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Le budget du Brésil: ou, Recherches sur les ressources de cet empire dans

Dans les considérations générales sur le Budget, et au terme des détails du Revenu, on a déjà indiqué la matière de la troisième et dernière partie de ces recherches sur la situation du Brésil.

La monarchie américaine possède un immense territoire à exploiter, et les seuls moyens qu'elle puisse y employer doivent servir eux-mêmes, avec les résultats du travail dont ils seront l'instrum^it, à transformer ou à modifier les conditions économiques et pratiques de l'État.

Sans cet avantage, le Brésil, tel qu'il vient d'être

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mis à décoavert par le détail de son budget, c'est-àdire dans sou système d'institutions, dans sa position financière, dans sa capacité de production et de consommation, partagerait la fortune d'autres monarchies contemporaines qui vont à leur destin avec des inatilutions nouvelles et une société vieillie, sans principe de régénération pour le futur.el souffrant de leur passé.

Le climat et l'esclavage viendraient s'ajouter aux mauvaises chances du Brésil dans la pente naturelle de sa position présente.

Avec les ressources de l'exploitation du sol, tout change pour l'empire. Il doit y trouver son principe de régénération sociale, d'afiermiasement politique, de richesse et de civilisation, de stabilité et de puissance. De l'élément européen oii il se trouve, il se prépare à passer dans le véritable élément américain : l'espace illimité et fertile.

L'administration des terres publiques et un efficace système de ctrfoDÎsation se présentent ici comme les nécessités essentielles de cet avenir.

DSS TBBKES PUBLIQTIR8.

L'administration routière des terres de l'Êlat est le premier moyen de faire pâiétrer la civilisation dans les forêts ; elle y substitue le droit an fait et la justice à la force.

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Halbeureusement, si te Brésil trouve dâas son vasle territoire une des conditions de supériorité des nations américaines, celle qui en est le complément, l'absence des entraves du passé, lui manque en grande partie. Cest à l'égard des terres publiques que ce fait deviendra évident avec ses nombreuses conséquences.

Le Brésil doit renouveler dans l'histoire le spectacle d'un peuple resserré longtemps sur un étroit espace avec ses institutions et ses travaux, puis envahissant des régions primitives avec les ressources et les besoins de la civilisalion.

Les Américains du Nord ont débordé aussi dans les Toréts et dans les savanes : leur marche a été dirigée et régularisée par une admirable organisation de la mise en valeur des terres publiques, et secondée de circonstances plus favorables que celles au milieu desquelles le Brésil doit peupler et exploiter son territoire.

En effet, la domination de la France et de l'Espagne avait laissé des traces peu profondes dans la vallée du Mississipi. Les Loutsianais et la population canadienne des chasseurs et des coureurs de bois ne se présentèrent pas en élément de résistance à la masse anglosaxonne. Celle-ci s'avança donc du littoral vers l'intérieur, avec ses procédés systématiques et puissants, absorbant ce qu'elle rencontrait, soumettant le sol à son régime uniforme d'exploitation, et portant partout le nivellement social et politique de ses mœurs et de ses instincts.

Ed prenant possession de son nouveau territoire, le gouvernement américain l'avait débarrassé vigoureusement des concessions et des réclamations dont les litres n'étaient pas incontestables.

Mais au Brésil, les descendants des mineurs, des chasseurs d'Indiens et des chercheurs d'aventures forment une population qui ne se soumettra pas aux impulsions du littoral aussi facilement que les Louisianais et les Canadiens se sont assimilés aux Anglo-Saxons. Il doit en sortir uue diversité d'élémeutâ, avec des probabilités de collisions d'influences dans la grande entreprise qui s'est accomplie chez les Américains avec autant d'unité de moyens que de résultats.

Ensuite les terres du domaine public, que l'énet^ie américaine dégageait d'entraves pour les livrer aux défricheurs franches et incontestables, sont au Brésil dans une situation que compliquent des droits de possession, ou des concessions mal définies, ou un cours d'envahissements tolérés [>ar la connivence des autorités locales ou contre lesquels une répression tardive est impuissante.

Par l'infériorité même des avantages et par la difhcullé de l'entreprise, c'est dans le succès des procédés américains que le Brésil doit être amené à chercher des exemples pour son système d'administration des terres publiques.

A l'étranger, beaucoup de discrédit s'attache aux titres de propriété dérivant du domaine public brésilien. Juste ou ÏDjoste, cette opinion a les mêmes effets ;

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le mal eo esl dangereux.; l'avenir du Bi'ésil dépend de l'efficacité du remède qu'on y apportera.

Aux États-Unis, le régime des terres publiques a deux conséquences fondamentales : l'une va directement à l'acquéreur ; c'est ta sécurité absolue de son titre par l'exactitude des arpentages dont le gouvernement fédéral est chargé; l'autre regarde l'Ëtat; c'est une relation régulière de la marche des pionniers et des progrès des régions qu'ils laissent derrière eux. Évidemment ces avantages de l'individu et de la société s'accroissent par la mutuelle influence de leurs contacts. Il reste à voir comment s'obtiennent de semblables résultats.

Dès l'année 1780, avec une prévoyance instinctive, le Congrès des États-Unis s'est investi de la propriété et de l'administration de toutes les terres dont les membres ée l'Union n'avaient pas encore fait l'emploi.

L'ordre et la stabilité d'une impulsion centrale furent ainsi substitués à la divergence et à la mobilité des intérêts et de la politique de chacun des États. Oux-ci eurent à sacrifier aux exigences nationales la propriété du territoire inculte qu'enfermaient leurs hmites. Mais la perte n'était qu'apparente, puisque les chances de confusion et de dilapidation faisaient place à la garantie d'une administration économe, dont le système devait servir au développement régulier des institutions de la république et des progrès de chacun de ses membres.

A celte première investiture de l'acte de 1780, le

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« I.e BUtWET DU BBÉSIL.

Uaité de Parie du 3 septembre 1783 joignit tout le territoire que la couronne d'Angleterre n'avait pas compris dans les chartes de ses anciennes colonies. La Louisiane et les Florides, avec toutes les propriétés réservées aux couronnes de France et d'Espï^e, eurent le même sort par les traités de 1803 et de 1819. Enfin, l'Union américaine s'attribua la souveraineté des terres possédées par les tribus indiennes, et de toutes les régions dn littoral de l'océan Pacifique sur lesquelles le tiW de l'Angleterre pouvait être contesté à l'aide des découvertes de l'Espagne et de la France.

C'est ainsi qu'aux États-Unis , l'administration du domaine fédéral est arrivée à comprendre dans sa mission de surveillance et d'aliénation environ 1 milliard 1 93 millions d'acres.

De 1787 à 1844 inclusivement, il en a été vendu environ 1 04 millions d'acres. Des dotations d'écoles et d'universités en ont absorbé plus de 16 millions. {Ty 1er' 8 report. — Goggin. — Lmn. — Fillimore.)

Cette .œuvre, unique dans l'bisloire, se continue avec tous les résultats salutaires que pouvaient en attendre ses fondateurs. Par la grandeur de son système et par la simplicité de ses procédés, elle s'est développée sans confusion et bors des atteintes de l'esprit d'innovation. Elle est sans doute a|^lée à s'étendre de la vallée du Hississipi jusqu'aux rivages de l'océan Pacifique, en y amenant la population et le défrichement, avec une marche régulière et les garanties de l'organisation sociale et politique.

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LES mCMKSSRS I.ATENTBS. 7

L'objet de l'admÏDistratioa du domaine fédéral ne pouvait pas être la mise eo rapport des terres, mais la mise eo vente. Dès lors la pensée fondamentale du système fut de trouver les moyens d'une incontestable sécurité pour l'acquéreur.

La première nécessité était de débarrasser le domaine fédéral de toutes les revendications justes ou contestables en reconnaissant les titres des premières et en prononçant l'annulation des autres. Le gouvernement américain fit procéder avec vigueur à cette liquidation du passé.

Quant à la vente des terres, elle a reçu l'organisation suivante :

Une direction générale des domaines, établie à Washington, centralise toutes les affaires sous la surveillance du ministère des finances

Les terres publiques sont divisées en districts; chaque district a un insp^leur général de l'arpentage, el en proportion de son étendue, il se partage en un certain nombre de subdivisions qui dépendent chacune d'uu bureau terrien, composé de deux fonctionnaires : un conservateur et un receveur. Le premier est chargé de la garde des plans, de l'enregistrement des actes et de l'accomplissement des formalités de la vente. L'autre perçoit le prix des (erres. Ils relèvent l'un et l'autre de la direction générale des domaines établie à Washington. [Rec/mvhes sur la situation des émigrantsaux États-Unis, publiées à Bruxelles en 1 8 46, pages 32 et 23.]

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8 LE BITDCET DU SBBSIL.

Les q)érE^ioDs de l'arpentage s'accomplissent dans chacun des districts suivant des règles uniformes. Plusieurs méridiens, passant par des poiols importants, sont tracés à l'aide des procédés astronomiques jusqu'aux confins du pays. Parallèlemeot à l'équateur, des lignes appelées lignes cU hase coupent les méridiens en se prolongeant à l'est ou à l'ouest.

« Lorsque les agents chargés, de l'arpentage ont I reconnu la position du méridien principal et de la '• ligne de base, ils déterminent sur celle-ci des

■ points espacés de six milles ; de ces pomts parlent « des lignes parallèles au méridien principal pour

• former les rangées. D'autres lignes, également espa-

■ cées de six milles, recoupent les rangées en divi-

< sions de six milles de côté, ou de trente-six milles

< carrés, appelées townships. Le township est la divi- » sion principale de toutes les terres arpentées. Il ( contient 23,040 acres. L'arpenteur le subdivise en

< trente-six sections d'un mille carré chacune, et « d'une superficie de 6i0 acres. Sur le terrain, chaque « section est marquée à l'aide de chiffres et de lettres « placés sur un arbre ou un pieu dans l'angle des

< quatre sections adjacentes. L'inscription contient le

• numéro du tovmship à partir du méridien princi-

■ pal, le numéro de la rangée formée par les perpen- « diculaires à la ligne de base, enfin le numéro de la > section du township en commençant par la section

• nord-est et en allant de droite à gauche, puis de « gauche à droite, jusqu'au numéro 36.

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« Chaque section est subdivisée eu quatre parties « égales appelées quarts de seciùm, et que l'arpenteur. < marque sur le terrain. > {Recherches, p. 23.)

La figure suivante représente le plan partiel qui constate ce mesurage.

n HANOKES TKAKKS

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