CE QUI NE REGARDE PAS LE COMMISSAIRE
Les braves gens (côté des dames particulièrement) sont convaincus que la police a été instituée pourdonner satisfaction à leurs moindres plaintes, et ils s'indignent quand l'agent auquel ils s'adressent leur répond que cela ne les regarde pas.
On aura une idée de l'étendue par eux donnée aux attributions des modestes protecteurs de latranquillité publique, quand on connaîtra l'afTaire à raison de laquelle un homme et une marchande d'amours ambulante, sont amenés devant le commissaire de police.
L'homme déclare se nommer Piconelle.
Le Commissaire : Mais je vous connais; on vous a amené plusieurs fois à mon bureau, pour ivresse, outrages aux agents; vous n'avez aucune profession.
Piconelle : Faites excuse, mon commissaire, je suis sourcier.
Le Commissaire : Sorcier ?
Piconelle : Sourcier,
Le Commissai7'e : Qu'est-ce que c'est que cela ?
Piconelle : Je cherche des sources.
Le Commissaire : Vous feriez mieux de chercher des ressources.
Piconelle : J'en ai ; à preuve que cette femme-là m'a filouté trois francs.