DÉPENSES DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE EN ALGÉRIE
Afin de n'omettre aucun des chapitres dont se compose aujourd'hui le budget de l'instruction publique et le compte rendu de ses dépenses , il nous reste à donner le tableau des sommes que le Gouvernement consacre annuellement à organiser et développer les études en Algérie.
Dans les premières années de l'occupation française, l'ensemble des services de l'instruction publique en Algérie, relevait d'un inspecteur qui correspondait avec le Ministre de la guerre, d'abord par l'intermédiaire du directeur de l'intérieur, et plus tard par celui du gouverneur général.
Deux arrêtés du pouvoir exécutif, des 31 mai et 1 août 1 848 , scindèrent le service en deux parties : l'une, comprenant la direction des écoles françaises et Israélites, la bibliothèque et le musée, fut rattachée au ministère de l'instruction publique ; l'autre, composée des écoles musulmanes, resta dans les attributions du département de la guerre.
A partir du l'"" octobre suivant, les écoles françaises et israélites furent érigées bu académie , et placées sous l'autorité d'un recteur qui siège au conseil du Gouvernement et dont la juridiction embrasse les trois
provinces d'Alger, Oran et Gonstantine. Le recteur est assisté par un secrétaire, deux inspecteurs d'académie et trois inspecteurs de l'instruction primaire. Son traitement, fixé d'abord à lOOOOfr., est tombé à 8000 ; celui du secrétaire est de 3500 fr. ; les inspecteurs d'académie reçoivent 4000 et 5000 fr. ; les inspecteurs des écoles primaires, 3000 et 2000 fr. Les frais de bureau en y comprenant le traitement d'un commis varient de 4500 à 5000 fr . ; les frais de tournées de 3500 à 4000 fr.
L'enseignement public présente en Algérie les mêmes divisions qu'en France ; mais la réalité ne remplit pas toujours la promesse du titre. Ainsi l'instruction supérieure n'est encore représentée que par les cours publics de langue arabe qui sont établis dans les villes d'Alger, de Constantine et d'Oran. Malgré leur incontestable utilité, ces cours sont peu suivis. Les documents officiels constatent que de 1841 à 1855 le nombre des auditeurs n'a jamais dépassé 70. Si les résultats sont à peu près nuls , il faut avouer que la dépense n'est pas considérable ; elle ne figure au budget que pour une somme de 9400 fr.
L'enseignement secondaire est plus florissant. En 1855, le lycée d'Alger- ne comptait pas moins de 300 élèves. Les études y sont organisées sur le même plan que dans les lycées de France ; les traitements fixés et éventuels des fonctionnaires forment un total d'environ 86 000 fr. ; les frais de nourriture et d'entretien des élèves dépassent 81 000 fr. ; l'ensemble de la dépense est de 174000 fr., sur lesquels 78000 fr. sont fournis par l'État, 74000 fr. par les élèves internes, 7600 fr. par les externes. L'excédant de la dé-