‹ Le budget de l'instruction publique et des établissements scientifiques et littérairesChapitre 82 sur 108 · Titre n, art · texte numérisé non relu

Titre n, art

2. Table générale des Lois, etc. Paris, 1816, art. Artistes et gens de lettres.

ET LITTÉRAIRES. Ul

90000 fr. passèrent au ministère de Tinstruetion publique; mais les deux tiers seulement du orédif furent consacrés à des indemnités littéraires^ le sur** plus vint accroître le fonds des souscriptions, qui, cotnme nous Tavons dit plus haut, était alors très** chargé. Environ 50 000 fr. étaient accordés pour indemnités de logement.

En 1834, le crédit fut porté à 142000 fr. ; en 1836, à 154000 fr.; en 1838, à 176000 fr. ; en 1840, à 194000 fr; en 1841, à 235400 fr.

II est vrai que dans ce chifiEre figuraient des dépenses qui, aujourd'hui, ne font plus partie du chapitre, savoir : l'' le traitement de l'inspecteur général des bibliothèques; 2^ les subventions accordées aux sociétés savantes; 3"" les indemnités pour missions et voyages scientifiques ; mais toutes ces déductions opérées, la somme qui restait disponible pour les encouragements littéraires proprement dits^ fut d'environ 210000 fr. de 1841 à 1845.

Pendant les années suivantes, cette situation s'est maintenue, sans autre différence, d'une année à l'autre, que celle qui résulte des reliquats disponibles en fin d'exercice.

En 1 848, indépendamment du crédit habituel, TAs^^ semblée constituante, prenant en considération la détrp^se des gens (le lettres, que la révolution de Février avait pour la plupart privés de leurs ressources, alloua un crédit extraordinaire de 100000 fr.^ La dépense de l'exercice dépassa 302000 fr.

1. Loi du 17 juillet 1848, Bull, des Lois, x' série, n« 53; Bulletin administr.y t. xvn, p. 232.

Mais en 1849, 1850 et 1851, les commissions du budget se montrèrent moins favorables. Successivement le crédit fut réduit à 197400 fr., puis à 1 87 250 fr., et enfin en 1 851 à 1 80000 fr. Depuis lors il n'a plus dépassé ce chiffre.

Les indemnités accordées par le Ministre de T instruction publique sur les fonds d'encouragements, sont de deux sortes : les unes sont des secours éventuels qui, une fois donnés, ne se reproduisent plus qu'à des intervalles plus ou moins éloignés, sur une décision nouvelle et spéciale du Ministre; les autres ont le caractère de véritables pensions qui, dès qu'on les a obtenues, peuvent être touchées, sur mandats, tous les trois mois. 148000 fr. sont employés en indemnités ûxes dont le maximum est de 2400 fr., dont quelques-unes descendent à 300 fr;, et qui sont en moyenne de 800 fr.

32 000 fr. sont réservés pour les indemnités éventuelles : ce n'est donc pas 2700 fr. par mois dont l'administration dispose pour venir en aide à la misère des gens de lettres, de leurs veuves et de leurs orphelins. Les secours que le Ministre peut accorder, ne sont que des indemnités de 1 00, 1 50, et dans des cas assez rares de 300 fr.

S XIII. — DOCOMENTS INÉDITS DE l'HISTOIRE DE FRANCE.

C'est en 1 833 que M. Guizot, alors ministre de l'instruction publique, proposa la publication de tous les documents inédits relatifs à l'histoire nationale, qui se trouvaient encore enfouis dans les bibliothèques et les archives.

i( Depuis quinze ans environ, disait-il*, Tétude des sources historiques a pris une activité nouvelle. Des hommes d'un esprit clairvoyant, d'une science rare, d'une constance laborieuse, ont pénétré, les uns dans le vaste dépôt des Archives du royaume, les autres dans les collections de manuscrits de la Bibliothèque royale ; quelques-uns ont poussé leurs recherches jusque dans les bibliothèques et les archives des départements. Partout il a été prouvé, dès les premiers essais, en fouillant au hasard, que de grandes richesses étaient restées enfouies. Les efforts ont redoublé, et l'on n'a pas tardé à obtenir des découvertes aussi importantes qu'inattendues, de véritables révélations qui éclairent d'un jour nouveau tels ou tels événements, tels ou tels siècles de notre histoire ; à ce point qu'il est peut-être permis d'avancer que les manuscrits et monuments originaux qui ont été jusqu'à présent mis au jour, ne surpassent guère en nombre ni en importance ceux qui sont restés inédits. »

Fallait-il abandonner l'exploitation d'une mine aussi féconde aux efforts individuels? M. Guizot ne le piensait pas, et, s' autorisant de l'opinion de tous les hommes jaloux des progrès de la science historique et de la gloire du pays, il demandait que le Gouvernement prît lui-même l'initiative de cette entreprise à la fois nationale et littéraire, qu'il possédait seul les moyens de continuer avec succès.

Au point de vue politique, la publication des documents inédits de l'histoire de France avait un autre

1. Rapport au Roi $v/r le budget de V Instruction publique pour P exercice ISdbf p. 48.

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avantage; elle créait dans le corps enseignant un mouvement utile de travaux et d'idées» et elle rattachait au Gouvernement nouveau, sur tous les points du territoire, un grand nombre d'esprits laborieux et distingués qui se seraient peut*ètre égarés^ s'ils n'avaient pas trouvé cet emploi utile de leur temps et de leur activité.

Le projet de M. Guizot obtint une adhésion unanime^ et dès l'exercice 1835^ une somme de 120000 fr. fut inscrite au budget du ministère de l'instruction pu*» blique pour commencer la publication.

Les travaux devaient avoir lieu sous la surveillance et la direction active d'une commission, dans laquelle les illustrations littéraires du pays se rencontraient à côté de travailleurs inconnus qui jetaient alors les fondements de leur propre renommée. Cette commission a plusieurs fois changé de forme et de nom* En 1837 elle fut partagée en cinq comités qui correspondaient aux cinq classes de l'Institut ^ mais dont quatre furent bientôt fondus en un seul, sous le nom de Comité pour la publication des monuments écrits de l'histoire de France'^ Un comité séparé continua d'exister pour les arts et monuments. L'arrêté du 5 septembre 1 848 modifia le personnel des membres', mais il ne changea rien à la nature de leurs attributions et à Tobjet de leurs travaux. Enfin, en 1852, les deux comités qui existaient dépuis doujse ans, furent rem** placés par trois sections, section de philologie, section d'histoire et section d'archéologie, qui se réunissent

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