‹ Le bureau du commissaireChapitre 92 sur 104 · A L ŒIL · texte numérisé non relu

A L ŒIL

Le Commissaire (à rinculpé) : Qu'avez-vous à dire?

U Inculpé : Mon commissaire, d'abord pour les outrages, ce que dit le sergent de ville est sans fondement, au respect que je vous doi;^, vu que c'est au mar-

chand de vin que j'adressais les mots infectueux que Monsieur l'agent m'accuse; vu que j'avais payé à son garçon avant de m'en aller et qu'il vient m'agonir devant le monde; est-ce que c'est de ma faute si son garçon est un filou ?

/<•? Commissaire : Et sur le fait de mendicité, et sur

l'emplâtre dont vous n'aviez p;is besoin? La preuve, c'est que v(tus vous trompiez d'oeil: il est certain que vous racontiez l'histoire de la balle de Montretout, en demandant l'aumône.

Llncxlfjé : Je vas vous dire; il y a pins de vingt ans queje porte un emplâtre, un jour sur l'œil droit, et le lendemain sur l'œil gauche.

Le Commissaire : Pourquoi faire?

Ulnudjé .-Vous allez comi)rendre ça tout de suite, c'est bien simple; comme ça, je ne m use qu'un œil à la lois, [)uisque chaque œil ne travaille que tous les deux jours, ce qui fait que quand j'aurai soixante-dix ans, j'aurai mes yeux de trente-cinq ans.

Et voilà un homme à qui nous devons un moyen de conserver nos yeux, auquel les oculistes n'avaient jamais songé; c'est pourtant bie.'i simple ; mais il y a gros à parier que le Tribunal ne lui en tiendra pas compte.

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