INTRODUCTION
Nous nous proposons d'étudier dans ce travail la réforme budgétaire réalisée par M. Doumer en 1898 ; c’est-à-dire l'institution d’un budget général del’Indo- Chine, superposé aux budgets locaux de la Cochin-
‘chine et des protectorats. |
Cette réforme, nous en sommes convaincu, a ouvert à l’Indo-Chine une ère toute nouvelle de prospérité. Ce serait une raison suffisante pour en aborder l’étude étant donné que cette colonie occupe parmi nos possessions une place éminente qu’elle doit à l'étendue de son sol et à sa richesse, à l'importance de sa population (19 millions d’habitants),au chiffre de ses budgets dont le total pour 1907 atteint 48.783.723 piastres 47, à celui de sa dette,283 millions de francs, à son commerce extérieur enfin qui accusait en 1905 un trafic de 423.317.932 francs (1).
1. Pour l’année 1906 le mouvement du commerce général s'élève à 397.582.581 fr. soit une diminution de 25.735.391fr. sur l’année précédente,
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Mais la réforme de 1898 présente de l'intérêt à un autre point de vue; les principes dont elle s’est inspirée ont eu leur répercussion dans notre pratique coloniale. Elle a inauguré, en effet, cette politique des gouvernements généraux, « qui, appliquée ensuite avec les variantes que demandaient les circonstances à l'Algérie, à l'Afrique occidentale, au Congo, à Madagascar, désirée mème par quelques-uns pour nos établissements d'Amérique, consiste essentiellement dans le groupement des ressources dispersées de plusieurs territoires coloniaux limitrophes, en une union politique et financière destinée à faire leur force » (1).
Avant d'entrer dans l'examen du budget général en lui-même, il nous paraît indispensable d’esquisser rapidement l’organisation budgétaire telle qu’elle existait en 1898.
A ce moment, les recettes et les dépenses de nos possessions indo-chinoises se répartissaient entre les quatre budgets locaux de la Cochinchine, du Cambodge, de l’Annam-Tonkin et du Laos d'une part, et d’autre part celui de la métropole. .
Le budget de la Cochinchine fut créé par le décret
du 10 janvier 1863. Il était alimenté par « les contri”
1. Rapport à la Chambre des députés sur le budget du Ministère des Colonies pour 1907, par M. Gervais, Chambre- Annexe n° 341.