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leçons, et d’en profiter comme les chélas ; il en résultera certainement un bénéfice pour luimême dans sa prochaine incarnation, et un avantage immédiat pour son entourage. Cependant, une vie d’innocence sans un plan déterminé, si libérée du péché et si dévotionnelle qu’elle soit, n’aurait qu’une influence relativement faible sur le progrès évolutif de l’être. Sans une certaine étude de la science spirituelle, l'avancement de l’individualité ne dépassera pas celui que les hommes de bonne volonté obtiennent inconsciemment et très lentement. Ceux-ci s’assureront une certaine phase de vie spirituelle (c’est-à-dire spirituelle en tant que libérée du corps physique) proportionnée à^leurs divers attributs supérieurs, et ils auront ensuite une réincarnation exactement adaptée à l’épuisement de leur Karma, lequel, influencé par leurs actions antérieures, sera plus ou moins chargé de bonheur ou d’affliction. Par conséquent, l’étude de la doctrine ésotérique, envisagée tout à fait en dehors de tout développement personnel des facultés psychiques, est un facteur important du processus de l’évolution. De plus, l’étude théorique de la science ésotérique, en conduisant à une vie morale et charitable, stimule d’une
façon considérable les progrès futurs de l’être. Le fait seul que la vie de l’étudiant des sciences spirituelles a été consacrée à acquérir de telles connaissances, lui assurera, sans qu’il soit nécessaire, pour cela, qu’il ait eu un nombre extraordinaire d’incarnations, un séjour très prolongé dans le Dévakhan (équivalent thibétain du Paradis), séjour durant lequel, loin d’être simplement dans un état de béatitude heureuse, mais inféconde, il continuera, au contraire, et ce dans des conditions beaucoup plus favorables qu’en sa vie terrestre, les études qui étaient le but principal de ses efforts. Ce séjour prolongé dans le Dévakhan conduit naturellement l’ego, quand arrive l’époque de sa réincarnation, dans une période de spiritualité avancée, en comparaison de celle qui régnait sur la terre lorsqu’il la quitta : ce progrès est dû aux milliers d’années qui se sont écoulées depuis sa réincarnation, les humains ayant, pendant ce temps, développé leurs connaissances scientifiques, ainsi que leurs facultés psychiques. L’ego renaissant n'est pas surpris par la grande différence survenue dans l’état de l’humanité, différence due à son long séjour dans le Dévakhan ; au contraire, il est tout à fait à la hauteur des nou-
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velles conditions, s’il ne les dépasse, et cela sans avoir subi les nombreuses incarnations qui ont été nécessaires à la majorité des hommes, pour les amènera ce point de leur migration. On voit donc que l’étude de la philosophie spiritualiste réduit le nombre des incarnations de l’ego, tout en ne produisant pas le succès complet qui, par une voie différente, suit 1 entraînement plus complexe du chéla.
Par conséquent, l’idée dominante que le lecteur doit avoir toujours présente à l’esprit, c’est que, sans un effort bien défini et soutenu, dans une direction quelconque, qu’il s’agisse de perfectionnement physique ou intellectuel, aucun progrès rapide n’est possible dans la procession humaine qui se dirige lentement vers l’état du développement que les Mahatmas ont déjà atteint. L’obéissance à un code moral, l’accomplissement régulier de tous les devoirs journaliers, une attitude de dévotion confiante vis-à-vis des formes et des coutumes religieuses sont des choses excellentes en ce sens qu’elles sont les manifestations de la voix de la conscience, elles sont sans aucun doute moralisatrices, car elles donnent d’excellents exemples pour les classes inférieures et ignorantes ; mais d'elles-mêmes elles ne feront pas sortir l’entité
des chemins rebattus et ne la conduiront pas vers des sentiers menant à des méthodes d’avancement plus rapides dans sa prochaine incarnation. Quand l’ego se trouve dans de telles dispositions, il ne pourra rétrograder et courir ainsi le risque de quitter complètement les rangs de l’humanité en marche vers le progrès, mais il restera au milieu de la cohue au lieu de se frayer un chemin en avant.
Ceux qui, à cause de leurs occupations ou de leurs liens de famille, ne peuvent entrer dans la voie qui mène à l’état de chéla, bien que les tendances de leur nature les y poussent, peuvent faire des progrès assurés par l’élude théorique de l’occultisme dans toutes ses branches, et cela sans rompre les liens qui les unissent à leur entourage ou sans troubler la quiétude de leurs parents et de leurs amis; ils peuvent le faire sans ostentation et cependant avec les meilleurs résultats. Et si leur ardent désir est de devenir tôt ou tard un chéla, il faut qu'ils aient cette idée constamment présente à l’esprit et qu’ils conforment leur vie aux règles établies pour les chélas, autant que leurs devoirs, .vis-à-vis des personnes dont ils ont la charge, le leur permettront. Ces personnes
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pourront toujours recevoir l’aide et les conseils de ceux qui les ont précédés dans la voie qu’ils suivent, et si elles sont membres de la Société Théosophique, elles obtiendront cette aide avec la plus grande facilité.
11 est peut-être bon d’indiquer ici, que lors de la formation delà Société Théosophique, les fondateurs agissaient pour obéir au désir des Mahatmas qui ont ainsi ouvert la porte occulte à ceux dont les intuitions étaient suffisamment pénétrantes pour les amener à utiliser cette source de connaissance. La Société Théosophique, qui s’est répandue aux Indes avec une extraordinaire rapidité, a rendu d’immenses services aux habitants de ce pays, en éveillant chez eux l’amour et le respect de leur littérature et de leur philosophie anciennes (lesquelles étaient presqu’oubliées à cause de la diffusion des idées et de l’éducation occidentales ainsi que de l’apathie constitutionnelle des Hindous), éveillant ainsi leur conscience et leur patriotisme. Si la Société Théosophique faisait, aussi, des adeptes parmi l’agglomération anglo-indienne résidant aux Indes, elle constituerait, entre les deux races, un lien d’union plus fort que tout ce que les mesures tendant à établir une égalité légale théorique dans le
gouvernement de cette population mélangée, pourront jamais produire.
En Occident, les succès remportés par la Société Théosophique sont d’une nature différente de ceux qu’elle a obtenus en Orient, et elle a montré aux personnes qui en sentaient le besoin urgent, dans quelle direction il fallait chercher la gnose et l'explication de la littérature mystique. On a déjà remarqué qu’en Occident la preuve de l’existence des Mahatmas n’est pas considérée comme suffisante, et il y a même des membres de la Société Théosophique qui ne sont pas encore convaincus de sa réalité. Les Mahatmas sont, cependant, les fondateurs de cette Société et sont en rapports étroits avec ses directeurs nominaux. Pour montrer la façon différente dont on peut considérer la même question suivant les diverses mentalités des milieux, il est amusant de remarquer qu’il a fallu convaincre d’abord les Hindous non point de l’existence des Mahatmas en tant qu’hommes vivants, car ils en avaient depuis longtemps des preuves évidentes, mais bien du fait que les fondateurs visibles de la Société se trouvaient en communication avec eux et étaient réellement leurs agents. Ce point une fois prouvé d’une façon satisfaisante, tout
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marcha bien, il y a maintenant des branches d’une activité florissante dans les trois présidences de l’Inde, tandis qu’à Ceylan le mouvement est encore plus fortement implanté, si possible. Grâce aux mesures énergiques prises par le Colonel Olcott dans cette île, il a amené un grand nombre d’adhérents à la Société, et a, de plus, créé et organisé de nombreuses écoles Bouddhistes où les enfants indigènes peuvent recevoir une bonne instruction. Auparavant ces enfants devaient, ou bien être envoyés aux écoles des missionnaires chrétiens, ou bien se passer complètement d’instruction. Les parents qui croyaient pouvoir se fier à l’influence du foyer pour préserver les croyances de leurs enfants des dangers provenant d’une telle éducation religieuse, les envoyaient à ces écoles, profitant sagement de ce qu’elles offraient de bon et rejetant ce qui, à leur point de vue, était mauvais. D’autres, incapables d’y voir autre chose que le danger d’une perversion possible, gardaient leurs enfants à la maison : il en résulta que des milliers de petits Singalais grandissaient dans une ignorance absolue. Ce fâcheux état de choses a en grande partie disparu, et à Ceylan, comme dans nos pays occidentaux, les enfants peuvent
maintenant, fréquenter des écoles dont les maîtres ont les mêmes croyances religieuses que leurs parents.
En Europe, le mouvement Théosophique n est point simplement une renaissance similaire. La façon de se représenter la nature à laquelle il conduit, semble d’abord, il est vrai, être une idée nouvelle. Cependant, même
parmi nous, lorsqu’on envisage la question
correctement, la Théosophie peut être considérée comme une Renaissance, un renouveau de la signification ésotérique réelle incorporée dans les religions de l’Occident, comme dans celles de l’Orient. Les dogmes Occidentaux ont donné à la doctrine ésotérique un travestissement compliqué, mais elle est encore discernable pour ceux qui sont capables de l’y découvrir. On peut en retrouver les grandes lignes dans le Christianisme aussi bien que dans la religion du Thibet. Pour beaucoup de Théosophes, ces formes extérieures n’ont que peu d'importance: ils s’intéressent surtout à Pétude de la vérité abstraite, sans s’occuper des dissensions qui ont donné naissance aux systèmes théologiques antagonistes. Ce serait cependant une erreur de croire que la spéculation abstraite soit la seule méthode au moyen de laquelle on
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puisse approcher de la vérité. Elle peut être recherchée par l’analyse des vieilles religions aussi bien que par la formation de nouvelles doctrines. Considérant qu’il serait probablement difficile à un grand nombre d’hommes et de femmes instruits, qu’ils soient Chrétiens, Mahométans, Bouddhistes ou Brahmanistes, de donner des raisons plausibles en faveur de la préférence qu ils accordent à leur formule religieuse sur celle des autres, le fait que la Théosophie cherche à atteindre son but, qui est le développement de la spiritualité, en recherchant les identités entre les systèmes plutôt qu’en insistant sur les contrastes, la rendra sympathique à bien des personnes qui, mal informées, auraient pu se croire obligées de lutter contre elle.
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