‹ Le bureau du commissaireChapitre 63 sur 104 · CE QUI NE REGARDE PAS LE COMMISSAIRE · texte numérisé non relu

CE QUI NE REGARDE PAS LE COMMISSAIRE

Le Commissaire (à un agent) : De quoi s'agit-il ?

L'Agent : Cet homme accuse cette fille de lui avoir volé trois francs, ils se disputaient dans la rue, causaient du scandale et nous les avons amenés ici.

Piconelle : Faut bien, puisque vous n'avez pas voulu me faire rendre mon argent que cette fiUe-là m'a filouté, disant que cane vous regarde pas; les agents, à quoique ça sert: quand on a besoin d'eux, ça ne les regarde jamais.

Le Commissaire : Quand on leur porte des plaintes ridicules, il ont raison.

L'Agent : Il voulait que je lui fasse rendre trois francs qu'il avait donnés à une fille.

Piconelle : Mon commissaire, faites-moi la considération d'écout^^r un peu voir.

La Femme : Bon, bon; allez, je répondrai après.

Piconelle : L'affaire, c'est hier au soir, à dix heures, que c'est arrivé ; je rencontre cette demoiselle, que je la connais de quelque intimité de temps en temps. Alors je lui demande donc de monter chez elle moyen-

nant une pièce de trois francs , dont elle me dit : « Je veux bien, mais les trois francs payés d'avance. » Moi, ayant confiance dans son honneur et délicatesse, je lui donne ma pièce de trois francs; elle la met dans sa poche et elle joue la fille de l'air.

Aux mots de « fille de l'air », se manifeste l'air de la fille, qui est franchement gai.

Piconellfi : Oui, nous allons voir si vous rirez tout à l'heure. Pour lors, mon commissaire, que l'ayant rencontrée ce matin, je l'ai attrapée, que c'est là-dessus que les agents sont venus et qu'ils m'ont dit que cela ne les regardait pas.

La Fille: Oui, je les ai les trois francs, et je les garde, vu que, mon commissaire, je l'ai bien reconnu comme m'ayant fait une rosserie, il y a un mois : il monte dans ma chambre, met cent sous sur la che-

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