ET GENS DE LETTRES
Sous tous les régimes, la puissance publique s'est honorée en accordant aux gens de lettres des témoignages de sa protection et de sa munificence.
Qui ne connaît les libéralités de Louis XIY envers les poètes, les artistes et les savants qui ont fait la gloire de son règne? On peut lire dans les mémoires de ce grand prince la liste de ceux à qui sa munificence accorda des pensions, qui peuvent, à juste titre, s'appeler littéraires. « Le roi, dit le président Hénault, entretenait à lui seul plus de savants que tous les souverains de l'Europe ensemble V »
Ces nobles traditions de bienveillance et de libéralité ne se sont, grâce à Dieu, jamais perdues dans notre pays, et à toutes les époques, même aux plus difficiles, le budget de l'État a compris un fonds d'encouragements et de secours, spécialement destiné aux gens de lettres et aux savants.
Parmi les personnes ayant droit aux récompenses
1. Abrégé chronologique de V histoire de France, année 1663. A. Ghéruel, Histoire de l'administration monarchique en France, t. II.
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nationales, la loi du 22 août 1791 S mentionne les artistes, les savants, les gens de lettres, ceux qui auront fait une grande découverte propre à soulager rhumanité, à éclairer les l^ommes ou à perfectioiiner les arts utiles. « Celui qui aura sacrifié, dit l'article suivant, ou son temps, ou sa fortune, ou sa santé à des voyages longs et périlleux, pour des recherches utiles à Téconomie publique ou aux progrès des sciences et des arts, pourra obtenir une gratification proportionnée à Timportance de ses découvertes, à la nature de ses travaux ; et s'il périssait dans le cours de son entreprise, sa femme et ses enfiints seront traités de la même manière que la veuve et les enfants des hommes morts au service de TÉtat. »
Sur les fonds mis à la disposition de la commission d'instruction publique, 300 000 fr. furent prélevés en Tan m, et 240 000 fr. en Tan iv> pour encouragements, récompenses et pensions à accorder aux savants, aux gens de lettres et aux artistes ^
Sous TEmpire et sous la Restauration, indépendamment des encouragements accordés par la munificence personnelle du souverain, la loi de finances allouait chaque année une somme de 1 56 000 fr. aflfectée à des indemnités littéraires,
Lorsqu'on 1 833, ce service fut transporté du ministère de l'intérieur à celui de l'instruction publique, le crédit s^élevait i 180000 fr. 90000 fr. réservés pour les beaux*arts et pour les théâtres, furent maintenus au budget du ministère de Tintérieur,