‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 115 sur 139 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

DKS TRÉSORS DE STRAWBERRY-flILL,

Par HVm Harriflon AlB«i?rorlli»

ORD Orfobd, celui qui, à peine connu par son Utre, est devenu célèbre dans toute l'Europe sous le nom d'Horace Walpoie, avait un goût exquis auquel le temps présent n'est pas moins redevable que le siècle même où il vécut. Les contemporains de lord Orford trouvèrent, dans ses écrits, et l'instruction et ratnus<!ment. . Nous profilons de Fimpulsion qu'il donna à rétude des œuvres d'art au moyen âge. Ses lettres sont des monuments durables du style épistolaire. Ce qu'il a publié sur les beaux-arts, le drame, la Action, la littérature en général, ses notices biographiques, attestent une lieureuse diversité de talents , et Strawbcrry-Hîll nous montre encore, non-seulement tout ce qu'un seul homme peut accomplir, mais avec quel merveilleux succès celui dont nous parlons réussit dans, la tâche qu'il s'était faite, et à laquelle il consacra un travail persévérant, un véritable amour.

Cependant, Strawberry-Hill, avec tous ses trésors, est destiné, non moins que d'autres lieux plus anciennement célèbres, â faire ressortir cette triste vérité, que rien twr terre ne resle en même état. Celui qui avait réuni toutes-ces richesses de l'art ne l'ignorait point; il prévoyait bien qu'elles seraient, un jour, dispersées, et dans la description qu'il a donnée lui-même de Strawberry-Hill, Horace Walpoie dit :

« Ce compte détaillé des objets d'art cl des choses rares qui sont en ma possession est dressé en vue de leur dispersion future ; les aciieteurs y trouveront l'histoire de ce qu'ils aurontacquis. Il ne déplaît pas aux amateurs de constater ainsi Torigine authentique des curiosités qu'ils possèdent, v

Il est impossible de voir sans regret disséminer des objets qu'une vie tout entière s'est employée à réunir; mais, d'un autre côté, on peut se <tf*mander si ce résultat presque inévitable n'est pas compensé par plus

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d*tui avaatage. Une efaose cal j^risée noD-sealeaieiit diaprés sa valeur intrinsèque, nais aussi pour ce qui la ralladic ài des événemenis remarquables ou à deanemsilhisireg. Ainsi, le nîmir antique, le gobelet orné de joaillerie, la lame damasquinée, peuvaiil avoir leur beauté propre ; mais ils aequi^rent plus de prix eneore, ils s^oment, pour ainsi dire, de plus rares attributs, quand nous savons que Tun a réfléehi les traite d*une Marie Stuari ou d*une liarguerite de Valoin, que l'autre a brillé, à plein bord, des rubis du vin versé dans les fHes du fondateur cbevaler(^squede Tordre de la Jarretière^ on que cette lame, enfin, était celle du poignard qui lua un Médscis, ou pendait au flanc d*un du Guesclin. Et' si à dès souvenirs kisloriques «e joint celui d'bonunes de goût et de savoir, qui ont successivement possédé ces objets, et leur ont donné une célébrité nouvelie, ils en recevront aussi une valeur toujoorscroîssante; c*est comme une efaatne dont chaque anneau ajouté augmente le prix. Lorsqu'ils se détachent, rieii ne se perd ; loki de là, Tespèce d'enseignemeni qui se lie à ces reliques va se répandMl davantage, et il s'opère comme une dissémination de ridiesses.

On peut dire aussi que dans une collection aussi considérable que celle dont nous nous occupons, plus d'une chose précieuse disparaît nécessairement, et reste comme enlMiie parmi tous ces trésors, tandis que s'ils se distribuent entre plusieurs mains, chaque obiet trouve, dans son nouveau possesseur, un homme intéressé à le faire valoir, et à le mettre en relief.

On peut donc se récondllef avM l^espèce de fatalité qui nous laisse à peine le temps de décrire Strawb^rry-Hill, avant qu'elle en aie dispersé les richesses. Nous ne nous proposons point de suivre les détails da catalogue, l'espace nous manquerait; il s'agit plutèt d'indiquer ici quelques-uns des aspects les plus frappants de ce manoir célèbre, que de guider le lecteur à travers tons ses détours.

Après avoir franchi le porche, sombre et bas comme celui d'un monastère, qui conduit dans la salie d'entrée, le regard s'arrête un moment sur un petit oratoire, où une sainte effigie est soigneusement enfermée, et au delà, sur un cloftre où l'on aperçoit deux objets bien dignes d'attention! L'un est un bas-relief qui nous a uransmis le portrait de Léonore d'Ësle, ÉHa HeHonara; marbre insensible comnm cette princesse dle-inéme, que le grand chantre de la Jéruêtiiêm délivrée aima vainement, et qu'il orna

D*un€ moHié des lauriers qui ombragent sa tombe.

Si le portrait est ressemblant , Lconorc n'était certes point une

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beauté. L'autre cuiiosilé csl le vase de cette pensive Selimay dont la destioée inspira aussi un poète; ce vase p;iralt juste assez profond pour iioyer un chat. Sans chercher k expliquer certaines associations, passons outre; le portail du chàtitaus^agrandit, et nous voici dans la salle, éclairée seulement, comme le dit Horace Wal|K>le, par de maigrei fenêtres qu^engraiuêni d'amples figures de saints, peintes richement sur verre, et par la lanterne qui jette, sur les marches de Tescalier, Tomhre la plus vénérahle qui se soîl jamais vue depuis le temps d*Âheilard.

Un passage étroit conduit de cette siille dans le réfectoire ; là, on ne manque ni de loisir ni d*ospace pour coomaenccr ces recherches qui promettent tant et tiemient si bien leur promesse. Les peintures sont, pour la plupart, de» portraits de famille ou ceux d'intimes amis. A Textrémilé, est la figure da grand ministre, sir R. Walpole, dans tout Téciat du costume de Tordre de la Jarretièr.e, et, de chaque cèté, le portrait de ses deux femmes ; la première, Catherine Shorler, copiée d\rprès Knellcr par Jaervis, trèsjolie femme, vétùe simplement de bleu, avec une écharpe en sautoir ; la seconde, non moins jolie, Marui Sker* rets (celle que lady Mary Wortiey Montagu appelle sans façon mo^), peinte par Javois lui-même dans le costume d'une bergère. La simplicité de leur attitude et de leur costume contraste d'une manière frappante avec le splendide accoutrement de sir Robert. Au-dessous de ces I>orlrails est placée une belle table de jaspe sicilien, couverte de su perbe porcebiine ancienne, et de reliqircs de l'antiquité étrusque, sous la forme de vases, de gobelets, de jaitos. Au-dessus de la table est pendu un objet fort curieux et très^ntéressant; c'est un cor de chasse richement émûllé sur cuivre, dont les peintures représentent, d'iin côté, 1 histoire de saint Hubert, et de l'autre une suite de figures allégoriques. L'émail est de cette belle sorte qu'on nomme Limites, et dont il y a tant de spécinkens dans d'autres parties du château. Pour revenir aux peintures, voici sur un rang les portraits des fils et des filles de sir Robert; le second, lord Qrford, velu de vel<rars rouge, Edouard, «lans le costume de l'ordre du Bain, et Horace Walpolc lui-même, eu habit de velours bleu, étroit, sans collet, avec une veste de velours cramoisi, qui tombe jusqu'aux genoux. Ses filles sont lady Maria Walpolc et lady Malpas, celle-ci fbrt belle. Sur In cheminée, construite avec un goât sévère, d'après les dessins de ^ntley, estjm Uibleau.de sir Joshua Reynolds appelé conversation, et qui contient les portraits de lord Edgccumd, M. Williams, George Selioyn, eolui qui ne manqua jamais une exécution, et qui, lorsqu'il se faisait arracher une dent, laissait

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tomber son mouchoir pour donner le signal à i*opénilenr. Sir Horace Mann, et son frère Gairridus, peints par Astley ; iady Anne Osbom, par sir Godfrey Knelier, et Iady Dorotby Walpole, en costume turc, l>ar JaerYis, sont épars dans la salle. On y a placé plus récemment lord ta Iady Radstock; mais le joyau de cette collection est le charmant i;roupe de Reynolds, ces trois beautés, ladys Lanra, Maria et Horatia Waldegraye, réunies autour d'une table h ouvrage. La couleur de cette séduisante peinture s*est efTacée, mais on y retrouve une grftce, une délicatesse sans égale; ce tableau est bien supérieur à celui des Grâces, liu même maître, dans la galerie nationale. Les massives tables d*ébène, les sièges, construits sur les dessins même de Walpo)e, et accommodés évidemment à Tampleur des basques que Ton portait alors; rantique bureau, la fameuse horloge par Leroi, les fenêtres surtout, ornées de morceaux de Téoole hollandaise (dont Tun, représentant un savetier h l'ouvrage devant une croisée ouverte, et qui s'amuse à siffler un oiseau dans sa cage, est d'un cfTet merveilleux) ; ce ne sont pas \h les moindres curiosités du réfectoire deStrawberry-Hill.

Rarvenus au premier palier, nous entrons dans la salle du déjeuner, tapissée de papier bleu et de tentures en toile bleue et blanche. C'est le plus joli lieu, le plus gai qui se paisse imaginer, rempK d'oljets de diverses sortes, parmi lesquelles abondent les miniatures, il y a là deux cadres, soigneusement recouverts de stores en soie verte, qui contiennent de véritables bijoux. Le premier renferme neuf miniatores, la plupart d'isaac et de Pierre Oliver, consacrées à sir Keneiro Digby et à sa famille. Quatre sont des portraits de la femme de sir Kenelm, la belle Venetia Stanley, représentée à trois époques différentes de sa vie, et après sa mort. Ce dernier portrait est extrêmement curieux, et, comme tous les autres, d'un fini exquis. La tendresse de sir Kenelm pour son aimable femme se voit dans la devise, vindiea U lUri, qui brille en lettres d'pr au-dessus de son propre portrait. Le second cadre contient quinxe miniatures, la plupart par HilliartetFetitot; les portraits les plus frappants sont ceux de Robert De véreux, du comte d'Essex, de Carey, de lord Hunsdon, du duc de Vendême, avec un namif ro^Hf^, de là princesse Palatine, des duchesses de Montpensier et de Ifontbaxon. Mais la plus remarquable de toutes ces minlatiires est cette qui représente nntérieur de la chambre des lords, le roi Jacques 1*' siégeant sur son trêne. Cette peinture est si petite, qu*il faut une loupe poui* la bien examiner. Au-nlessus du chambranle sont quelques portraits hiléressants, misé Farren, qui' fut ensuite comtesse de Derby, gaie, brillante, au

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teini cotoré, ajMt toute l*ezprettioo du géme cmnique éaw le mnirire de sa bevclie et de ses yeus; Pope, hàj Mary Leppel, et une eélébrilé pk» réoenlc, mislress Hannah More, qof eontrasle séTèrcmenc aree lady Derby. Dans d^antree parties de la saNe, on trouve Holbeîn, peint par lolnnaéne; le poète Gowley^par sir P. Leiy; le comte de Grammonl, ee portrait que Walpole Ait si raTi de déeovTrir i Paris; et, dans on cadre de iligrane d'argent, h fameuse Charlotte de la TréroouiUe, celle qui Ibt aussi comtesse de Derby, et défendit héroiqoement Latham-Hauêe^ « cette femme, merretlle de son sexe, qui donna dn courage à la plus vHe troupe qu'un rempart ait Jamaie opposée à Tnssaut. 9

Il y a Ui d'autres portraits encore de la famille de Digby« et. parmi les plus remarquables, une tète inconnue, peinte par Holbein ; Thomas Seyroour, lord Sudely, le grand amiral, ce frère du protecteur Sommerset, dont le regard est plein de T-oirgueil qui ose tout, et dont la tète hautaine semble défier le bloc fsttal oè son naturel turtralent finit par le conduire. Nou8>ne devons pas omettre le portrait bien coiinu de madame du DelVuii, celui de la duchesse de Ghoiseul, de Rose, le jardinier royal, présentant à Charles II le premier ananas qnl eût rofiri en Angleterre; le portrait de hi dernière urargrave d'Anspach, quand elle était jeune et jolie; enfin, les deux missDerrys, dont la belle physionomie exprime si bien Tîntelligence. La liste serait trop longue si nous v€«lions mentionner fci moitié de ce que contient cette salle, qui est encore à peu près telle qu'Horace Walpole la laissa, à l'exception des portraits du comte et de la comtesse de WaMegrave, aujourd'hui ri- ▼anis, et de quelques omemems modernes.'

Avant d'entrer dans la bibliothèque, le regard rencontre cette collée* tion peoconMérable, maistrèo-eurieuse, que Walpole appelait son urmoér», ou arsenal, et qu'il décrit de la sorte : « Un vestibule, ouveH sur le paKer, à trois arcades, et avec des niches remplies de trophées formés par d'anciennes cottes de maille, des boucliers hidiens, (laits de la peau du rhinocéros, des coutelas, des carqiiois, de longs arcs, des flèches etdes épieux ; armes qu'on fi^ipofe avoh* toutes été prises dans les guerres saintes, par sir Terry Robsart, ancêtre des Walpole. » Nous trouvons ensnfte, dans une niche de l'escalier, l'armure de Françoise, en acier doré, couverte de bosselages; sa 4ance est d'un bois d'ébène incrusié d'argent, son épée d'acier superbement ciselé en or, œuvre probablement de Benvenuto Celtini. C'est une panoplie mapifiqtie, qui d'ailleurs rappelle bien mieux la grande taille du vaiHant monarque que

rarmure splendkle du Louvre, celle-ci ne paraissant pas assez haute pour la siaunre de François l**" (I). Nous remarfiioiiB encore deai boucliers à Tosage des loomois, peints par Polydore; Tun porte une léle de Méduse, Fautre celle; de Persée. Au-dessus de Vamurire esi un aito riiievo, en bois d'ébène, représeiilant Henri III d'Angleterre, ouvrage de son teinps ; au dedans se trouveni les divers objets mdît|iiés par Walpole, a quelques autres qu'il n'a pas décrits, par exemple, cette relifue singulière de la police des Normands, un antique œuvre-feu, el un soufflet fort ancien, sculpté avec la phis grande Tîchesse. Les haches de bataille, les écus, les masses d'armes sont tQutes des plus curieuses; et. deux corselets portent ^core les traces de quelque mêlée meurtrière.

Passons maintenant de l'état de guerre à l'état de paix, de l'arsenal à la bibliotbèqtie, où sont réunis environ quinze mille volumes rangés dans des cases façonnées sur le modèle du chœur de l'ancienne église de Saint-Paul. Nous ne citerons, de ces livres, que les moins connus, ceux que contient une petite armoire vitré^. Le premier, et, à notre avis, le plus précieux, est un recueil de dessins originaux par Janet, jadis possédé par firant6me, et, depuis, par Mariette, le. fameux faiseur de collections, qui a écrit, au dedans de la couverture du livre, cette note : « Recueil des portraits des princes et princesses, et des seigneurs et liâmes qui composaient la cour de François l*% roi de France, a appartenu «ans doute à Brantdme* €e qui «lele foit préjuger, c'est que plusieurs des inscriptions sont écrites de sa main. Je m'en suis affermi par la confrontation que j'en ai faite avec un manuscrit authenlique tout corrigé de la main de ce célèbre écrivain: (Signé) : Mariette »

Ces portraits sont tous au crayon, avec des teintes de craie rouge, comme tes dessins de sir T. Lawrence, qu'ils égalent tout à fait ; nous y trouvons quelques nobles figures* François I*^, Louise de Savoie, Marguerite de Iilaivarre, Diane de Poitiers, Lautrec, ramtral Bonnivet, Claude de France, François 11, le baron de Figeac, Madeleine de France, la première femme de Jacques V d'Ecosse, et envii^on trente autresportraito. Ce volume est sans prix, quoique Walpole Fait acquis à peu de flrais. Nous voyons dans une note de sa main, écrite au bas de

(t) Cette armure n'est nnUemcnt de l'époque de François V*, mais bien plutôt de celle de Henri III ; elle fat adjugée h la vente an pri)c de 520 Uv. stert. à M. Pratt, qui dernièremeot en demandait 20,000 fr. ft Parii. €ette armure» renkarqnable, do reste, a subi de graves nmtilations; fiiite pour un homme d'une haute slatnre, la cuirasse a ^Id retaillée postérieurement et ajustée pour une taille bien plus petite, ce qui a détrnU une partie du travail primitif.

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eelle de Mariette, que le comte de Harwick en avait fait offrir Wd liv. ftteri. par soii agent, maia ifiie celui-ci n^aaaiata point «^ la vente, on y vint trop tard.

Un antre voinnie des plus précieux contient une cofiection de dessins originaux à la plume, par Galloi; la plupart n'ont jamais été gravés, quoique la page4itre porte la désignation habituelle de fanimms di9erte$^ de noble iacq. Calloi.

Un manuacrii d*un grand iniMt, c'est encore le livre de comptes de Villiers, premier .duc de Buekingham, tenu par sir Sakvil Crowe, pro* bablement trésorier de S. G. ; les divers tfoinde ces coi^ites sont trèscurieux, et témoignent de Fincomparable profusion avec laquelle leduc semait Targent. Une longue liste de dépenses se rapporte au voyage en Espagne, lorsque le duc fut envoyé ambassadeur à Madrid. Voici un articJe : « Donné à la comtesse d'OU\'arez, à sou sommelier, pour fruits, 14 shill. • Cette même comtesse d'Olivares fut la cause redoutable du dépari soudain de Buekingham, ce qui rompit le mariage pro^ jeté entre Charles et Tinfante. D autres déboursés se rapportent à la dernière des luttes entre les bouffons dç la cour; par exemple : a Au fou du roi, 15^ 6*8* ; à Aveley, 90* ; à Rosado, W 6» 8*. » Vium suivant prouve rimportance que Buckingham^etlait aux services de son dentiste : <c Donné à Tarracheur d^^^nti, 30^ » L'ensemble de ces comptes jette beaucoup de lumières sdr Tbistoire personnelle du favori.

Parmi les livres imprimés, les plus curieux et les plus rares sont : le Dah du nouvel an\ par Microphiluoê (le nain Jeffery Uudson), présenté par lui, en t (UIB, k Henriette, femme de CSiarles I ' ; /e Tombêm de MÊèrgueriêe de Vakù, reine de Navarre ; un exemplaire de Viifile, imprimé par Baskerville, avec des dessins sur la touverture^ par lady Diana Beauclerc ; sur les bords, qui sont richement dorés, est une vue de Blénheim, qui disparaît complètement quand on ferme le volume. Gtons oiicorc Texemplaire d'Homère, qui servit h Pope pour sa traduction; c'est une petite édition. d'Amsterdam, de ITOT, avec le texte en grec et latin, portant cette inscription : « Fini de traduire en février 471 9-2D. A. Pope. » Ce livre est illustré par une esquisse au crayon de Téglise de Twickenham, de la propre main du poète. Voici deux livres d'écoU' d'Horace Walpole, Homère et Horace, très-petits et très-nets; les Lettres ei Mémoires du chewUi^d^ÉoH^ par lui {ou elle) même, avec plusieurs portraits, imprimés à Londres par J. Dixwell, 1764 ; le caUUoifue du vin, Charles I^'; une collection de miniatures, publiée aux frais de Walpole; une histoire généalogique d'Ivery, Londres, 474:2, 2 vol. grand in-S"*,

I>K I/AMATKUR.

imprimée par H. Walpole, et qai n'a jamais été mia en vente; le livre dlntendanee de la maison des comtes de Northumberland, ete.

Parmi les autres raretés , nous indiifverona une lettre de Catherine Parr, la veuve de Henri Y III, écrite Tannée de sa Mort « à son constant Thoma» Seyroonr, lord grand amiral d'Angleterre , v» et signée : « Catherine, la reine, K. P. v» Noos trouvons aussi une lettre tout k fait caractérittique d*0|iviér Cromwoll, adressée à sa femme le lendemain de la bataille ^e Dunbar. Nous ne pouvons résister ^ la tentation de la transcrire :

m Pour ma bien-aimée femme, Elisabeth Cromwell, à Cockpitt, ceci : c( Ma très-cliére, je n^i pas- le loisir d'écrire beaucoup, mais je pourrais te gronder de ce que, dans plusieurs de tes lettres, ta m*as écrit de n'être point sans penser à toi et aux petits. Vraiment, si je ne vous aime pas trop, je crois que je ne me trompe point de beaucoup. Tu m'es plus chère qu'aucune créature; que cela suffise. Le Seigneur nous a montré une excessive miséricorde. — Qui peut dire combien elle est grande ? Ma faible foi s'en est élevée. — l'ai été merveillensemeRC soutenu au dedans de moi-même, quoique je me fasse vieux, je t'assure, et que je ressente les infirmités de l'Age gagner à la dérobée sur moi, de façon singulière. —SI, du moins, mes corruptii-ns diminuaient aussi vite que mes forces! Pour cela, aie soin de prier à mon intentiisn. Les détails de notre dernier succès, Henry V&ne-ou Gil. Plckerings te les communiqueront. Mon amour à tous nos amis. Je reste tien. O. Cromwell.

« Dvnbar, le 4 de septembre 4d50. »

Nous ne dirons rien des portraits placée auHlessus des casiers de la bibliothèque; ce sont tous des portraits de famille. Mais, on remarquera quelques miniatures, et aussi on 4»denas façonné curieusement en forme de main; une lampe delyronze du einqm eento, que nous avons reproduit en lettre initiale au commencement de cet article, beaucoup d'urnes, d'ossuaires, et de reliques antiques. La galanterie de Henri ViH brille dans une petite horioge d*argent doré, dont nous donnons le modèle, et qu'il présenta à Anne Boleyn, le matin de son mariage. Cette horloge est richement ornée de ciselures, d'incrustations, de (leurs de lis , etc. Au sommet, un lion assis supporte les armes d'Angleterre. Les poids, qvi sont dorés, sont curieusement ciselés, aver les initiales de Henri et d'Anne, enfermés

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