LE DIVORCÉ ET SON EX-ÉI'OUSE
mettant d'aller lui demander l'hospitalité, je me transporte à son domicile, je monte, j'entends chez elle une violente altercation, une voix suppliante disant : « Valérie, je t'adore, » et une autre qui criait : « Sortez! ou je crie au concierge d'aller chercher les agents! » Je frappe, je crie : « C'est moi, Picambès, ouvrez! » Aussitôt M"'^ Valérie ouvre la porte, et je trouve Monsieur chez elle. Ayant entendu la scène, je ne pouvais douter des sentiments de ma future; Ah ! si je n'avais pas acquis la preuve de sa vertu, je suis de Bordeaux et je... Bref, une altercation eut lieu entre Monsieur et moi; vous savez le reste.
Le Commissaire (à Bondonneau) : Est-ce exact?
Bondonnemi : Oui, Monsieur.
Le Commissaire : Eh bien, pourquoi persistez-vous à persécuter une femme qui ne vous est plus rien?
Bondonneau : Ah, Monsieur!... on a divorcé par un coup de tête... J'adore ma femme, que voulez-vous !
Le Commissaire : Mais elle n'est plus votre femme.
Bondonneau : Hélas!... je ne pourrai jamais...
Picambès : Mais puisqu'elle me préfère.
Bondonneau : Ah ! c'est bien triste ; je demande 500 francs de dommages-intérêts.
Le Commissaire : Ah ! ceci ne me regarde pas, citez Monsieur directement et demandez cela au tribunal.
Picambès : Citez, mon bon, citez ; mais si je vous ilan(iue un rouge liard...je suis de Bordeaux et...
Le Commissaire : Retirez-vous, Messieurs!