Pour la première fois, le budget de l’Annam-Tonkin de
1897 s'était soldé en excédent.
Breton
que des liquidations financières et de la piraterie au
Tonkin des inquiétudes et de mauvais souvenirs(1)».
Ces considérations expliquent les hésitations du gouvernement métropolitain. S'il se laissa néanmoins gagner à la cause du budget général, ce fut avec l'espoir qu'il en résulterait une économie notable pour le budget de l'État, surtout en ce qui concerne les dépenses militaires dont la charge semblait particulièrement lourde. « Il est indéniable en tous cas que le désir de diminuer le sacrifice que s’imposait la métropole pour le paiement des dépenses militaires, fut une des causes qui contribuèrent puissamment à l'adoption des vues de M. Doumer (2). »
Mais les oppositions furent particulièrement vives de la part du Conseil colonial. Celui-ci sentait que la majeure partie des recettes de son budget allait désor . mais être absorbée par le budget général sur lequel il ne pourrait exercer qu'une action illusoire. C'était pour les nombreux fonctionnaires de tout ordre dont le Conseil colonial éiait le représentant influent « la perspective d’être obligés de quitter la Cochinchine, la colonie des installations confortables, des gros traitements, des avancements rapides, el des gratifications fréquentes » (3).
Le véritable motif de l'opposition restait inavoué,