des manuscrits orientaux laissés par M. Eugène Burnouf.
Mais ni ces accroissements successifs du budget de la Bibliothèque 9 ni les suppléments de crédits ouverts extraordinairement au Conservatoire en vue d'un objet spécial n'étaient encore suffisants pour maintenir les diverses parties du service au niveau indiqué par la renommée européenne de rétablissement. Nous avons signalé l'arriéré considérable que présentait la confection des reliures; sous le rapport des acquisitions, la situation n'était pas plus favorable. La plupart des collections présentaient des lacunes importantes que la pénurie des fonds ne permettait pas de combler. Hors d'état de suivre comme autrefois le mouvement des connaissances humaines en se procurant les meilleurs ouvrages nouvellement publiés dans les différents pays du monde, la Bibliothèque vivait sur sa gloire et sur ses richesses passées. Enfin le catalogue de cet immense dépôt était à faire en grande partie, sinon pour la totalité. 220 000 volumes entassés sans distinction d'auteurs ni de matière, formaient un véritable chaos qui renfermait des trésors sans doute, mais des trésors cachés, inaccessibles et dont personne ne pouvait se servir.
Ce fut dans ces circonstances bien connues des deux Chambres législatives, que M. de Salvandy, en présentant le budget de <839, y comprit la première annuité d'une allocation extraordinaire qui, pendant douze années, serait appliquée au matériel de la Bibliothèque, savoir : frais de reliure, achat de livres étrangers, remplacement d'ouvrages perdus, usés ou dépareillés, travaux de catalogues, achat de manuscrits.
de chartes et de médailles. Le Ministre proposait de fixer le crédit total à 1 344 000 fr.; lés Chambres le réduisirent à 1 264000 fr., tout en maintenant d'ailleurs la division en douze annuités. Les excédants de crédit dont on n'aurait pas fait emploi pendant un exercice, devaient être reportés sur le suivant.
Les sept premières annuités furent entièrement épuisées; mais^ à partir de 1846, les excédants qui auraient du profiter aux années 1 847 et 1 848 ayant fait retour au Trésor, le Ministre d,e Vinstruction publique réclama au budget suivant le rétablissement des sommes non employées, jusqu'à concurrence de celle de 1 264000^ fr. L'opération, qui devait être terminée en 1850, se trouva ainsi prolongée jusqu'en 1853, où fut alloué le dernier reliquat de l'allocation primitive, s' élevant à 33487 fr.
L'administration de la Bibliothèque avait profité des larges ressources mises à sa disposition, pour enrichir ses collections et faire exécuter des travaux de reliure. On peut trouver dans les comptes annuels le détail curieux de ces dépenses* Mais le travail du catalogue n'avait pas marché aussi rapidement que les déclarations du Conservatoire le faisaient espérer dans l'origine. On n'y avait consacré, dans l'espace de quinze ans, qu'une somme de 290308 fr. 61 c. ainsi répartie:
Imprimés 245308 fr. 61 c.
Manuscrits 12246 51
Cartes et plans 9095 91
Estampes 20893 69
Médailles et antique 2 539 67
Total égal 290 084 fr. 39 c.
Avec d'aussi faibles moyens, il était manifeste qu'à part même les tâtonnements et les retards toujours inévitables, au début de toute grande opération, celleci ne pouvait pas avancer. Aussi, en 1 852, lorsque le Gouvernement eut pris la résolution sérieuse de ne pas ajourner plus longtemps cet inventaire de nos collections toujours réclamé, toujours promis, jamais achevé, de nouvelles mesures et de nouvelles allocations devinrent nécessaires. Ce fut alors que la fonction d'administrateur adjoint, dont nous avons parlé plus haut,f ut créée en vue d'une surveillance directe et particulière des travaux du catalogue. A partir de 1 854, un crédit spécial de 50 000 fr. fut inscrit dans ce même but au budget du ministère de Tinstruction publique. On ne saurait nier que ces loyaux efforts pour faire cesser une situation fâcheuse de tout point, ont commencé à porter leurs fruits , puisque quatre volumes du catalogue des ouvrages sur l'histoire de France ont déjà vu le jour. Espérons que cette fois, Tavenir ne démentira pas les promesses du présent, et qu'avec le concours persévérant et libéral des pouvoirs publics , la Bibliothèque impériale parviendra enfin à connaître et à classer ses propres richesses. Sa renommée n'y est pas moins intéressée que la bonne organisation du service.
La loi du 20 prairial, an iii^, qui précéda la réorganisation de la Bibliothèque, avait institué dans son enceinte un cours d'archéologie, qui devait embrasser, aux termes de l'article 3, « ce qui a rapport aux
1 . Recueil des lois et règlements concernant Vinstruction publique , 1. 1, p. 136.
inscriptions, aux médailles et aux pierres gravées; l'histoire et les progrès de l'art chez les anciens, celle des mœurs, des coutumes et des usages de l'antiquité. » Ce cours a continué depuis sans interruption, et le traitement du professeur, que la Convention avait fixé à 5000 fr., s'est maintenu au même chiffre, jusqu'à ces deu:x dernières années où il a subi une réduction provisoire de 2000 fr. Les frais de matériel sont de 400 fr. environ par an. La dépense longtemps classée parmi celles de l'École des langues orientales ^ est maintenant rattachée au chapitre de la Bibliothèque impériale.
2<' DBS BIBLIOTHÈQUES MAZÂRINE, DE l'àRSENAL, DE SÀINTE-