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INDUSTRIE

NoMveaMx proeëActe latriNlitlIs dJia» l^art du liorenr.

PAR MM. ELKINGTON ET DE RUO|.Z.

Xous aurons rarement à signifier un succès aii^ complet et des résultats aussi précieux pour les arts et pour Tindustrie que ceux des uouxeaux procédés que viennent d'introduire dans Tart de dorev tes métaux, MM. Elkington et de RuoJz.

a Un art Qauveau de la plus haute importance, dit le rapport fait à TÂcadémic des sciences, car il tend à rendre générales les jouissances du luxe le mieux raisonné, vient, sinon de naitre en France, du moins d'y recevoir des développements inattendus. C'est Tart d'appliquer à volonté les métaux les plus résistants ou les plus beaux, en couebes minces comme celles d'un vernis, ou en couches plus Caisses à volonté, sur des objets façonnés avec d'autres métaux moins chers et p^is tenaces que ceux-ci :

a Ainsi, des objets en fer, en acier, c'est-à-dire tenaces, durs ou tranchants, mais oxydables à l'air, peuvent, tout en conservant leurs anciennes propriétés, devenir inaltérables au moyen d'un vernis d'or, de platine ou d'argent, vernis si léger et si mince, qqe leur prix s'en ressent à peine.

a Des ustensiles en cuivre, laiton ou étain, qui) seraient dangereux ou désagréables, peuvent recevoir la même préparation en couebes plus épaisses et en devenir inaltérables à l'air, inodores et d'un emploi salubre. Et comme l'agent qui opère de tels effots possède une puissanro

sans limilcs, ilf;tut ajouter que ce n'est pas seulement Tor, le platine et Fargent qu'on peut appliquer sur quelques métaux, mais le cuivre, le plomb, le zinc, le nickel, le cobalt, etc., qui, mis à contribution selon les circonstances, viennent h leur tour cbanger Taspect des objets sur lesquels on les force à se déposer, ou bien leur communiquer des propriétés utiles et nouvelles. »

Pour bien faire comprendre les brillants résultats qui doivent suivre cette découverte, nous essayerons, en nous aidant du beau rapport de M. Dumas que nous venons de citer, d'en indiquer Torlgine et d'en décrire brièvement les divers procédés.

On sait que la dorure sur laiton et argent, celle qui se pratique le plus, se faisait constamment, il y a peu d'années encore, au moyen du mercure. Après avoir décapé soigneusement la pièce, on la barbouillait d'un amalgame d'or et de mercure, puis on la passait au feu ; le mercure, s'évaporant, laissait l'or à la surface de la pièce. Mais, dans la pratique d'un pareil procédé, les ouvriers, exposés sans cesse au contact du mercure liquide ou à l'action du mercure en vapeurs, éprouvent au plus haut degré les funestes effets de l'empoisonnement par les émanations mercurielles.

L'Académie a toujours pris un intérêt particulier au perfectionnement de cette industrie, sous le rapport de la salubrité. En 4848, un prix de 3,000 francs fut fondé par un ancien doreur en bronze, M. Ravrio, et ses efforts, pour diriger les recherches sur cette partie de la science, n'ont certainement pas été étrangers aux résultats qui .tiennent d'être obtenus.

11 y a deux ans environ, M. Elkington appliquait en Angleterre et importait en France un nouveau procédé qu'il appelait dorure par vote humide. Ce procédé, très-simple en pratique, mais dont l'explication ne se présentait pas d'une manière très-satisfaisante à l'esprit des chimistes, consiste à dissoudre For dans l'eau régale, ce qui le convertit en percblorure d'or ; à mêler celui-ci avec une dissolution d'un grand excès de bicarbonate de potasse, et à faire bouillir le tout pendant assez longtemps. On plonge ensuite dans la liqueur bouillante les pièces de laiton, de bronze ou de cuivre bien décapées, et la dorure s'applique immédiatement, une portion du cuivre de la pièce se dissolvant pour remplacer For qui se précipite.

La dorure par voie humide est loin cependant de pouvoir rcmplacciles anciens procédés. A peine, dans le cas le plus favorable, peut-elle arriver au degré d'épaisseur que la plus mauvaise dorure au mercure est obligée d'atteindre.

DE L*AMATËUR. 284

Ce sont deux industries distinctes : Tune ne peut pas remplacer l'autre.

Tels étaient les divers moyens employés pour la dorure des métaux, lorsque M. Elkington,d'uncèté,etM. deRuolz, de Vautre, s*occupaient d'une découverte dont ils avaient eu la pensée simultanément, et qui devait révolutionner complètement cette branche d'industrie. Le brevet de perfectionnement de M. Elkington est du 8 décembre 1840, celui de M. de Ruoli du 19 du même mois. Tout démontre, d'ailleurs, que M. de Ruolz a travaillé de son côté sans connaître la demande de M. Elkington ; d'ailleurs ses procédés sont aujourd'hui fort différents de ceux de l'industriel anglais; 11 est juste de dire aussi qu'un savant professeur de Genève, M. de la Rive, avait déj^, dans des essais imparfaits, posé les bases du nouvel art.

Les procédés galvaniques de M. Elkington, dans la description desquels nous n'entrerons pas, sont simples ; mais l'emploi de sels coûteux et difficiles à conserver en dissolution doit susciter en fabrique bien des obstacles, et il reste douteux qu'en l'employant, la dorure se fît à meilleur compte que par la méthode actuelle sans mercure.

Pour appliquer l'or, M. de Ruolz emploie la pile, comme le font MM. de la Rive et Elkington ; mais il a éprouvé une telle variété de dissolutions d'or, qu'il lui a été facile d'en trouver de moins chères et de plus convenables que celle dont M. Elkington fait usage lui-même.

Ainsi, il s'est servi, i^ du cyanure d'or dissous dans le cyanure simple de potassium ; 2^ du cyanure d'or dissous dans le cyano-ferrure jaune; 5* du cyanure d'or dissous dans le cyano-ferrure rouge; 4<> du chlorure d'or dissous dans les mêmes cyanures ; 5^ du chlorure double d'or et de potassium dissous dans le cyanure <lc potassium ; 6® du chlorure double d'or et de sodium dissous dans la soude ; 7® du sulfure d'or dissous dans le sulfure de potassium neutre.

Les chimistes seront même étonnés, à entendre tous ces procédés, que le dernier de tous, celui qui repose sur l'emploi des sulfures, soit le plus convenable, et qu'appliqué à dorer des métaux tels que le bronze et le laiton, dont on connaît la sensibilité en ce qui concerne la sulfuration, il réussisse à mer^'eille et en donnant la dorure la plus belle et la plus pure de ton.

Du reste, tous ces procédés réussissent bien, et les trois derniers en particulier permettent de dorer tous les métaux en usage dans le commerce, et même des métaux qui, jusqu'ici, n'y ont pas été employés.

Par les essais les plus multipliés, M. de Ruolz est parvenu à appliquer :)vec le plus grand succès sur tous les métaux le platine, l'argent, le

sans limilcs, ilf;tut ajouter que ce n'est pas seulement For» le platiue et l'argent qu'on peut appliquer sur quelques métaux, mais le cuivre, le plomb, le zinc, le nickel, le cobalt, etc., qui, mis à contribution selon les circonstances, viennent à leur tour changer Taspect des objets sur lesquels on les force à se déposer, ou bien leur communiquer des pro* priétés utiles et nouvelles. »

Pour bien faire comprendre les brillants résultats qui doivent suivre celte découverte, nous essayerons, en nous aidant du beau rapport de M. Dumas que nous venons de citer, d'en indiquer Torigine et d'en décrire brièvement les divers procédés.

On sait que la dorure sur laiton et argent, celle qui se pratique le plus, se faisait constamment, il y a peu d'années encore, au moyen du mercure. Après avoir décapé soigneusement la pièce, on la barbouillait d'un amalgame d'or et de mercure, puis on la passait au feu ; le mercure, s'évaporant, laissait l'or à la surface de la pièce. Mais, dans la pratique d'un pareil procédé, les ouvriers, exposés sans cesse au contact du mercure liquide ou à l'action du mercure en vapeurs, éprouvent au plus haut degré les funestes effets de l'empoisonnement par les émanations mercurielles.

L'Académie a toujours pris un intérêt particulier au perfectionnement de cette industrie, sous le rapport de la salubrité. En 4818, un prix de 3,000 francs fut fondé par un ancien doreur en bronze, M. Ravrio, et ses effbrts, pour diriger les recherches sur cette partie de la science, n'ont certainement pas été étrangers aux résultats qui tiennent d'être obtenus.

Il y a deux ans environ, M. Elkington appliquait en Angleterre et importait en France un nouveau procédé qu'il appelait dorure par txne humide. Ce procédé, très-simple en pratique, mais dont l'explication ne se présentait pas d'une manière très-«atisfaisante à l'esprit des chimistes, consiste k dissoudre l'or dans l'eau régale, ce qui le convertit en perchlorure d'or ; à mêler celui-ci avec une dissolution d'un grand excès de bicarbonate de potasse, et à faire bouillir le tout pendant assez longtemps. On plonge ensuite dans la liqueur bouillante les pièces de laiton, de bronze ou de cuivre bien décapées, et ]a dorure s'applique immédiatement, une portion du cuivre de la pièce se dissolvant pour remplacer l'or qui se précipite.

T^a dorure par voie humide est loin cependant de pouvoir remplacer les anciens procédas. A peine, dans le cas le plus favorable, peut-elle arriver au degré d'épaisseur que la plus mauvaise dorure au mercure osl obligée d'atteindre.

Ce sont deux industries distinctes : l*unc ne peut pas remplacer l'autre.

Tels étaient les divers moyens employés pour la dorure des métaux, lorsque M. Elkington,d'uncèté,etM.deRuolz, de Tautre, s'occupaient d'une découverte dont ils avaient eu la pensée simultanément, et qui devait révolutionner complètement cette branche dindustrie. Le brevet de perfectionnement de M. Elkington est du 8 décembre 1810, celui de M. de Ruols du 49 du même mois. Tout démontre, d'ailleurs, que M. de Ruolz a travaillé de son côté sans connaître la demande de M. Elkington ; d'ailleurs ses procédés sont aujourd'hui fort différents de ceux de rindustriel anglais. 11 est juste de dire aussi qu'un savant professeur de Genève, M. de la Rive, avait déj^, dans des essais imparfaits, posé les bases du nouvel art.

Les procédés galvaniques de M. Elkington, dans la description desquels nous n'entrerons pas, sont simples ; mais l'emploi de sels coûteux et difficiles à conserver en dissolution doit susciter en fabrique bien des obstacles, et il reste douteux qu'en l'employant, la dorure se fit à meilleur compte que par la méthode actuelle sans mercure.

Pour appliquer l'or, M. de Ruolz emploie la pile, comme le font MM. de la Rive et Elkington ; mais il a éprouvé une telle variété de dissolutions d'or, qu'il lui a été facile d'en trouver de moins chères et de plus convenables que celle dont M. Elkington fait usage lui-même.

Ainsi, il s'est servi, \^ du cyanure d'or dissous dans le cyanure simple de potassium ; 2^ du cyanure d'or dissous dans le cyano-ferrure jaune; 5* du cyanure d'or dissous dans le cyano-ferrure rouge; 4^ du chlorure d'or dissous dans les mêmes cyanures ; 5^ du chlorure double d'or et de potassium dissous dans le cyanure de potassium ; 6® du chlorure double d'or et de sodium dissous dans la soude ; 7^ du sulfure d'or dissous dans le sulfure de potassium neutre.

Les chimistes seront même étonnés, à entendre tous ces procédés, que le dernier de tous, celui qui repose sur l'emploi des sulfures, soit le plus convenable, et qu'appliqué à dorer des métaux tels que le bronze et le laiton, dont on connaît la sensibilité en ce qui concerne la sulfuration, il réussisse à merveille et en donnant la dorure la plus belle et la plus pure de ton.

Du reste, tous ces procédés réussissent bien, et les trois derniers en particulier permettent de dorer tous les métaux en usage dans le commerce, et même des métaux qui, jusqu'ici, n'y ont pas été employés.

Par les essais les plus multipliés, M. de Ruolz est parvenu à appliquer :\\ec le plus grand succès sur tous les métaux le platine, l'argent, le

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cuivre, rélaio, lepkMnb, le zinc, le cobalt ei le nickel. L'or s'applique à racler, qu'il rend inattaquable à la rouille; l'argent au cuivre età Télain, qu'il métamorpbose en une vaisselle magnifique, bien préférable au plaqué ; le cuivre s'applique au fer, le plomb à la fonie, à qui il donne sa p&le et harmonieuse couleur.

Mais ce qui ajoute au merveilleux de eeile découverte, c'est l'eaiièrc docilité du procédé : on applique l'or à volonté ; sa précipitation, qui est régulière et exactement proportionnelle au temps de l'immersioa de l'objet qu'on veut dorer, permet de juger de l'épaisseur de la dorure par la durée de l'opération, de la varier âi volonté, et, suivant que l'ob^t l'exige, de charger davantage les parties exposées à un usage ou un frottement plus fréquent.

L'épaisseur de dorure que l'on peut obtenir par ce procédé dépasse toutes celles des procédés connus ; on peut même déterminer, avec la plus grande exactitude, la valeur du métal appliqué. Nous u'avoss pas besoin d'énumérer tous les secours que peuvent tirer d'une pareille découverte les arts et l'industrie, ils sont infinis «t peut-être inconnus encore. La dorure par les procédés galvaniques est de 20 O^G uioins chère que celle au mercure ; elle s'applique à tous les métaux, aux plus grandes pièces comme aux plus petites, sans danger pour les objets délicats qui souvent ne peuvent pas supporter le feu.

MM. Cbristofle et Cooip., rue Montmartre, n** 1%^ sont les cessionnaires des brevets de M. de Ruob. Il serait heureux qu'une maison, déjà honorablement connue dans le commerce de l'orfèvrerie, avec laquelle les particuliers pourraient traiter directement, vint apporter plus de sûreté dans des opérations bien importantes par la matière qui en fait la base, et où il est si difficile de reconnaître la fraude.

Biblio^raplile.

Nolke kistorique sur les émaux et les émaiUeurs^ leurs divers ouvrages el les procédés de fabrication, à làmoges; par M. Mac- RiCB Ardant. Limoges, ^1842.

L'excellent opuscule, sur la peinture en émail, que vient de publier M. Maurice Ârdant, complète c( résume ses précédents travaux sur cette classe de monuments qu'il a le premier signalée à l'étude des antiquaires.

Cest dans les monuments ^maill^ qu'il faut aller chercher la peinture du moyen Age, et aussi peut-être le lien intime qui unit l'art oriental à

DE LAJIATEUB. ^8i5

Fart eiuropéco de celle époque. Danft le m lange des éinaiu à rorfévrerie, on retrouve, sur une petite échelle, les splendides travaux de mosaïques dont sont ornées les cathédrales de la Sicile et de rtiaUe. 11 esi intéressant de suivre partout, sur les monuments d'une époque, les traces biea décidées du même goût el du même esprit; aussi, sous ces points de vue, Fétude des monuments émaiUés offre aux antiquaires un vaste sujet d'études intéressantes (I). M. Maurice Ardant s'est peu étendu sur celle partie; mais à partir du seizième siècle» du grand LfiONAAn Lmou- SOI HmaUUttv^ painclre et vaUt d€ cbamlnre du rot François I*% et des autres arlisies de oetle époque, qui fixaient sur leurs vases les beaux dessins de Vécole florentine , son travail est complet, et il décrit fort bien, depuis cette époque jusqu'à nos jours, toutes les transformations de style et d'exécution subies par ces sortes d'objets.

La publication de deux petite manuscrite d'un émailleur du seizième siècle, où sont relatés avec des formules curieuses les recettes de la composition des émaux et les procédés d'exécution en usage alors, qui suivent le travail de M. Ardani» et viennent Ud servir de pièces justificatives, lui donnent un caractère et un inlérét tout particulier. Ces manuscrite, qui étaient restés de père en fils entre les mains des tmailleurs de Limoges, ont été donnés à M. Attlaud atné par le dernier de ces artistes, du nom de Nouailler, mort au commencement de ce siècle.

Nous regrettons que M. Aillaud , chimiste distingué à qui Limoges doit en grande partie la perfection de ses produite céramiques, n'ait pas jugé à propos de joindre, sur ces recettes qu'il a sans doute expérimentées, un commentaire qui nous en eût fait connaître la valeur.

Par une singulière préoccupation que nous lui signalons, M. Ardant a oublié de citer, dans sa teble des émailleurs, l'auteur de ces précieux feuillete, qui signe Dominicgue Mociiet pnl.

Le douzième catalogue des livres et estampes de M. Rud. "Weigel vient de paraître : il contient, dans sa partie iconographique, un grand nombre d'articles rares et importante. Nous avons siurtout remarqué parmi les eaux-fortes des peintres :

Paul Pottbr, BcBufs et Vacheê^ suite de huit estampes premières épreuves, avec le nom du mattre seul, et avant les numéros. Bartsch. 4-8.

N. BuGHEK, l'Homme monté $ur Vàne, premier élat d'une grande

(4) Le travail sar celte matière» commencé dans noire dernier oaroéro par M. A. de LoDgpérier, qui eo a senti toute l'éfendae, sera contrnaé par lai dans crtte voie d'investigations intellifrentes.

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rareté incooDU à Bariscb. Cette épreuve est avant toutes les retouches qui oDt rendu cette estampe dure et désagréable.

J. Le Dccq, la Chienne telée, pièce inconnue k Bartscli, qui a une grande analogie avec la Chienne et ton Petit, du même maître.

C.-Â. Bbgetn, le Passage du gué, pièce signée C-J. Begeyn fee. 1665, épreuve unique de ce maître dont on ne connaissait jusqu'à présent aucune estampe. Elle est d'une gravure merveilleuse dans la manière de Berghem et de Romeyn's.

M. Rud. Weigel est un iconographe distingué que nous recommandons vivement aui amateurs; il a créé à Leipsick un établissement spécial, uniquement consacré au commerce des estampes et des livres anciens et modernes qui traitent des arts. Les catalogues qu'il publie chaque année de tout ce qu'un commerce actif et étendu fait passer par ses mains fourniront par la suite de précieux matériaux pour la bibliographie des arts qui est encore à faire. Les douze catalogues parus de 1854 à 4842 contiennent plus de 42,000 articles ou productions les plus recherchées de ces deux spécialités. M. Rud. Weigel est aussi éditeur des publications de M. de Rumohr, sur la théorie et la critique de l'art.

Ventes pnlill^iiie».

Un des plus beaux vases grecs découverts dans les fouilles pratiquées en Étrurie vient d'être acquis, à Paris, pour le compte du musée britannique, au prix de 2,500 fr. Ce vase, du style le plus pur et de grandes dimensions, représente, d'un côté, la célèbre dispute du trépied delpbique. Hercule barbu, et entièrement nu, a saisi le meuble sacré et veut frapper Apollon avec la massue dont est armé son bras droit. Le ûls de Lalone, entièrement nu et couronné de laurier, est accompagné d'une biche qui semble prendre part à la lutte et défendre le dieu hyperborécn. Celui-ci saisit la massue d'Hercule de la main droite et s'efforce de retenir son trépied de la gauche. Le trépied est enrichi de divers ornements vers la partie supérieure ; il repose sur des griffes de lion. Mais ce qui rend ce vase extrêmement précieux, c'est le sujet historique qu'il montre sur l'autre face, Étbra ramenée de sa captivité par ses deux petits-fils Acamas et Démopbon. La mère de Thésée est représentée ici comme une femme âgée, avec un visage ridé. Elle s'appuie sur un bâton; sa longue tunique, semée do poinU noirs, est recouverte d'un péplum; une bandelette entoure sa tète. Démopbon tient son aïeule par la main gauche et l'entraîne hors des murailles de Troie. Il est barbu, armé de toutes pièces ; les géniastères de son casque sont relevées; un centaure, tenant une branche d'arbre et peint en noir, décore

son grand bouclier rond ; une chiamyde recouvre sa cuirasse écaillée. Âcamas'suit Élhra en délournanl la tète ; il semble regarder si quelquesuns des ennemisne sont pas à la poursuitede la noble vieille et de ses li- ' bérateurs. Son armure est semblable à celle de Démopbon; les cnémides manquent ; un pégase peint en rouge orne son grand bouclier rond ; son casque est Vaulopis. Les noms des trois personnages : espa, aka- MAZ, A£MOi»ON, sont écriis dans le cbamp.

Il est bien à regretter que ce vase sorte de France ; il avait été acquis pour 4,000 fr. à la vente Durand [tfi 414 du cat. ), et son propriétaire actuel le cède à un prix fort inférieur à sa valeur réelle. Notre pays, qui possédait il y a quelques années de si riches collections de vases grecs, voit cbaque jour ces chefs-d'œuvre disparaître. Successivement les collections Durand, Beugnot, Magnoncour, Réville, Roger, ont été vendues ; TAngleterre et TAIIemagne s'enrichissent de ces dépouilles. Le plus beau vase à fond blanc qui ait jamais été découvert, ce monument connu sous le nom de vase d'Ëgine, et qu'a publié M. Raoul-Rochette dans se& Peinturée inédites^ va probablement aussi passer bientôt à l'étranger, et le musée du Louvre voit d'un œil tranquille ces trésors se perdre sans retour pour la France.

— Une belle collection d'armures a été livrée auc enchères ces jours derniers à Londres, dans les salles de MM. Oxenham. Pendant tout le cours de cette vente, les salles n'ont pas cessé d'être combles, et quelques-uns des lots ont atteint des prix très-élevés. Le marquis de Westminster, lord Gharlevillc et l'agent du comité d'ordonnance de la tour se trouvaient au nombre des principaux acheteurs. Un gentleman, du nom de Ghivalotti, a fait des acquisitions pour le gouvernement russe.

Le produit de cette vente s'est élevé à plus de 2,000 livres sterling. La tour de Londres, qui sent le besoin de réparer ses pertes récentes, a fait des acquisitions pour la somme de 000 livres. Parmi les articles les pins importants, nous citerons les suivants :

57. Un booclier eo acier ciielé, travail italien richement doré. 15 .^ 15 sb.

Acheté pour la Ranie.

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