LE CABIHBT DE L'AMATEUR
(Ml de gâcheur au aervioe de leur firère Bernard, pourquoi^ de quektue généreuse amiiié qu'on suppose eekii-ci capable» auvai^ mis ses de«x frères à c6lé de lui dans tous ses oatrages, et les aurail-il moMrés ses coUaborateureà lareine mère, dont il se concilia la royaleetputssaiile pr^ tectioo ? Il serait peut-être de Umte îusticeque, laissanlà Bernard les écrits qui portent son nom et qui sont bien ses ouTrages de cabinet, on admit ses deux frères au partage de sa renommée, comme icuHeun en ierre eimaUUe, soit qu'à ses inventions ils aient ajouté quelques perfeetlonnements en les mettant heureusement en œuvre, soH qu'ils se soient trouvés donés de Flnlelllgence rationnelle et pratique nécessaire pour le seconder dans le traitement chimique des matières dont ils ont tiré de si remarqoadUes ouvrages : la composition des moules des stijets colorié» en relief n'était-elie pas aussi un mvail de véritable artiste, et llnnlation des beaux ouvrages de Tart reproduits par les terres cuites émaillées des Palissy n'étail-elle pas aussi un onvrage d'arU? Bernard n'a pas pu tout faire : Nicolas et Ifathurin firent donc qudque chose, puisque leur frère les produit, dans des ouvrages de premier ordre, comme sesasaociét et ses coHaboraieors.
On voi» aussi, par les comptes qui viennent d'être cités textueliement, que Bernard et ses frèrea étaient à Paris en l'année 4870 ; cette indica^ tion manquait à son histoire : elle marque l'époque de sa faveur auprès de Catherine de Médicis, et vraisemblablement de son habitation aux Tuileries.
Pierre de Lestoile met sa mort à l'année 1590, et il devait en être bien faistruil, puisque Bernard lui légua en mourant $a pierre phUos<h phaU^ qu'il croyait être une tête humaine pétrifiée. Pierre de Lestoile ajoute qu'il a aimé et êonUigé ce bon vieillard en ta nieeetUé : Bernard sérail donc tombé dans la misère sur la fin de ses jours ! Mais on est contraint d>n faire honneur, ainsi que de sa mort h la Bastille, si honneur il y a, à l'esprit de faction et à l'implacable intolérance des Seixe qui avaient fiit enfermer Bernard dans cette forteresse, et détenir primmnim pour reXi^fitm. Il y a des temps aussi où les génies qui honorent le plus leur pays no trouvent aucune grâce devant les ambitieux qui se disputent la domination ; Bernard mourut victime de leurs fureurs; nous ne savons rien de la mort de ses deux frères associés à tous ses travaux, et qu'il serait juste d'associer aussi ii sa renommée.
Vous jugerez. Monsieur, si ces notes peuvent intéresser vos lecteurs ; dans ce cas, Je vous prie de les agréer avec l'assurance de mon dévouemenl.
J .-J . Champoluon-Fi(;ka(:.
BLLLETIN-CHROINiQlE.