‹ Le cabaret de Lucustru, comédie-vaudeville en un acte. Par MM. Jaime et Étienne Arago. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre National du Vaudeville, le 24 février, 1838Chapitre 5 sur 40 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

donner, des jupons délicieux, des colliers enchanteurs, et des boucles d'oreilles longues comme ça.

PAQUERETTE

En vérité!

LUSTUCRU

Air de Mazaniello.

T'as lu d' ces livres où les princesses Sont criblé's d'or et de diamants ; T'as vu d' ces fêles où qu' les duchesses Sont r'iuisanl's comm' des firmaments.

T'auras, comme elles, des perles, un voile: J'espère que ça doitt' consoler; Tu s'ras brillant' comme une étoile.

{A part.) J' lui dis ça pour la fair' filer.

PAQUERETTE

Allons, il faat donc vous obéir?

LUSTUCRU

Oui, obéis, ça me flattera.

PAQUERETTE, prenant les cartons.

Je m'en vais , je pars , mais le cœur bien gros, et avec de bien vilaines pensées.

LUSTUCRU

Ça se passera en roule, au grand air; voyons, ne manque pas l'heure de la voiture, vas-y avec tes petits pieds, €t pense à ton cher mari tous les jours, toutes les nuils;rêvesen, hein? je t'en prie, réves-en. PAQUERETTE , cmbrassant Lustucru après avoir posé son carton.

Adieu, Luslucru !

LUSTUCRU

Adieu, Pâquerette ! Ahl que celte séparation est déchirante ! Prends tes cartons.

PAQUERETTE

Je reviendrai dans trois semaines, n'est-ce pas?

trSTCCRU.

Oui, dans trois petites semaines près de moi! el trois seniaines ! ne l'inquiète pas, femme trop heureuse.

PAQUERETTE , pleurant et posant encore ses cartons.

Ah! c'est égal, on ne peut pas s'empêcher...

LCSTCCRU.

Je ne l'empêche pas non plus. Venez un peu là, sur le pauvre cœur de voire pauvre homme; là, pleure, ma femme, pleure et fais attention à tes cartons.

PAQUERETTE

Adieu, mon petit Luslucrn l {Elle reprend ses cartons.)

LrSTCCRU.

Adieu. {Il soupire.) Ah ! adieu !

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