SCENE m
donner, des jupons délicieux, des colliers enchanteurs, et des boucles d'oreilles longues comme ça.
PAQUERETTE
En vérité!
LUSTUCRU
Air de Mazaniello.
T'as lu d' ces livres où les princesses Sont criblé's d'or et de diamants ; T'as vu d' ces fêles où qu' les duchesses Sont r'iuisanl's comm' des firmaments.
T'auras, comme elles, des perles, un voile: J'espère que ça doitt' consoler; Tu s'ras brillant' comme une étoile.
{A part.) J' lui dis ça pour la fair' filer.
PAQUERETTE
Allons, il faat donc vous obéir?
LUSTUCRU
Oui, obéis, ça me flattera.
PAQUERETTE, prenant les cartons.
Je m'en vais , je pars , mais le cœur bien gros, et avec de bien vilaines pensées.
LUSTUCRU
Ça se passera en roule, au grand air; voyons, ne manque pas l'heure de la voiture, vas-y avec tes petits pieds, €t pense à ton cher mari tous les jours, toutes les nuils;rêvesen, hein? je t'en prie, réves-en. PAQUERETTE , cmbrassant Lustucru après avoir posé son carton.
Adieu, Luslucru !
LUSTUCRU
Adieu, Pâquerette ! Ahl que celte séparation est déchirante ! Prends tes cartons.
PAQUERETTE
Je reviendrai dans trois semaines, n'est-ce pas?
trSTCCRU.
Oui, dans trois petites semaines près de moi! el trois seniaines ! ne l'inquiète pas, femme trop heureuse.
PAQUERETTE , pleurant et posant encore ses cartons.
Ah! c'est égal, on ne peut pas s'empêcher...
LCSTCCRU.
Je ne l'empêche pas non plus. Venez un peu là, sur le pauvre cœur de voire pauvre homme; là, pleure, ma femme, pleure et fais attention à tes cartons.
PAQUERETTE
Adieu, mon petit Luslucrn l {Elle reprend ses cartons.)
LrSTCCRU.
Adieu. {Il soupire.) Ah ! adieu !