LE DINER DE MALDENT
25 SOUS, je ne lui aurais pas donné déjà une bouteille de cacheté à 30 sous et une douzaine d'huitres.
Le Commissaire (à Tinculpé) : Ah ! vous pensiez que pour 2o sous on vous donnerait des huîtres et du vin à 1 fr. 50 ?
Maldent: Je ne pensais rien du tout; il m'a donné ce qu'il a voulu; seulement je me suis dit : La maison est bonne et pas chère, je reviendrai.
Le Traiteur : Oui, mais si vous revenez, je vous reconnaîtrai.
Le Commissaire : Alors il vous a oflert I fr. 25?
Maldent : Offert, non: j'ai mis mon arj^ent sur la table en disant : « Voilà! et 2 sous pour le garecn, -> Alors, voilà Monsieur, au lieu de s'expliquer tranquillement, qui envoie chercher les gendarmes.
Ah! mon commissaire, quand j'ai vu que, croyant dépenser 25 sous, j'en avais pour G fr. 75 et que j'allais être plongé dans le fond des gendarmeries! Ah! voyezvous, si j'avais eu un revolver...
Maldent n'achève pas sa pensée, mais c'est évidemment celle d'Arnal dans liiche d'amour : Je l'aurais bien vendu 6 fr. 75
D'ailleurs (ajoute-t-il) je n'aurais pas pu donner davantage n'ayant plus de macaroni.
Le Traiteur : Du macaroni? il n'en a pas pris.
Le Commissaire : Quel macaroni?
Maldent ;Quel... ah oui... c'est ]'arg;;it, je l'appelio le macaroni parce que ça file... ;
LeTraileur : Il m'a dit alors, qu'il avait, à une adresse, que je ne me rappelle plus, un ami qui lui prêterait de l'argent et il me demande d'y aller avec lui. Je consens ; nous allons ensemble; c'était une blague.
Maldent : Oh.\ à preuve, voilà; je dis au concierge, si mon ami l'ailleux est chez lui, il me dit que oui; je lui (lis de dire s'il faut que je monte; il va demander
s'il faut queje monte et me dit qu'il faut que je monle; alors je dis à Monsieur : « Faut que je monte: » Là-dessus je monte et v'ià monsieur aussi qui monte; je lui dis qu'il ne faut pas qu'il monte.
Le l^raiieiir : Parce que vous me montiez le coup, vu que le concierge m'a prévenu qu'il y avait une autre sortie.