Rapport de M. Gervais
2. Sur une population totale de {9 millions d’habitants, le contingent annamite compte 17 millions d’individus.
des caractèresethnologiques et des institutions sociales et politiques tout à fait uniformes. » Ce peuple, sous le régime des grands empereurs dont l’administration française est devenue l’héritière, a conquis et gardé la Cochinchine, l’Annam, le Tonkin et disputé au Siam le Cambodge et le Laos. L'unité politique qu'il avait faite, c’est nous-mêmes qui l'avons rompue, en détachant successivement jusqu'à la conquête totale, les diverses parties de son territoire. Ce n'était donc pas innovation, mais à proprement parler restauration que de rassembler en un faisceau unique les éléments que seules les circonstances avaient dissociés et soumis l’un après l’autre à une domination toujours semblable à ellemême (1). »
La solidarité d'intérêts des diverses régions de l’Indo-Chine s'était déjà manifestée dans la pratique par l'institution du gouverneur général et du Conseil supérieur en 1887 ; dans les années suivantes par la création de services communs, contrôle financier en 1891, Institut Pasteur de Nha-Trang en 1897, services géologique et météorologique en 1898 ; par l’unification du service des douanes et régies en 1887. Le budget général constituait le complément naturel et nécessaire de ces mesures.
Remarquons enfin qu’il apparaissait à M. Doumer
1, Sazaux, Essai sur l’organisation de l'Indo-Chine.
(AE VOPEES comme l'instrument le mieux approprié pour la réalisation de sa politique « impériale ». « Il s'était fait du rôle que la colonie doit joueren Extrême-Orient une conception grandiose. Son but était de lui donner une personnalité puissante, dotée de tous les organes de la vie économique et politique, capable non seulement de se suffire à elle-même, mais aussi de servir de point d'appui ou de foyer d'expansion
de la France en Extrême-Orient (1). »