SCENE II
songez donc, pauvre enfant, qu'il n'y a encore que des apparences... il est certain pour moi que Lustucra vous trahit... mais en ménage il fautdes preuves; et si vous paraissez, s'il apprend que vous êtes ici % tout est perdu !
PAQUERETTE
Oui, vous avez raison... il nous faut des preuves, parce qu'alors je le livrerai à monsieur le grand prévôt, pour qu'il soit brûlé vif et elle aussi !
I CHAMILLY. .V
A la bonne heure, vous voilà plus raisonnable... {A part.) Délicieuse cousine qui me tombe du ciel!
PAQUERETTE
/Ainsi, c'est décidé, je garde ce voile, je ne me fais pas reconnaître ; je me cache dans la maison. H
GHAMILLY.
Avec moi... c'est très-bien...
PAQUERETTE
Non pas, toute seule dans ce cabinet... au haut de
/cet escalier... vous me préviendrez quand il faudra* paraître pour le confondre ! ^
CHAMILLY
Oui, oui, c'est cela même !... {A part.) Je le tiens.
PAQUERETTE
Le perfide! le scélérat! le brigand qui m'envoyait à Auxerre, chez ma tante Bachelu!
CHAMILLY
Voycz-voUs ça, à Auxerre, chez votre tante Bachelu, qu'il rendait complice de son infamie !... mais heureusement j'étais là...
PAQUEUF.TTR.
Oui, vous êtes mon sauveur, monsieur.
coAMiLLY, à part.
Son Fauveur!... elle est perdue... (Haut.) Ainsi, \ous vous Gez à moi ?...
PAQUERETTE
Tout à fait.
CnAMILLY.
El si pour toute récompense, pour toute faveur je vous demande celle de souper avec vous ; vous iiiu l'accorderez?...
PAQUERETTE
» Pourvu que je me venge!
CIIAMILLY.
Marché conclu. (A part.) Elle esta moi! {Onentend Lustiicru parler dans la coulisse.)
PAQUERETTE
Mais, j'entends... on vient!...
CIIAMILLY.
C'est lui ! vite, vile, sauvez-vous, sartoat ne sortez pas avant que je sois bien informé, et que nous puissions le confondre.
PAQUERETTE
Oh! pour me venger j'aurai de la patience, s'il le '* faut, j'y resterai jusqu'à demain. {Elle monte l'escalier jl entre dana le cabinet.)
SCEINK \1.
CHAMILLY. seul.
A merveille , il n'y a rien de préeicux pour les amans comme la vengeance des femmes vertueuses... Quand la vertu se met en colère, elle perd la tète, et nous y gagnons toujours quelque chose; mais par la diable, si Lustucru s'avisait d'entrer dans ce cabinet!... je lui défends, mordieu !... et pour en être plus sûr, moyen facile et expédilif, je mets sa femme