SI JEUNES ET DÉ.JA VOYAGEURS
Roianev : Non m'sieu, nous sommes de Paris.
Le Commissaire : Alors, comment cliez - vous à Tours?
Rouvier : Voilà, m'sieu, parce que lepelil Clicvalieiest garçon pour les courses chez un tailleur; alors ayanttouché pourson patron une facture de 340 fi'ancs,' il a gardé l'argent, dont il nous a demandé comme ça,aupetitProtat et à moi, si nous connais>i(jns la mer, dont lui ayant dit que non, il nous a emmenés à Orléans.
Le Commissaire : Pour voir la mer?
Le Gendarme : '^on?, avons bien, pas loin d'ici, la commune de Mer, mais qui ne peut pas beaucoup donner une idée de l'Océan.
Le Commissaire : Continue!
Rouvi'r : Alors, m'sieu, que Chevalier nous dit qu'à Orléans, nous ferions du commerce pour gagner de l'argent.
Le Commissaire : Que] commerce?
Rouvier : Le commerce des cochons d'Inde. Nous voulions bien; alors, nous v'ià donc à Orléans; Chevalier nous mène dans un hôtel pour loger dont on lui demande de payer quinze jours d'avance; il paye, et nous couchons. Le lendemain, nous allons voir Jeanne d'Arc, la cathédrale, les rues..., et finalement, nous disons : « Maintenant qu'on a tout vu, faut commencer le commerce des cochons d'Inde. » C'est le lendemain que nous disons ça; alors, voilà qu'à l'hôtel
LE BUKEAU DU GOMMISSAIKE
il y avait là un monsieur qui avait une grosse voix^ et qui crie : i< Eh ! les gamins avez- vous des papiers? » Nous répondons : «Oui. »
Le Commissaire : Est-ce que vous en aviez?
Rouvier : Moi j'avais mon certificat de vaccin, Chevalier son livret et Protat son acte de naissance. Tout
de même, ça nous a lichu la frouste et nous avons clé tout de suite au chemin de fer, dont nous sommes partis pour Tours.
Le Commissaire : Bien que Chevalier eût payé quinze jours d'avance.
Rouvier : Oui, mais ayant la frouste fallait bien filer ;