VOLEUR PAR PATRIOTISME
ous différons du peuple anglais sur bien des points, excepté sur le poing dont nous faisons, le cas échéant, un usage, peut-être moins habile que lui, mais tout à lait analogue. Il est bien certain, par exemple, que le premier mouvement de beaucoup de nos compatriotes, en saisissant une main dans leur poche, sera d'administrer au voleur la correction appelée boxe par nos voisins, ne mcritàt-elle pas ce nom,
infligée qu'elle est en dehors des règles de l'art, par des poings vulgaires et sans éducation.
Leurs effets, d'ailleurs, se bornent à un œil poché ou un nez tuméfié, et les coups h la tête (toutes les gardes-malades vous le diront) n'étant pas dangereux, l'homme meurtri au visage, s'il n'a plus bon œil a encore bonne jambe, et si cet homme est un pickpocket, il a chance d'en être quitte pcmrdes compresses d'arnica et l'impossibilité d'aller dans le monde pendant quelques jours.
Mais, qu'il n'ait pas la fortune d'explorer les poches d'un Anglais, car alors, il lui arriverait probablement ce qui est arrivé à Multon, que sir Hawkins a, d'un seul coup en pleine poitrine, envoyé mordre la poussière, façon de parler, puisque Multon est tombé sur les reins, ce qui a permis à un gardien de la paix de le cueillir avec aisance et facilité et de l'amener au commissaire de police en compagnie de sir Hawkins et d'un témoin.
English spoken.
. M lui, ni M. iïawkins ne savent un traître mot de français, et force est de recourir à un interprète.
L'agent qui a arrêté le voleur raconte qu'averti par un ouvrier, il l'a suivi quelques pas, et a vu les tentatives de Multon pour introduire ses mains dans les poches (ceci se passait dans la foule attirée par le meeting de la place de l'Opéra).