I. Géographie physique
La ville de Besançon, chef-lieu du département du Doubs, depuis la loi du 22 pluviôse an VIIT {15 février
En 1800), occupe parmi les villes françaises le 32e rang par sa population. Elle compte actuellement 57.978 habitants, divisés en deux cantons : canton nord avec 33.428 habitants, canton sud avec 24.550 et répartis sur un territoire de 6.368 hectares. Besancon est bâtie dans une presqu'île formée par le Doubs et adossée à un massif rocheux (368 mètres d'altitude) qui en a été de tout temps la citadelle. De l’autre côté de la rivière, la partie nord de la ville est assise sur des pentes dont le point culminant, lieu dit Charmont (294 mètres) porte le fort Griffon. La citadelle est entourée d'un cirque de montagnes qui, toutes, la dominent. Elle se relie au sud par un isthme au mont Trochatey (381 mètres). Le Doubs seul la sépare à l’est du mont de Brégille et de son appendice, Beauregard, couronnés chacun par un fort ; à l’ouest du mont de Chaudanne, qui porte également un fort. Elle est située sur le canal du Rhône au Rhin par 47°13°46” de latitude et 304156” de longitude est.
« Il n’est pas douteux que des préoccupations, toutes autres que celles relatives à la salubrité et à l'hygiène de la future ville, ont procédé au choix de l'emplacement de Besançon ; le besoin de sécurité et la pensée de la défense ont prévalu, il semble, d'une manière à peu près exclusive. Les habitants sont donc venus se grouper au pied des rochers qui constituent l'isthme de la presqu'île déterminée par une sinuosilé de la rivière ; sur le rocher, ils ont campé leur citadelle et, sur la rive gauche du Doubs, en dedans de sa boucle aux bords mal endigués et couverts de marais, 1ls ont
élevé leurs primitives demeures.
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« Peu à peu, au cours des siècles, ils ont conquis ce sol vaseux et rejeté la rivière dans son lit actuel, grâce à l’exhaussement lent et progressif résultant de l’accumulation des matériaux de toute nature et des débris, des déchets organiques et autres que les besoins de la vie individuelle et collective fabriquent et rejettent incessamment. C’est ainsi qu'à la hauteur du carrefour des rues d'Anvers et des Chambrettes, on retrouve, à 3 m. do environ de profondeur, les traces de l’ancienne voie romaine en bordure des marais alors existants. Or, cette couche « d’'humus humain », si j'ose ainsi dire, superposée à un sol de marécage, ne saurait être évidemment considérée comme un élément de salubrité.
« Puis, en raison des progrès de la science guerrière, les défenses naturelles des rochers de la citadelle, des eaux courantes et dormantes du Doubs ne suffisant plus, la ville s’entoura de remparts, la sécurité ainsi augmentée accrul son importance et altira une population plus nombreuse. On n'eut plus alors qu'un souci : ne plus perdre un pouce de ce terrain, désormais délimité, pour des siècles, par sa ceinture de pierres. Pour occuper le moins de place possible, on réduisit au strict minimum le nombre et la largeur des rues et des places. On accola les maisons par leur plus large surface, ne leur laissant sur la rue qu’un étroit pignon. Peu d’air et peu de lumière, par suite pas du tout de propreté. Dans les cours, qui se succédaient en forme de puits, dans les longs et étroits corridors des quarliers des maisons, s’accumulaient, arrosés par les eaux ménagères, les déchets, les fumiers et les détritus de
Vie loutes sortes, en attendant qu une pluie abondante vin! transformer les ruelles en ruisseaux, et permit d'y pousser toute cette fange.
« Un peu plus tard, on utilisa surtout les progrès de l'architecture pour faire croître la ville en hauteur ; les cours devinrent plus profondes et plus noires, tout en restant aussi étroites, et les rues perdirent encore de leur peu d'aération et de clarté. D'autre part, la densité de la population ne cessant d'augmenter, la proportion des souillures du sol et des eaux par les déchets organiques s'élevait parallèlement d’autant.
« Sans doute ces conditions d’existence passée ne sont pas particulières à Besançon; ce sont un peu celles de toutes les vieilles villes, et surtout des vieilles villes fortifiées. Il n’en est pas moins vrai que notre cité, l’une des plus anciennes des Gaules, et l’une de celles aussi où tout a toujours été sacrifié aux intérêts de la défense, devait être l’une de celles où ces condilions défavorables s’accuseraient avec le plus de suite et d'intensité.
« Ceci nous explique comment Besançon a été en effet longtemps l’une des malades parmi les villes malades, et comment, jusque vers le milieu de ce siècle, elle est restée à tout le moins l’une des débiles parmi les valétudinaires ; comment s’est élablie sa réputation, toujours exagérée d’ailleurs, de « ville insalubre », et comment cette vieille réputation a survécu après même que la lutte instituée contre le mal eût fini par la replacer à un rang à peu près normal en tant que salubrité !. »
| Annuaire démographique et sanitaire de la ville de Besançon,