‹ Le cabaret de Lucustru, comédie-vaudeville en un acte. Par MM. Jaime et Étienne Arago. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre National du Vaudeville, le 24 février, 1838Chapitre 9 sur 40 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

avec les chefs de la Fronde ; car il m'a fait prérenir de votre arrivée en m'enjojgnanl de tous recevoir sous le plus grand secret.

CLOTILDE

Ma gouvernante, malade et fatiguée delà route, s'est endormie , et dans cette chambre je m'ennuyais tant que je me suis hasardée à descendre. [Elle s^assied à gauche.)

LUSTUCRU

Vous n'avez donc pas contemplé les estampes? il y en a une foule : l'histoire du Juif errant, Henriette et Damon ! En v'ià deux jeunes gens qui ont eu des peines ! Quand je suis un peu triste, je regarde ça et je pleure. Et Genièvre de Brabant , c'est ça une peinture sensible ! Avez-vous vu, dans le coin à gauche ? il y a un chasseur près d'un arbre, qui est monté sur un cheval , et il reconnaît son épouse et leur petit, parce qu'il poursuivait une biche qui l'a attiré là. 11 se trouve que dans le temps, pendant que le chasseur était à l'armée, un homme perfide voulait adorer sa femme ; de sorte que la malheureuse s'est . ensauvée avec son fils dans les bois. Quand le chasseur est revenu, il a dit : Oùs qu'es mon épouse? L'homme perfide a dit : Monsieur, madame est morte. — Et mon fils ? — 11 est mort aussi. V'ià 1' chasseur qui prend le deuil, et pour se consoler, il s'en va à la chasse; c'est là où il rencontre la biche qui l'emmène devant sa famille. Sa femme, qui avait vécu de racines , lui crie : Ah ! ciel ! vous allez tuer la nourrice de votre enfant 1 Le chasseur attendri regarde Genièvre , l'enfant et la biche ; il se jette dans leurs bras. L'homme perfide a été chassé ; la biche a eu une forte récompense et une place au château

dans rëcuric. C'est les couplets d'en bas qui expliquent ; il y en a dix-neuf , il faudra les apprendre. CLOTiLDE, souriant.

Je connais cette histoire. Mais je vous remercie de me l'avoir...

LrSTUCRU.

Âh ! il D'y a pas de quoi, et quand vous voudrez que je vous eu uarre d'autres...

CLOTILDE

Dites-naoi, par la f(?uctre, j'ai vu sortir d'ici une jeune personne de très bonne tournure.

LUSTUCUU.

C'est mon épouse, ma pure femme, ma compagne chérie, qui ya parcourir le monde.

CLOTILDE

Si au moins je pouvais me promener dans ce beau jardin des Tuileries qu'on aperçoit d'ici !

LUSTUCRU

Y pensez-vous, mademoiselle? et l'incognito dont votre illustre parent veut s'envelopper! Si on vous reconnaissait !

CLOTILDE , souriant ironiquement.

Moi? et qui donc? vos habitués peut-être? LUSTUCBU , avec fierté.

Ah ! mademoiselle de Turenne , sans l'honneurde TOUS loger céans , nous recevons fort belle compagnie : des jeunes gentilshommes huppés, mais que vous ne sauriez voir sans quelque danger sous ces ombrages frais et remplis de nombreux détour^.

CLOTILDE

Que voulez-vous dire?

LUSTUCBU.

D'exécrables sujets, d'atroces libertins, le comte

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