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DES OBJETS D'ART ET D'ANTIQUITÉS

DE STRAWBERRY-HILL

La vente des objels composant la collection de Strawberry-Hill avait excité dans Tesprit public une curiosité peu ordinaire résultant, d'un côté, de la réputation de Tancicn propriétaire, de Tautre, de la valeur supposée de tant de productions appartenant à toutes les branches de Tan. Strawberry-Hill a eu son jour; le dernier, bêlas! pendant un mois Londres n*entendit parler que de lui, et les amateurs anglais ont noblement et cbèrement payé la possession des momdres choses qui en faisaient partie : quelle illustration vaut celle d'avoir appartenu à un homme d'autant d'esprit et de goût? Prise dans son ensemble , la collection d'Horace Walpole peut être considérée comme digne de lui. Dans toutes les grandes collections II doit nécessairement se trouver des productions d'un degré de mérite différent ; beaucoup d'objets sont importants par leur ancienneté, d'autres sont des documents historiques, d'autres enfin sont nécessaires pour compléter des séries, et sans prétendre k aucune supériorité comme œuvres d'art, doivent trouver place dans les collections les mieux choisies. Horace Walpole s'était principalement proposé d'illustrer les antiquités de l'histoire, et de réunir toutes les curiosités de l'art ; à cet égard, sa collection possédait quelques monuments d'un grand intérêt et d'une haute valeur.

Nous n'avons pu qu'être très^sobre dans le choix des objets de cette coUection, dont le catalogue formait un grand in-4« assez épais. Nous n'avons cité que ceux d'un intérêt général, augmenunt ou corrigeant les articles du catalogue, d'après les particularités recueillies par Walpole lui-même ou consignées dans d'autres ouvrages historiques.

I. t. Il PcsTB COL066AL DB l'bmpbrbur Vbspa8Ibn, en basalte, avec

les draperies demarbre jaspé.— Adjugea M. Hume 220 10

Ce busle est placé sur un autel funéraire. Le bas-relief qui

représente un prêtre sacrifiant aux dieux porte l*inscription

suivante :

Ti. Claudics Aug. L.

Doaus

iEDITCS JtDIS

Fortune Tullianjs.

Le buste et Tautd formaient originairement deux morceaux différents, ils proviennent de la collection du cardinal Ottoboni.

AiGLB Bif MARBRB sur ulie plinthe de vert antique où se trouve cette inscription :

HOMJB

Propb Thbrmas ANTOifiAH as.

Elle est placée sur un autel funéraire romain, sur lequel d*autres algies sont sculptées (une inscription est consacrée à la mémoire de M. Lucius, aet. xvni). — Hering 240

Cette aigle fîit trouvée en 4742 dans les jardins de Bocctpa* dugli, attenant aux bainsde Caracalla, àRome. Walpole Tacheta en 4747. C'est une des plus précieuses sculptures qui existent, et les amateurs la placent au-dessus de Falgle de la Villa Mattei. La hardiesse et le fini de cette sculpture sont réellement extraordinaires : les yeux sont inimitables.— Voir, à cet égard, Tode de Gray sur le pouvoir de la poésie, et le catalogue de Walpole.

Nous croyons que cette aigle est maintenant à Holkham.

Tête db Jupiter Sérapis, en basalte. — Hmne. ... 78 45

Ce buste a été acheté avec le célèbre vase de la collection Barberini, à Rome, par sir William Hamllton. Ces deux monuments furent vendus à la duchesse de Portiand ; Walpole en fit Tacquisition après la mort de cette dame.

546 LB CABIKBT

Gftifcs, assise, avec des yeux d*argeiu. Une génisse est sur ses genoux ; elle porte une coupe et des fruits d'une main , et de l'autre une corne d'abondance (antique). Cope. ... 75 40

Ce curieux bronze est gravé dans Fouvrage du révérend Payne Knigbt, sur le culte de Priape.

BcsTB DB Galigula, svcc des yeux d'argent. — Hume. . 48 6

Trouvé avec quelques autres petits bustes , lorsqu'on découvrit pour la première fois les ruines d'Herculanum , en creusant un puits pour le prince d'Elbeuf qui résidait temporairement à Naples. A son retour en France, ce seigneur le vendit è sir Hor. Mann, qui en fit présent à Walpole.

Walpole parait avoir acheté une grande partie, si ce n*est même toute la collection d'antiquités du docteur Congers Middieton, collection ' décrite et gravée dans les œuvres de cet amateur éclairé. ^4 vol. in-4*, 47«52, sous le titre de: « Qermana quœéam anltquUaiii eruéUa monumenia, »

BB^males et Bflé«aiUM.

La vente des monnaies a rempli le neuvième et le dixième jour. Le produit s'en est élevé à la somme de 1004 liv. sterl. Nous citons les plus remarquables :

Jules César. — Revers, Auguste. — En or. — Doubleday. . 15 Marc-Antoine. — Revers, Octavie. — En or. -- Gureton.. . 66 5 Marc-Antoine. — Revers, Auguste. — En or.— Bruromcl. . 46 Offa, roi de Mercie. — Argent. — Gureton. — Gravé dans

Ruding pi. IV, nM5 41 5

Guillaume le Gonquérant.— type du dais. — Argent. . . 5 15 Henri 1^'. •— Argent. (Snelling pi. i, n^" 22.) — Gureton. . 9 Eusucbe, fils du roi Etienne. — Argent. ( Snelling pi. vi,

n» 4.) - Gureton 40 10

GbarlesT', pièce de 20 sbellings (1642). — Forster. ..22 Fragment d'une pièce d'or, à l'effigie d'Elisabeth, gravée

dans le supplément de Ruding 56 45

Modèle d'une pièce de 5 guinées (1777|. — Gureton. . . 27 40

Médaille d'or à l'effigie de Henri ym 5

Gette médaille représente la tète du roi, avec une inscription latine de sa composition. Sur le revers, la même inscrip-

DE I/AMATRCR. 541

lion en hébreu et en grec. -^ Gravée dans les Méd. Iiist.

d'Edwards pi. iv, n^ i .

La reioe Marie.— Revers, Philippe.— Ciselée par Slervart.

Gureton . 4 4

Le pape Jules III — Revers Anglia resurgen». — Gureton. 8 5 Abraham et Thomas Simon. 2roédaUles ciselées parStewart. 9 40 6 Médaille satirique sur 01. Cromwel.— Taylor^ .... 8 Cette médaille d'argent a été frappée en Hollande. Sur le

revers, le Protecteur est représenté prosterné aux pieds de

TAngleterre.

Charles H méd. d'argent 7 7

Le revers représente le roi monté sur un char que traînent

des chevaux marins.— Médaille de Simon.

Carloifticë* liifttorlqaeft.

Boucle de cheveux du roi Edouard IV, coupée sur sa tète, le jour où Ton découvrit son cercueil dans la chapelle de SaintrGeorges, à Windsor (1789).— Russell 3 5

Boucle de cheveux de Marie Tudor , coupée sur sa tète à Touverture de sa tombe dans l'église de Sainte-Marie è Edmundsburry (1784).— Le comte de Derby. 2 12 G

Chapeau Vouge du cardinal Wolsby. — Acheté par M. Forster pour M. G. Kean 24

Trouvé par Tévéque Bumet dans la grande garde-robe du cabinet. Son fils le donna à la comtesse d'Albemarle qui en fit présent à Walpole.

Une paire de gants richement brodés, portés par Jacques I*'. 2 12 6

Achetés à la vente du musée de S.-Ralph Thoresby, esq. Donnés à Walpole par Th. Tomlinson , esq.

Une paire de gants longs, brodés, portés par mistress Hampden , femme du célèbre John Hampden 4

L'habitude de porter des gants richement brodés dura longtemps encore. Il existe une paire de gants ayant appartenu k la' duchesse d'Exeter, sœur d'Edouard lY, et qui ressemblent beaucoup à ceux de mistress Hampden : ils font partie maintenant de la collection du comte d'Oxford.

Éperons portés par Guillaume III à la bataille de la Boyne 13 2 6

Ils sont enfermés dans une botte rouge, en cuir, doublé de

velours, et furent donnés à Walpole par le lord-lieutenant, comte d*Harcourt.

Miroir haoioub en Keimd Coal (ebarbon de terre), du docteur Dée 12 12

Cet objet figurait autrefois dans la collection du comte de Petersborougb, dont le catalogue lui consacrait la mention suivante : a Pierre nqire au moyen de laquelle le docteur Dée évoquait les esprits. » Des mains du comte, il passa dans celles de lady Ëlisabetb Germaine, puis il devint la propriété de Jobn, dernier duc d'Argyle, dont le petit-fils, lord Campbell, le donna à Walpole.

Le Journal des magiciens, publié à Prague en 1584 (5 septembre) , raconte ainsi Vorigine de cet instrument :

— A la Bn, il plat à Dieu de m'eovoyer «a lumière, ce qui nie convaioqait que sa miséricordieuie bouté avait entendu mes tongue*, ferventes et continuelles prières pour le motif que j*ai dit. Je compris également que les saints anges avaient employé ces deux ans et demi à m'initraire, et avaient mis entre mn mains un trésor tel que nul homme n'oserait en espérer an semblable ; car ils m'avaient apporté ane pierre dont la valeur est infiniment supérieure à celle de ions les royaumes delà terre.

Voici comment le vieux Elias Asbmole parle de cette pierre, dans la préface de son Tkealrvm Chemicum :

— A l'aide de eette pierre magique, on peut voir tontes les personnes qne l'on vent, dans quelque partie du monde qu'elle paissent être, et ftissent-dles cachées an fond des appartements les phis reenlés, ou même dans les eavemes qui sont dans les enlrailles de la terre.

Fourreau EN ÉCAILLE de tortue, monté en argent. Forster. S iS 6 C'est dans ce fourreau que le célèbre amiral Tromp enfermait ses pipes, lorsquMl était en mer.

Clochette d'argent, faite pour le pape Clément VII , par Benvenuto CMim 252

Ce bijou est couvert de sculptures en relief très-saillantes, représentant des figurines, des serpents, des mouches , des sauterelles, et une foule d'autres insectes. A l'extrémité supérieure, on voit la Vierge et Tenfant au milieu d'un chœur d'anges ; en bas une couronne de feuillage et des lézards.

DE L'AMATBUR. 545

Rien n'égale la perfeçlion de ce trayail ; les insectes sont ciselés avec un art inimitable.— Cette clocbeiie faisait partie de la collection da marquis de Leonati, k Parme. Elle Ait achetée par le marquis de Rockingbam.

G.-J. Richardson Ta reproduitedansson livre sur rarchitecture au temps d'Elisabeth. — Elle n*est pas mentionnée dans te catalogue des oeuvres de Gellini.

~ Walpole disait, à propos de cet objet : • Une des pièces de ma coUedion que j'eslime le plus, c'est la clochette d'argent a?ec laquelle les papes STaicnt coutume de maudire les chenilles : ■ celte céréiDonie est, je crois, tombée en désuétude. Lahontau parle, dans sr s voyages, d'une coutume noo motps absurde qui existe au Canada : l'éféque excommunie solennellement les tourtereUes, qui font beaucoup de dégét dans les plantations. En échange de cette clochette, j'ai donné au marquis de Rockingham tontes mes monnaies romaines grand bronse. J'ai aussi à Strawberry une batsinoire qui appartenait i Charles I*', et qoi servait probablement pour le lit de ses luattresses. On y avait graféces mots : Sers Dieu et vis à jamais. On ne peut abuser d'une manière plus étrange du nom dr la Divinité. •

Horloge bn argent doré, donnée par Henri VIII à Anne de Boleyn, le jour de son mariage. Achetée par Séguier pour la reine Victoria 110

Ce fut Elisabeth Germaine qui lit don de cette pendule à Walpole. Les ciselures et les gravures sont extrêmement riches; elle est ornée de fleurs de lis, de portraits en miniature, etc. A Textrémité supérieure, on voit un lion couché qui porte les armes d'Angleterre : ces armes sont également reproduites sur les côtés. Sur les poids sont gravées les initiales H. A., avec des lacs d*amour. L*un des deux porte cette inscription : Le plus heureuœ; Tautre, celle-ci : Dieu et mon droit (en français). M. Shaw , dans son ouvrage sur les vêtements et les meubles anciens, a reproduit cette horloge avec une grande exactitude.

BotTE de la montre donnée par le parlement au général Fairfax, après la bataille de N^seby- Émaux de Pierre Bordier. Achetée par Bevan, esq ^1

La montre, à Pépoque où elle fut fabriquée, était estimée 700 liv. Le parlement députa trois de ses membres pour Tolfrir k Fairfax. Les exécuteurs testamentaires de ce gé-

néral la vendirent, ainsi que sa prédcose collection de médailles, à M. John Tboresby, père de Thistorien de Leeds. Walj)ole, dans ses anecdotes sur la peinture, affirme que celte montre fut vendue à l^hislorien lui-même, et ajoute qu*il possède le reçu des exécuteurs testamentaires de Fairfax, P constatant qu'elle a été payée 1H5 liv. par Tboresby.

[ La boite est composée de deux plaques rondes, ayant cha-

I cune un pouce et demi de diamètre, et destinées proba-

I blement à former le fond et le couvercle de la montre. Sur la

plaque du fond , on voit la chambre des communes, telle I qu'elle est représentée sur le sceau gravé par Simon. Il est

impossible de rien voir de plus parfait que rexécutlon de ce travail microscopique

L'autre plaque repré^nteà intérieur la bataille de Naseby, avec Tinscription : Non nOBis.^Sur h faco, on voit, avec I 'cette devise : Sic radiant pidelbs, Fairfax lui-même, à cheval

I et chargeant. A distance sont des soldats qui comballent. La

I figure de l'homme et le cheval sont copiés d'après Van Dyck,

I mais la hardiesse et la richesse du coloris sont telles, qu'elles

surpassent peut-être celui du grand mattre flamand. Au-dessous du cheval on lit : P. B. FeeU, — C'est le seul ouvrage qu'on puisse, avec une entière certitude, attribuer à Bordier seul , et il en résulte la preuve que la gloire qui lui appartient personnellement n*aurait pas dû être absorbée dans la grande renommée de son frère. Walpole acheta ces deux plaques, en 176f , à la vente de la coHection Tfaoresby.

Annbau m DBua. — L*nn des sept donnés après la mort de Charles I*'. — Il représente la tête du roi en miniature , avec un crftne entre les lettres C. R. Il porte cette devise : (( Èlrê firéi à mê iuwre. i» -— Donné k Walpole par lady Murray Elliot 15 15

— Voici la descripUoD duo anneau d« deuil de Charlei I^, qui appartient au Rév. Bentiock Hawkins. Le cercle est d'or fln» couvert d'un émaîl noir dont la plus grande partie a disparu. Dans Ho • teneur était grafée nne inscription dont il ne reste plus qu'une seule lettre. Cet anneau est surmonté d'une miniature en émail enfermée dans nn roédalIloB en cristal qn'on ouvre en fc^nt jouer uo ressort : c'est le poHrait du roi. Derrière oe médafllon est peinte, en émail blanc, une tète de mort surmontée d'un diadème, et portant ta date

• 30 janvier. » en noir. — Le travail estlrès^remarqaahle; et appartient évidemment à celte époque.

ENCRIER DE Robert Walpolb en argent ciselé et gravé avec les armes de Walpole.— Adjugé à Séguier pour sir Robert Peel. . 173 19

AranMi et Armores,

ÂRiiBRE Bit PBR doré, avec cîseloreB en reli^, représentant des sujets de chasse et de bataille : annoncée comme ayant appartenu à François I" et comme ciselée par Cbluni. — M. Pratt. 59B 5

Ce prix a paru élevé. — Walpole acheta cette armure à la vente de la collection de M. de Crozat, en 1771 . Elle finit aux genoux , et les gantelets manquent. Nous avons dit que cette armure, dont la cuirasse a été mutilée, ne pouvait avoir appar^ tenn. à François I*' ni être attribuée à Gellini.

Dagoe de Henri YIII. ^ La lame est daou^sqainée en or ; le fourreau et hi poignée de calcédoine sont enrichis de rubis.

Forster 54 12

Cette dague se trouvait dans la collection de lady Elisabeth Germaine. Wàlpole Tachetai gninées. Une autre dague, semblable à celle-ci, mais en hyacinthe, faisait partie de la collection de la duchesse de Porthind. Il existe une gravure qui la reproduit dans sa grandeur naturelle. Elle fut achetée 45 livres par le comte d*Oxford , lorsqu'on vendit à Tarte-Hall, «n 1720, ce qui restait de la collection Amndel.

RoDCLiER de fer ciselé, en relief.— Curtius s*élançant dans le gouiïre. — Swaabey 42

Masse d'armes italienne , en fer , damasquinée en or.— Forster.— De la collection de M. de Julienne. ... . . . 5 156

Bouclier de tournoi , couvert en cuir, peint par Polydore de Garavage, avec la tète de Persée à Textérienr, et en dedans la représentation d'un combat. — Don de sir Hamilton à H. Walpole. - Pratt 10 16

Autre, avec la tête de Méduse à Textérieur, et un combat dans rintérieur. Peint également par Polydore de Garavage. 5 5

Ces deux boucliers proviennent de la collection du commandeur Yittoria, à Naples.

Deux plats, émail dé Limoges, par Jean Laudin. — DonRés k Walpole par lady Greenwicli. — Smilh 6 10

€oR DE CHASSE, émail de Limoges, représentant d'un cAté des figures allégoriques en couleurs, de l'autre, Thisloire de saint Hubert. Gamayeux U1 15

Hbnii IV et la reine de Navarre, miniature par Laudin.

— Tuller 21

ÉMAIL. Histoire d'Abraham et de Melchisedech. — Webb. 14 Grand plat rond , émail de Limoges, avec Tfaistoire de

Moïse et la date 15S7. — Russell 55 11

GoFPRET OU tCRiN d'argent doré, orné d'émaux, représenunt des scènes de bataille, d'après les dessins de Giulio Ro~

mano. — Emmanuel and Town . 47 10

AiguAre en émail, représentant des hommes nos à cheval ;

un médaillon au milieu. — Owen -29 8

GouPE en émail avec son couvercle, représentant l'histoire de Samson, d'après les dessins de Parmegiano, par Johannes Penicaudi Junior, 1559.— Hume 44 2

Tabatière ovale, en laque du Japon, rouge, montée et doublée en or. Le couvercle est un émail représentant l'enlèvement d'Europe ; sur le revers est un vase de fleurs.

— Donnée à Walpole par Francis Earl, d'Herthford. . . . 56 15 Tabatière de Torme originale, en or ciselé, avec un fragment de camée antique sur sardoine. — Gollection Arundel. 22 1

Tabatière ronde en or, avec l'image, en cire, du chien de madame du Deffant. (Tonton.)— Legs de madame dti Deflant

à Walpole 14 14

Tabatière blanche et ronde, montée en or.— Strong. . . 28 7 Le dessus représente le portrait en miniature de madame de Sévigné. Au fond , sont les chiffres de Rabutin et Sévigné. Cette tabatière et la lettre qui y est renfermée furent données à Walpole, par madame du Deffant en 1776. — La lettre est ainsi conçue :

Dêg Champs Èly$ées.

Point de iuccesHon de iemps,

Point de date.

DB L'AMATBUR. 517

« Je connais votre folle pauion poar moi, votre enthoosiamse pour mes lettres» votre folle paaskm pour les lieux que J'ai habités. J'ai appris le culte que vous m'y avec rendu. J'en snis ^i pénétrée» que j'ai sollicité et obtenu la permission de mes souverains de venir vous trouver pour ne vous quitter jamais. J'abandonne sans regret ces lieux fortunés. Je vous préflte'e à tous ses habitants : jouisses du plaisir de me voir. Me vous plaignes point qne ee ne soit qu'une peinture; c'est la seule eiisteDoe que puissent avoir les ombres. J'ai été maîtresse de clioisir l'âge où je voulais reparaître. J'ai pris celui de vingtcinq ans, pour m'assurer d'être toqiours pour tous un objet agréable. Ne craignes aucun changement : c'est un singulier avantage des ombres; quoique légères, elles sont immuables. J'ai pris la plus petite figure qu'il m'a été possible pour n'être jamais séparée de vous. Je veux vous accompagner partout» sur terre, sur mer, à la ville, auxeliamps. Mais ce qne j'exige de vous» c'est de me mener incessamment en France» de me faire revoir ma patrie, la ville de Paris, et de choisir pour votre habitation le faubourg Saint-Germain : c'était li qu'habitaient mes meillenres araiee; c'est le séjour ties vMres. Vous me ferex faire eoniiaiasanM avec die; je serai bien aise de juger ai elles sont dignes de tous, et d'être les rivales de

RABCTIN Dfi SÉVIGNÉ.

Mamaserlt* et Vettrem Aaiogrraplie*.

PsAUTiBB LATIN, suF vélin, avec 24 miniatures attribuées à GiuHo Clovio 402 10

— £d 4786, Walpole Tacheta 189 liyres.— L'importance de ce volume a été longuement discutée dans le Gentleman's Magazine (mai 4842, p. 496). Son mérite, quoique très-grand, n*a cependant pas permis aux critiques de cet excellent journal de Tattribuer avec certitude à don Julio Gtovio.

Missel, enricbi de miniatures, attribuées à Raphaël et à ses élèves. La monture, en or, est émaillée et ornée de rubis et de turquoises. Sur les côtés se trouvent deux intailles sur pierre dure ; Tune où est représentée la mise en croix de Jésus- Christ. Sur l'autre un sujet de la Bible.— L'agrafe est formée d'un large grenat. — Forster .115 40

Ce précieux volume a été fait pour Chiude, reme de France , femme de François I*^ Walpole dit qu'il provient de la collection du docteur Mead (1755).

518 LK GABINKT DK L'AMATEUR.

, Manuscrit in-folio, 8ur véKn, de vieux poètes anglais. YieM de la librairie de R.Thore8by.— Rodd iîO 10

Cet ouvrage renferme des miracles et des mystères dans le genre de ceux de Ardwick , Goventry et Cbester.

Journal i>b votagb du duc de Buckingbam ea France et en Espagne, avec le prince Charles. — British-MoBeum. . . 96 45

Vol. in-folio, sur vélin, publié, par sir Sackwilld Growe.

PoRTBFBDiLU contenant les notes et la correspondance de Walpole , relatives à ses « Doutes historiques. » Bohn. ..88

Collection des manuscrits légués à Horace Walpole par madame duDeffant, morte en 1780.— 12 volumes.— Thorpe. 157 10

Trois lbttrbs originales, adressées au cardinal Pôle par sa nièce, Catherine Foie, comtesse de Huntingdon, sa sœur, lady Hastynges et Henri Ponynges. — (British-Museum.). . . 2

Lbttrb autographe de la reine Catherine Parr, adressée à Thomas Seymour, lord amiral, et écrite l'année où elle mourut. (1548.) -* Dent. 16 16

Lbttrb d'Olivier Cromwell à sa femme, écrite le lendemain de la bataille de Dunbar.— Sir John Hare 22 1

Nos lecteurs te rappellent que nous avons publié cette lettre daos notre précédent numéro.— Ootre le cachet original, oo en remarque on antre aTec eette devlie : Sttbditui /Idelù régi» e$t regni saius. Ce cachet est celui de Col. Careless ou Carlos, qui accompagna Charles U dans sa fuite de Worcester, et à qui celte lettre parait aToir apparteon.

Lbttrb de remontrances du général Monck à Jacques, duc d'York, au sujet des officiers de la marine royale. — Sir John Hare 5

Dbux lbttrbs autographes de Stanislas Auguste, roi de Pologne, et unb de ' Pierre le Grand. — Smith 5 5

QuATRB LBTTRBS de madame de Sévigné.— Thorpe. . . 4 14 6

Dbdx lbttrbs de madame de Maintenon, avec une boucle de ses cheveux. —Holloway 5 5

Quarante lbttrbs autographes du docteur Lort à Walpole. — British-Museum 8 8

{La suite au prochain numéro.)

BLLLETIN-CHRONIQUE.

Vemtefi puMI^aes.

Avec le mois de novembre a commencé la saison des venies qui, sauf quelques petites collections dont nous avons parlé , n'a rien offert de trè&-remarquable depuis trois mois. Les commissaires-priseurs qui s'occupent spécialement des ventes d'objets d'art et d'antiquité ont £iit construire rue des Jeûneurs des salles spacieuses et commodes avec les aménagements nécessaires pour ces sortes d'opérations; le tout est même fort élégant : qui en devons-nous remercier? Farchitecte, sans doute. En attendant la vente de la galerie Aguado, qui doit avoir lieu Ie20mars1845 et les jours suivants, des ventes nombreuses se préparent qui essayeront de profiter du concours d'amateurs que cette occasion doit réunir à Paris. Avant cette époque aura lieu la vente de la collection de M. Petit, de Lyon, riche surtout en émaux et en curiosités du moyen âge et de la renaisisance. On annonce aussi pour la fin de la saison la vente des tableaux anciens de M. Paul P.,amateur distingué, qui possède des peintures flamandes et hollandaises d'un grand mérite.

La loi qui prohibe la vente aux enchères des marchandises neuves nous avait donné l'espoir de voir cesser également les ventes qui , bien que composées d'objets anciens, sont faites par certains industriels, dans un but de spéculation mercantile, fort nuisible au commerce. Les autorisations du tribunal de commerce de la Seine nous paraissent accordées sans discernement et avec beaucoup trop de facilité. Ainsi, on permet à tel marchand de vendre aprèê cessation deeomimeree, pour la vingtième fois peut-être, et on met tous les empêchements possibles à la vente aux enchères du Muiée CAtnott, collection apportée à grands frais des pays étrangers. 11 faudrait, ce nous semble, agir en sens inverse. Uappor- ^er de l'Asie Mineure, de Tlnde ou de la Chine des collections toujours curieuses et souvent importantes pour la science, voilà les spéculations qu'il faudrait encourager et attirer sur notre marché, par toutes lesfaci-

lités possibles; ces ventes ne contrarient en rien le commerce des marchands en boatique, au contraire, elles l'alimentent ; il n'eu esl pas de même de celles que nous signalons plus haut, elles lui font une concurrence directe. Là, les objets appartiennent à vingt personnes, peul-élre , et rien ne nous garantit que le voisin qui épie nos impressions ne soit le propriétaire qui doit nous faire payer chèrement notre fantaisie. Une de ces ventes que nous voulons signaler est celle faite les 29 et 30 novembre. Les Berghems vantés ne trouvaient pas d'enchère à 000 francs, les tableaux importants de Wouvermans, de Ruisdall et de Backhuysen s'y vendaient 1,000 francs , les Greuzc SOO et les Watteau 300, et encore Dieu sait s'ils n'étaient pas rachetés.

Nous avons déjà eu occasion de remarquer combien sont scabreux les catalogues de M. Gh. PaiHet ; cet expert a une singulière manie, c'est de vendre chaque année quelques tableaux dont les originaux sont au Musée, et de vouloir nous persuader que nous ne possédons que les copies. L'année dernière c'était un Dominiquin, cette année c'est un J. Vemei, copie de Dcmame , peut-être , qui , dans cette vente , annoncé comme original , s'est vendu 400 francs , prix deux fois trop élevé pour une copie, quel que soit son mérite.

Les tableaux provenant de la vente. faite par M. Dubois en 1840 ne se soutiennent pas dans le commerce. Ce marchand, qui a une grande réputation d'habileté , avait assez bien présenté sa collection , dont la vente fut opérée avec succès; mais avec le temps les restaurations, quelque habiles qu'elles soient, changent de ton, le tableau s'obscurcit, et il ne reste dans les mains de l'acheteur qu'un objet sans valeur. Un petit tableau donné à Isaac Ostade nous en donnera un exemple assez brillant : adjugé à cette vente, au prix de 2,000 francs; l'année dernière, il était tombé à i,300 ; cette année, il a été adjugé, dans la vente dont nous nous occupons, à 1 ,040 francs. Vienne une nouvelle épreuve, il n'y aura pas acquéreur à 500 francs. Les amateurs ne sauraient trop se tenir en garde contre de semblables peintures.

Ainsi que nous l'avions pressoiti, à Taide de beaucoup de bruit, de réclames et de promesses pompeuses, VAUianee des arl$ a essayé d'imposer au public un tas de productions de peu de valeur et d'une originalité douteuse. Cette tentative n'a réussi qu'à demi , elle n'est même plus à craindre pour Favenir ; les amateurs ont apprécié tout d'abord à sa juste valeur cette industrie nouvelle.

Rien n'avait été épargné pour donner de l'importance à la collection de dessins de M. Yillcnave ; le catalogue disait : « Nous croyons pouvoir

DB L'AMATBOR. 5'i^

afttrmer que depuis le dix-huiUème siècle on n'a pas présenlé aux amateurs une collection aussi nombreuse et aussi distinguée. Le Musée du Louvre ne possède pas de plus beaux dessins, n I>es circulaires avaient été adressées aux artistes et aux gens du monde pour les inviter à venir jti^Mr celte prédeuie coUeclion. De tout cela, qu'estril sorti? du* vent. La plus grande partie de ces dessins a été retirée , Tautre vendue aux prix de deux à cinq francs la pièce ; quelques-uns, d*un prix plus élevé, ont été adjngésà desacquéreurs^que nous avons tout lieu de ne pas croire sérieux.

Le charlatanisme que nous avions signalé dans le catalogue des livres de M. Mionnet, et qui consistait à mettre à la plupart des articles envoi autographe de l'auteur^ était remplacé ici par Tindication : Cabinet Crozai, cabinet Mariette, etc., attaché sans raison aux dessins les plus insignifiants. Rien n'est plus facile que ces indications, car on sait que dans les précieux catalogues de ces collections, la plupart des dessins ne sont nullement décrits, ou sont réunis en lots 4e dix à quinze pièces. Certaines indications étaient même fort maladroites ; ainsi, un dessin attribué à Rubens (n° 386), au crayon noir et rouge, est suivi de cette note : « Nous croyons que c'est le n<^ 819 du catalogue Crozat. i> Or, comme le dessin du cabinet Grozat, représentant le même sujet qui se retrouve dans le catalogue Mariette (n^ 1O08), est entièrement à la sanguine vit pbu rehaussée de blanc^ il est fort clair que ce dessin, acheté 209 francs par M. Dujarier, est tout simplement une copie. . Beaucoup de ces cabinets qui n'ont jamais existé ont fort réjoui les amateurs, entre autres le fameux cabinet A. R. D. Ces lettres, que Ton ;trouve souvent sur des dessins montés et entourés d'une rivière verte et de lilets EnglomyséSy comme on disait au dix^uitième siècle, ne sont nullement la marque d'un cabinet, mais bien celle d'un pauvre diable qui excellait dans ce genre de travail. Elle est fort connue des brocanteurs les moins experts. Il est fâcheux que M. Thoré, dont rien ne saurait nous faire suspecter la bonne foi, ait prêté son nom à de semblables spéculations, et se soit laissé imposer des noms célèbres et des provenances que rien ne justifie. M. Thoré est un écrivain facile, mais un connaisseur peu expérimenté qui doit se défier de lui-même, il confond souvent Teniers père et Teniers fils, Lancret et Watteau. Il a fait preuve de^goût en retirant son nom du Bulletin de V Alliance des arts dès la troisième livraison. Nous ne pouvons que l'engager à faire de même pour les catalogues que publie cette société.

La vente des livres de M. Mionnet ne paraît pas non plus avoir répondu à l'attenle de V Alliance des arts ; elle avait acquis à grand prix cette collection, pour se parer du nom de son propriétaire. Les articles

les plMimporunte oal été retirés, faute d'enebères; mis sur table avec des prétentions exagérées. Noos ne reviendrons pas sur la rédaction de ce plaisant Catalogue, on de graves membres de TAcadémie des Inscriptions se trouvaient transformés en ornithologistes; cependant nous regrectons de ne pas nous être arrôlé dans le temps avec plus de détails s«r les erreurs que nous y avions signalées. Le livre Coim of thê Seleucidœ khig, êle., bjGongh, pour lequel on avait inventé un bon petit naufrage, a été acquis, par le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque du roi, ao prix de 150 francs. C'est une grande erreur : il y avait, cet été, trois exemplaires de ce livre à la librairie numismatique de J. Hearne (Londres), qu*on pouvait avoir au prix de 50 francs chacun.

Le recueil intitulé MédaiUei éTor dê$ empereurs romaim, ete., gravées par Caylus, trahissait un plus grand désir de tromper le public ; car il n'est pas permis d*ignorer le Manuel du libraire qui dit :

■ Ce livre peu important éuit fort cher autrefois, parce qu'on prétendait que le oomfle de Gayins, après rimpression de quelques exemplaires, mécontent des planches, les a? ail fait casser on biffer. Ce ftiit s'est trouvé faux, et demièreBieBt ronvrage était encore en fonds ehei M. Rcnouard. Prix M5 fr. et eu gr. pap. M fk*. Vendu ches d'Enocry ; 70 pi., portrait et fironlispice, mar. dent. tab. 401 1^. •

Citer la dernière ligne de cette note en la dénaturant, et retrancher le reste, ne nous parait pas fort loyal. On ne saurait trop se défier, en général, des annotations de catalogues qui ne viennent pas de probités commerciales bien connues.

La bibliographie est une science dont M. Paul Lacroix ne sait pas le premier mot. Une fantaisie de jeune homme, qui lai a fait mettre depuis quinze ans le mot Bibliophile sur le dos de quelques romans, ne suffit pas pour lui donner des droits sérieux au titre de bibliographe.

Le ministère de V Alliance deê arts nous paraît ne devoir présenter que des chances défavorables aux personnes qui auraient à se défaire de collections de quelque importance. La position agressive quelle a prise n'est nullement faite pour lui concilier les marchands, qui, en somme, sont la base de ces transactions ; sans chances favorables, elle ne peut qu'élever les frais, déjà très-grands, des ventes aux enchères. Cette société, dirigée par deux hommes entièrement étrangers à ce genre de commerce, et qui n'ont aucune idéo juste de la valeur vénale des choses, ne peut que prolonger Ferreur toujours funeste des vendeurs qui s'exagèrent l'importance de ce qu'ils possèdent. C'est ainsi que, dans les quelques ventes faites par son ministère, tous les objets importants, ou lui ont été adjugés à elle-même, ou ont été retirés faute d'enchères sur des mises à prix déraisonnables.

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\ n Les opérations de cette société nous paraissent donc devoir se borner

■i à l*acbatau comptant des collections, et à leur revente à ses risques et

B périls. Ce commerce, qui peut présenter des chances favorables, aurait

p rinconvénient de tomber directement sous le coup des lois qui régissent

I la matière. Nous reviendrons sur ce dernier point.

Vente d^Aaio^raplies.

La vente d'autographes de M. A. Martin a produit quelque sensation parmi les amateurs, qui ont vu les prix s'élever d'une manière notable. Est-ce un plaisir ou une peine? Si, d'un côté, Ton voit augmenter la valeur des choses que Ton possède, d'un autre^ on sent se borner la faculté de se livrer à de nouvelles acquisitions. Ce mouvement de hausse doit être attribué à un amateur enthousiaste , M. le baron Taylor, dont le nom était prononcé pour la première fois dans les ventes d'autographes, et qui a vaillamment conquis, à la pointe... des napoléons, les plus belles pièces de cette petite collection.

fr. c.

ÂNTiB D'AuTRiGHB , femme de Louis XIII.

A mon fils le duc d'Orléans. 4653. Une page in-^'', cachets. . 28 BBNOtT XIY (Lambertini).

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