DG L AM.UI2UR
II y a eu peu de méprises dans celle vehle; ccpeiidunl la manière doni elle élait présenlée pouvail en occasionner de nombreuses, l/experl eht-il rboronie du vendeur ou celui du public? Esl-il une garantie pour Tun ou un moyen pour Tanlre? Il sMnliluIe expert honoraire du Musée Royale par exemple; nous ne savons si \e Musée donne des brevets d'experls , mais, en loul cas, c'esl pour le public un molif de confiance qui lui donne une espèce de responsubililé, el devrail te rendre nès-circonspecl dans ses opérations. Nous savons qu en peinture il a pour rcruge r impossibilité qu'il y a de lui démonirer malbématiqnenienl son erreur; cependant il y a des certitudes morales qu'il ne faut pas uffronter trop souvent. Le public nous parait sacrifié lu plupatl du temps. L'expert devrait être pour le vendeur une garantie que fta chose sera vendue un. prix raisonnable., puisque, d'ordinaire , il est marchand lui-même, et que son métier est de connaître parfaitement. le prix des objets. Pour le public, Texpert devrait être, par le caractère dont il se revêt, ou par sa réputation, cequi vaudrait mieux, rassiiraiiced une attribution exacte et consciencieuse.
Rien de pins contestable , certainement , que l'aptitude de M. Charles Paillet à juger les ouvrages des grands maîtres, et on ne lui demande rien de pareil ; cependant on lui accorde généralement assez de métier pour savoir distinguer une copie d'un original , une bonne chose d'une mauvaise. Pourquoi donc écilt-il deux pages d'assertions hasardées pour mettre une mauvaise copie au*dessus d'iin tableau original de ce même musée dont il se dit expert, et qu'il ne connaît pas sans doute? Qui le force, en attribuant à Vclazquez une peinture de troisième ordre, d'écrjre cette phrase : « Ce portrait dépasse en linesse de ton et en vérité de couleur tout ce qu'on connaît du même maître? » Le tableau attribué au Dominiquin ne s'est pas vendu; il a été mis sur i;ible à 25,000 fr, et a fait rire faiiditoire; mais le portrait de Philippe IV attribué à Velazqiiez s'est vendu 5,700 francs, et c'est nue grave erreur. Ce portrait n'est ni de Vclazquez, ni de Bautist;i del &lazo, son gendre , ni de Pan^ja , son esclave, qui devint son meilleur élève, mais bien de Jusepe Léonardo, autre peintre de ce temps, qui était, comme Velasquez , pinlor de caméra de Philippe IV. Voilà où nous conduisent les experts honoraires du Musée Royal. Nous ne citons que ce fait; il y en aurait mille du même genre à relever.
Parlons maintenant de quelques erreurs de goût qui nous paraissent tenir de la manie el que nous ne laisserons j.'\mais passer saps les signaler.
Un tableau vraiment authentique de Vcla/.qin'z, la (vnvctMiion
ouvra gcimportaiil qui rciiiiissail au piUoresquc de la coinpobiiioii la Lcautc de rcxécuiion, la rareté, et aussi une dimension commode recherchée par les riches amateurs qui ne possèdent ni palais ni galeries, n*a été poussé qu'à 5,800 fr. Le vendeur a eu le bon rspri! de le raclutcr. D'un autre côlé. un tableau de Téiiicrs, les OEuvres de Charité, tableau capital aussi, mais dont on connaît au moins trois rêpétilions, celle du Musée Royal, entre autres, qui lui est bien supérieure, a clé adjugé au prix de 12,906 fr. D'où vieni certc différence de prix? Telazqnez iVcsi-il pas un peintre d'un ordre bien supérreur à Téniers? Après les grands maîtres llapliaêl, le Yinci , Titien, il est même un des peintres (es pins rares; ses tableaux de chevalet sont introuvables, et ne le cèdent h rien comn:e mérite. Il serait pénible à penser pour le goût de nos amati'ins que Tcniers eût pins d'admirateurs parmi eux que le grand et fier peintre de Philippe IV.
Les collections remarquables qui ont été livrées aux enchères pendant la saison qui vient de ttnir ont été Foin de répondre à tous les goûL<. Nous n'avons en à signaler aucune vente d'objets mohiliers des belles époques de Louis XIV et de Louis XV ; aucune vente d'estampes remarquable ; pour les armes , il on a été fait une vente au début tfe la saison, remarquable parnu grand ntnnbre de falsilications évidentes quoique exécutées avec art. Nous croyons sav(»ir qu'un amateur était de moitié dans cette spéculation. Ce honteux irafic, que nous poursuivrons partout, avait été abandonnéjusqu'alors aux plus hasardeut brocanteurs.
Itëcisions Judiciaires.
Puisque nous eu sonmiesà la police des iransaciions, nous nous occuperons de quelques décisions judiciaires rendues dernièrement sur des matières qui intéressent lesamateurs: — Texclusion des ventes publiques des objets contrefaits, — le droit de gravure.
La loi du 25 juin 18il sur les ventes aux enchères porte d'ans son article !•' : « Sont interdites les ventes en déUiil des marchatidises neuves à cri public, soit aux enchères, soit an rab':kis, soit à prix lixeproclatné avec ou sans Tassistanee des officiers ministériels.
L'art. 7 de la même loi porte contre les contrevenants à cette prohibition une amende de SO à 5,01)0 fr., la confiscation des objets vendus, sans préjudice des dommages-intérêts qui pourraient être réclamés.
Le 29janvierdernierleiribunai correctionnel de Paris (6* chambre) fut appelé pour la première fois à décider sur celte question, qui a tenu pendant longtemps lajiirisprndence indécise. Il s'agissait de mciddes d'une
un LAMATEL». 231
forme e( d'une couleur uiicienncs, ciUicremcnl neufs ou fabrii|uês do parues neuves el de pnnncaai anciens. Ces sories de produits, qui eniplibsenl les venl«6 depuis quelque ionips, nvaicnl éiê livrés aux enchères dans lu salle des venios do la rue dos Jeûneurs. Dans les motifs de son jugemeni . le iribunal, établissant que ce mélange de ^ieuset do neuf n'empéclie pas qu*ll s*agisse do marcliandises faisant partie d'un négoce, ne sortant pas des mains d'un consonunaienr, mais do celles d'un fabricant ou marcliand. ei dont Li vente au\ enchères ou en dclail peut en conséquence nuire aux autres nnircliands ou fabricants de même nature, ce que le législateur a \ouIu éviter; a ordonné la confiscation des marchandises saisies, et condamné les contrevenants à une amende de 100 fr. et aux dépens.
Depuis celte époque, le iO mai dernier, un nouveau jugement, dans un cas semblable, est venu de nouveau confirmer la décision du 29 jaii* vier. Dans cette dernière affaire la question se compliquait d'une prévention de possession et de mise en vente d'armes prohibées. L'arrêt motivé du tribunal étant de nature à rassurer les amateurs qui possèdent des armes anciennes, nous le rapporterons dans son entier :
( Extrait du journal le Droit, du 11 mat 1842.)
— MAI. Olive, commiswiire-priseur, et Petiiprêtre, expert en objets d'art, étaient traduits aujourdMmi en pol.ce correctionnelle, tous une double prévention : mUe en vente d*armes prohibées et mise en vente de marchandises neuves.
Deux poignards avaient été saisis à 1& vente publique faite par M. Oiivc. Sur Tindicaiton de M. Olive qu*il les tenait du sieur Pctitprètrc, une perquisition fut fuite ches ce dernier, qui amena la découverte et la saisie de poignards semblables.
Ces neuf poignards faits dans le style gothique, mais mal imités, et entre eux d'une ressemblance tout & fait identique, ont été examinés par le tribunal, qui, après avoir entendu M* Pailtet pour M Olive, a prononcé en ces . termes :
« En ce qui touche la prévention de Petitprètre d^avoir fdbi iqué et débité désarmes prohitiées, et contre Olive de s*être rendu complice du délit de vente d'armes prohibées;
« Attendu, en fait, que les armes saisies ne rentrent pas dans la classe des armes prohibées ]xir les règlements d^admini^itralion publique ; qu'examen fiiitde ces armes, de leur forme, de leur solidité, de leur destination, il y a lieu d« r«connatiru que ce ne sont que des objets d'art;
« En ce qui touche la prévention contre les susnommés d'avoir vendu des niarchandises neuves;
« .\ttendu que les poignards saisis comme ayant été mU en vente par le
'l'M LK CAniNKT
ministère d'Olive sont des marchandises neuves; que Petitprêtre qui lésa fabriqués ne peut prétexter d*ignorance ;
a Qu*01ive eût pu aussi facilement se convaincre qu*il s*agi68ait de marcbaudises neuves, en s*enquérant d*où elles provenaient; qu*en outre, l^aspect matériel de ces objets ne permet pas de mettre en doute leur nouveauté, surtout de la pai t d*un comroissaire-priseur ;
« Attendu qu*en cet état Olive et Petitprêtre sont convaincus d*avoir con- . trevcnu à Tart. l«r de la loi du 25 juin 1841, et encouru la peine portée par rart.7;
<f Renvoie les piévenus du chef de prévention relatif à la fabrication et au débit d*armes prohibées, ordonne la restitution des armes saisies chez Petitprêtre.
« Condamne Olive et Petitprêtre à 100 fr. d^amende, qu'ils supporteront chacun par moitié, mais dont ils seront tenus solidairement envers le trésor;
« Ordonne la confiscation des poignards mis en vente;
« Condamne les prévenus aux dépens. »
Otie proscription , qui vient d'atteindre les œuvres des faussaires qui menaçaient d'envahir les ventes publiques, est importante et utile en même temps qu'elle frappera de crainte les auteurs et les agents de ces honteuses spéculations ; car tout acquéreur ou tout fabricant qu'elles contrarient peut les dénoncer et se constituer partie civile; elle mettra plus de sécurité dans le commerce de choses anciennes.
Im vente d'un tableau emporle-l-elle au profii de V acheteur le droit e^ciuxifde le reproduire par la gravure, lorsque le peintre ne s est pus réservé ce droU par une stipulation particulière. (Oui.)
Décision de la Cnur de cassation (chambres réunies), audience solennelle du 27 mai 184:2.
Le déliât qui a amené cette décision, soulevé par les héritiers du baron Gros et M. Vallot contre M. Gavard, éditeur du musée de Versailles, au sujet du droit de gravure du tableau représentant la balailic des Pyramides, a révélé les prétentions les plus curieuses. L'avocat des héritiers Gros et de M. Yailot soutenait qu'il existe, eu faveur du peintre créateur d'un tableau, deux droits distincts procédant, Fun de Vinvention^ ayant pour objet la reproduction de la pensée; — l'autre de Y exécution, ayant pour objet le tableau. Or, le peintre qui vend son tableau ne vend que cela, cVsl-à-dire l'objet matériel, et rien de plus ; quant à la reproduction qui procède de l'invention, elle demeure réservée an peintre.
Ce système ne pouvait prévaloir, car la reproduction par le peintre lui-même d'un tableau vendu, nous semble déjà une question délicate.
»K l'amateur. 233
Chaque répéiilion enlève à la toile primitive une partie delà valeur vénale qu'on y a attachée alors qu'elle était unique.
Par Facquisition d'un tableau , Tacheleur devient propriétaire du droit d'en faire tout ce que bon peut lui sembler; ainsi, s'il lui plaît de Texposer gratuitement au lieu de Tenfouir avec jalousie dans une galerie particulière, il le peut. Si, moins généreux, il veut le laisser visiter moyennant un droit d'entrée, il le peut encore. On ne lui conleslera pas le droit de le louer, d'en faire faire des copies, de les vendre; comment n'aurait-il pas celui de le faire graver? Une copie est une reproduction bien plus complète que la gravure, bien de moins expédiiive.
Exposer, louer, faire copier, vendre et graver, sont autant de droits inhérents à la chose, et qui passent avec elle à son possesseur.
Le système contraire aurait les inconvénients les plus bizarres et les plus graves ; si le peintre reste libre de faire graver ses tableaux, il faudra lui reconnaître ce droit pour tous les tibleaux quels qu'ils soient , de sorte qu'un peintre de portraits sera autorisé à reproduire et à exposer dans les lieux publics des portraits destinés à l'intérieur de la famille ; et d'un antre côté, celui qui aura commandé son portrait ne pourra en faire faire ou en faire lui-même des copies ou la gravure pour la donner à ses amis. Un pareil résultat était inadmissible.
Sans doute, il importe au peintre que son tableau sok compris et gravé avec intelligence ; mais quel est l'artiste chargé de graver un tableau qui n'accueillera pas avec reconnaissance les conseils de celui qui Ta créé ? L'art est intéressé à ce que le graveur reproduise les maîtres, et vouloir lui faire payer ce droit est peu généreux. Lui aussi fait œuvre, virtuelle en gravant sa plancbe ; il contribue à la célébrité de celui dont il propage l'œuvre; il doit un jour conserver au monde le souvenir des tableaux, qui tous disparaîtront, et dès aujouid'hui combien seraient profondément oubliés si des graveurs habiles n'avaient consacré leur burin à les reproduire !
Où en viendrons-nous avec cette avidité de droits? Déjà on s'attaque à l'industrie et on tend à lui ravir les secours qu'elle peut tirer des ouvrages modernes. Desmarchands de porcelaine et de papiers peints ont été condamnés pour reproduction plus on moins exacte de tableaux et d'estampes. Nous ne pouvons que regretter ces misérables débats, également funestes àTintérét et à la dignité de l'art. Chez nous, le droit de propriété trouve des bornes là où commence l'intérêt public. Le législateur et le magistrat ne doivent pas l'oublier.
ItfouTelles dlTer«e0.
La science numismatique vieni de perdre un des hommes les plus disllngués qui Taienl honorée dansée siècle. M. Mionnel, néen1770, s'était adonne depuis sa plus grande jeunesse à Tctude des médailles ; dès l'âge de douze ans, il la cultivait, et n'a cessé pendant soixante ans d'en faire le bnt de tons ses travaux. Destiné par ses parents à la carrière du barreau, il avait été reçu avocat au parlement on 17S9; mais, peu de temps après, la première réquisition Pemmena à la défense de la frontière. Rappelé en 1794 par le comité de salut public, pour travailler dans les bureaux de Tinslruction publique, il fut placé, sur la demande du célèbre abbé Barthélémy, au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, et commença dès lors la nouvelle classification de ce cabinet, d'après le système d'Eckbel, qui venait de faire pour la numismatique ce que Linné avait fait pour Fhistoire naturelle; M. Mionnet conçut en même temps le plan de son grand ouvrage de la Description des médailles grecques et romaines, qui est une heureuse application de cette belle et savante méthode. Il a déciil dans dix-huit volumes plus de soixante mille médailles, non-seulement du cabinet de France, mais de tous ceux de l'Europe, et a fait pour ainsi dire une encyclopédie numismatique dont la place est marquée parmi les meilleurs ouvrages classiques de notre époque. Pendant quarante sept ans, M. Mionnet n'a quitté le cabinet des médailles que deux fois, en 1809 et en 1818, pour aller visiter Titalie, et pour y étudier les belles collections dont la vue augmenta celte connaissance pratique des monuments qu'il a possédée au plus haut degré. Ce qui ajoute à l'ouvrage de M. Mtonneiun intérêt particulier, c'est l'estimation qu il y a faite de chaque médaille sur des bases comparatives; ce qui a rendu à la science lin grand service, en faisant connaître la valeur de ces monuments, et en les préservant ainsi de la destruction. M. Mionnet reçut le prix honorable de ses travaux par sa nomination successive à toutes les académies et sociétés savantes de l'Europe qui s'occupent de numismatique et d'archéologie: celles de Rome, de Florence, de Cortone, LIvourne, Vollerra, d'Arezzu, de Saint-Pétersbourg, de Stockholm, et en dernier lien, la Société de Numismatique de Londres. En 1829, M. Mionnet fut nommé conservateur-adjoint du cabinet des médailles, et en 1850, membre de l'Institut dans l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Une maladie , dont il avait depuis longtemps ressenti les premières atteintes, s'aggrava dans ses dernières années, mais sans dé-
DU, l'amateur. 235
nuire sc6 Tacullés. L'élude des médailles Toccupa jusque sur son lit 4e souffrances, et il rnii la dernière main à la composUiop d'un complément à s:i description des médailles antiques, dont les amateurs ne seront pas privés.
Nous avons vu reparaître , dans Touvrage auquel M. Mionnei a consacré trente années, une composition semblable à colles quj s'élaboraient dans le silence des cloîtres, et dont la vie calme et dévouée de leurs auteurs pouvait seule doter la science.
La vie de M . Mionnet, c'était son travail : la mort Ta respecté jusqu'à ce qu'il en eût tracé la dernière ligne.
— Le cabinet des estampes de la Biblioibèque royale a acquis dernièrement trente-six pièces nouvelles du graveui* anonyme connu sou$ le nom de Maiire de i466. Ces gravures, qui sont d'anciennes caries à jouer, uniques pour la plupart et non décrites encore, sont importantes et curieuses. Elles vionnent d'Âiigleterje, et on>t été a^lietées au prix de 3,000 francs.
C'est avec un vif sentiment de plaisir que nous voyais aps collections, déjà les plus riches du monde, s'augmenter chaque jour par les soins assidus des hommes distingués chargés de leur conservation. M. Duchesne atné, qui a apporté tant d'amélioration dans la classification des estampes du Cabinet, porte yne affection toute particulière au Maître de 1466, à qui quelques critiques veulent attribuer l'invention de la gravure au hurin. L'oeuvre de ce graveur, qui n'était ,que de quarantesept pièces lors de sa nomination à la place de conservateur, se uouve maintenant porté à cent trente pièces, ce qui peut passer pour un prodige de recherches et de soins dans des objets aussi rares.
Nous espérons publier prochainement le catalogue raisonné de l'oeuvre de ce maître, préparé depuis longtemps par le savant conservateur, et si impatieuHnent attendu des amateurs.
Nous saisirons cette occasion pour annoncer un magnilique ouvrage sur les cartes à jouer. Tait par M. Duchesne aîné pour la Société des Bibliophiles français. Peu d'exemplaires de ce travail important seront mis dans le commerce.
— On remarque depuis quelque temps, dans une des salles de la.Bibliotlièque royale, Texposition d'une suite de monuments importants relatifs à l'art typographique depuis son origine. — Un Àr$ moriendi, production primitive, imprimé, texte et gravures, avec des planches de bois gravées. — Les fragments d'une planche en bois qui a servi àTimpression d'un Donal, — La Bible latine, imprimée à Mayence vers U50-55 par Jean Gutenberg. — Le Psautier, imprimé en 1457, pre-
micr livre portant une date certaine. — Epislolm Gaiparini Pergamemitf premier livre imprimé à Paris en 1470, et un échantilhm des productions typographiques des imprimeurs les pins célèbres du XV» siècle : — Ulric de Zeli de Cologne, Jean de Spire cl Nicolas Jenêon de Venise, Colard Mansion de Bruges; William Caxlon, qui le premier a porté F imprimerie en Angleterre, etc., etc.; ensuite viennent les productions des Eslienne, des Jean de Tournes, Planlin, Eltevier^ Didot^ Ibarra, Bodont; el de l'Imprimerie Royale.
Nous approuvons complètement, dans les établissements publics, ces expositions méthodiques. Plus étendues et rigoureusement raisonnées, elles seraient d'un bon enseignement pour le public et épargneraient aussi aux objets précieux une fatigue qui doit résulter, à la longue, d*un déplacement trop fréquent.
—Quelques journaux ont paru annoncer avec plaisir que le fauteuil de Dagoberi^ transporté récemment à réglise de Saint-Denis, avait été mis au feu et redoré à neuf par les soins de messieurs du Chapitre. Nous nous empressons d'annoncer au public savant que ce vénérable monument n*a pas subi la toilette barbare dont il était menacé. Cependant, le bruit qui a fait craindre un instant qu'un monument antique d'une grande importance fût complètement dénaturé, est un avertissement sur les dangers que courent de pareils objets dans des mains vulgaires.
On sait que le siège connu sous le nom de fauteuil de Dagoberî n*e$t nullement un ouvrage de saint Kloi, mais une Chaise Curule de la forme la plus belle et la plus rare, à laquelle on a ajouté un dossier dans le moyen-âge. Comme autique et comme monument national, elle ne peut être à sa place que dans un musée.
Espérons voir revenir bientôt au cabinet des médailles ce monument qui en a été distrait assez légèrement.
— M. Spicker, de Berlin, bibliothécaire de S. M. le roi de Prusse, nous écrit pour nous annoncer la récente découverte faite à Cologne d'un beau monument de Torfévrerie italienne du XVI« siècle. C'est un plat dVgent ciselé, d'un diamètre de 26 pouces 1/2, mesure du Rhin (71 cent, environ), représentant le combat des Amazones. La hardiesse et la pureté du trait font penser à M. Spicker que la composition doit en être attribuée à Jules Romain, qui a souvent traité ce sujet. Tiré drs mains d*un brocanteur par M. Osterwald, de Cologne, ce plat a été lithographie par M. Reberlé, et ensuite offert aux princes de Prusse.
Il serait à souhaiter qu'une description raisonnée de cet objet vint en déterminer l'importance.
— Un de nos abonnés des départements nous demande de le Mxer
sur Fortliographe du nom de Roberl Nanleuil, célèbre graveur français du XV1I« siècle, qui se irouve écrit indistinctement au bas de ses ouvrages , Nantbuil et Nantubil.
Florent le Comte qui, le premier, a donné le catalogue de Tœuvre dt; ce maître; Perrault, qui a écrit sa vie parmi celles des hommes illustres qui ont paru en France pendant le XVII* siècle, écrivent toujours Nanleuil. Les divers catalogues du Musée et du Cabinet des Estampes suivent celte ortbograpbe ; et M. Robert Duménil, en rapportant exactement ces différences de souscription dans son catalogue, ne semble pas les avoir remarquées. Cependant les estampes sonlanssi souvent signées Nanlueil que Nanleuil.
La Satn/tfFamtï/f, qui, dit-on. orna sa thèse de philosophie^ et qo' H dut gravera quinze ans, est ainsi souscrite : i?. Nanteuil^ Philosophia audUor sculpebat, Rheims^ anno Dont 1645. Dans le portrait de MeichiorGiilier, conseiller du roi, la souscription, eu lettres capitales assez grandes, qui est assurément de la main de Tarliste, adopte Tautre leçon : Par son
TBfcS-HVnBLB SBRTITBVR NaNTVBIL QUI L'a DBSSBIGNÉ BT GRAVÉ SUR LE
NATVBEL, 1652. Les estampes antérieures à Tannée t660 sont plus ordinairement signées NnnlueiL Le portrait de René de Longueil, marquis de Maison, gravé deux fois, se trouve sigité Naniueit advivum uulpe- ^1^1655. — Nanleuil advivum faciebal, 1661. Les deux portraits do Ckarlet'Parit d'Orléans, comte de Sainl-Paul, abbé de Saint- Remy de Rheimt, et de Charles d'Orléans^ comte de Dunois^ tous les deux datés de 1660, sont signés, le premier Nanleuil, le sccaud Nanlueil, Tons les grands portraits, sans exception, exécutés sur la (in de sa vie, sont signés Nanleuil. Nous ne pouvons que constater le fait ; il serait curieux d'en rechercher la cause.
— fips amateurs anglais se sont assemblés dernièrement à Londres, dans le but d'élever un monument à David Wilkic. Sur la proposition de sir R. Peel qui présidait la réunion, il a été décidé qu'une somme de 2,000 liv. (50,000 fr.) serait consacrée à ériger une statue à Wilkie, dans la National Gallery. L'arli-te à qui ce travail sera confié n'est pas encore désigné.
— La vente des curiosités et antiquités de Horace Walpolc, faite à Slrawberry-Hill, dans le courant du mois de juin, vient de se terminer. Klle a produit une somme de 29,615 liv. 8 s. 9 d. (près de 750,000 fr.) , non compris un grand nombre d'objets retirés par lord Waldegrave , entre autres, /a Cloche d'argent attribuée ù Ben>enuto Ccllini, cl le Livre d'fieures de Julio Clovio. On estimait ces deux ïibjols 1,000 gui nées chacun.
Les esuinipes rares, dessins, manuscrits ot ouvrages illustrés, seront vendus plus tarda Coveni-Garden.
Celte colleclion renferniait un grand nombre d'objets de peu de valeur et d'un goût suspect, que la faxilaisie de posséder quelque chose venant d'Uorace Walpole a (ait monter à des prix assez élevés.
—Plusieurs promotioas, qui ont pour but de récompenser les artistes , viennent d'avoir lieu dans Tordre royal de la Légion-d'Honneur. Nous nvons remarqué parmi elles celle de M. Jean Gigoux, le grand peiniro du lableau de Cléopàlre essayant des poisons ^ le spirituel dessinateur des illustrations de Gil Bios,
— L^Acadcmie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa séance du i I juin , a procédé à l'élection d'un membre en remplacement de feu M. Mionnet. Le nombre des votants était de 53; majorité, 17. Au premier tour de scrutin, M. de Saulcy, conservateur du Musée d'artillerie ot auteur de plusieurs savants ouvrages sur la numismatique byzantine et française, a obtenn 17 suffrages; M. Sédillot, i5; et M. Dubeux, 1. En conséf|ucnce, M. de Saulcy a été élu membre de l'Institut.
— M. Dumersan, employé depuis plus de trente années au c;ibinet des médailles de la Bibliothèque royale \ vient de succéder au savant conservateur M. Mionnci.
—On vient de mettre en vente chez Goupil et Vibert une grande lithographie de Tauieur de Maître Wolfframby M. A.deLemud. Celte belle production ne peut manquer d'être parfaitement accueillie par les amateurs. Nous en rendrons compte dans notre prochain numéro.
1>R L*AMATKUR. ^39
BULI^TIN BIBLIOGRAPHIQUE.
France.
21 . Élite des monuments céramographiques , matériaux pour l'intelligence des religions et des mceurs de Vantiquite\ expliqués et commenlés par Gh. Lenormant et J. de VViite. 30« livraison, in-i» de deux feuilles, plus 4 pi. Impr. de P. Didot, à Paris. — A Paris, chez Leleux, n^e Pierre-Sarrasin , 9.
Cet ouvrage , inlerrompu après la 20« livraison , a passé dans les mains d'un autre Ibraire depuis la 94«. On annonce qu*il y aura 450 à 900 livra isonsi qui formeront 9 volumes, et paraîtront de mois en mois, au prix de. 4 Tr. » c.
Figures coloriées 6 50
92. Cours d^antiquités monumentales, proressé à Caen en 1830, par M. de
Cauniont : Histoire de l'art dans l'ouest de la France depuis les temps les plus recule's jusqu'au dix-septième siècle. 4* partie. Moyen-âge : Architeeture religieuse. (Nouvelle édition.) In-8o de 31 Teuilles, plus un atlas in-4o oblong d'un quart de feuille, et 24 pi., dont une double. Impr. de Hardel, à Caen. — A Paris, chez Deracbe, rue du Bouloy, 7; cliezHardel 19 »
93. Vies des peintres ^ sculpteurs et architectes; par Giorgio Vasari, traduites
par Léopold Leclanché, et commentées par Jeanron et Léopold Le«clancbé. — A Paris, chez Just Jessier, quai des Augustins, 87. Prix , 6 u
L'édition (orme 10 volumes Le tome m porte aux signatures II hit; le tome IV, porte aux signatures III ; le tome v, porte IV. Les tomes i, iv, v, vi et VII, sont traduits par M. Leclanché , et commentés par M. Jeanron. Les lomes III, viii, IX et X , sont traduits et commentés par M. Leclanché. 2^. OEuvBBS COMPLETES d'andré PALLADIO. Nouvelle édition, contenant les 4 livres avec les planches du grand ouvrage d'Octave Scamozzi et le Traité des Thermes, le théâtre et les églises, le tout rectifié et comx piété d'api'ès des notes et documents fournis par les premiers architectes de récole française; par Chapuy, Al. Corréard et Albert Lenoir. Livraisons 33 à 49. Un seul cahier petit in-folio de 30 feuilles, plus 87 pi. dont 11 doubles. ïmpr. de Fournicr, à Paris. —A Paris, chez Mathias, quai Malaquais Prix des 9 livraisons 79 »
Fin de l'ouvrage commencé d y a dix-sept ans , et annoncé alors en SO livraisons environ.
95. Notice sur Us tapisseries de la Cathédrale de Beauvais. In-S» de trois
feuilles. Imp. de Carbon, à Clermont (Oise).
96. Catalogue des tahleatu: , dessins et gravures de la collection Standish^
légués au roi par M. Franck Hall Standish. ln-19 de 4 feuilles 1/9. Impr. de Crajwlet , à Paris. Prix 1 »