‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 114 sur 139 · Tome XXI de la ooUeciiOD · texte numérisé non relu

Tome XXI de la ooUeciiOD

45. ETUD1S3 ARCHÉOLOGIQUES SUR LE BuGBT ; par D. Monfiier. In-8* de 14 feuilles, plus 4 pi. inip. de Bottier, à Bourg.

44. Ghoix d'églises byzantines en Grèce; par A. Gouchaud. In-4'* de 4 feuilles 12, plus une pi. Imp. de Perrin, à Lyon. —A Paris, chez Lenoir, quai Malaquais, 5 ; k Lyon, chez A. Barrois.

Le texte parait complet; mais Touvrage doit avoir 44 plancbes, et doit ou a dà paraître en 15 lîTraisons, chacune du prix-de 2—0.

45. Histoire de la peinture au moyen âge, suivie de l'Histoire ^de la gravure, du Discours sur l'influence des arts, du dessin, et du Musée olympique; par T.-B. Emeric-David ; avec une Notice sur Fauteur, par P. L. Jacob, bibliophile. !n-12 de 15 feuilles. Impr. de Mme Dondey-Dupré, à Paris.— A Paris, chez Ch. Gosselin, rue Saint-Germain-des-Prés, 0. Prix : 5—50

VT AVDIVIT SALVTATIONEM MARIit ELI S ABETTH EXVLTAVIT TNFANS IN VTERO EIVS

STRAWBERRY-HILL

A quelques milles de Londres, sur la route qui conduit de Richmond à Haropton-Ck)urt, on trouve une maison d'assez simple apparence, que d'épais ombrages dérobent en partie à la vue du voyageur: c'est Strawberry-Hill, la villa, le manoir d'Horace Walpole, sa maison de papier, comme il se plaisait à dire lui-même ; car les murs en étaient fort minces et souvent le toit supportait bien mal répreuve des grandes pluies. Élevé dans le style gothique, ce frêle monument n'offre plus aujourd'hui à l'extérieur qu'une ombre de ce qu'il fut jadis; mais il a pour lui le souvenir et l'esprit de son fondateur, qui en feront conserver la fnémoirelongtempsencore. Les murs de plâtre, le bois quipartout dans sa coastruction a remplacé la pierre pour les détails d'architecture, ont difficilementrésisté au tempsquirongeet détruit tout ; les murs sont fendus, les lignes brisées, les clochetons à Jour et let aiguilles élégantes qui semblaient déchirer le del , tombent de vétusté, sans rien garder de leur forme primitive. A l'intérieur, le style gothique que les Anglais nomment ^ordi et que nousappelons flamboyant , 8*épanouit en roses et en soleils qui couvrent les plafonds et les voûtes d'une manière toute particulière aux monuments de la Grande-Bretagne. Cette restauration fut regardée dans le temps comme un des essais les plus heureux en ce genre. Mais avant de parler de la maison et des trésors qu'elle conte-

naît» disons quelques mots de son fondateur, Tun des plus brillants esprits du dix-huitième siècle.

Horatio (4) Walpole naquit en 4747. n était le troisième fils du célèbre ministre Robert Walpole, qui dirigea si longtemps les affaires de l'Angleterre sous la nouvelle dynastie des Brunswick. A vingt ans, une pièce de vers qu*il fit en Thonneur de Henri IV. fondateur du King's collège de Cambridge, fit concevoir de grandes espéranees sur ses talents futurs.

A peine majeur , il débuta par quelques emplois qui ne lui valaient pas moins de 47,000 livres sterl. de revenu (plus de 400,000 fr.). Mais peu soucieux de la carrière politique, il partit pour ritalie en 4737 , accompagné du célèbre poète Gray , son ami de collège, avec lequel il se brouilla en route, n continua son tour d'Europe, voyageant magnifiquement en fils de premier ministre, reçu dans toutes les cours et chez tous les princes. • Je venais de m*afflranchir du joug du collège, dit-il. J'avais autant d'argent que J'en pouvais dépenser, et Je voulais me difertir. Je ne révais que bals et spectacles. »

Walpole à son retour fût élu membre du parlement et vint siéger à la chambre des communes dans un moment où la flireur des parlis était portée au plus haut d^gré. Robert Walpole» qui sentait la puissance lui échapper , était en butte à des «tiaqws violentes renouvelées chaque jour avec un nouvel achamemenl et sous lesquelles il devait succomber. Les devoirs pariementaires convenaient peu au caractère d'Horace ; aussi prit-41 rairement la parole, mais il prouva que son silence ne devait pas être «tftri<bué à son défaut de moyens. Une motion ayant élé présentée pour demander une enquête sur la conduite du premier ministre, il s'opposa à cette proposition par un disooors assex long et rempli d'énergie, qui fit honneur à sa pIM filiale. Eti 4742, sir Robert dut se retirer, résigna toutes ses places etentraàlachaaibtie des pairs, avec le titre de lord Orford. Trois ans pbia.ta»d, il mourut à la campagne où ils'étaitretiré. Horaee coBtiM» de faire

(I) « Le nom d*Moralio me déplaît, disait-il, îl est théâtral, mais il n'est pas anglais; j'ai loujonrs, dès ma jeunesse, écrit et s'gné Horaee; il faut un nom anglais à un Anglais; sur tous mes litres j'orthograpliie ainsi non i

DE i/amateuk. 455

partie de la chambre des communes Jasqu^en il 61. Sa carrl^e politique se termina sans autres incidents remarquables.

Le caractère d*Horace Walpole était un singulier mélange de force et d'irrésolution» d^instincts nobles et de penchants naturels, contrariés sans cesse par réduc4ition ou les préjugés. Histoire, Drame, Roman, Recherches sérieuses, il avait essayé de tout avec succès , et la réputation qu*i! s*était acquise lui était à charge. 11 ne pouvait souffrir le titre d*auteur, et après un ignorant, il n'était rien au monde qu'il coniidérAt moins qu'un savant ; mais la crainte d'être pris pour un sot, la frayeur de ce vieux proverbe grec : ^fom «al^ Xoêèi ( les enfants des héros sont des sots), le poussaient involontairement à des actes de virtualité dont il se repentait aussitôt.

Unissant un esprit supérieur aux avantages de la naissance et de la fortune, il ne prétendit point au pouvoir. Cependant, il Ait membre actif d'une opposition violente. • Je suis républicain , disait Quin à Warburto», et Je pense même qu'on pourrait Justifier l'exécution de Charles P'.— Ouî>da,et par quelle loi?— Par toutes les lois qu'il nous a laissées. » Admirable réponse, s'écrie Horace Walpole ; toute la controverse est enfermée dans huit monosyllabes; elle prouve à la fois le crime du roi et la justice de la punition. A Strawberry-Hill, d'un cêté de son lit, il avait suspendu la grande charte^ et de l'autre Varrêi de mort de Charles P', au basduquel il avait écrit magna charia^ convaincu, disaitil, que sans ce dernier acte, le premier n'aurait plus guère de valeur aujourd'hui. Cependant, par bienséance, il baisait la main du prince et allait faire sa cour de temps en temps. En tombant dans des accès de misanthropie, il écrivait : Que m'Importe que l'Etat devienne la proie ou d'un Mazarki tout à la fob lAche et entreprenant, jaloux ou plein d'ostentatîoii , ou d'un Louvois téméraire et té- • nébreux ! il ne voyait, n'entendait rien de sérieux qu'il ne le trouvât ridicule. Les philosoplies n'étaient à ses yeux que des imposteurs. Explique qui pourra tant de mystères. La nature n'était peut-être pas étrangère à toutes oes contradictions. Walpole était petit et maigre , et quand on le voyait par derrière, sa taille et la simpUcité de ses vêtements lui donnaient un peu l'air d'un enfant ; ajoutez i cela que ce gentilhomme si vain, si fier de sa race, d un

i56 LK CABINKT

esprit souvent si coquet, avait continuellement les pieds et les mains enflés par la goutte, les doigts rouges et difformes.

Dégoûté de tout, il s'était arrêté à la moquerie et à la conversation. Cette raillerie constante, implacable» penchant funeste pour le cœur, a souvent fait douter du sien . Walter Scott r« néanmoins lavé du reproche d'avoir été pour quelque chose dans la On misérable du poète Chatterton. Mais causer était surtout sa grande affaire. La conversation fut un empire où il régna sans rivaux pendant un demi-siècle. C/est en causant qu*il séduisit madame du Deffant, qui, aveugle depuis dix ans, sentit, à soixante, se réveiUer pour lui tous les feux de sa jeunesse, dette liaison singulière entre deux des personnes les plus spirituelles de répoque nous a valu une correspondance charmante, ingénieuse du oAté d'Horace ; tendre, souvent passionnée, de Tautre; mais pleine d'appréciations fausses sur les hommes et sur les x^hoses.

Pendant la dernière partie de sa vie, quoiqu'il veillât très-tard, soit pour écrire, soit pour converser, il se levait constamment à neuf heures et paraissait alors dans la salle à manger de son appartement favori, qui donnait isur la Tamise. Il était toujours accompagné d'un petit chien tonton , dont il avait hérité de maT dame duDeffant, et qu'il avait tellement engraissé, que la pauvre petite béte pouvait k peine se mouvoir. 11 le plaçait près de lui, sur un petit sofe. On apportait la théière, le guéridon, et Walpole buvait deux ou trois tasses de thé dans la plus rare porcelaine du Japon. Le pain et le beurre n'étaient point épargnés. Comme il ne soupait Jamais , il avait grand appétit à déjeuner; il partageait généreusement son repas avec son chien et ses écureuils. On servait le dtner dans la petite ou dans la grande salle * à manger, selon les circonstances, mais plus volontiers dans la première; en hiver, il prenait toujours quelque nourriture légère et ne buvait Jaroais que de l'eau glaoée. Si ses convives désiraient du vin, même en petite quantité, il fallait qu'ils en demandassent pendant le dtner, car aussitôt après, Horace Walpole sonnait pour qu'on montât le café. Il passait environ cinq heures à le prendre, et, se replaçant sur le sofa, il prolongeait presque toujours Jusqu'à deux heures du matin une conversation ani-

I>E L'AIIATBUR. 457

mée par une foule d'aneodotès piquantes ; il envoyait souvent ehercher des livres et des curiosités : il arrivait même qudquefois qu*on passait dans sa bibliothèque quand la conversation donnait lieu à quelques recherches; €*e8t ainsi qu'Horace Walpole passait les jours pluvieux.

Nous sommes obligés de passer sous silence beaucoup de délails sur les travaux littéraires d*Horace Walpole, pour arriver à son manoir de Strawberry-Hill qui tint une si grande place dans sa vie et doit nous occuper plus spécialement. Ses principaux ouvrages de littérature, outre sa Correspondance, sont le Château d'Oiranie, roman ; la Jlfère myuéneute , drame ; les Doutes historiques sur Richard III, Il a publié sur les arts , les jEdes Walpoiianm, description du magniflque chAteau d*Houghton etdes trésorsde Tart que Robert Walpole y avait rassemblés; les Anecdotes sur la Peinture, compilation de Tantiquaire Vertue, dont il avait acheté le manuscrit, et qu'il publia en Faugmentant.

C'est en 1747 qu'Horace Walpole fit Tacquisition de Strawberry-Hill qui devint bientôt son unique occupation, le seul but d'activité du reste de sa vie. Pendant près d'un demi-siècle, il se plut à y réunir toutes les reliques et les illustrations de l'histoire, toutes les curiosités de l'art qu'il lui Ait possible de se procurer ; il nous a conservé soigneusement , jour par Jour pour ainsi dire, l'histoire des progrès et des développements de sa c(4lection et de son chAteau, où il dut souvent se trouver k l'étroit. Ainsi, nous savons que la bibliothèque et la salle à manger furent bAties en 1755 ; la galerie, la tour ronde, le grand cloître et le cabinet, en i 760 et en 1 76 1 . En 1757, Horace Walpole établit chez lui une imprimerie. Le prenuer ouvrage qu'il publia fut les deux belles odesdeGray . avec qui il avait renouvelé connaissance ; ensuite parurent le Catalogue dvt rois et des noUes auêeurs, la Mère mystérieuse, le Château d'Otrauie et tous ses autres ouvrages.

La formation de cette collection dut être une source de joijdssances bien grandes pour un homme aussi instruit et d'une imagination aussi vive qu'Horace Walpole. Quelles que soient les connaissances acquises, l'étude attentive des monuments peut.

4iS LB CABINET

•eide donner une Mé« ^raie de rbWoire ; eUe ^t fertile an aperçus BoaTean, en déooQTertes charmantad. Tout s*aniine> tout te G<rtore devant les moindres débris du passé. Une médaille, une peinture, un bijou aident à reconstruire un s|^ç)e, we époque que Ton voit soudain s*agiter, barbare ou corrompue, luxueuse ou mesquine et souyent bizarre. Danslesmonuments de Tart, on décoovreà la fois Tesprlt et la configuration d'un peuple ; c*est une espèce d'alpbabet épars, avec lequel il est intéressant de reconstruire la langue, le génie d'une nation. Avec les monuments, rhistoire n'est plus une abstraction ; elle devient pdpable, nous la touchons, elle nous entoure. Les récits écrits nous ont conservé le souvenir des passions de nos pères ; les monuments nous donnent Thabit, ia aoukur locale, pour nous servir d*une expression consacrée, du temps où ils ont vécu. On en a peut être abiMé de nos jours, mais ce n*est pas une raison pour en nier l'importance.

Après le plaisir de voir tant d'objets choisis et intéressants, d'en parler, de les décrire, de les interpréter, et il en usait largement, venait celui de les chercher, de les découvrir, ^ sensations charmantes, réservées aux seuls vrais amateurs ; Horace Walpole y mettait une activité très-grande. Visites, voyages, correspondances, il n'épargnait rien ; non-aeulement il glanait dans les trois royaumes, mais I^ris lui fournissait ses plus rares morceaux; sll no pouvait avoir l'original, il en voulait au moins une bonne copie* « On m'a dît, écrivaitr41 à Georges llontaigu, qu'une certaine lady Kingsland de Dublin avait un portrait de madame de Grammont, par Petitot. Queue est cette lady Kingsland? rignore si elle est riche ou pauvre; mais ce que Je sais, c'est que Je donnerais tout pour posséder un portrait semblable. Cherchez donc à me le procurer ; et si la dame résiste à la tentation,* tAchez alors d'en faire prendre une copie en miniature, s'il existe h Dublin quelqu'un capable de Texécutor. • Plus loin, il lui annonce l'arrivée de France d'une copie d'un portrait de madame de Maintenon. « Je la destine, avec ma Lavallière, ma Grammont et ma duchesse Mazarin, h tenir compagnie à Bianra Capello rt à Ninon de l'Enclos dans la tour ronde. J'esporc bien qu'il ne se fera plus de ventes, car il ne me reste plus

DB L'AMATKUB. 419

un liard, et même pas un pouce de place. » Après les acquisitions, venaient les cadeaux et les découvertes. Un Jour» en visitant lady Hertford à Rugley, il déterra les papiers et lettres des deux lords Conway, secrétaires d*Étal* t Ces messieurs avaient rassemblé, d'honneur, tous les morceaux de papier qu'ils avaient pu se procurer, depuis le règne d'ÉHsabclli Jusqu'au règne de Charles 11. Si J'en dois croire les dires de la famille» de» chambres entières en étaient remplies ; mais, peadaut la minorité du lord actuel, ces papiers furent tous, par l'ignorance d'un iatendaut> destinés aux usages di9.1a maison ; et si J'en excepte une botte qu'on laissa presque pourrir dans un buffet, le surr plus fut Jeté çà et là dans un grenier. J'ai tiré de ce lieu tout ce quej'aî pusauver delamaindeoes vanéalea.etj'enaitsaosexagération, emporté plein une pettte charrette. La plupart de ces papiers consistent en bills pourris ou rongés par lesrats ; toutefois, j'ai trouvé de quoi me dédommager de ma peine. Je ue vous parlecai.que de inAs lettres de lord Strafford, écrites sur un papier bordé do vert, comme les nouveaux papiers fhinçals à vignettes. J*ai trouvé, en outre, des manuscrits de tous les lords dont les cachets sont parfaitement conservés ; les proclamations originales de Charles 1^^ (signées par son conseil privé) ; une lettre écrite au roi Jacques par son gendre de Bohème ; enfin un très-grand nombre de lettres, de négociations du comte de Bristol en Espagne, de sir Dudiey Carleton, de lord Chichester, etc., etc. Qu'en dites-vous? Ne voilà-t-ii pas de quoi faire gémir la

Tant de soins et de goût ne devaieut pas rester sans récompense. Strawberry-Hill devint à la mode, et ftat Mentét le pèlerinage obligé des étrangers de distinction et de la société la plus brillante de Londres. Le propriétaire ne sut bientôt plus où se mettre ; il passait son temps à signer des billets pour voir sa galerie, et à se cacher pendant qu'on la parcourait. Les frais ombrages du parc étaient visités par les femmes les plus belles et les plus nobles. Les duchesses d'Hamilton, de Richmond et lady Âilesbury y dînèrent un Jour. « Non, Jamais je n'ai rien vu de plus beau, s'écrie Walpole, que le groupe que foruiaient ces trois dames sons le berceau. Dans mille ans d'ici, quand Je <

oerai à vieillir, je rappellerai cette circonstance ; j'apprendrai aux jeunes gens d'alors combien les femmes de notre temps étaient incomparaMement plus belles que celles du leur. • Si les dames Tisitaient l'imprimerie, des sonnets et des madrigaux sortaient galamment de dessous la presse comme par eachantement. Dans ces grandes occasions, Walpoie mettait quelquefois la cravate de Gibbins, des gants brodés jusqu'au coude, qui avaient appartenu à Jacques l^^, et des habits à l'avenant.

Mais tout passe, hélas ! et de cette charmante habitation i)ue Walpoie avait entourée de tout le prestige qui s'attachait à sa personne , il ne restera bientAt plus que le souvenir. Il pensa quelquefois à la dispersion de sa galerie, mais ce ne Ait que dans un avenir fort Moigné. « Quel homme sage et faible tout à la fois ! disait-il en pariant de son père, un jous qu'il visitait Houghton au moment de la dispersion (i) des tableaux que nr Robert j avait réunis ; pourquoi a*t*il biti Houghton? pour que son petii-flls le détruisit, et que son fils en pleurAt de douleur. Pauvre petit Strawberry I il n'en sera pas ainsi de toi ; tu ne seras pas détruit par un héritier I »

A sa mort (2) arrivée en 1797, Horace Walpoie légua sa rési-

(4) HongtoD» dam le comté de NorfoliLj le plus magnillque cbâleau bâti ions le rè^bfl de Georges UJui élevé, par sir Robert Walpoie, sur les plans de aiply. La collection de tableani ne contenait que des originanx, chose rare en Angleterre à cette époque. Aucune dépense ne ftit épargnée» et sir Andrew Foontaîne, lin des meilleurs connaisseurs de son temp«, se joignit à lord Orford pour diriger son cboli. Daa« le livre d'Hûraee Walpoie, iotitnié jEdes WtàpoHanm, an trouve un cataiogipe raisonné des peintures. La totaUté de la coUectk» était de deux cent irente-deux nuirceaux estimés alors 40,553 livres sterling. Georges, comte d'Orford» la vendit è l'impératrice de Russie pour 36,000 livres sterl. Walpoie observait è ce kujtit que la plus belle suite de peinture i que T Angleterre ait jsmais possédée, était transportée, pour ainsi dire, hors des regards de l'Europe. Parmi les plus remirquables, on citait : les Doc(eurSt de Raphaél^ estimés 3,500 livres sierl. ; la Saknte Famille^ de Van Dyck, 4 ,600 livres sterl. ; la MadMeint aux pieds du Christ, 1,600 livres sterl.; un paysage, du Poussin, 900 livres iterl.; la Fumt//s de Rubens, par Jordens, 400 li res sterl. ; deux tableaux de fewrs, fiar Van Huysum, 1,200 livres sterl. Cette galerie a étd publiée.

(3) Walpoie mourut le 3 mars 1797, dans sa maiaon de Berketoy squsre ; il Ptaat Agé de quatre-vingts aus. En 1791, il avait hérite du tiirede comte d'Orfecd

DE L'AMATBUK. 444

dence de Sirawberry-Uill à madame Anne Damer, avec 2,000 liv. sterl. pour la tenir en bon état, sous la condition qu'elle y résiderait, et qu'elle ne pourrait en disposer qu'en faveur de la comtesse de Waldegrave, à laquelle cette propriété était substituée. Depuis ce temps, la modiflcation de Je ne sais quelle loi anglaise sur les mfljorats a permis au dernier possesseur de Slrawberry- Hill, lord Waldegrave, de livrer aux enchères la collection réunie par Horace Walpole. La vente, commencée le 25 avril 1842, a été terminée le 24 mai suivant.

Horace Walpole a laissé un gros volume où se trouvent commentés la plupart des objets de sa collection. Nous donnons ici une descriplion qui en a été faite, quelque temps avant sa dispersion, par un écrivain anglais, M..W. Harrison Ainsworth, déjà connu par une illustration du chAteau de Windsor et de la Tour de Londres.

Dans un prochain numéro, nous donnerons la liste des objets les plus remarquables, leur prix de vente et le nom des principaux acquéreurs.

par suite de la mort de son neveu. Horace fui quelque temps sans vouloir prendre ce nouveau titre, triste héritage d'une race expiranle. Il ne remplit jamais son siège au parlement. Le litre de lord Orford n'eitsië plus aujourd'hui, et la proi)ric'tc d'flought *n est passive ft loid Gbaliuondley.

Page 1