LE DINER DE MALDENT
MOINS d'appliquer aux traiteurs, cafetiers et marchands de vin, l'usage du paiement d'avance, comme au théâtre, ces marchands de consommations seront toujours exposés à nourrir ou à désaltérerdesclientsde hasard sans le sou en poche pour payer leur dépense, et c'est ce qui leur arrive souvent à en juger par ceux des consommateurs qu'ils font arrêter dans le nombre.
Nous disons : dans le nombre, parce qu'en général ils laissent aller les pauvres diables qui se sont contentés d'un repas sommaire indiquant l'impérieuse exigeance d'un estomac affamé,- quant à ceux à qui il faut, comme à Maldent, du vin cacheté, du dessert, le café et le pousse-café, ils les font conduire chez le commissaire de police et ont absolument raison.
Maldent : J'ai dit à ce gargotier que j'avais 215 sous à dépenser.
Le Traiteur ; C'est faux! j'en lève les deux mains (et il les lève).
Maldent : Si le bon Dieu était juste, il vous laisserait les deux bras comme ça jusqu'à la fin de vos jours.
Le Commissaire : T.iisez-vous!
Maldtnt : Cale gênerait pour se moucher. Le Traiteur : Au lieu de faire le farceur, qui ne lui va pas, le sieur Malauxdents aurait mieux fait... Maldent : Malauxdents!... comment Malauxdents? Ze Commissaire : Voulez-vous vous taire !. ■ Maldent : Je me tais, mais je m'appelle Maldent. Le Traiteur : S'il m'avait dit qu'il voulait dépenser