LA COURONNE DE MARIEE
V Agent : Alors, à ce mot : « Pardonne-moi, Joséphine, » croyant qu'il se moquait de moi...
V Inculpé : Mais pas du tout; seulement, rêvant qu'elle m'agonisait de reproches et étant réveillé sur le c<)up, j'ai dit : « Pardonne-moi;, Joséphine. »
L'Agent : Nous lui avons demandé de nous dire son domicile, il a refusé; alors nous l'avons mené au poste
et c'est alors en route qu'il nous a traités de crapules, voleurs et propres à rien.
Papa beau-père : Couché au violon ! faut-il que vous soyez assez pignouf?
Le Commissaire : Approchez! Cet individu demeure chez vous ?
Le beau-pèj-e : Depuis deux mois qu'il fréquente ma fille, oui, mon commissaire, vu que devant prendre ma suite de tripier, et moi me reposer... pour lors que le
i;{(> LK BLIŒAL' DL' COMilISSAIRE
mariage étant pour après-de;nain, et ma fille voulani aller acheter sa couronne. Monsieur dit : « C'est pas la peine, j'ai mon ami Pointu, qui est fleuriste de son état, et qui me fera ça, en ami, pas cher et bien tapé... »
I ne toijc de femme au fond, : Oui. elle est propre,
L' Inculpé (tressaillant) : Oh ! Joséphine !
Le beau-père: Ah '. la rosse! elle est venue et je lui avais défendu.
Le Commissaire : Vous n'avez pris affaire ici. Mademoiselle; tâchez de vous taire, où je vous ferai sortir. A l'inculpé) : Quavez-vous à dire pour votre défense?
L Inculpé : J'ai à dire que to;it ça, c'est la faute de la nommée Pichon.
Le Commissaire : Qu'est-ce que c'est que la nommée Piclion?
L'Inculpé : Cesl une femme que j'étais avec depuis six mois.
Joséphine .'Ah ! l'Iiorreur d'homme!
Le Commissaire : Agent, faites sortir cette jeune fille!
Joséphine (à l'agent) : Ne me touchez pas !je me sors moi-même. (A l'Inculpé) : Muffle! gniaffe ! (Elle sort et son père la suit en la calmant.)
/,'//?c«/'jDe (reprenant) : J'étais avec, censément pour le bon motif, mais que j'étais d'une autre opinion; seulement, que nous devions censé nous marier dans quinze jours, que j'y avais aussi promis de faire faire i;i couronne par mon ami Pointu et qu'elle avait écrit
LA COUHONNK DK VARIKK
à son frère de venir pour la noce, qui est dans les diagons, et que voilà qu'il demande un congé, dont il écrit: i. J'ai mon congé de quinze jours etje pars demain; 0 qu'apprenant C''? j'^i fi'*^» il y a quatre jours, vu qu'il y avait deux mois que mon autre mariage était
convenu avec Joséphine. Je vas donc trouver Pointu etje lui dis la chose de la couronne.
Après, que lui ayant dit ça le matin et que la couronne étant faite vers les cinq heures, j'étais si content que je paie un verre à Pointu. C'est bon, en sortant de chez le marchand de vins, voilà que je me trouve nez à nez, avec qui? La nommée Pichon ! qu'en voyant lacou-
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ronne et qu'elle ne m'avait pas vu depuis trois jours, elle nie dit d'un œil féroce : « Qu'est-ce que c'est que ça? » Moi, ayant peur, et puis de son frère qui est à Paris, je réponds : « C'est pour notre mariage, pas vrai Pointu ? » dont je pousse le coude à Pointu et qu'il dit : « C'est vrai, » et que là-dessus il s'en va, ce qui m'a bien embêté comme vous pensez. Alors, voilà la nommée Pichon très contente et qui m'emmène au restaurant pour que je lui paie à dîner. Je lui dis : « Mais j'ai la couronne ; » elle me répond : « Tu l'accrocheras au patère. »
Après le dîner, il a fallu aller au café prendre la demi-tasse, toujours avec ma couronne, que tout le monde riait quand je l'accrochais avec mon chapeau ; après, elle a voulu aller au spectacle, dont j'ai mis ma couronne au vestiaire. Alors, dans l'entr'acte, j'ai voulu faire celle d'aller acheter des oranges pour la lâcher, mais elle a voulu venir avec moi; elle se doutait du coup. Après le spectacle, elle m'emmène chez elle. Sur les deux heures et demie du malin, entendant qu'elle dormait, j'allume une allumette, je sors tout doucement du lit, pour filerije m'habille, je prends ma couronne; bon ! elle se réveille et me dit : « Où que lu vas? )) Cré nom d'un chien, je l'auniis tuée. « Je vas au cabinet, que je dis. — Avec la couronne? » qu'elle me dit.
Le Commissawe : Enfin, où voulez-vous en venir?
Vlnculi-é : J'en viens qu'ayant filé dare dare et les