LE MOICUOIR DU CHARRETIER
Le Commissaire : Oui, nous connaissons les délails.
L Inculpé : Ils étaient là, i.n las de serins, qui se fichaient de moi : « L'aura! l'aura pas! » c'est donc de là que je me suis entêté, chacun a son amour-propre; faut savoir qu'est-ce qui aura le dessus, d'un homme qui est citoyen fiançais et électeur ou d'une saleté de mouchoir; tous ces imbéciles criaient : « L'aura pas!... » alors je me suis dit : « Si, je l'aurai... ; » sale vent! sans lui, tout ça ne serait pas arrivé.
Si l'inculpé n'a pa3 attrapé son mouchoir, en revanche il attrapera ((uelques jours de prison en polici^ correctionnelle.
Reste à définir son genre d'amour-propre : c'est une lacune à combler dans les dictionnaires.
UN FLAGRANT DÉLIl CONJUGAL
""^>^-*- E n'est guère
qu'aux chats en quête d'aventures galantes qu'on fait la chasse sur les toits à l'heure où devraient dormir les locataires dont ils troublent le repos. Il n'est pas sans exemple qu'un amant, surpris par l'arrivée inattendue d'un mari, ait cherché à lui échapper par la voie familière aux matous; mais cet épisode de rendez-vous illicite est une rareté. Ce cas, le voici:
Il est onze heures du soir, nous sommes en décembre, sous le souffle d'une bise d'hiver, une pluie fine et glaciale cingle le visage des passants qui pataugent dans la boue jusqu'aux chevilles.
LE lîlIîKAU DU COM.MISSAIKK
\,e commissaire de police, arrivé au sixième étage d'une maison, en compagnie li'un mari et d'un agen^, frappe à la porte du logement où dorment les doux amants qui, au fait, ne dorment peut-être pas.
Faisons tout de suite connaître la première partie du procès-verbal dressé ultérieurement par le fonctionnaire public I
— On ne nous répond pas. Nous frappons de nouveau avec la main, puis avec notre canne; même silence. Nous crions alors: « C'est le commissaire de police, ouvrez au nom de la loi! » Aussitôt nous entendons un bruit de pas, puis de portes qu'on ouvre et qu'on ferme. Nous répétons : « Ouvrez, ou nous allons requérir un serrurier. » Au bout d'un quai't d'beure, une femme en peignoir vient nous ouvrir. Le lii était découvert, portait deux oreillers et l'empreinte de deux corps. Sur une chaise était posée une casquette de soie et un veston, à teri-e élaien* déposés deux souliers d'homme. Le propriétaii-e de ces objets n'étant pas dans la chambre, nous avons supposé qu'il s'était enfui par la fenêtre et s'était réfugié sur le toit. Ayant regardé par cette fenêtre, qui ne laisse voir qu'une petite partie de toit, nous avons engagé le mari à aller regarder par le châssis donnant sur le couloir. Il y est ailé, a monté sur le toit à l'aide d'une échelle, et nous a dit que le sieur Pigoche était blotti derrière une cheminée. Nous avons alors requis des pompiers pour l'y aller chercher, etc.