‹ Le budget du Brésil: ou, Recherches sur les ressources de cet empire dansChapitre 6 sur 11 · I.E luoa SraaY. — Cmulimtiimdti ÉlaH-Unit · texte numérisé non relu

I.E luoa SraaY. — Cmulimtiimdti ÉlaH-Unit

Toul pa^s peu peuplé, qui possède un territoire inculte étendu et fertile, doit trouver le premier moyen de ses progrès dans la population, comme la meilleure espèce de richesses dans l'emploi du travail national à l'exploitation du sol. Le chapitre qui précède, et tous les détails qui, dans le cours de ces recherches, se sont attachés à prouver l'importance du défrichement des forêts du Brésil, et de l'attraction des émigrants européens, semblent donc avoir entrepris unedémoaslralion entièrement superflue Mais c'est bien moins

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17i LE BUDGET DO BRËSIL.

au choix et à ta nature des moyens que l'attention s'est arrêtée avec autant d'insistance, qu'aux procédés propres à en hftter l'application avec les résultats les plus abondants et les plus stables.

Si le Brésil est dans les conditions générales qui font de la population et de l'agriculture les instnimeats de la prospérité d'un État, il est dans une portion tout exceptionnelle par lee circonstances qui lai imposent de recourir avec ui^ence et à l'aide de moyens extraordinaires à ces ressources dont d'autres peuples ont pu attendre l'arrivée par la marche des événements du monde, au milieu du développement tranquille de lears propres besoins. Un semblable loisir manque an Brésil. Ce n'est donc pas pour devenir prospère et paissant qu'il doit se peupler et se défricha ; c'est d'abord pour échapper à des dangers considérables et imminents.

Les treize Ëtats de la confédération américaine pouvaient se resserrer longtemps sur le littoral ; ils avaient à y établir leurs forces morales et physiques avant d'étendre la nation dans le vaste territoire soumis à sa souveraineté. Chaque pas des Américains vers le Miasissipi fut le résultat d'un nouveau degré de la consolidation des choses le long de l'Atlantique.

Nul voiùn dangereux n'inquiétait la confédératicMi dans ce progrès régulier. Ses ressources étaient concentrées et ses institutions n'allaient pas au delà des limites oii cessaient des intérêts suffisants pour les faire mouvoir tout en recevant leur protection

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L'émigration earopéeniie vint accroître la vitesse du développement des États-Unis ; elle lui fit devancer des siècles sans être une condition de sécurité nationale. L'Union aurait pu s'abandonner au cours de l'accroissement de sa population et de son travail du temps de ses fondateurs, sans avoir à redouter qu'une marche aussi lente empêchât la nation de se fortifier contre des inOrraités cachées dans son organisation intérieure. Ses frontières et ses institutions lui permettaient donc de ne pas se hftter. On a vu ailleurs combien la position du Brésil est différente.

En effet, le nouvel État possède un immense territoire dont les frontières sont plus accessibles à la convoitise de ses voisins et à l'envahissement de la cognée et de la charme de leur civilisation qu'à la force et aux bienfaits du gouvernement impérial.

L'Océan unit tes centres de richesse et de prospérité du litt(M^t ; mais les véritables ressources par lesquelles le pays doit résister aux propensions de démembrement, comme aussi les moyens de diminuer les périls d'une gnerre maritime, se trouvent seulement dans les progrès de l'intérieur du continent.

La question de l'esclavage, enfin, se présente au nombre des plus pressantes nécessités du Brésil ; la race africaine doit être absorbée par la race blanche. Un accroissement de population est donc pour le Brésil an besoin de sa sécurité avant d'être un moyen de sa richesse et de sa puissance.

Il faut ensuite considérer que bien différents des

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176 LE BUDGET DU BKÉSrL.

fondateurs de colonies dans l'Amérique anglaise, les chercheurs d'or et les coureurs d'aventures se sont disséminés au Brésil dans des régions aussi inaccessibles qu'étendues. Les institutions de l'unité monarchique ont dû aller y atteindre la postérité qu'ils y col laissée ; il a fallu la soumettre aux formes du système représentatif.

En sorte que dès le lendemain de son indépendance le Brésil fut contraint de donner it son œuvre politique l'extension la plus vaste; c'était l'affaiblir en proportion. Pour la vivifier dans l'intérieur du pays, l'énergie el l'enthousiasme de la génération qui s'émancipait au milieu des ressources du littoral ne pouvaient pas suffire.

L'inévitable désordre de telles conjonctures a soumis le pays à beaucoup de souffrances, et il lui a créé le péril du doute des populations à l'yard d'une.possibilité d'action régulière du systènte de gouvernement.

Les institutions aussi réclament donc un secours extraordinaire el prompt. Il faut les entourer des éléments qui sont la condition essentielle de leur

Or, l'expIoilatioD du sol, qui aura pour résultats naturels et immédiats la mise on valeur des richesses physiques que renferment les régions du Brésil, fait apparaître, au milieu des innombrables avantages de l'établissement de l'iDdustrie agricole par un énergique concours de la population étrangère, la prochaine possibilité des taxes directes et de l'impôt foncier.

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Chez un peuple qui est au commencemcnl de sa carrière, les inclinatioas du génie national à employer ou à modiâer, le concours de son activité, de sa con- GaDce et de sa patience sont des richesses latentes qu'il faut mettre au jour pour le profit de l'organisation sociale et politique. L'impdt foncier est choisi comoie le moyen de donner au Brésil les richesses morales que répandent sur un État les institutions consolidées, et accomplissant avec régularité toute leur fonction. Il reçoit ainsi dans l'avenir du régime représentatif la place qui est marquée dans l'avenir ccouomique de l'empire à l'exploitation de son immense territoire. La première influeDce est subordonnée à la seconde ; mais une fois sorties l'une et l'autre de leurs cames créatrices, elles effaceront les dates de leurs naissances eu se donnant un mutuel appui dans l'accomplissement des deux plus magnifiques tâches que la monarchie ait jamais eues sous ses auspices.

Cette mission de l'impôt foncier ddtos les affaires du Brésil est une nécessité qui se manifeste bien clairement.

On a vu ailleurs que le revenu des douanes est la base de toute l'organisation financière du &ésil, puisqu'il fournit au budget plus des quatre cinquièmes de sa dotation; et en i-echercbant les caractères de ce fait, il a été démontré que ce n'était pas le résultat d'un système, mais de la nécessité.

En effet, l'industrie mercantile pouvait seule fournir l'alimentation du nouvel empire. Le lu&c du l'cKistcncc

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coloniale des Portugais dans les villes de l'Allantique et dans les plantations voisines avait donné au commerce une prospérité qui devançait de plusieurs siècles le degré de bien-éb^ de l'inlénear du Brésil. Quand tes événements amenèrent l'indépendance de la colonie, l'oi^nisation politique qui en fut le résultat s'était mesurée à la civilisation du littoral en restant presque an mécanisme physique pour le reste du territoire. Par la plus naturelle conséquence de c^le situalion, l'empire qui était né sur le littoral prit son impôt dans la prospérité dont il s'y trouvait entouré.

Ce résultat convenait d'ailleurs entièrement aux propensions des races méridionales d'aller à l'aient le plus facile à recevoir, et d'en faire l'étranger le fournisseur immédiat, en lui laissant le soin de son remboursement indirect par le pays au profit duquel le tribut est levé.

La nouvelle nation reçut ainsi une forme de gouvernement, et elle ne ressentit pas la charge de son entretien.

Les faits dont naissait le régime économique devaient étendre leur influence dans l'ordre politique. L'insuffisance des richesses de l'intérieur avait forcé le budget à se nourrir sur le littoral ; le salaire public vint au secours de l'insuffisance des fortunes privées pour établir le cens électoral et le cens d'éligibilité.

Les financiers brésiliens firent sortir leur œuvre des conjonctures du pays. Avant tout ils subissaient une nécessité, et les conséquences en restaient essentielle-

ment nudiiles comme leurs causes, tandis que la charle tira de ces mêmes conjouctures ud principe immuable : l'emploi public devint une des bases de son teuvre , et le salaire an des mobiles de l'exercice des droits politiques.

En sorte que le Brésil se donna un gonvemement représentatif emprunté aux expériences d'autres nations ; mais il entreprit de marcher dans cette carrière en se faisant un élément de force des propres penchants qu'un malaise social et l'imperfection des choses humaines ont développé chez ses devanciers en causes de périls, en indices de décadence et de ruine.

Il serait sans doute téméraire de penser que l'avenir ne réserve pas au maintien de la fonction régulière du système représentatif d'autres ressources que celles dont l'usage a été éprouvé jusqu'au temps présent ; mais peut-être la postérité ne trouvera-l-elle ces avantages qu'en équivalent d'infirmités inconnues à ses prédécesseurs.

En écartant donc les théories, ainsi que les éventualités futures, pour s'arrêter à ce qu'il y a de connu dans le système représentatif par l'histoire du passé et par les expénences modernes, on trouve que son mobile est le vote avec la surveillance du budget dérivant de l'intérêt du contribuable. Le vote et la surveillance du budget dérivant de l'intérêt d'une participation à ce même budget par les emplois est on aspect tout différent. Comme principe, c'est une théorie entièrement nouvelle adaptée aux institutions représentatives ; et

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chez les peuples soumis à œtle forme de gouverncmeal, le Tait de cetle tendance de l'appUcaticm du système est regardé comme une altération des règles fondamentales et des saines traditions.

Ainsi le Brésil, par l'origine du retenu public d'abord, et ensuite par les principes de ses lois, foit aux destinées du gonvememeni représentatif des conditions nouvelles.

Devant une semblable entr^rlse, où se trouvent engagés l'existence d'une nation et de vastes intérêts d'autres peuples, il ne peut jamais suffire de voir les faits et d'espérer le saccès en comptant sur des chances, quelque fovorable qu'en puisse être la réalisation. Il est indispensable de découvrir dans les conjonctures du présent, en remontant à leurs causes et en appréciant leurs tendances, quels sont les résiliais positifs soit de l'application du nouveau principe, aoit des nécessités que le Brésil a subies en s'oi^^isant.

On verra que ces investigations mènent à une conclusion précise. Au lieu de s'aventurer avec l'incerti* tude dans des espaces non explcrés, le Brésil, déjà sulSsammeut instruit par ses dai^rs, doit se hâter de prendre les votes connues pour y profiter en sécurité des avantages qui s'y montrent en abondance et à sa portée. Il ne peut y avoir d'hésitation qu'à l'égard du moyen de revenir vers cette direction.

L'instrument doit être égal à la tâche. Il faut que la nouvelle influence domine des influences opposées, sorties de la nécessité des temps et sanctionnées par

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iea lois fuudamcnUiloâ ; qu'à sa force de résistance contre tes teadancea du passé, elle ajoute une vitalité suffisante pour sauver les institutions en rendant leur application efficace. Un tel ouvrage ne peut s'accom ■ plir qu'avec le concours de tous les bons instincts d'un peuple.

En éveillant et en provoquant la volonté et la confiance de toutes les classes de l'Ëtat à une intervention tranquille, universelle et continuelle, dérivant à la fois des exigences des intérêts physiques et des exigence de la nationalité, l'impôt foncier, base du système des lax.es directes, paratt devoir toujours être le plus salutaire moyen de la régularité du gouvernement représentatif chez un peuple nouveau et à la vocation agricole.

Il reste à montrer par de plus amples détails que réellement ta prompte application de ce principe est une des plus impérieuses nécessités de la situation sociale et politique du Brésil.

Un impôt indirect, que ne devait point sentir la masse de la population, maintint le pays dans une partie de l'état de choses des temps coloniaux. Les attires du gouvernement furent détournées des classes tranquilles, et elles devinrent le patrimoine, dans les villes du littoral et de l'intérieur, des classes agitées, composées de la population que les emplois coloniaux avaient attirée au Brésil, des professions libérales et de toutes les catégories sociales dont des occupations manuelles n'étaient pas le moyen d'existence. Or, celte dernière classe était nombreuse.

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18â LE BUIKiBT DU BRESIL.

L'esclavage, favorisé dans son accroissement ^ daos ses effets par le climat de» tropiqoes et par Forgaeil (le rarifitocratîe pwlugaise, avait déshonoré le travail .

< Les esclaves étaient les seuls moyens d'acquérir

* la richesse, et les individus seulementqui exerçaient

• quelque métier parvenaient à subsister sans eux. Il

< y avait au Maranham beaucoup de familles descen- « dant des conquérants, dont toutes les filles étaient

< empêchées de s'établir par la pauvreté de leurs < . parents ; et dans un pays où il y aurait eu de l'abon- « dance pour tous, si la culture du sol n'avait pas été « regardée comme un déshonneur pour l'homme . libre. « {Southey, II, 647.)

Les actes du gouvernement de la mère patrie servirent ^core à étendre les effets de la répulsion des colons pour les travaux manuels. Ainsi Jean TV récompensa la fidélité et le courage des habitants du Para et du Maranham pendant ta guerre contre les Hollandais en leur donnant les prérogatives de la noblesse. Des confréries formées d'artisans des derniers rangs s'éteignirent, tous les membres en ayant été anoblis. {Southey, II, 632.)

Tout colon qui avait eu dans la milice une commission d'officier devenait noble et subissait les exigences de ses privilèges. {Southey, II, 63S.}

Ces avantagea devaient être très-recherchés, puisque c'était l'exemption de la torture, de l'emprisonnement, de l'enrôlement, de la saisie des bestiaux et des maisons. {Southey, II, 63g.)

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LES RICaESSBS LATENTES. 183

Déjà peadant l'ère coloniale le recrutement avait entraîné la jeunesse à chercher des refuges contre sa tyrannie.

< La règle était que toule famille oii il y avait deuK « ou plusieurs garçons célibataires devait en livrer I un au service de l'armée, et que tout homme d'un c caractère mal famé serait enrôlé forcément.

c Mais l'application était au dernier degré inique et « o[^ressive. Lorsqu'il se faisait une levée générale « dans quelque capitainerie, le pays paraissait pres-

< que eu état de guerre civile

« Des jeunes gens qui étaient le soutien de leurs f parents, de leurs sœurs ou de frères plus jeunes,

< étaient enrôlés, landisquedes individus, vraisfiéaux « de leur voisinage, et entièrement compris dans les

• dispositions de la toi, restaient eitemptés en toute

■ assurance s'ils possédaient quelque moyen d'in-

< fluence sur le capitaine en chef de leur district. » [Southey. m. 872.}

« Une levée forcée ayant été ordonnée dans la capi-

• tain^ie de Saint-Paul, peu de temps après l'arrivée

■ de ta cour, plusieurs milliers d'individus quittèrent « leurs maisons, et se retirèrent dans les bois. » [Sotithey. Ul, 873.)

Quand le Brésil eut abandonné les restrictions de son régime colonial, les étrangers y affluèrent avec leurs capitaux et leur activité ; ils se firent un monopole de toutes les occupations que comportaient les diverses industries du pays.

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En sorte qu'après son indépendance, lorsque le Brésil eut à fonder son organisation politique, il trouva le peuple divisé en deux, grandes Fractions : celle qui vivait directement d'une occupation manudie, et celle qui était di^nsée de travail par ses esclaves ou que les circonstances dont on vient de donner l'indicattOD avaient tenue attachée sur les emplois de l'administra- ItOQ coloniale comme sur un patrimoine héréditaire, strictement indispensable à sa subsistance.

La première de ces fractions fut laissée hors du mouvement d'application des nouvelles institutions ; mais dans l'autre, la classe très-nombreose dont le trésor public était la seule ressource, se tenait à l'entrée des voies qui allaient s'ouvrir aux destinées du gouvernement représentatif. Elle voyait finir le r^ime d'absolutisme qu'elle avait subi et un service colonial assez restreint dont la meilleure part était toujours réservée à de nouvelles créatures de la métropole. En échange, elle se promettait une prépondéraote intervention dans les affaires d'un empire ; elle devait donc y être entraînée avec impétuosité. Tout la favorisa.

En effet, rimp6t indirect des taxes commerciales ne devait pousser les classes tranquilles, vivant d'un travail manuel, à aucune initiative de l'exercice des droits politiques, a aucun contrôle ; et cet impôt de léthargie ne pouvait être remplacé ni dans les conjonctures du temps présent, ni dans celles qu'il était alors permis de chercher dans l'avenir.

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La noavelleorganisationréclaniait l'appui des classes les plus éclairées et les plus actives ; il fallait multiplier leurs intérêts liés à raffermissement de la nouvelle nationalité. A cette nécessité venait se joindre l'insuffisance de la moyenne des fortunes poar former uu cens électoral et d'éligibilité. Les classes dont les besoins de subsistance devaient peser sur le budget trouvèrent dans la charte leurs propres nécessités changées en cause indirecte de prérogatives.

C'est ainsi qu'au Brésil l'emploi public avec son salaire, rencontraDt les diverses circonstances de l'état des choses du pays, devint le mobile suprême du gonvernement représentatif.

En sortant du berceau, la jeune nation prit la marche qui semble réservée aux peuples déjà vieillis et inclinant à la décrépitude ; mais les conjonctures et non les infirmités la lui imposèrent.

Les effets nombreux de cette situation ne devaient pas tarder à s'aggraver par l'étendue de l'empire et les. entraves de la circulation. Le peuple, qui sentait si peu rimpdl ou les chaînes du gouvernement, ne sentait pas plus directement ses bienfaits matériels et moraux. En sorte qu'il ne se voyait pas intéressé à conserver ses institutions.

Ici doivent reparaître toutes les impressions qui résultent de l'exposé des diverses administrations de l'empire dans le détail de la dépense publique. Elles viennent servir à expliquer l'origine de l'indifférenoe et de l'incrédulité d'une partie du peuple brésilien à

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r^ard de ses lois fondamentales. On y voit ensuite comœcDt les affaires furent abandonnées à cette autre classe de la nation qui se trouvait entraînée dans la politique comme dans l'exploitation d'une vaste industrie.

Pour l'honneur du Brésil on doit s'empresser de reconnaître que des épreuves aussi cruelles que celles des premiers temps de son régime représentatif ne peuvent pas avoir leur première cause dans les sordides calculs de l'égolsme attaché à des profits matériels. Les philosophes et les publicistes dont les travaux avaient précédé et suivi l'émancipation coloniale créèrent au Brésil l'activité des théories politiques.

Mais tandis que l'élite des partis s'inspire de l'enthousiasme que produisent les doctrines, tandis qu'elle défend sa cause au prix, de son sang, sons l'influence de convictions sincères, elle est suivie de la masse de ses adhérents, imbue des infirmités de l'état du pays, et qui finit par imposer sa prépondérance à ses chefs.

La poursuite du profit devait donc être dominante dans les excitations des luttes politiques du Brésil. C'était un résultat de la situation économique et sociale, et les lois elles-mêmes y poussaient les citoyens.

Les éléments de l'émancipation nationale et de la crise de 1 831 ont été soumis à cette influence.

Mais quelles que soient les causes de l'agitation d'une époque, il ne tarde pas à y paraître un principe de dissidence qui devient une force de résistance par le seul fait de l'exagératioa des doctrines qui l'entou-

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LES HICHESSES LATENTES. 187

renl. Il se forme alors un parti qui s'arrête pour soustraire les institutions à une mobilité continuelle, et les avantages réalisés aux chances des innovations. Ce parti reçoit les sympathies et l'appui des intérêts qui se soDt organisés hors du mouvement politique, mais qui en craignent les secousses. Le commerce, les capitaux, les positions acquises deviennent les alliés naturels de sa cause, et il prend pour règle la sécurité et le développement des intérêts moraux et des intérêts physiques sur la base stable des institutions existantes.

Avec on instinct semblable, suivi dans une autre direction, le parti qui reste soumis à la cause révolutionnaire primitive, en Tait une mission permanente de progrès indéfini, et il s'efforce de compenser par les sympathies des multitudes et par l'excitation démocratique les ressources que son adversaire trouve dans les intérêts organisés.

On a va ailleurs que telle a été l'origiae des partis qui divisent le Brésil.

C'est toujours le parti le plus effervescent qui met. le mieux à découvert les véritables dangers de la situation d'un pays. En effet, vers lui se portent toutes les activités les plus ardentes et tons les besoins les plus inquiets. Par la force des choses, ces influences tendent à se maintenir en développant les principes qu'ont mis dans les lois les conditions sociales dont elles sont elles-mêmes une expression. En sorte qu'au Brésil, c'est dans les actes du parti du mouvement que se trouvent les conséquences les plus prononcées de

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l'état du pays el des doctrines de la charte à l'égard de l'application du système représentatif.

[I est superflu de démontrer que l'acte QdditioDitel du 12 août 183i domine toute l'oi^nisation politique de l'empire. Il fut le résultat d'une latte acharnée des deux partis dont on vient de rappeler l'origine et de marquer la position. Ainsi qu'on l'a expliqué dans l'article des dépenses provinciales, l'influence prépondérante du radicalisme profila de la victoire de son parti pour déposer dans l'acte du 1 3 août des principes démocratiques; il fil de la nouvelle charte des provinces nn élément de contre-poids et de restrictions pour les prérogatives monarchiques de la charte de l'empire. Mais ce n'est pas le seul caractère de son œuvre.

De même que les fondateurs du gouvernement avaient mis dans la charte le mobile des salaires, en faisant subir aux institutions les conséquences de l'état économique du pays, le parti qui fit la constitution des provinces prit aussi les emplois publics pour une des bases de sa réforme. Ce fut à la fois un moyen d'aflermtr son propre ascendant et d'accroître la prépondérance provinciale; il excitait les propensions de la jeunesse à se porter vers la politique sous ses auspices ; il se conciliait dans chaque localité les ambitions et les besoins.

Les &veursda pouvoir étant le moteur destiné à faire fonctionner les institutions, les provinces devaient adhéra à un changement qui leur apportait le pouvoir avec ses principales prérogatives. Il venait se placer au chef-

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lieu de la province pour y être accessible à des influences secondaires qui étaient empêchées d'arriver jusqu'à la capitale de l'empire et d'y lutter avec des influences supérieures en crédit. Un principe de la charte contenait donc un germe du danger que l'acte additionnel apporte au Brésil.

Un système d'élections mis en mouvement par l'attracliOD du salaire avait laissé les intérêts des provinces dans un abandon entier. Lesélus, choisis à l'aide des moyens dont l'autorité locale disposait, avaient à compter avec le Gouvernement bien plus qu'avec leurs mandants. D'ailleurs ils s'acquittaient envers ceux-ci ctonme le Gouvernement s'acquittait envers euxmêmes; et les améliorations morales et physiques disparaissaient dans les manœuvres et dans les agitations de cette exploitation du budget.

Ainsi les provinces, sous l'impression d'un malaise général, durent favoriser l'acte additionnel de 1834, destiné à suppléer à la faiblesse de rayonnement du pouvoir central . Rio de Janeiro excitait leurs jalousies par les ressources qui paraissaient s'y absorber sans compensation pour le reste de l'empire. Devant l'expérience de l'inefBcacité d'une représentation nationale qui allait s'annuler dans la capitale au contact du Gouvernement, au lieu de se réfléchir en bienfaits généraux, vers son origine, les souffrances des provinces ouvrirent leurs espérances à l'œuvre de l'acte additionod qui détruisait la centralisation.

C'est par ce dernier caractère que l'acte de 183i,

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190 LE BUDGBT DU BHESIL.

malgré ses doclrioes et ses préparatifs de fédération, a paru justifiable quand la crise démocratique dont il est sorli fut passée, ainsi que les périls manifestes et immédiats dont elle menaçait le pays. L'éloignena^t des faits et les apparences ont donné cours à cette opinion. Mais l'expérience a déjà prouvé que l'ade additionnel n'a pas cette puissance de vivification pour les provinces.

Les nécessités de l'intérieur du Brésil sont précisément celles qui réclament l'intervention du Gouvernement.

Un pouvoir centralisant peut gêner l'emploi des forces locales, l'activité et l'énergie des populations, leur aptitude à se protéger elles-mêmes et à faire croître leurs propres ressources par le sentiment de la confiance et de la nécessité. Mais ces éléments doivent exister comme première condition des franchises provinciales, et dfuis un paya tel que le Brésil, les franchises provinciales ne peuvent pas les précéder sans accroître les propres souffrances dont elles doivent être le remède.

L'affranchissement donné par l'acte additionnel est donc un anachronisme ; il a devancé la marche des choses qu'il devait suivre ; il est devenu un vice organique en aggravant les maux des provinces. Des lïiits nombreux servent de preuves à cette assertion, et l'exemple d'autres pays autorise à croire qu'en principe l'innovation de 183i doit être condamnée.

C'est ainsi que même dans la confédération de l'A-

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mérique du Nord, fondée sur l'uidépendance presque souveraine de chaque État, la constilutioQ raaiolient sous la tutelle du pouvoir exécutif fédéral les territoires orgaoisés qui doivent deveDÎr un jour de nouveaux membres de l'UnioD. Cette dépendaDce est prolongée jusqu'à ce que la population soit assez considérable ; jusqu'à ce que les ressources, les intérêts, l'expérience des iostitutioDS, ou tout le développement matériel et moral, prouvent que le territoire est devenu habile à se gouverner, et qu'afin d'entrer en membre utile dans la république, il ne lui manque plus que le simple (ait de son émancipation. Quand le congrès fédéral la prononce, ce n'est pas un nouveau principe de vie qu'il donne au nouvel État ; en l'affranchissant de la talelle du pouvoir exécutif, il lui reconnaît l'aptitude à user réguUèrement, dans le système de l'organisation nationale, de toutes les ressources qui ont été amassées pendant la minorité.

Si la tutelle ne se prolonge pas toujours autant que la mtuatimi d'un territoire exige l'appui d'une autorité vigoureuse, ce n'est point parce que l'action du pouvoir fédéral met des obstades à sa prospérité, c'est que le principe fondamental de l'Union américaine ft'<^pose à une consolidation de la prépondérance du pouvoir exécutif. La tutelle des territoires en est un élément, et le Congrès sacrifie quelquefois les intérêts du territoire à la sécurité de la constitution.

En sorte que quand la centralisation cesse aux États- Unis, c'est d'abord par l'inDuence de faits accomplis

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192 LB BUDGBT DU BBËSIL.

que l'alFraachiasement vivifie, tandis qu'au Brésil c'est l'affraochissemeot qui doit produire les mêmes falls.

La cenlralisation américaine cesse enauile par l'influence d'un principe qui tient à l'essence même du gouvernement républicain fédératif; au Brésil elle a cessé sous l'influence d'une jalousie qui s'est attaquée à un principe qui tient à l'essence du gouvernement monarchique.

Aux États-Unis rémaocipalioa prématurée nuit au mineur, mais elle préserve la constitution ; au Brésil elle a blessé I'ud et l'autre.

Une cause qui bftte aussi le terme de la tutelle des territoires américains est la soif des emplois dont le gouvernement fédéral dispose pendant la minorité, et qui tombent dans les attributions du gouvernement local dès que l'émancipation du territoire est pro-

On verra que les deux pays souffrent de la même plaie, mais dans des conjonctures différentes qui assurent encore à l'Amérique du Nord les avantages de position.

Lorsqu'un territoire de l'Union réclame du congrès fédéral son émancipation, il montre tous ses intérêts créés dans des conditions saines, avec une activité régulière. C'est la prospérité manifeste et exubéranle qui demande la 6n d'une centralisation superflue.

Au Brésil, l'acte additionnel n'a pas été l'ouvrage pacifique d'intérêts prospères, il est sorti d'une convuluon politique d'intérêts souffrants. Il a calmé quel-

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LES BICHESSBS LATENTES. 193

ques symplômes du mal, mais eo aggravant ses causes; et quant aax intérêts en souffrance, ce sont précisément ceux qui relèvent immédiaifflaent de la sollicitude, de la direction da pouvoir central dans les conditions des régions nouvelles de l'Amérique du Nord et des provinces du Brésil.

L'insufiSsance de la populaUon, le manque de prêtres, d'écoles et de chemins, sont l'origine des maux de l'empire. Les moyens d'y pourvoir exigent l'anité des systèmes et la persévérance de l'application. Dans les conditions extraordinaires de l'organisation de la monarchie, c'est par des procédés extraordinaires que les résultats peuvent s'élever à la hauteur des nécessités Les pouvoirs proviociaux y seront impuissants par l'impossibilité du concours de leur intervention au même plan et par l'exiguïté de leurs ressources disponibles pour la recherche d'avantages qui ne doivent pas toujours être immédiats. De telles entreprises appartiennent à la politique nationale ; le gouvernement seul peut se vouer à l'exécution du système qu'elles exigent.

Après une expérience de dix-sept années, il esl bien prouvé que l'acte additionnel de 1 834 n'a pas fait profiter les provinces des prérogatives qu'il a enlevées au pouvoir central, tandis qu'il les a privées des avantagea qu'elles pouvaient espérer de sa diffusion, lorsque le temps et la consolidation des institutions l'auraient fortifiée.

Les provinces n'ont point profité de ce que le gou-

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tH LE BUDGET DU BRÉSIL.

veraeiDeol central a perdu ; sous ce premier aspect l'acte additioDoel est négatif. Mais les provinces sont nécessairement destinées à souffrir de l'atTaiblissement du pouvoir central dont l'ënei^ie a été restreinte ou supprimée et non transférée avec efficacité à on agent plus actif. A cet égard la constitution des provinces a UD résultat positif mauvais. Les entraves que la charte de l'empire s'était données, et qui empêchaient la régularité du système représentatif, se retrouvaient dans la charte des provinces. La réforme laissait subsister le vice au centre, el elle en transportait un semblable dans les gouvernements provinciaux, au milieu de circonstances qui diminuaient tous les avantages avec lesquels le gouvernement central pouvait s'efforcer de combattre l'inefficacité des institutions nationales aux premiers temps de leur application.

Ainsi l'acte additionnel a détruit la centralisation d'un État qui n'avait pas les forces dont la centralisation est l'origine, et qui manquait de cette autre centralisation que trouve un pays dans de vastes intérêts politiques et commerciaux répandus sur son territoire, dans le sentiment instinctif et universel des avantages de l'union résultant de la facilité des communications et du contact de tous les éléments de la sécurité, de la prospérité et de la puissance. La destinée de l'empire est de lutter sans cesse pour consolider l'unité nationale, et l'acte additionnel organise dans chaque province un moyen de démembrement .

Cependant la mise en valeur des ressources que

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possède le Brésil pourra détoomer el aunuter les conséquences de l'acte additioonel si la rapidité de l'entreprise est égale au développement des dangers. Cest pour renftHY^r une telle espérance qu'il faut considérer plus particulièrement dans leurs effets tes maux des institutions provinciales, puisque c'est arriver en même temps à découvrir les inQuences qui doivent leur être opposées.

L'activité pditique attachée à la recherche des emplois et constituée en occupation de toute une fraction nombreuse de la nation par une force de circonstances que la charte elle-même avait subie, et dont elle avait foit un agent de sa propre fonction, arriva bientôt aux excès inévitables de ses propensions. L'acte additionnel en fut un résultat qui pèse à présent, comme on l'a déjà vu, sur toute l'organisation politique de l'empire.

Mais, ainsi qu'il était naturel, cette réforme a été un effet qni, à peine accompli, a reproduit sa cause : chacune des dix-huit provinces, en recevant la nouvelle loi, devint un foyer ardent au milieu de l'agitation générale. Car le gouvernement central gardait assez d'intervention dans ta nomination des emplois pour laisser continuer à la charte de l'empire t'in- (luence de l'attraction du salaire public. En sorte que l'acte additionnel vint donner à chaque gouvernement provincial une initiative et des prérogatives qui auraient suflî pour créer les maux qui existaient déjà et dont les causes restaient. [Appendice L.) Ces maux pri-

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reot ainsi dans la cootiaaatioD des effets de la loi foadameDtale et dans \e3 Innovations de la loi provinciale une gravité extraordinaire. Cette dernière loi avait donc restreint les bons principes de la première, et elle en avait favorisé les vices.

C'est par la conibinaison de ces influences sur la situation du Brésil que l'emploi public, placé dans la charte comme titre à l'exercice des droits du citoyen, et dans l'acte de 1834 comme mesure des Tranchises provinciales, transforma la politique en une vaste industrie dont une agitation permanente du pays fournit la force motrice, tandis que la rébellion et la guerre civile devinrent la protection des intérêts qui s'y étaient engagés et qui se croyaient menacés.

Car il est impossible à cette industrie de jamais satisfaire aux besoins de tous ceux qui s'y portent. La concurrence qu'elle excite est une lutte de baines et non de loyaux efforts. Elle s'organise en proclamant la nécessité d'une récompense systématique des vainqueurs qui entraîne la proscription systématique des vaincus. Le budget, qui s'offre à toutes les ambitions, double ainsi le nombre des salaires à l'aide de la réduction d'une moitié dans le nombre des coparta-

L'histoire des dernières années n'est que l'encbatnement des résultats de cette situation des choses. En 1848, la destitution d'un président provoqua une con> spiration générale de sou parti dans les provinces et une révolte meuririère à Pernambouc.

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LES RICBESSES LATENTES. 197

En 18i8, le parti qui avait la prépondérance dans l'assemblée l^jslative de la province de Minas 6t une loi qui changeait en miplois à vie certaines fonctions et les postes de la garde nationale. La province de Saint-Paul suivit cet exemple. C'était un moyen de se soostraire aux conséquences d'une réaclion qui paraissait inuninente.

La violence des élections est un autre résultat de la tendance du salaire public à se convertir en principe dominant de l'application des institutions.

L'impulsion électorale ne dérivant point de l'intérêt des classes laborieuses et tranquilles impliqué dans l'impôt, mais des attractions du budget, les élections doivent évidemment se Taire pour atteindre l'emploi on pour le conserver ; l'élection poursuit la fonction publique et le fonctionnaire veut dominer l'élection.

L'activité et l'agitation de toute la fraction qui vit des salaires se meuvent dans ce cercle fatal, et il en natt le conflit des règles de l'élection et des intérêts qui n'ont pas seulement à conquérir ou à défendre une influence politique, mais encore le véritable patrimoine de leurs besoins.

Dans de semblables conjonctures, il arrive toujours que les hommes cherchent par la violence à se protéger contre les maux dont tes menace l'application régulière des lois ou leur insuffisance. C'est ce qui se passe au Brésil avec toute la gravité qui peut résulter des inclinations d'une race méridionale.

Après avoir considéré quel est dans tout l'empire

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198 LE BUDGET DtT BRÉSIL.

ia pratique des élections, soit du cAlé des antorités locales, soit du cûté des partis ; après avoir tu ces faits M nombreux et si caractérisés soumis pendant plusieurs années dans les débals des chambres à l'appréciation des hommes les plus éminents et d'opinions diverses, toute incertitude disparaît, et l'on arrive h conclure qu'au Brésil l'application électorale se trouve encore à l'état de transition.

Mais quelle que soit la valeur des opinions appelées en témoignage, lorsque des déductions importantes ont à trouver leur origine dans les détails de l'existence sociale et politique d'un peuple , elles ne peuvent vaincre toute défiance qu'à l'aide de l'exposé officiel des faits eux-mêmes.

Ce n'est ni dans les provinces éloignées, ni dans des temps déjà reculés que ces preuves seront recherchées; elles sont fonmies par les élections de la province de Sergipe en 1847.

Paroisse de Itaporanga.

Je mande à V. E. que le bruit s'est répandu ■ dans cette paroisse que des gens armés duvaient se •I montrer pendant l'élection par ordre de V. E. pour

• forcer le peuple à recevoir une liste présenta « par des personnes qui s'intitulent commissaires du « gouvernement; qu'il y avait certitude d'insultes, « de coups et d'arrestation pour ceux qui ne se prè- < teraient pas avec soumission à un acte dégradant

• pour le caractère d'un citoyen brésilien et insultant

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: pour le pacle fondameatal tle la nulioD qui cooi- I maude la liberté du vote. Ces nouvelles effrayantes 1 s'étanl propagées, lous les juges de paix asser- I mentes se donnèrent pour empêchés par maladie, 1 de même qne la majorité à peu près des suppléants, t qui avaient été convoqués pour former le bureau, 1 dans la forme de l'article 6 de la loi r^lementaire c des élections du 1 9 août 1 846 ; la même raison I empêcha de comparaître les habitants qualités ; il I n'en vint que dix ou douzeà l'église primaire, tandis [ que le nombre des inscriptions est de plus de 860.

< En conséquence de quoi le bureau de paroisse ne r pouvant pas se constituer, je me suis retiré à la [ maison et je remplis le devoir d'en informer V. E. r pour qu'elle daigne prendre les mesures que le cas I exige. Je lui mande également que, me trouvant de [ mauvaise santé, je cesse de continuer l'exercice des 1 fonctions inhérentes à l'emploi déjuge de paix.

« Dieu garde V.E.

< Itaporahga, le7novembre18i7.

« Au président de la province de Sergipe ,

< LS Jl'GB DE PAIS *

Paroisse de Sainl-Félias de Pacatuba.

( Excellence, le 7 courant j'ai été empêché par

* maladie de présider le bureau paroissial, et de

* plus parce que le 5 du courant le subdélégaé récem-

* ment nommé, Manoel Ferreira Passos de Faro, et c l'avocat Antonio José da Silva-Travassos, arrivèrent

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■ avec des homnies armés de mousquets et de cou-

• teaux. poignards. La présence du aubdélégué se ° prolongea justpi'au 7 avec pas moins de 300 indit vidus, dont plus de 200 étaient électeurs. Par cette

• arrivée et ce séjour ainsi que par l'apparition d'un

< détachement de police à une heure du matin, il se

> répandit une telle inquiétude et une telle terreur

> que la plus grande partie des éleclears, suppléants

> et votants de cette paroisse s'abstinrent de paraître,

• ce dont ils me donnèrent communication. Le ré-

< sultat fut qu'à une heure de l'après-midi, il n'y avait

• personne pour présida le bureau. C'est alors que ( se montra le citoyen Manoel Dias Coelho et Mello

■ pour présider le bureau paroissial, comme il fil. « C'était hors de sa compétence, puisque, encore

• qu'élu, il n'avait ni prêté serment, ni moins encore

< pris possession de son emploi, qu'il n'a jamais exercé t pendant les quatre années dernières, ainsi que le

■ prouvent les pièces ci jointes que j'ai l'honneur de

• transmettre à V. Ë. 11 commença les travaux, de

• l'organisation du bureau électoral. Quoique plu-

< sieurs électeurs et suppléants fussent présents, deux ' des électeurs ne furent pas appelés au bureau « comme la loi l'exige, mais un seulement, ainsi que

< l'établissent les documents annexés. De plus, les

< votants se donnèrent leurs suffrages, ce qui est con~

• traire à la loi des élections. V. E. voudra donc bien

• décider si ces élections sont valables, faites conmie « elles l'ont été. Par information officielle du juge de

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LBS RICBBSSES UTERTES, 301

I paix en tôle de la liste des suffrages, le capitaine FraDciSGO Antonio de Souza Caldas, c'est à nH)i que revenait la présidence du bureau.

€ Dieu garde V. E.

« Paroisse de Saint-Félix de Pacatuba, le 10 no-

> vembre 1847.

• Au président de la province de Sergipe le juge

■ de paix président de la junte de qualification. »

Paroisse de Villa^Nora de Saint-François.

« Excellence, je vous mande qu'il n'a pas été po&-

> sibte de procéder aujourd'hui, comme cela devait

■ être, au choix des électeurs de cette paroisse, parce

■ que le a de ce mois, dans la paroisse de Pacatuba

■ disant partie de cette municipalité, Antonio José I da Silva Travassos, et le subdél^ué que V. E. a I nommé récemment, s'étant montrés avec plus de

> 300 hommes armés, ils ne se bornèrent pas seule-

< ment à remplir de terreur les habitants de cette

■ paroisse, mais ils détachèrent aussi des groupes

> pour intimider cette paroisse-ci. Afin de déguiser

■ une conduite aussi criminelle, ils ont osé se prévaloir I du nom de V. E. ; et il en est résulté que les élec- • teurs et les suppléants, dans leurs craintes, se dist pensèrent decomparaître, cedoDtilsm'iaformèreDt,

< et aucun votant ne parut dans l'église primaire par « les motifs qui viennent d'être expliqués. Pour les

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I raisons la messe d'invocation n'a pas été •< célébrée par le révérend vicaire, qui me ctHnoaus nique officiellement sa surprise des terreurs avec

< lesquelles on voulait opprimer la liberté électorale,

< et son impossibilité de célébrer. Par conséquent, il

> fallut ajourner les éleclioDS primaires au 28 courant, 1 selon la faculté que me donne la loi des élections.

• Cest ce que j'ai rendu public par des édîts, en invi-

• tant les électeurs, les suppléants et les votants à

> comparatire au jour marqué.

* Dieu garde V. E.

. Villa-Nova, le 7 novembre 1847.

« Au président de la province de Sergipe lejttge

1 de paix .président du bureau paroissial . w

Ville de Maroim.

< Excellence, j'ai à présider le bureau de l'assera- I blée paroissiale le 7 courant ; je vois que des per- I sonnes malintentionné se [H-éparent à troubler le [ plus sacré des droits constitutionnels en assurant I dans toute la ville qu'avec l'influence et la protection I deV. E., elles remporteraient la victoire électorale, ' encore qu'il fût nécessaire de répandre le sang, ce [ qui ne peut pas se concilier avec les actes ^anés I du gouvernement de V. Ë., qui a employé tous les . moyens de garantir la liberté du vote des citoyens. : Mais je suis certain que toutes les ressources s*em-

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LES RICHESSES LATENTES. 'iO'S

ploieront pour assurer le prétendu triomphe, et je

vois de plus que des hommes iafluents circulent

dans les faubourgs de cette ville, embauchant des

individus mis en accusation pour crimes de meurtre,

afin qu'ils comparaissent au jour marqué et en

I armes, avec toute certitude d'être protégés par la

police. Je sais encore que dans beaucoup d'endroits

: de cette ville on a fabriqué publiquement des car-

touches, soit pour frapper de terreur, soit pour com-

: mettre des crimes. Tajoule encore qu'hier, pendant

la nuit, il est entré ici une force d'environ cinquante

I hommes de la garde nationale du Rosario. Il n'est

' pas possible, dans ces conjonctures diamétralement

L opposées aux manifestes de V. E., de garantir la

I liberté du vole des citoyens. Les autorités de police

' sont indifférentes, et même, j'ose dire sans crainte

' qu'elles sont de complicité dans tout ceci. Je pense

[ qu'il est de mon devoir, avec toute la célérité pos-

' sible, de mander le tout à V. E.

' Elle voudra donc bien prendre toutes les mesures I qui sont à sa disposition, dans l'intérêt de la liberté : du vote, pour mettre un terme à ces menaces et à I ces terreurs, et aussi pour éloigner la force armée, I afin que les citoyens, libres de craintes, puissent . so rendre à l'église au jour désigné en donnant : un vole sans contrainte. Pour le cas oii, avant ce . jour, V. E. n'aurait pris à cet égard aucune mesure, i ce qui ne sera pas croyable, je renoncerai à pré- > sider le bureau de l'assemblée paroissiale, et je ferai

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' arrh'tT à lu oonnaitisancc de notre nioniin|iie adoré

■ les causes qui m'auront poussé à cette résolution,

« Dieu garde V. E.

•^ Ville de Maroim, le 3 novembre 18i7.

• Au Président de la province de Sergipe . , h I juge de paix président de i'assemhlée paroissiale de I Manim. i

« Lorsque !c 3 courant j'écrivis à V. E. en lui fai- < sanl la fidèle exposition des événements qui se pas- [ saient dans celte ville et ses environs, j'étais bien I éloigné de croire que ces menaces et ces terreurs [ prendraient en un instant la dimension qu'elles ont ; acquise, clque des personnes influentes de celle province seraient capables de mettre à exécution des : mesures terribles et des plaas sanguinaires, ainsi que : mallieureusemenl cela commence à se réaliser.

* Dans le nlagasin de Jean Gomès de Mello se trouve ; casernée une force de plus de cinquante hommes, : composée d'individus de divers endroits de la pro- ' vince. Parmi eux se remarque, comme un défiel un

scandale pour l'ordre et la tranquillité publique, le : criminel Manoel Yincente, mis eo accusation pour meurtre ; François Xavier, condamné par le jury et qui réussit à s'échapper de la prison de celle cité à l'aide d'une elTraclion, ainsi que d'aulres criminels, : appelés à dessein pour commettre des crimes cl des délits sous la protection des agents de la policc.

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LES niCtIESSES LATENTES. 30S

< Celle nuit un jeune homioe qui s'approchait da

< magasin a 6lé assaBsiné. Hier à sept heures du matin ' le citoyen Liberato de Araujo a été frappé de coups ' de couteau pour le seul fait de passer dans la rue oîi : se trouve le même magasin. Pendant la nuit, des • groupes turbulents de plus de vingt individus parcourent les rues en blessant ceux qu'ils rencontrent,

I et en insultant à haute voix tes paisibles habitants

< de cette ville infortunée.

• On promet le pillage des maisons de' commerce

et des maisons des personnes du parlr nommé le

: parti légal. Toutes ces choses se passent publique*

I ment dans cette ville, et les autorité de police sont

impassibles devant les plaintes des citoyens.

< Ce que ceci signiSe , je l'ignore ; mais ce qui est certain , c'est que les autorités se prévalent du nom de V. E. et qu'elles disent publiquement que V. E.

< veut avoir l'élection n'importe comment. Dans la ' situation déplorable oii nous sommes arrivés, que

< peut-on encore espérer de semblables autorités ?

' Dans un tel état de choses, il n'est pas possible i d'avoir des élections. De V. E. j'attends des mesu- > res de garantie, et dans le cas contraire je ne pré- I sidérai pas l'élection .

" Dieu garde V, E.

■' Maroim, 5 novembre 1847.

« Au président de Sergipe , te juge de paix

1 président de l'assemblée paroissiale de Maroim. »

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* Excellence , la chambre municipale de la ville Je Maroim oe peut pas être insensible aux plaintes et aux clameurs de ses habitants depuis la démission des autorités, depuis que la police a été confiée à des hommes sana aucun jugement , reconnus ponr factieux avoués, et qui , revêtus à présent des fonctions de dél^ué et de subdél^ué , n'épargnent aucun : moyen, terreurs, menaces, persécutions, et autres : ressources pareilles, pour emporter par la fraude et la violence le triomphe dans la prochaine élection. ( C'est quand le gouvernement de V. E. &it appa- [ rattre des mesures énergiques et vigoureuses pour r garantir la liberté du vote des citoyens, c'est lors~ i que le jour du 7 novembre approche, jour tant t désiré dans lequel le peuple exerce le droit de sou- I veraiueté, c'est enfin lorsque l'urne électorale doit ' montrer en évidence de quel côté est la majorité de [ la province, c'est alors, contre l'attente générale, I que se voient destitués les employés de l'autorité de

> police, citoyens probes et notables par leur position I sociale et par leurs vertus, et ces charges sont livrées

■ à des hommes de vénalité et prévaricateurs, dont I les décisions doivent toujours être emportées par le

> poids de l'or.

» A peine en possession du pouvoir de dél^ué de

■ police pour ce canton, le juge municipal François < Xavier d'Oliveira Pereira parcourut les rues de la ville, excitant la populace, et faisant lancer des

> fusées en signe do réjouissances pour les destîtu-

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lions. Il se readit ensuUe dans la ville de Santo Amaro afia d'y animer ses partisaDS. Lé résultat en fut qu'hier ceux-ci, muais de fouets, se portèrent h la maison d'un habitant pacifique pour l'arrêter sur l'ordre du même dél^ué en violatioD des mesures protectrices prises par V. E. En conséquence de cet ordre et au mépris de celui du gouvernement de V. £., le malheureux citoyen Philippe Corréa fut ussassiné pour le simple fait d'avoir déclaré qu'il était du parti appelé légal ! ! I « Dans l'état de mouvement oii se trouvent ces municipalités , comment pourront être garantis les voles des citoyens si déjà paraît ta domination du mousquet? Dans cette ville, le subdélégué Lucino José de Goes a été jusqu'à dire publiquement que l'anden délégué , rhonoéte citoyen José de Lémos Ribeiro, serait le premier qui dans l'église recevrait des coups de bâton ! ! Antonio Ferreira de Preilas, qui n'a pas encore été absous du meurtre qu'il a commis dans cette ville à l'endroit nommé Gaiçado, s'est rendu à dessein chez le citoyen Jean Barroso de Rezendès, armé d'une épée pour l'assassiner ; et le juge municipal , se trouvant à la fenêtre du rez-dechaussée de la maison du docteur Guillaume Pereira Rabello, loin de faire arrêter le coupable en flagrant- délit , comme c'était son devoir, lui fit au contraire , de la fenêtre oii il était , le signe de se retirer, c Ces choses et beaucoup d'autres avec lesquelles

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on tâche de frapper de leireur les habitaals de ce caaloD, obligeot cetle cliambre à venir solliciter de V. £. les mesures qui puisseal garantir la liberté du vote des citoyens, comme V. E. en a fait la déclaration. Malheureusement ses nominations, dans l'ignoraoce sans doute des précédents des individus nommés, sont tombées, au moins pour cette municipalité, sur des personnes incapables d'administrer la justice.

« Hier soir est entrée dans cette ville une force de 50 bommes environ de la garde nationale de la ville du Rosario, et elle se tient cacbée dans une maison de cetle même ville. On a confectionné des cartouches en public ; on entraîne des personnes malintentionnées et des hommes mis en accusation pour meurtre à venir le 7 courant à l'église avec leurs : armes. Dans les localités appelées Gentlo et Cailalei L on a fait courir le bruit que les élections s'empor- I teront avec du sang répaudu , et tous les apprêts I annoncent que soil par le fer, soit par le feu , on veut emporter les élections.

1 Cette chambre municipale donc, ayant la con- ■• science de ses devoirs et voyant l'état lamentable [ auquel est réduite cette portion du peuple brésilien, I vient respectueusement implorer la démission des i employés de police, puisque d'eux et d'eux seuls i sont nés les maux qui menacent celte municipalité. i Si cependant V. Ë, n'écoute pas les justes rédama- ; tiens de celte chambre, celle-ci, pour cllc-môme et

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LES arCHESSES LATENTES. 309

pour ses administrés, proteste soleanellcmont contre

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