‹ Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaireChapitre 124 sur 139 · INSCRIPTION · texte numérisé non relu

INSCRIPTION

OIGOUfBBTB

DANS 0NE OTATUB DB BRONZE ANTIOUB DU MOSÉB DU LOUVBE.

Il a été question dernièrement, à l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, d'une découverte dont le résultat, si elle pouvait être acceptée par les esprits sérieux, serait de remettre en question toutes les idées généralement reçuessur T histoire et la théorie de Tart antique. 11 s'agit d'une inscription gravée sur une lame de plomb qui aurait été trouvée dans l'intérieur d'une statue votive en bronze, de style grec archaïque, qu'on admire h notre Musée du Louvre; cette inscription attribuerait à des artistes du premier siècle un monument regardé Jusqu'à présent par tous les antiquaires comme appartenant à la période de Fart grec qui a précédé Phidias, c'est-à-dire au sixième siècle avant J.-€.

Cette découverte, qui vient confirmer d'une façon si singulière l'opinion que M. Letronne émettait sur cette statue, il y a quelques années, a été présentée à l'Académie par ce savant, dont la bonne foi, en cette circonstance, ne saurait être mise en doute. Hais peut-être avons-nous lieu d'être surpris du silence officiel qui a été gardé sur une tentative hardie, qui vient porter un coup assez rude à nos richesses archéologiques aussi bien qu'à nos opinions sur l'histoire de l'art. D'où vient cette tiédeur? Nos archéologues ont-ils dit adieu pour toujours à ces luttes célèbres et animées qui, naguère encore, répandaient de si vives clartés sur la connaissance de l'antiquité? En sommes-nous venus, là aussi, au système des concessions? Nous en serions sincèrement affligés. On s'épuise à parlementer, et Tes habiles gagnent

du terrain ; ce n'est que -dans le combat que les esprits vigoureux retrempent leur force ; c'est du choc des opinions que jaillit la lumière, et dans la science, comme partout, la guerre sera longtemps encore la condition du progrès.

Mais nous nous effrayons à tort, sans douta : où en serait la critique, 8*11 ne s'agissait que d'une inscription ftirtive pour remettre en question tout ce que l'étude attentive des monuments lui a acquis d'autorité et de certitude dans ses appréciations? Il importe néanmoins de savoir si Ton a tenté, dans cette occasion, de surprendre l'opinion publique, et si M. I^tronne, comme nous avons tout lieu de le croire, est victime d'une raillerie qui rappelle celle des prétendus vases grecs de la collection du chanoine Zuppi, publiés et décrits par Hillin avec une si aveugle confiance.

Le monument qui nous occupe est placé aijjourd'hui au milieu d'une des salles qui se trouvent à la suite du Musée Egyptien, dans celle où sont exposés lesbronies antiques. C'est une statue de bronxe appartenant k la classe des monuments votifs, ainsi que le prouve une inscription on lettres grecques, incrustées en argent, qui se lit sur le pied gauche et constate qu'elle est le résultat d'une offrande à Minerve du ftroduii d'une Mme. Elle représente un adolescent, ou, pour parler le langage de l'antiquité, un Epkèbe nu, debout, la Jambe gauche un peu en avant de la droite, les deux bras presque attachés au corps, et ployés à la hauteur des hanches; la nuin droite ouverte, l'autre fermée, dans une attitude qui rappelle les traditions du style archaïque des Grecs, et qui dut caractériser surtout les simulacres votifs. Les yeux, qui étaient en ivoire ou en argent^ sont absents de leurs orbites ; sa hauteur est de trois pieds six pouces.

Retirée du fond de la mer par des pécheurs de Piombino, près des ruines de l'antique Popiiiotita, cette statue est une des plus récentes conquêtes de la science. Elle se trouvait, en 4852, à Livoume, où elle Ait vue par un célèbre antiquaire de Bonn, H. Gerhard, qui, le premier, la signala k l'attention du monde savant (1). Acquise par M. Millingen, elle se trouvait l'année suivante à Paris, où tout ce que cette ville renferme d'amateurs

(1) Voyez le Bulletin de l'/fur. archéoL Noveinbre 1852, pa^e 196.

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éclairés de Tantiqulté et d'artistes habiles s'aooorda à reconnaître en elle « un monument du style grec, destiné à tenir une place « importante dans rhistoire de Tart des anciens, et digne deflgu- • rer au premier rang dans nos musées. » Depuis cette époque, elle fait partie de notre Musée du Louvre, dont elle est regardée, à bon droit, comme un des monuments les plus importants.

Depuis longtemps on remarquait à certains endroits de ce brome une elTlorescence maladive, inquiétante pour sa conservation future. Ce fut en vain que, suivant les conseils de M. de Cailleux, on essaya de combattre ces espèces de plaies en les oignant avec un corps gras : elles n'en reparaissaient que de plus belle. La statue était-elle menacée d'une destruction lente ? C'est ce que put penser le sous-conservateur H. Dubois, qui, en se rappelant la récente origine du monument, crut devoir attribuer la maladie à Thumidité entretenue par la vase marine qui pouvait exister à l'intérieur, et proposa de l'en débarrasser par des lavages successifs. L'idée était bonne, et fut exécutée sous sa direction en septembre dernier.

Enlevée de la plinthe sur laquelle elle était fixée, la statue fut couchée sur une table. On garnit de feuilles de plomb les ouvertures des yeux par où devait être pratiquée l'opération : cette précaution avait pour but de les préserver du contact immédiat des corps durs qu'il fallait introduire dans l'intérieur. On commença alors les injections d'eau bouillante, et Ton essaya en même temps, à l'aide de tringles de fer, de détacher la vase ou Vàme de la statue. Ce fUt pendant le cours de ces premiers travaux qu'on retira du bronze un morceau de plomb qui se présenta à l'une des issues. Le volume de cette lame métallique était peu considérable, et elle portait Tinscription suivante: hnoaci.

Il y avait, certes, dans cette circonstance, quelque chose d'extraordinaire etdebien digne d'éveiller l'attention de l'homme qui dirigeait cet important travail. Par une Inexplicable incurie, M. le sous-conservateur ne parut pas se préoccuper de l'intérêt que présentait cette trouvaille ; et les ouvriers ne reçurent pas d'instructions nouvelles. Bientôt un second morceau de plomb parut, dit-on, k l'orifice d'une des ouvertures, et comme il n'était pas facile de l'extraire, les ouvriers le déchiquetèrent, et

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il ne sortit que rèdait en poussière. À coup sûr, il eût mieux valu le laisser dans.rintérieur : le but de Topération était d'extraire de la vase, et non pas du plomb.

A force de renouveler les injections, ou parvint à introduire dans la statue environ huit litres d'eau ; le torse devait être alors complètement dégagé. Les extrémités inférieures paraissaient seules être encore obstruées, et on imagina de faire un trou de quelques millimètres sous le talon droit, pour aider à débarraa* ser complètement ces parties. Cette nouvelle opération se termina sans incident nouveau, et les travaux allaient cesser, lorsque ir. Dubois, dans une dernière inspection, demanda aux ouvriers s'il était survenu quelque circonstance particulière. Sur leur réponse négative, il mit cependant ses doigts dans Tune des sébiles où le résidu» provenant de l'intérieur du bronze, était déposé, et en retira un second morceau de plomb I C'est le plus

grand, celui sur lequel est écrit : nnPOAiozEnooTN. Ainsi,

un fragment de plomb de plus de trois pouces de longueur sur huit à dix lignes de largeur et deux d'épaisseur était sorti de l'orbite de l'œil d'une statue de trois pieds de haut, sans que les ouvriers qui la tenaient entre leurs mains s'en fussent aperçus. Ne semblerait-il pas qu'une main malfaisante semait le plomb sur ces malheureux qui n'en pouvaient mais?

Le sous-conservateur crut devoir faire immédiatement son rapport au directeur, M. de Qailleux, qui se trouvait alors auprès du roi, au château d'Eu. Au reçu de cette nouvelle, M. Letronne qui, par hasard, était également à Eu, se rendit sur-lechamp à Paris, pour examiner cette curieuse trouvaille, et en Ht le sujet d'un rapport qui fût lu à l'Académie des Inscriptions.

Jusqu'ici nous nous sommes borné au rêle de rapporteur, mais cette mission remplie, il nous reste une autre tâche à laquelle nous ne faillirons pas. Nous ne dissimulerons pas que les étranges circonstances qui ont accompagné la mise au jour, l'enfantement peut-être, de ce plomb antique, ont fait nattre dans beaucoup d'esprits des idées et des conjectures iâcheuses ; mais sans nous appesantir mv ce sqjet, nous nous bornerons à signaler quelquea-unes des objections qui semblent combattre Tau-

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thenUcilé de cette pièce. Ces objections sont nombreuses ; elles s*élàvent de toutes parts; nous n*en sommes, pour ainsi dire, que les écbos.

Il est d*abord un premier point que nous youdrions voir éclaircir, ce serait de savoir de quelle nature était la matière qu'on a retirée du corps de la statue. Serait<-ce une^spèce de vase marine, lentement amassée pendant le long s^our que ce bronze a fait au fond de la mer? Cette hypothèse nous paraît peu vraisemblable. Ne serait-ce pas plutAt Vàme^ le noyau sur lequel la statue a été fondue, et qui reste ordinairement à Tintérieur ? Dans ce dernier cas, une inscription n'est pas admissible : où aurait-elle été logée? Si, au contraire, nous considérons le résidu intérieur comme de la vase, comment expliquer la conservation presque parfaite de la lame de plomb t Elle est trèsnette, décapée, à Tétat métellique moderne, ou peu s*en faut. Comment un morceau de plomb a4-il pu se conserver à l'état métallique, immergé pendant douze à quinze cents ans dans un sable marin toujours humide? Les plombs antiques sont, en général, revêtus d'une belle couche cornée , plus ou moins Jaune, qu'ils reçoivent en moins de trois siècles, et Ton sait que rien ne résiste moins que fee métel à l'action des acides.

Il ne faut pas perdre de vue les proportions du monument. Il est mathématiquement impossible qu'une lanœ aussi rigide et de la longueur de l'inscription primitive ait pu passer par la cavité de l'œil pour être introduite dans la statue.

L'idée d'écrire son nom sur du plomb nous parait aussi puérile que celle de l'enfermer dans l'intérieur d'une statue, puisque la destruction de l'œuvre doit seule en révéler les autours, et que la nature du métal employé ne met pas même leur mémoire à l'abri d'un incendie.

Si la statue était vide, et il fallait qu'elle le Iftt pour qu'on pût introduire l'inscription, c'était un mauvais moyen de la celer, puisque le moindre mouvement devait en trahir la présence.

Nous ne voulons pas reproduire ici toutes les objections que peut soulever le texte de l'inscription que nous allons reproduire ;

HNOAOl nu P0AI02 EnOOTN,

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Faisons observer seolemeat que le cabinet des antiques de la BiMioOièque royale possède une inscription à peo près identique, dont celle-ci ne semble être qu'une réminiscence, et remarquons aussi la perfidie du premier mot qui, bien qu'incomplet, ce qui ne devrait pas être, ne permet pas à Tesprit d'en faire autre chose que celui d'un sculpteur, Menodote, artiste de la fin du premier siècle. Le nom des deux artistes et lo mot eucotn (faisaient) paraissent asseï étranges, appUquél^ k une statue d'aussi petite dimension, qui, en admettant l'hypotbèse de M. Letronne, ne serait en définitive qu'une copie ou une pastiche, sortes d'ouvrages auxquels l'artiste n'attache Jamais son nom.

La science n'a certainement rien à craindre de semblaUes tentatives ; ce n'est pas avec des inscriptions seules qu'elle fait l'histoire de Fart, les monuments l'écrivent, eux aussi; elle suit dans chaque objet, d'un œil qu'il est difficile de tromper, la filiation esthétique ou mécanique des progrès du génie de l'homme, sans s'occuper des inscriptions qu'on peut y mettre ou y trouver. L'originalité de style qui distingue les monuments d'une époque a un caractère insaisissable où se mêlent intimement et les idées des hommes qui les ont produits, et les moyens mécaniques qu'ils avaient à leur disposition, que nulle imitation ne saurait atteindre. Plus l'époque que l'on copie est éloignée, mc^ns il est permis de se soustraire aux progrès nouveaux, soit dans la forme, soit dans l'exécution, et dans l'appréciation et le classement des monuments de l'art qu'aucune notoriété ne vient établir d'une manière certaine, le coup d'œil et le aratiment d'un antiquaire exercé sont des guides contre lesquels rien ne saurait prévaloir. Cependant cette étrange découverte produite au sein même de l'Académie n'y a pas encore trouvé de contradicteurs, et le public antiquaire s'en alarme à bon droit. Gardienne des saines doctrines, l'Académie des Inscriptions, qu'elle maintienne ou qu'elle conteste l'originalité du monument produit, doit une réponse au public; pour notre part, nous nous estimerions heureux de l'avoir provoquée.

ËOGÈNE PiOT.

ALBRECHT DURER

JOURNAL D*DN VOYAGE FAIT DANS LES PAYS-BAS PENDANT LES ANNEES 4520 ET 4524.

( Suite et fin. >

J 'ai donné 20 weispfenning an batdier. Nimègue est une jolie ville quia une belle église et un cliàteau bien situé. De là, nous nous rendîmes à Till. Là, nous quittâmes le Rbin et nous allâmes, sur la Meuse, à Terveeren, la ville aux deux tours. J*y ai passé la nuit; ce jour-là, j'ai dépensé 7 stubers. Mardi matin, nous nous dirigeâmes vers Pommel, aussi sur la Meuse. Une grande tempête nous surprit, et nous força de louer des chevaux de paysans, qne nous montâmes sans selle, pour aller jusqu'à Bois-le-Duc, une belle ville qui a une église remarquable, et est trèsforte. J'y ai dépensé 10 stubers, bien que maître Arnold ait payé le repas pour moi. Des orfèvres sont venus chez moi et m'ont fait beaucoup d honneurs. Après le jour de Notre-Dame, nous quittâmes la ville de grand matin, et nous passâmes dans le village très-grand et très-beau d'Oosterwyek. A Tilborg, nous nous arrêtâmes pour déjeuner; nous dépensâmes % weispfennmg. Après, nous arrivâmes à Baer où nous avons passé la nuit ; dépense, 5 stubers. Les compagnons se sont querellés avec rbôie, et nous sommes allés pendant la nuit jusqu'à Hogstraaten. Nous restâmes là pendant deux heures. Après^ nous nous sommes rendus à Harshyt, en passant devant l'église de Saint-Léonhart. Nous y avons déjeuné ; dépenses, 4 stubers. De là, nous allâmes à Anvers. J'ai donné au voiturier quinze stubers. C'était le jeudi après le jour de Notre-Dame, J'ai donné à Jean, le valet du beau-frère de Jobst, une Passion sur cuivre.

et j'ai fait le portrait de Nicolas Sombalis. Le jeudi après T Assomption, 4520, jesuLs rentré dans la maison de JobstPIanckfels, et j'ai mangé quatre fois avec lui. lia femme a mangé avec lui deux fois. J'ai changé*! florin pour nourriture, de plus une couronne. Pendant les sept semaines de mon voyage, ma femme et ma servante ont dépensé 7 couronnes ; elles ont acheté divers objets pour une valeur de 4 florins. J'ai dépensé 4 stubers avec les camarades. J'ai mangé six fois avec Tomasin. Le jour de Saint-Martin, on a coupé la bourse à ma femme dans l'église Notre- Dame ; il y avait deux florins dedans. La bourse valait un florin. Quelques clefs s'y trouvaient également. Item. Le soir de Sainte-Catherine, j'ai donné un à-compte de dix couronnes d'or à mon hôte Jobst Planckfels. J'ai mangé deux fois avec le Portugais. Ruderigo m'a fait cadeau de six noix indiennes. J'ai donné deux stubers de pourboire à son garçon, liem. J'ai donné 19 stubers pour du parchemin. J*ai changé deux couronnes pour nourriture. J^ai reçu 8 florins pour deux Adam et Eve, une Merveille, un Siaint Jérôme, un cavalier, une Némésis, un Eustache, une pièce entière, de plus 17 pièces estimées 8 quarts de feuille, 49 pièces sur bois, 7 mauvaises pièces sur bois, 2 livres et 10 petites Passions sur bois. Item. J'ai donné les trois grands livres pour une once et une demi-once. J'ai changé 4 florin de Philippe, et ma femme

I florin ordinaire pour nourriture. Hem. Il y a une baleine à Qirkgen, en Zélande; elle est venue échouer sur la côte à la suite d'une grande marée et d'une forte tempête. Elle est longue de plus de cent coudées.

II n'y a personne en Zélande qui en ait vu une du tiers de cette longueur. Le poisson ne peut pas quitter le bord; le peuple, qui craint la grande puanteur, voudrait le voir parti ; car il est si gros, qu'on croit qu'il faudrait au moins six mois pour le mettre en pièces et eto faire de l'huile. lUm. Stephen Capelle m'a donné un Pof er iio«ler de bois de cèdre, en échange de quoi je lui ai .fait son portrait. Flem. J'ai donné 4 stubers pour un chaudron cuivré et des monchettes. J'ai donné 5 stubers pour du papier. J'ai dessiné Félix à genoux dans son album. Félix m'a fait cadeau de cent huitres. J'ai donné, eo présent à M. Lasarus, le grand homme, un Saint Jérôme gravé et les trois grands livres. Ruderigo m'a envoyé du vin fort et des huttres. J'ai donné 7 weÈ^fenning pour du crayon noir. J'ai invité à dtner Tomasin, Gérard, la fille de Tomasin, son mari, Heeiiing Glaser, Jobst et sa femme, et Félix. Gela m'a coûté S florins. Item. Tomasin m'a fait cadeau d'une aune de damas gris pour un pourpoint. J'ai encore changé 1 florin de Philippe pour dépenser.

Je suis allé à Berg-opZoom, à cheval, le soir de Sainte-Barbe. J'ai payé

12 stubers pour le cbevaU et j'y ai dépensé I florla 6 stubers. Item. A Berg-op*Zoom^j*ai acheté à ma femme mi mouchoir ùéerlandais, bieo fin, pour mettre sur sa tète. Gela a coûté I florin 7 stobers ; de plus 6 stubers ponr trois paires de souliers, un stoher pour des verres de lunette, et 6 pour un bouton d'ivoire. J'ai donné 2 stubers de pourboire. J'ai fait le portrait de Jan de Has, de sa femme et de ses deux filles avec le charbon ; celui de la servante el de la vieille femme avec le crayon, dans mon album. J'ai vu la maison de Von Bergen ; elle est assez belle et bien bâtie. Bergen est un séjour agréable pendant l'été ; il y a deux grands marchés par an. Le soir du jour de Notre-Dame, je suis allé en Zélande avec mes camarades. Bastien, dam la amr, m'a prêté 5 florins. J'ai couché une nuit à l'ancre sur la mer ; il faisait assez froid. Novs n'avions rien à manger ni à boire. Samedi, nous arrivâmes à Goes; là, j'ai (ait le portrait d'une fiUe en costume du pays. De là, nous allâmes à Erma où j'ai dépensé 15 stubers. Nous avons passé devant une bourgade submergée; nous avons vu les pmntes des toits dépassant encore à fleur d'eau. Nous passâmes devant l'tîot Walcheren, devant la petite ville de Gunge, et devant d'autres tlots adjacents, au nombre de sept, nommés Zélande. Eming, où j'ai passé la nuit, est le phis grand. De là, je me suis dirigé vers Middelbourg. Jean de Mabuse y a fait un grand tableau pour l'abbayte ; il n'est pas si bien composé que peint. Nous sommes entrés dans le port oà les vaisseaux de tous les pays abordent. G'est une assez jolie ville ; mais à Armuyd, où j'abordai, il a failli m'arriver un grand accident. Dans le moment où nous touchions le rivage, et qu'on y jetait le câble, un grand vaisseau parut se diriger vers nous avec rapidité. Dans la crainte du danger, les passagers se hâtèrent de descendre du bateau. Je laissai passer tout le monde avant moi, et j'y restai seul avec Qeorges Koelzler, deux vieilles femmes, le batelier et un petit garçon. Mais l'autre, vaisseau venait toujours avec plus de force, et il fut impossible de l'éviter. Notre câble, quoique fort, se rompit, et un grand coup de vent, qui s'éleva dans ce moment, nous poussa rapidement en pleine mer. Nous criâmes au secours ; mais personne n'osa se hasarder, et le vent continuait à nous pousser au large. L'homme du bateau s'arrachait les cheveux de désespoir. Tous les valets étaient sortis ; nous n'étions que six personnes dans le bateau, qui n'était plus assez chargé, et nous commençâmes à craindre pour notre vie. Cependant je dis au maître du bateau de prendre courage, d'espérer en Dieu, et d'aviser à ce qu'il y avait à faire. Il nous dit que si nous parvenions à hisser la petite voile, nous pourrions essayer ensuite de regagner la côte. Nous lui aidâmes avec beaucoup de peine à liisser la voile à moi-

lié, et nous approchâmes de nouveau du port. Lorsque ceux qui étaient à terre virent les efforts que nous faisions pour aborder, ils vinrent à notre secours, et nous débarquâmes enfln. Ifiddelbourg est une bonne ville: elle a on bdtel de ville magnifique, avec une tour précieuse. On ?oil là beaucoup d*art en toutes choses. Il y a dans l'abbaye un siège splendide, un chœur magnifique, en pierre, et une Jolie église paroissiale. Du reste, la ville était superbe à dessiner. La Zélande est charmante et bizarre à voir» à cause de Teau, qui est toujours au-dessus du niveau de la terre. J'ai fait le portrait de mon hôte à Emu...., celui de matire Hugo, d'Alexandre, dam la cour, et du serviteur de Hirschwogel, de nom Frédéric; chacun d'eux m*a donné une once Indienne, qu'ils ont gagnée dans un jeu, et rhôte m'a donné un oignon de fleur. Lundi matin, nous sortîmes en bateau, nous passâmes devant le port, et devant Kurckse; nous av<)ns voulu voir le grand poisson, mais le flux l'avait enlevé. J'ai dépensé deux florins pour voilure et pour nourriture. J'ai donné 2 florins pour un vomitif. J'ai donné 4 stubers pour un fromage aux figues, 5 stubers pour porter mes effets. J'ai perdu 6 stubers au jeu . Nous sommes retournés à Perg. J'ai donné 10 stubers pour un peigne en ivoire. J'ai fait le portrait de Schnabhannen, celui du gendre de mon hôte, et celui de €lausen. J'ai donné 2 florins moma 5 stubers pour un morceau d^étain, de plus 2 florins pour un mauvais morceau d'étain. J^i dessiné le petit Bemhard de Breasien, George Ketzier, et' le Français de Kamrieh; le dernier m'a donné i florm à Pergen. Jean de Has Eiden m'a donné I florin pour son portrait, de même que Kerben de Cologne. J'ai donné 4 florins 10 stubers pour deux couvertures. J'ai dessiné Niclas Soilir. J'ai mangé dix fois à Pergen depuis mon départ de Zélande; encore une fois pour 4 stubers.J'aidonné56tubersauvoiturier,etdépensé8stubers. Je suis rentré à Anvers vendredi chez Jobst Planckfels après la Sainte-Lucie, Iflao. J'ai dîné avec lui. J'ai payé pour moi et pour ma femme. iUm. M. Lazarus de Rafenspurg m'a fût cadeau, en échange de trois livres que. je lui ai donnés, d'une grande écaille de poisson^ de cinq carapaces d'escargot, de quatre meeioim d'argent (?) et de emq en cuivre ; dedeux petits polssonsséebés, d'uncorail blanc, de quatre flèchesde joncet d'un autre corail blanc. J'ai changé 1 florin. F(em^ Une couronne pour dépenses.

J'ai dhié seul neuf fois.

Hem. Le fàckn- de Portugal m'a fait cadeau d'une poche de velours brun, et d'une botte pleine de sucreries; j'ai donné trois stubers à son garçon pour sa peine. J'ai donné 1 florin pour deux tablettes, on m'a rendu 6 stubers. J'ai donné 4 florms d'or pour des petiu chats de mer,

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de plus 14 stubers pour cioq poissons. J*ai donné 2 stobers pour deux petits trailés. J'ai donné 2 stnbers au messager. J'ai fait présent h Laxaras Rafenspurg de son portrait avec la tablette; elle m*a coûté 6 stobers. Je lui al fait cadeau de huit grandes pièces gravées sur cuivre, de huit pièces des dend-feuilles, d*nne Passion sur cuivre» et d'autres gravures sur bois, le tout d*une valeur de plus de 4 florins. J*ai changé I florin de Philippe pour la nourriture. J*ai donné 6 stubers pour une tablette sur laquelle f ai dessiné avec le charbon le domestique du Portugais. J'ai donné toutes ces choses pour le nouvel an. J'ai changé

1 florin, et J'ai fait cadeau à Bemhart Slecher d'une impression entière. Item. J'ai acheté du bois pour 51 stubers. J'ai fait le portrait de Bemhart Pombelly et de la fille de Sébastien le procureur. J'ai changé I florin. J'ai dépensé 5 stubers, de plus 5 stubers pour un repas. J'ai fait cadeau :i M, Wolff de Rogendorf, d'une Passion sur cuivre cl d'une Passion sur bois. Gerhard Pombellln m'a donné en présent un mouchohr turc imprimé, et M. Wolff de Rogendorf m'a fait cadeau de sept aunes de velours de Brabant; j'ai donné à son valet un florin de Phih'ppe de pouiiKiIre , et 5 stubers. J'ai dessiné avec le charbon le nouveau faetor. J'ai donné 6 stubers pour une tablette. J'ai mangé huit fois avec le Portugais, une fois avec le trésorier, dix fois avec Tomasin. Item. J'ai donné 4 stubers de pourboire. J'ai mangé une fols avec Lazarus Rafensperg, une fois avec Wolff de Rogendorf, une fois avec Bemhart Stecher, une fois avec Hanolt Meyiing, et une fois avec Gaspar Lewenter. J'ai donné 5 stubers à l'homme qui m'a servi de modèle et que j'ai dessiné; de plus j'ai donné 2 stubers au valet. J'ai donné 4 florins pour du Hn. J'ai vendu pour 4 florins d'objets d'art. Item, J'ai changé une couronne pour la nourriture. Item, J'ai donné 4 stubers au fourreur, de pins

2 stnbers. J'ai perdu 2 stubers au jeu et j'^ ai dépensé 6. J'ai changé un noble pour dépenses. J'ai donné 18 stubers pour des raisins sees et pour trois paires de couteaux. J'ai pajé 2 florins pour quelques repas chez Jobst. J'ai perdu au jeu 4 stubers, et j'en ai donné 6 au coureur. J'ai fait cadeau au maître lacob de deux Saint Jértoe gravés sur cuivre; j'ai perdu au jeu 2 stubers. J'ai changé une couronne pour nourriture. J'ai perdu I stuber. J'ai fait cadeau des tro& paires de couteaux aux trois servantes de Tomasin; ils coûtent 5 stubers. J'ai vendu pour 29 stubers d'objets d'art.Ruderigo m'a fait présent d'un bouton de muse, tel quil a été coupé à l'animal; d'une boite pleine de coings conflig, et d'une grande boite pleine de sucreries. J'ai donné 5 stubers de pourboire à son garçon. J'ai perdu 2 stubers an jeu. J'ai dessiné avec le charbon la femme de Jobst. J'ai reçu 4 florins 5 stubers pour trois

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petites telles, hem. Changé ran après Faotre de«x iorins povr b nourritore. J'ai'perda S stri^ers. Ma femme a emmailloCté on enfant, elle a mis dans les langes un florin quatre stubers pour les couches. lUm, J*al changé une GOurmEne, et j'ai, dépensé 4 stubers, j'en ai perdu 2, et donné 4 au messager. J'ai changé 1 florin pour dépenses. J'ai bit cadeau d'une Apocalypse et de six bâtons à nœuds au maître Dietrich le vitrier. J'ai donné 40 stubers pour du lin. J'ai perdu 8 stubers. J'ai fait cadeau au petit ftUùT de Portugal, le signer Francisco, de la petite toile où est peint le petit enfant; elle Tant 10 florins. J'ai fait don de quatre livres et d'un Saint Jérôme gravé au docteur Loffen d'Anvers. liem. J'ai fait le blason de Jobst Planckfels et de Staber« et encore un autre. J'ai fait le portrait au crayon du fils et de la fille de Tomasin. Item. J'ai peint à l'huile, sur une tablette, la tête d'un duc. J'ai vendu pour 5 stubers d'objets d'art. Ruderigo Seribmide Portugal m'a lait cadeau de deux mouchoirs de Calcutta, do;nt un en soie ; d'un béret orné, et d'une branche de cèdre. Tout cela vaut 10 florins. J'ai donné 5 stubers de pourboire au garçon, et deux stubers pour des pinceaux.^ J'ai fait à Fockerscben un dessin de momeries; il m'a donné un anglais (une monnaie anglaise en or). J'ai changé i florin pour nourriture. J'ai donné 8 stubers pour deux petits cornets à poudre. Tai perdu 3 stubers. J'ai changé un anglais. Item. J'ai faità Tomâsin deux feuilles pleines de très-jolies petites momeries. J'ai fait une bonne tète de Véronique, peinte à l'huile, d'une valeur de 12 florins. Je l'ai donnée à Francisco, faetor de Portugal; ensuite j'ai peint à l'huile une Sainte Frauda, qui a mieux réussi que le précédent, et je l'ai donnée au faetor Prandan de Portugal Franciscus. J'ai donné à la servante 4 florin de PiiUippe de pourboire, puis pour la Véronique, un florin; le faetor Prandan lui a encore donné I floiin. J'ai donné ^ Pierre 8 stubers pour deux étuis. Tai changé un anglais.

Item. Au carnaval des maîtres, le matin de bonne heure, les orfèvres nous ont mvités, ma femme et moi. Il y avait dans l'assemblée beaucoup de braves gens qui m'ont préparé un repas exquis ^ et m'ont lut beaucoup trop d'honneur. Le soir, le vieux bourgmestre de la ville m'a invité à un excellent repas, et m'a parfaitement accueilli, il y avait là de drôles de masques. J'ai fait le portrait, avec le charbon, de Flores, l'organiste de madame Marguerite. Le lundi soir, on m'a invité au carnaval et au grand banquet qui était délicieux ; il a duré jusqu'à deux heures. Item. M. Lorenz Stark m'a fait présent d'une fourrure es^ pagnole. A la fête ci-dessus mentionnée, il y avait des masques grotesques et charmanu, surtout Tomasin et Pranbell. J'ai donné 14 stubers pour un panier de raisins secs. J'ai gagné 2 florins au jeu. J'ai fait le por-

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trait, avec le charbon, de Bernhart de Gastell auquel j*ai gh%né cet argent, liem. Le frère de Tomasin, Gerhard, m'a fait cadeau de quatre aunes de brabant du meilleur satin noir, et aussi de 5 grandes bottes de cédrats confits. J'ai donné 5 stubersde pourboireà la servante. J'ai donné 15 stubers pour du bois, et 2 pour du yernis. J'ai dessiné au crayon, avec soin, la fille du procureur. J'ai changé I anglais pour dépenses, l'ai fait, avec delà craie noire, le portrait de maître Jean, le bon sculpteur en marbre qui ressemble à Christophe Rehler. Il a étudié en France, et est né à Metz. J'ai changé 4 florin pour dépenses. J'ai donné 5 florins à Jean Turc pour des objets d'art français. Je lui ai donné pour 12 ducats d'objets d'art, en échange d'une once de bon outremer. J'ai reçu 5 florins pour la petite Passion sur bois. J'ai donné deux rames de papier et quatre mains de Scheufelein pour 5 florins. J'ai donné 5 florins pour deux salières en ivoire de Calcutta. J'ai vendu pour 2 florins d'objets d'art. J'ai changé i florin. Item. Rudiger de Gelem m'a fait cadeau d'une coquille d'escargot et de monnaies en or et en argent. Cela vaut un orfi^. Je lui ai donné en retour les trois grands livres et un cavalier gravé. J'ai reçu 11 stubers pour de l'art. J'ai donné 2 florins de Philippe pour un saint Pierre et Paul que je veux donner à la Colerin. liem. Ruderigo m'a encore envoyé deux boUes déconfitures avec toutes sortes de sucreries. J'ai donné 5 stubers de pourboire. J'ai donné 16 stubers pour une botte. Lazarus Rafenspurg m'a fait cadeau d'un pain de sucre. J'ai donné 1 stober à son garçon. J'ai donné 6 stubers pour du bois. Item. J'ai dtné une fois avec le Français, deux fois avec Fritz Hirsehvogel, et une fois avec matlre- Pierre, le secrétaire. Erasme de Rotterdamus a aussi dtné avec nous. J'ai donné un stuber pour monter sur la tour d'Anvers. On dit qu'elle est plus haute que celle de Strasbourg. Du haut, j'ai vu toute la ville et les environs, ce qui est un spectacle assez gai. J'aii donné I stuber pour Ad.... J'ai échangé uir anglais. Item. Le faetor Prandan de Portugal m'a fait cadeau de deux grands pains de sucre très-blanc, d'une terrine pleine de sucre, de deux pots verts de sucre confit, et de quatre aunes de satin noir. J'ai donné 10 stubers de pourboire au garçon. J'ai donné 5 stubers au messager. J'ai encore fait pour Gerhart le portrait au crayon de la belle jeune fille ; de plus, j'ai changé 1 anglais pour dépenses.

J'ai reçu 4 florins pour de l'art. J'ai donné fO stubers pour l'étui de Rudrigen. J'ai mangé avec le irésorier Lorénz Slarken ; il m'a fait cadeau d'un sifflet en ivoire et d'une très4>elle porcelaine. Je lui ai donné une impression tout entière. De plus, j'ai donné une impression entière à M. Aanm, orateur de la ville d'Anvers. J'ai changé 1 florin de Phi-

lippe pour dépenses. J'ai envoyé un saint Nicolas assis à la corporation la plus nombreuse et la plus riche d'Anvers ; ils m'ont envoyé 5 florins de Philippe. J'ai donné à Pierre les vieilles lattes du saint Jérôme, et 4 florins pour les nouvelles lattes du portrait du trésorier. Item, J'ai donné 44 stubers pour du bois; de plus, j'ai changé 4 florin de Philippe. J'ai donné 4 stubers pour un vilebrequin. J'ai donné S stubers pour trois joncs. J'ai donné ma valise à Jacob et Andréas Heizler pour la conduire à Nuremberg ; je dois leur donner à florins pour chaque quin tal, poids de Nuremberg : ils doivent la remettre à Jean le père dam la eaur. Je leur ai donné 2 florins d'arrhes ; de plus, je leur ai remis une stubich enveloppée. En 4534, le dimanche de Saini^ludas, Ruderigo m'a fait cadeau de 6 grosses noix indiennes, d'un corail extrêmement joli, et de deux grands florins de Portugal, pesant chacun 10 ducats. J'ai donné 45 stubers de pourboire à son garçon. J'ai acheté une pierre d'aimant 46 stubers; de plus, j'ai changé un anglais pour nourriture. J'ai donné 5 stubers pour reliure. J'ai envoyé à maître Hugo de Bruxelles, pour sa petite pierre de porphyre, une Passion gravée et quelques autres petites pièces.

J'ai fait à Tomasin un projet avec des deml-couleors, d'après lequel il va faire peindre sa maison. J'ai peint soigneusement, avec des couleurs h l'huile, un saint Jértaie, et je l'ai donné à Ruderigo de Portugal ; il a donné un ducat de pourbi^re à Soaannc. J'ai changé 4 florin de Philippe. J'ai donné 40 stubers à mon confesseur. J'ai donné 4 stubers pour une petiie tortue. J'ai mangé avec M, Gilbert qui m*a fait cadeau d'un petit bouclier de Calcutta fait <Vune peau de poisson, et de deux gants dont les gens du pays se servent pour l'escrime. J'ai donné 2 stubers à Peter. J'ai donné 40 stubers pour des nageoires de poisson, et 5 stubers de pourboire. J'ai très-bien dessiné, avec la craie, Cornélius, le secrétaire d'Anvers. J'ai donné 5 florins 46 stubers pour les cinq ceintures de soie que je veux donner en présent ; de plus, 20 stubers pour des galons. J'ai donné les six galons à madame Gaspar Nuziin, à madame Jean dans la eaur^ à madame Straub, à mesdames Spengler, Loffèlholz, et de plus à chacune une bonne paire de gants. Tai donné en cadeau k Pirkhamer un grand béret, un encrier précieux, un empereur en argent, nne livre de pemanien et trois cannes à sucre; à Gaspard Nutzel, j'ai donné un pied d'élan et 40 grandes pommes de pin avec des noix de cèdre; à Jacob Muffel, j'ai donné un gilet écarlate d'une demi-aune; à l'enfant de Jean dans la cour, un béret écarlate, orné d'une noix de cèdre; à madame Cramer, 4 aunes de quendêldort^ valant 4 florins; à madame Lochinger, une aune de Undeldorl valant un florin ; aux deux

DE LAMATEUB. 495

dames Spengler, à chacune une iM>clie et trois belles cornes; à M. Hieronymus Holzschuher, une corne extrêmement grande. J'ai mangé deuK fois avec le factor. J'ai mangé avec maître Âdrian, le secrétaire d'Anvers ; celui-là m'a fait cadeau d'un petit tableau peint par maître Joachim; il représente Loth et ses filles. De plus, j'ai reçu 12 florins pour des objets d'art ; de plus, j'en ai vendu pour 1 florin à Hans Grum. Rudiger de Gelem m'a fait cadeau d'un morceau de bois de Sandal. J'ai donné un stuber à son garçon. Item. J'ai lait le portrait à l'huile de Bemhart de Ressen ; il m'a donné 8 florins, a fait cadeau à ma femme d'une couronne,'et à Suzanne d'un florin qui vaut 2i stubers. J'ai donné 5 stubers pour la cruche suisse, et 2 stubers pour le bateau ; de plus, 3 stubers pour l'étui ; de plus, 4 stubers au confesseur. J'ai changé un anglais pour nourriture. J'ai reçu 4 florins 10 stubers pour de l'art. J'ai donné 3 stubers pour de l'onguent, 12 stubers et demi pour du bois, et j'ai changé 1 florin pour nourriture. J'ai donné 1 florin pour quatorze bois de gaiac. J'ai fait cadeau à Ambrpsio Hochstsetter d'une Vie de la Vierge ; il m'a donné son Vaisseau esquissé. Item» Ruderigo a fait présent à ma femme d'une petite bague ; elle vaut plus de 5 florins. J'ai cliangé 1 florin. J'ai fait avec le charbon le portrait de l'écrivain du faclor Prandan ; j'ai aussi dessiné au crayon son nègre. Ensuite, j'ai peint, avec la couleur noire et blanche, Ruderigo lui-même sur un grand papier. J'ai donné 16 florins pour une pièce de camelot contenant 24 demi-aunes. J'ai donné un stuber pour le.faire porter chez moi. liem. Deux stubers pour des gants. J'ai dessiné avec le charbon Lucas de Danzgen ; il m'a donné 1 florin et un morceau de bois de«aiida1.

lum. Le samedi après Pâques, je suis allé à Bruges en voiture avec Hans Lûber et maître Jean Ploos, un bon peintre de Bruges, né à Anvers. Après avoir traversé l'Escaut, nous passâmes k Bevem un grand village; après, nous passâmes par quelques autres villages et nous arrivâmes dans un fort grand bourg où il y a de riches paysans. Nous y déjeunâmes , nous nous rendîmes dans la riche abbaye de Pol • et de là, à Kaltbreennen ; ensuite nous traversâmes le grand et long village de Kalb , et nous arrivâmes à Erdevelde , pu nous avons passé la nuit. Dimanche matin, nous nous sommes levés de bonne heure pour aller à Herfelt, petite ville, et à Ëchlos, grand village qui a une place pavée ; nous y avons déjeuné. Delà, nous roulâmes à Valdegen, et en passant par quelques bourgs, nous arrivâmes à Bruges. C'est une ville belle et charmante . J'ai dépensé pour nourriture et voiture 20 stubers, plus un. A Bruges, Jan Ploos me donna Thospitatité dans sa maison, et il apprêta, le même soir, un repas excellent auquel il invita beaucoup de monde pour l'amour

de moi. Le lendemain Marx l^orfévre me douiaun repas déKeieux, et invita également du monde pour me plaire. Après, ils me conduisirent dans la maison de l'Empereur, qui est grande et magnifique. J'y ai vu la chapelle peinte de itiMlt^ et les tableaux d'un grand maître ancien, rai donné 1 sluber au garçon qui a ouvert. J'ai acheté trois peignes en ivoire pour 50 stubers. Ils me conduirent ensuite k St-Jacob, et me firent voir les précieux tableaux de Rudiger et de Huço. Tous les deux ont été de grands maîtres. J'ai vu encore l'image de la vierge, en albÀtre, faiteà Rome par Ifichel-Angelo. Puis, ils me conduisirent dans beaucoup d'églises et me firent voir tous les bons tableaux ; il y en a un grand nombre. Après avoir vu /oAunties et autres choses encore, nous arrivâmes en dernier Heu dans la chapelle des peintres. Il y a là dedans de bonnes peihtures. Après il medonnèrent un banquet, et je les accompagnai dans les ateliers, où s'étaient rassemblés beaucoup d'honnêtes gens, orfèvres, peintres et négociants. J'ai été obligé de souper avec eux. Ils me firent des cadeaux, me donnèrent des pratiques et me rendii^nt de grands honneurs. Les seigneurs du conseil me firent cadeau de 42 pots de vin , et toute la société, plus de 60 personnes, me reconduisit chez moi avec des torches. J'ai aussi vu dans la cour du tir la grande cuve des poissons, sur laquelle on mange ; elle est longue de 19 pieds, elle en a 7 en hauteur et autant en largeur Mardi matin nous avons quitté la ville, mais auparavant, j'ai fait le portrait au crayon de Jan Ploos et des femmes de la maison; en dernier lieu , j'ai donné 10 stubers à sa femme.

Ensuite, nous allâmes à Orschein où nous avons déjeuné. Il y a sur le chemin trois villages. De là, nous nous dingeàmes vers Gand, en passant par trois autres villages; j'ai donné pour le transport 4 stubers, et quatre stubers pour nourriture. A Gand, le doyen des peintres est venu chez moi, et avec lui les peintres les plus distingués : Ils me firent beaucoup d'bonneurs, et ils soupèrent avec moi. Mercredi matin, les peintres m'ont conduit sur la tQur St*Jean ; là, j'ai dominé la vaste et merveilleuse ville dans laquelle j'ai été reçu comme un grand artiste. Après, j'ai vu le tableau de Johannes; c'est un ouvrage adpiirable qui montre un grand génie , particulièrement Eve , Marie et Dieu le père qui sont très-bons (1). J'ai vu enduite les lions vivants ; j'en ai dessiné un au crayon. J'ai vu aussi, sur le pont où l'on décapite, les deux simulacres d'honneur qui furent élevés en mémoire d^un fils qui y

(1 Durer nous donne rarement une approbation entière au mérite des choses d'srt ; id, comme dans d'autres occasions, il se sert de l'expression fa$t gtU : presque boa.

DE L*A1IATEDR. 497

décapita sod père. Gaiid est agréable , c'est une ville curieuse; quatre grandes rivières la traversent. J'ai donné pour boire aux sacristains et aux valets des lions 5 stubers. J'ai encore vu à Gand bien des choses ùngulières. Les peintres et leur doyen ne m'ont pas quitté , ils ont déjeuné et soupe avec moi, ont tout payé et ont été très-affables. J'ai donné en partant 5 stubers de pourboire dans mon bôtel.

Jeudi matin j'ai quitté Gand ; j'ai passé par plusieurs villages jusqu'à l'auberge du Cygne , où nous avons déjeuné : puis, nous avons traversé un beau village et nous sommes arrivés à Anvers. J'ai dépensé pour la voiture 8 stubers. J'ai reçu 4 fl. pour de Tart. J'ai changé 4 fl. pour nourriture. J'ai fait le portrait , avec le charbon , de Hans Lieber , d'Ulm; il a voulu me donner 1 fl., mais je ne l'ai pas accepté. J'ai donné 7 st. pour du b«s« 4 st. pour le conduire. J'ai changé 1 fl. pour nourriture.

Ilem, Dans la troisième semaine après Pâques, je me sentis pris d'une fièvre chaude suivie d'une grande faiblesse, d'un dégoflt général et d'un grand mal de tête. Je fus atteint d'une ma)jaidie singulière pareille à celle dont j'avais ressenti les effets en Zélande,- maladie dont je n'avais jamais entendu parler, et que j'ai encore. J'ai donné 6 stubers pour un étui. Item. Munch m'a relié deux livres pour des gravures que je lui ai données. J'ai donné 40 fl., 8. st. pour une pièce d'Arras, que j'ai donnée à ma belle-mère et à ma femme pour deux manteaux. J'ai donné 8 st. au docteur et 5 stubers à l'apothicaire. J'ai changé 4 fl. pour nourriture, mais j'ai dépensé 5 stubers avec les compagnons. J'ai donné 40 stubers au docteur, encore 6 fl. au docteur. liem, Ruderigo m'a envoyé beaucoup de sucre confit pendant ma maladie. J'ai donné 4 stubers de pourboire aux garçons. J'ai fait le portrait au crayon de maitre Joachim , je lui ai encore fait une autre tète au crayon. J'ai changé une couronne pour nourriture. Encore un florin que j'ai changé. Hem. Donné 6 fl. au docteur et 7 à la pharmacie. J'ai changé un fl. pour dépenses. lêem. J'ai donné à un voiturier qui s'appelle Hans Rabner le troisième portemanteau que j'ai envoyé d'Anvers à Nuremberg. J'ai donné 45 st. pour l'emballage, et I fl. au voiturier. Je me suis arrangé pour donner par quintal 1 fl. 4 orth. d'ici h Nuremberg. Le portemanteau doit être livré à Jean le père , dans la cour. J'ai donné au docteur , à l'apothicaire et au barbier 44 stubers. J'ai fait cadeau à mattre Jacob, le médecin, d'objets d'art valant 4 fl. J'ai fait le portrait, avec le charbon, de Thomas Polonius de Rome. Ilem, Pour ma robe de camelot il m'a fallu 21 aunes de Brahant. Cette aune est plus longue de trois doigts que celle de Nuremberg. J'ai acheté des peaux d'Espagne noires, à 3 stubers chacune ; comme il m'en a fallu 34, cela m'est revenu à 10 fl. , 2 stubers. J'ai donné

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au fourreur, pour te fiiçon, I fl. ; il a fallu 3 aunes de tdours pour les paremenis, 5 fl. Item. Pour la soie . les ganses et fil, 54 stubers. Ilem . Au tailleur pour sa façon, 50 stubers. Item, le camelol de la robe coôle i I fl. Donné 5 stubers de pourboire au valet. J'ai donné 6 stubers au docteur.

lUm. J'ai vendu pour 53 stubers d'objets d'art, et je les ai pris pour dépenses. Item, Dimanche avant la semaine de la passion, maiire Joachim, le bon peintre de paysages, m'a invité à sa noce et m'en a fait tous les honneurs. J'ai vu là deux belles cérémonies : la première, qui était sainte et religieuse. J'ai donné 6 stubers an docteur. J'ai change 1 fl. Dimanche après l'Ascension de notre seigneur , maître Dietricb j peintre sur verre, à Anvers, m'a invité et a retenu beaucoup d'autres personnes pour l'amour de moi , entre autres Alexandre Torfévre, un homme puissamment ricl^e. Nous avons eu un repas délicieux. On m^a fait beaucoup d'honneurs. J'ai fait le portrait,avec le charbon, de Marx, l'orfèvre, qui est ài Bruges. J'ai donné 36 stubers pour un|large béret. J'ai donné à Paul le chasseur i fl. pour conduire ma petite caisse ài Nuremberg , et 4 stubers pour la lettré. J*ai fait le portrait, au charbon, d'Ambrosio Hachslatter, et j'ai mangé avec lui. Mais j'ai bien mangé 6 fois avec Tomasin. J'ai donné 5 stubers pour une écuelle et dosassiettesen bois. J'ai donné ISstubers à l'apothicaire. J'ai donné deux livres de la vie de Notre-Dame, l'un au médecin étranger, l'autre au valet de Marx. J'ai encore donné g stubers au docteur. Donné 4 stubers pour nettoyer un vieux béret. Perdu 4 stubers au jeu . J'ai donné 2 fl. pour un béret neuf. J'ai changé le premier béret, car il était trop grossier, et j'ai donné 6 stubers de retour pour en avoir un autre. J'ai peint à l'huile le visage d'un duc. J'ai fait le portrait avec des couleurs à l'huile, très-purement et avec application, du trésorier Lorenz Starck. Gela valait 25 fl. Je lui en ai fait présent. En échange 'A m'a donné 20 fl. et 1 fl. de pourboire à Suzanne. Hem. J'ai fait le portrait ài l'huile de mon hôte Jobsten; j'ai fait encore une fois à l'huile le portrait de sa femme.

kem. Vendredi avant la Pentecôte de l'année 1521 , nous avons reçu la nouvelle k Anvers de la iraftreuse arrestation de Martin Luther (1). On lui avait donné un sauf-conduit , et il était accompagné d'un hérault de l'empereur Charles, qui devait le protéger ; mais lorsqu'ils furent arri-

(I) Les craintes de Durer n'étaient pas fondées. Le 4 mai 1521, Frédéric le Sage, protecteur de Luther , le fit enlSTer et conduire à son cbétesu de Warlbourg, où il demeura on ao. Jeso de Beriepsch et Burkard de Kund, qui furent employés à cette eipédition, étaient accompagnés de trois valets.

DE l'aMATËUB. 4t)9

vés près d'Eysenacli, dans un endroit isolé, le héraut lui déclara qu'il ' cessait' d*étre son guide et le quitta. Alors survinrent dix cavaliers qui

^ emmenèrent, trahi et yendu, Tbomme pieux, éclairé par le saint esprit,

' qui était parmi nous le représentant de la véritable foi chrétienne. Yit-il

encore, ou Font-ils assassiné? le ne le sais pas. ' Mais ce que je sais, c*est qu'il aura souffert pour la vérité, parce

^ quMl a essayé de punir le papisme antichrétien qui conspire de tout son

<' pouvoir contre Taffranchissement promis par le Christ, nous ravit notre

î sueur et notre sang, dont il se nourrit honteusement, peuple fainéant

^ et infaune qu'il est, tandis que les hommes malades et altérés meurent

de faim. Mais ce qui m'attriste surtout , c'est de voir que notre Dieu veut peut-être nous laisser longtemps encore dans cette doctrine fausse et aveugle mventée par des hommes qu'ils appellent les pères, qui sont cause que la parole divine nous a été faussement interprétée en beaucoup d'endroits, ou qu'on n^en a pas tenu compte. 0 Dieu ! qui es dans le ciel , prends-nous en pitié. 0 seigneur Jésus, X P E., prie pour ton peuple, délivre-nous au temps prédit, conserve en nous la véritable foi chrétienne; rassemble par ta parole, appelée dans la Bible la parole de Dieu, tes troupeaux dispersés. Aide-nous ii reconnaître la vraie voie, afin que nous ne suivions pas les erreurs nées du délire des hommes , et que nous ne te quittions point, seigneur Jésus, X P E.

Appelle, réunis dans tespâturagestes brebis dispersées, dont une partie se trouve encore égarée dans l'Église romaine, et l'autre parmi les Indiens, les Moscovites et les Grecs, qui ont été séparés de nous par l'avarice des papes et leur faux semblant de sainteté. 0 Dieu, délivre ton pauvre peuple, qui est contraint, sous des peines rigoureuses, d'observer des commandements qui répugnent k sa nature et l'obligent à pécher sans cesse dans sa conscience. 0 Dieu, jamais hommes n'ont été aussi cruellement opprimés sous des lois humaines que nous le sommes sous le siège de Rome , nous qui , chaque jour, sommes rachetés par le sacri* (ice de ton précieux sang , et qui devons vivre chrétiens et libres. — 0 Père suprême et céleste, que ton fils verse dans nos cœurs une lumière telle que nous puissions reconnaître quel est ton envoyé véritable ; qu'il nous soit permis de nous dégager en pleine sûreté de conscience des entraves étrangères , et de te servir dans toute la joie de notre cœur.

Puisque nous avons perdu cet homme à qui tu avais donné un esprit si évangélique, et dont la parole était plus claire que celle de tout autre qu'on ait entendu depuis \ 40 ans, nous te prions, 6 père céleste, de donner de nouveau ton saint esprit à un apAtre qui rassemble encore une fois

ion égU&c. Fais que nous puissions vivre unis et chréliens, et que, grâce à nos salutaires efforu, tous les inâdèles, tels que les Turcs, les >aiens et les CaUuiies , viennent d'eux-mêmes à nous pour embrasser la traie foi. Mais Seigneur , toi dont le fils IHG XPE a été mis à mort par les prêtres^ puisque tu as voulu qu'avant le jugement il en arrivât auunt à son successeur Martino Luther, que le pape a fait tuer tratlreusement et par des meurtriers soldés; de même que tes décrets Avaieitt ordonné la ruine de iérusalem , détruis également cette puissance usarpée du siège romain. 0 Seigneur , donne-nous alors la Jérusalem nouvellement parée , qui doit descendre du ciel , ainsi qu'il est écrit dans TApocalypse. Donne nous Tévangile saint et clair qui n'est pas obscurci par les fausses doctrines. Quiconque lira les livres de Martin Luther connaîtra combien sa doctrine est claire et transparente, et combien elle est conforme au saint Évangile. 11 faut donc les conserver en grand honneur et non les brûler, à moins qu'on ne jette au feu tout le parti qui lui est opposé, avec ses contre-vérités et ses prétentions de changer des hommes en dieux. 0 seigneur, si Luther est mort, qui nous expliquera le saint Évangile avec la même clarté? 0 Dieu, que de choses il aurait pu nous écrire encore dans l'espace de dix ou vingt années ! O vous tous, chrétiens pieux , déplorez avec moi la perte de cet homme doné de l'esprit divin', et priez le| Seigneur qu'il nous envoie un autre guide aussi éclairé. 0 Erasme de Rotterdam , où veux-tu aller? — Vois ce que fait l'injuste et aveugle tyrannie des puissants du monde! Écoule, chevalier du Christ, mootre^oi à cheval à côté du Seigneur XPE; malgré ta vieillesse et la faiblesse de ton corps, conquiers la couronne du martyre, ie t'ai entendu dire que tu t'étais donné encore deux années pour faire quelque chose. Emploie-les bien pour l'amour de l'Évangile et de la véritable foi chrétienne. — Fais entendre ta toîx : le siège romain , les portes de l'enfer , comme Fa dit Jésus, ne prévaudront pas contre toi : et s'il arrivait que ton sort fût le même que oehii de ton maître Christ , que les menteurs t'accablassent , comme lui , d'ignominies, et que tu mourusses un peu avant le temps, tu ressosciferais et tu serais glorifié en Jésus-Christ; car en buvant dans la coupe où tl a trempé ses lèvres, tu régnerais avec lui et tu jugerais ceux dont les actions n'ont pas été justes 0 Erasme, fais que Dieu, ton juge, se glorifie en toi. Comme il est écrit dans David ; tu peux , comme lui , abattre le Goliath, car le Seigneur est debout près de la lainte Église. Uue sa volonté divine nous conduise à la béatitude éternelle. Dieu, Père, Fils et SainirËsprit, un Dieu éternel. Amen. 0 vous, chrétiens, priez Dieu et criez grâce, car son jugement appro-

DE L'AMATKUR. 50^

che et sa justice va se manifester. C'est alors que le pape , les prêtres et les moines, et tous ceux qui ont versé le sang innocent, seront jugés et condamnés. Apoeal. Voilà les victimes innocentes abattues sous Tautel de Dieu, et qui crient vengeance. A quoi la yoix céleste répond : travaillez jusqu'à ce que le nombre des martyrs soit complet ; alors je jugerai !

J'ai encore cbangé un fl., j'ai donné B stubers au docteur, mais j'ai mangé deux fois avec Ruderigo. J'ai mangé avec le riche chanoine. J'ai changé i fl. pour dépense. J'ai eu pour hôte mattre Conradum, sculpteur de Matines, pendant les fêtes de la Pentecôte. J'ai donné 48 «tubers pour des objets d'art français, mais j'ai donné 6 stubers au docteur. J'ai fait quatre St Christophe sur du papier gris, ai| fnaitrc Joachim. J'ai été, à la dernière fête de Pentecôte de l'année, sur le marché aux chevaux, qui a lieu à Anvers, et j'y ai vu de beaux étalons, deux surtout qui ont été vendus pour 700 fl. J'ai reçu 4 fl. 3 orth. pour de l'art, et j'ai pris le même argent pour dépenser. Donné 4 stubers au docteur. J'ai donné 3 stubers pour deux petits livres. J'ai mangé trois fois avec Tomasin.. Je lui ai dessiné trois poignées d'épée, il m'a fait cadeau d'un petit vase d'alb&tre. J'ai dessiné avec le charbon un gentilhomme anglais qui m'a donné 1 fl. que j'ai changé pour dépenses. Item. Mattre Gerhard, le miniaiuriile, a une fille 4gée de près de 48 ans, qui s'appelle Suzanne (1). Elle a fait, sur une feuille , un Christ pour lequel j'ai donné 1 fl. C'est une grande merveille qu'une femme puisse faire aussi bien. J'ai perdu 6 stubers. J'ai vu la grande procession d'Anvers le jour de la Sainte-Trinité. Maître Conrad m'a fait cadeau d'une paire de beaux couteaux ; j'ai donné en échange à son vieux petit homme une vie de Notre- Dame. J'ai dessiné avec le charbon Jan l'orfèvre, de Bruxelles et sa femme. J'ai reçu deux fl. pour de l'art. Flem, Jan, l'orfèvre, de Bruxelles, m'a donné 5 fl. de Philippe pour lui avoir fait un dessin pour son sceau et les deux portraits. J'ai donné à Jan, l'orfèvre, la Véronique que j'avais peinte à l'huile, et l'Adam et Eve de Franz, pour une Hyacinthe et une Agate, où se trouve gravée une Lucrelia : chacun de nous a estimé sa part 44 fl.; de plus, je lui ai donné une impression entière de gravure pour une bague et six petites pierres ; chacun a estimé sa part 7 fl. J'ai dbnné 44 stubers pour deux paires de souliers. Donné 2 stubers pour deux bottes. J'ai changé deux fl. de Philippe pour dépense. J'ai tracé trois fois

(I) Cette jeune fille dont Durer admirait le talent fat, dans la suite, appelée en Angleterre par le roi Henri VIII, qui la garda à son service tant qu'elle vécut : son p^re se nommait Guerard Horebmit.

rasceoûon du Christ, et deux fois Jésosau Jardin des oliviers, sur5 demi* feuilles. Tai dessiné trois tètes au crayon noir et blanc, sur du papier gris. J*ai dessiné deux costumes des Pays-Bas, au crayon blanc et noir, sur du papier gris. Tai fait le blason de Tanglaîs avec des couleurs; cehii-là m'a donné 1 fl. Mais j'ai fait, çà et là, beaucoup de dessins et autres choses pour faire plaisir aux gens, et je n'ai rien reçu pour la plupart de ces travaux. Andréas de Graeovie m'a donné 4 fl. de Philippe pour un écusson et une petite tète d'enfant. J'ai changé 4 fl. pour nourriture. J'ai donné 2 stub. pour des brosses à balayer. J'ai vu, à Anvers, la grande procession qui a eu lieu le jour de la mort de Notre^igneur, elle était pmqw magnifique. Ta! donné 4 st. de pourboire, j'ai donné 6 st. au docteur, 4 st. pour une bolle. J'ai mangé 5 fois avec Tomasin, j'ai donné 40 st. à la pharmacie, 44 st. à la femme de l'apothicaire pour m'avoir donné des lavements, et 15 st. à l'apothicaire pour l'ordonnance. J'ai changé 2 fl. de Philippe pour dépenses; de plus j'ai donné 6 st. au docteur, mais j'ai encore donné à la femme de l'apothicaire 40 stubers pour lavements, de plus 4 st. pour la pharmacie. Tai donné 8 stubers au moine qui a confessé ma femme. Tai donné 8 fl. pour une pièce entière d'Arras, j'ai encore donné 8 fl. pour 44 aunes d'Arras fin. J'ai donné à l'apothicaire 32 st. pour des' drogues. Item. Tai donné 3 stubers au messager et 4 au tailleur. J'ai mangé une fois avec Hansfehle, 5 fois avec Tomasin. J'ai donné 40 stubers pour reliure. En l'an 4514, à Anvers, j'ai donné mon grand paquet pour être transporté è Nuremberg ; c'était mercredi après earpui Chrisli, Le voiturier s'appelle Kunz Mes de Schlanderdorf. Je dois lui payer, pour un quintal jusqu'à Nuremberg, 4 f. et demi ; de plus je lui ai donné 4 fl. d'arrhes. Il doit remettre le tout entre les mains de Jean dans la cour, l'atné. J'ai fait le portrait contrefait, au charbon, du jeune Jacob Relinger d'Anvers. J'ai mangés fois avec Tomasin. Item. Le huitième jour après corptu ChrUti, je suis allé en voiture avec les miens à Malines, chez madame Margarite. J'ai pris sur moi 5 stubers pour dépense. Ma femme a changé 4 fl. pour dépense à Malines. J'ai logé à l'auberge de la Tète d'or, chea maître Henri le peintre. Les peintres et les sculpteurs m'ont invité dans mon auberge et m'ont fait de grands honneurs dans leur assemblée. J'ai été dans la maison de Popenreuter, le fondeur d'arquebuses, et j'y ai trouvé des choses bizarres. J'ai été aussi chez madame Margarite, et je lui ai fait voir mon empereur; je voulais lui en faire cadeau, mais comme je me suis aperçu que cela lui était désagréable, je l'ai remporté le vendredi ; madame Margarite m'a montré toutes ses belles choses, entre autres 40 petites tables, peintes à l'huile ; je n'ai j.'unais rien

VU de plus pur el de mieux. Là, j*ai aussi vu beaucoup de bonnes choses de lohannes (Eyck), Jacob Walchs (I). J'ai demandé à la dame le petit livre du matire Jacob (Jacob Gomelisz), mais elle m'a répondu qu'elle Tavait promis à son peintre, Bernard van Orley. J*y ai vu encore d'autres choses rares, et une précieuse bibliothèque. Maître Hans Popenreuter m'a invité à être son h6te. J'ai invité deux fois maître Conrad à dtner, et une fois sa femme. Dépensé S7 st. et deux stubers pour voiture. J'ai aussi fait le portrait de Steffan Kemmerleng el de maître Conrad Schnitzer. Samedi, je suis retourné de Malines à Anvers. Htm, Mon coffre est parti le samedi après eorfnu Chrisli, J'ai changé i fl. pour dépense, donné 5 stubers au messager. J'ai mangé deux fois chez les Aogustins. Item. J'ai fait le portrait, avec le charbon, de maître Jacob, et j'y ai fait mettre un petit cadre qui coûte 6 stubers, dont je lui ai fait cadeau. J'ai fait le portrait de Bernliard Stecher et de sa femme, et je lui ai donné une impression entière. J'ai, une autre fois, fait le portrait de sa femme, et j'ai donné 6 stubers pour un cadre. Je lui ai fait présent de tout cela ; il m'a donné en retour 40 fl. Maître Lucas, le graveur sur cuivre, m'a invité; c'est un petit homme, né à Leyde, en Hollande; il était à Anvers. J'ai mangé avec maître Bernhard Stecher. J'ai donné

I st. et demi au messager ; j'ai reçu 4 fl. 40 orih. pour de l'art.

J'ai fait le portrait au crayon du maître Lucas de Leyde. J'ai perdu i fl. lUm, J'ai donné 6 stubers au docteur, de plus 6 st. J'ai fait présent à l'économe, du couvent des Augustins à Anvers, d'une vie de Notre-Dame, et j'ai donné 4 st. à son valet. J'ai donné à maître Jacob, une passion sur cuivre, une sur bois, et 5 autres pièces ; et j*ai donné 4 st. à son valet. J'ai changé 4 fl. pour dépenses; j'ai aussi donné deux A. de Philippe pour 14 peaux de potesons. J'ai fait le portrait du médecin Braun et celui de sa femme, avec la craie noire. J'ai donné pour un fl. d'art à l'orfèvre qui m'a estimé les bagues. J'ai échangé pour de l'art trois bagues, dont les deux moins importantes ont été estimées 15 couronnes. Le Saphir a été estimé 25 couronnes. Cela fait 54 fl. 8 st. ; entre autres choses, le Français a pris 56 grands livres estimés 9 fl. J'ai donné 2 st. pour un couteau à vis. Item. Celui qui m'a vendu les trois bagues me les a faiit payer trop cher de moitié. Je ne m'en suis pas aperçu. J'ai donné 18 st. à mon parrain, pour un béret rouge. Hem. J'ai perdu au jeu 12 st. Item. J'ai acheté trois jolis petits rubis pour

II fl. d'or et 12 stubers. J'ai changé 1 fl. pour nourriture. J'ai mangé chez les Augustins. J'ai mangé deux fois avec Tomasin. J'ai donné 6 stubers

(4) Peintre de Nuremberg, célèbre par ses portraits.

pour 13 poils de sanglier. J'ai donné 5 stabers pour 6^ autres poils. Item. J^ï fait le portrait, avec la craie noire, sur une feuille royale, du grand Anthony Haunolt. J'ai bit le portrait, avec application à la craie noire, sur deux feuilles royales, du médecin Praun et de son hôtesse. Je Tai une autre fois dessiné au crayon. 11 m'a donné un Anglais. J'ai changé i fi. pour nourriture. J'ai donné i fl. pour une paire de bottes. J'ai donné 6 stubers pour un eakmar (1). J'ai donné 12 stubers pour une malle. Item. Tai donné 21 il. pour une douzaine de gants de femme et 6 st. pour une poche. J'ai donné 5 stubers pour 5 poils de sanglier. J'ai changé 1 il. liem. Anthony Haunolt, dont j'ai faille portrait, m'a donnés 11. de Philippe et Bemhard Stecher m'a iiaiit cadeau d'une écaille de tortue. J'ai lait le portrait de la fille de la belle-sœur de Bernard Staher. J'ai mangé une ibis avec son mari, il m'a donné 2 il. de Ph. Item. J'ai donné 1 il. de pour boire. J'ai donné en cadeau deux livres à Anthony Haunolt. J'ai reçu 15 stubers pour de l'art. Item. J'ai donné au mattre Joachim la peinture de Hans Grun. J'ai changé 5 il. de Ph. pour nourriture. J'ai mangé deux fois avec Bemhard, deux fois avec Tomasin. J'ai donné à la femme de Jobst quatre gravures sur bols. J'ai donné deux grands li^ vres'à Frédéric, valet de Jobst. J'ai donné deux livres au fils de Henigen le vitrier, lieu». Ruderigo m'a fait cadeau d'un perroquet qu'on a apporté de Malaga. J'ai donné 6 st. de pourboire à son valet. J'ai mangé deux fois avec Tomasin. Item. J'ai donné 2 stubers pour un petit paysan, 3 il. pour une paire de souliers pour mettre avec le pantalon, et 4 st. pour huit petites planches. J'ai donné ài Peter deux feuilles gravées sur cuivre et une feuille de gravures sur bols. J'ai mangé deux fois avec T<m)asin.

J'ai changé 4 fl. p. d. J'ai donné au mattre Art, peintre sur verre , une vie de Notre-Dame, et au mattre Jehan, sculpteur français, une impression entière.^ Il a donné à ma femme 6 flacons avec de l'eau de rose, qui sont précieusement faits. Item. J'ai donné T stubers pour un plumeau stuibig. J'ai échangé 1 fl. pour nourriture. J'ai donné 7 st. pour une poche découpée. Cornélius le secrétaire m'a donné la prison de BabyUmê ; je lui ai donné en échange mes trois grands livres, /fom. J'ai fait cadeau d'un florin d'objete d'art ieiu moine Peter PuU. Item. J*ai donné à HoNiigen, peintre sur verre, deux grands livres. J'ai donné 4 stabers pour un calacuî rayé. Item, J'ai changé 1 fl. de Ph. Item, J'ai donné 8 florins d'objets d'aH pour une impressicHi entière des gravures Lucas. Encore 4 fl. de Ph. de changé. Item, Tai donné 9 stubers pour

(I) Ainsi écrit en italien dans le leite.

DB L^AMATBUB. 505

une pocbe. lUm, l'ai donné 7 stoben pour une demi-douzaine de caries néerlandaises ; de plus, 5 stubers pour une petite trompette de poste en cuivre jaune. Ilem. J*ai donné S4 st. pour de la viande, iâ st. pour du drap. Tai mangé deux fois avec Tomasin , donné 4 stuber h Peter. l*ai donné 7 stubers pour reliure, 5 st. pour Plachen. Item, Ruderigo m*a donné 6 aunes de drap noir pour £aire un manteau : Taune coûte une couronne. J'ai «hangé deux florins pour dépenser. J'ai donné 2 st. de pourboire au garçon du tailleur.

J*ai compté avec Jobst , je lui devais 51 fl. que je lui ai payés, en déduisant les deux portraits à Tbuile que j*ai faits. Il m'a rendu 5 livresde poids né^landais. J'ai eu du préjudice dans tout ce que j'ai fait : dépenses, ventes et autres actions dans les Pays-Bas, en toutes choses, dans les hautes et les basses classes ; surtout, je n'ai rien reçu de madame Marguerite pour tout ce que je lui ai fait et donné. Le règlement avec Jobst a eu lieu le jour de Saint-Pierre et Paul. J'ai donné 7 st. de pourboire au valet de Ruderigo.-J'ai fait cadeau au maître Henri de ma passion gravée ; il m'a donné les cierges odoriférants. J*ai donné au tailleur 45 stubers pour la façon du manteau. J'ai commandé un voitnrler qui doit me conduire d'Anvers à Cologne; je dois lui donner 15 mauvais florins, dont i fait 24 stubers, et défrayer un homme et un garçon. lUm. Jacob Relinger m*a donné 1 ducat pour son portrait fait avec le charbon. Gerhardo m'a donné deux barils de câpres et d'olives, j'ai donné 4 stubers de pour boire. J'ai donné i stuber au valet de Ruderigo.

J'ai donné mon portrait de l'empereur pour une toile blanche d'Angleterre ; c'est Jacob, le gendre de Tomasin, avec qui j'ai fait cet échange. Jiem. Alexandre, dans là cour, m'a prêté 400 fl. d'or, lé soir du jour de Notre-Dame, lorsqu'elle passe à travers la montagne, 4524. Je lui ai donné ma signature scellée, qu'il me rendra ^ Nuremberg, où je les lui payerai avec reconnaissance. J'ai donné 6 stubers pour une paire de souliers. J'ai donné 44 stubers à l'apothicaire. J'ai donné 5 st. pour une corde. J'ai donné 4 fl. de Ph. à la cuisine de Tomasin, et 4 fl. à mademoiselle sa fille. J'ai encore mangé 5 fois avec lui. J'ai donné 4 fl. à la femme de Jobst, et 4 fl, de pour boire à la cuisine. Item, J'ai donné 2 st. à ceux qui ont chargé mes efléts. Tomasin m'a donné une petite botte remplie de sa meilleure Thériaque. Item, Changé 5 fl. pour nourriture, et donné 10 st. de pourboire au garçon de la n^lson. J'ai donné 1 st. à Peter, deux de pourboire, et 5 au valet de maître Jacob. J'ai donné 4 st. à Peter et S au messager.

Le jour de la Visitation de Notre-Dame, au moment où je devais quitter

Anvers, le roi de Danemarck (Cbristiaii II), envoya cbex moi pourme prier de venir en toute h&te faire son portrait, ce que j'ai fait avec le charbon. J'ai aussi fait le portrait de son serviteur Anthony ; j'ai été obligé de diner avec le roi. Il s'est montré bienveillant pour moi. i'ai recommandé mon portemanteau à Léouand Tucher, et lui ai donné ma toile blanche k garder. Ilem. Le voitarier que j'avais loué ne m'a pas conduit , je me sais fâché avec lui. Gerhart m'a donné quelques semences françaises. Le jour de la Visitation de Notre-Dame, 152i, j'ai donné à Vicarios, pour tran^iorter chez moi , la grande écaille de tortue, le bouclier en peau de poisson, le grand tuyau, la lance, les nageoires et les deui petits barils de citrons et de câpres. Le lendemain nous allâmes à Bruxelles , à la suite du roi de Danemarck. J'ai loué un voiturier ; plus, j'ai donné 2fl. Item, J'ai fait cadeau au roi de Danemarck des meilleures pièces de toute mon impression ; cela vaut 5 il. J'ai changé 2 fl. pour dépenses. Donné i stuber pour une écuelle et un panier. Item, Le peuple d'Anvers a beaucoup admiré la beauté mâle du roi de Danemarck, et s'est étonné de le voir voyager seul , accompagné de trois personnes, dans le pays de ses ennemis. J'ai aussi vu la manière dont l'empereur est venu audevant de lui de Bruxelles, et l'a reçu avec des honneurs infinis et une grande pompe.

Après, j'ai vu le grand et magnifique banquet que l'empereur et madame Marguerite lui ont donné le lendemain. J'ai donné 2 st. pour une paire de gants. Item. M. Anthony m'a donné 42 fl. ; j'en ai donné 2 au peintre qui m'a fourni la tablette pour le portrait et qui m'a fait broyer des couleurs. J'ai pris les 8 autres florins pour les dépenses de la route. Item. Dimanche avant la Sainte-Marguerite, le roi de Danemarck a donné un grand banquet â l'empereur, à madame Marguerite et à la reine d'Espagne, il m'y a invité et j'y ai mangé. J'ai donné 42 stubers pour l'étui du roi, et j'ai peint le portrait du roi à l'huile. Il m'a donné 50 fl. Item. J'ai donné 2 stubers au garçon appelé Barthélémy, qui a broyé mes couleurs. J'ai donné 44 st. pour un flacon et une petite botte qui a appartenu au roi. J'ai donné deux st. de pourboire. Item. J'ai donné 4 demi-feuilles au garçon du maître Jean, de plus aU garçon do mattre peintre, une Apocalypse et 4 demi-feuilles. Polonius m'a donné un objet d'art français. Item. Donné 4 st. pour un objet d'art. Maître Jobst, le tailleur, m'a invité à souper. J'ai donné S2 st. pour mon logement pendant 8 jours. J'ai donné à la femme de matire Jean, l'orfèvre, avec lequel j'ai mangé 3 fols, une passion gravée. J'ai encore donné au garçon Barthélémy, le peintre, une vie de Notre-Dame. J'ai mangé avec M. Nicbis Ziégler, et j'ai donné 4 st. au valet de maître Jean. Je suis resté deux

DE L^AMATfiCR. 507

joursdepIusàBruxeHes, ne pouvantavoir une voiture. J'aidonné un stuber pourunepairede petites poches. /lem.Yendredi matin, j'ai quitté Bruxelles. J'ai été obligé de donner 10 (1. au voiturier. J'ai donné encore 5 st. à mon hôtesse pour une seule nuit. Nous avons passé par deux villages, et nous sommes arrivés à Louvain, où nous avons déjeuné et dépensé 15 st.; après, nous avons traversé trois villages, et nous sommes arrivés à Tirlemont ; c'est une petite ville où nous avons passé la nuit. Là, j'ai dépensé 9 st. Le jour de Sainte-Marguerite, nous sommes partis de grand matin pour aller dans une ville qui s'appelle Saint-Tron ; on y construit un très- grand clocher fait avec art. De là nous sommes passés devant de pauvres habitations, et nous sommes arrivés dans la petite ville d'Hungem, où nous avons déjeuné, dépensé 6 st. De là nous avons été à Maestrich, où nous avons passé la nuit, dépensé 12 stubers et deux planquen pour la garde. Dimanche, de grand matin, nous nous sommes dirigés vers Aix-la-Chapelle, où nous avons mangé et dépensé 14 st. D'Aix-la-Chapelle, nous avons été à Al^nhoven, une marche de 6 lieues; là, le voiturier, qui ne savait pas le chemin^ s'est égaré. Nous y avons passé la nuit et nous avons dépensé 6 stubers. Lundi matin nous avons passé par Julich, une ville, et nous sommes arrivés à Bergheim, où nous avons mangé et dépensé S stubers. De là, nous avons été à Cologne.

VENTE

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