GENEALOGIE
Hoi AlbredH Dorer le fils ai compulsé les écrits de mon père pour savoir oà il esl né, où il est allé et oà il a resté et fini sainiement. Dieu veuille être gracieui à son ftine et à h n^^lre aussi. Aw^en.
Anno 1324.
Albreclii Dorer l'aïeul est né an rojanme de Hongrie, non loin dune petite Yîlle nommée Job à Imit milles de Wardein^ dans nn petift village sitné tont anprès, do nom de Eytas, et sa fiunllle se noorrissait do commerce des borafe et des cfaeTaox. Mais le père de mon père a été nommé Ântoni Dorer; il est allé, étant garçon, dans la petite Tille nommée d-dessos, cliei on orférre et y a apprisson métier. EttSQÎte il s^est marié avec one rierçe do nom d^Élisabeih qoi loi a mis ao monde une fille, Catherine, et trois fils. Le premier fils, Albrecht D»* rer, a été mon dier père qoi estaossi dcTcno orférre, on homi et por. L'aotre fils a été nommé Lasien M), c'était on fiûsenr de I De celoi-ci est né mon ne?eo, Niclas Dorer, qoi est à Cologne, qo'on nomme Niclas le Hongrois ; il est aossi orfèvre et a appris son métier ici à Noremberg chea mon père. Le troisième fils a été nommé Johannes, il a étodié, est devenu coré à Wardein et Test resté pendant trente ans.
i4> Dimiiuilir de IjmIkImis.
Mî CABINET DR LAMATKUR. ÔO?
Ensuite Âlbrecbt Durer, mon cher père, est venu en Allemagne, il est resté longtemiM dans les Pays-Bas chez de grands artistes, et vers la fin il est venu à Nuremberg, lorsqu'on a compté après la naissance de Christ Tan 4455, le jour de Saim-Loyen. Le même jour, Philippe Pirkheimer célébrait sa noce sur la forteresse, et cela fit une belle danse sous le grand tilleul. Puis, mon cher père, Âlbrecht Durer, a servi durant un temps assez long, jusqu'à Tan 1407, le vieux Jeronimus Haller (I), qui devint mon grand-père. C'est à cette époque qu'il lui donna sa fille, une vierge belle et vertueuse, nommée Barbara, âgée de quinze ans ; leur noco fut faite huit jours avant Viti. Il faut savoir aussi que mon aïeule, la mère de ma mère, a été la fille d'Oellingers de Wissemhourg, et s'est appelée Kunigonde. Mon cher père a mîs au monde avec sa femme, ma clière mère, les enfants que voici. Je mets cela comme il l'a écrit dans son livre mot à mot :
4. item, après la naissance du Christ, 1468, le soir de Sainte-Marguerite, dans la sixième heure du jour, ma femme Barbara est accouchée de ma première fille. Ma marraine était la vieille Marguerite de Wissembourg, et m'a nommée l'enfant Barbara, d'après sa mère.
5. Item, 1470, le jour de Sainte-Marie au carême, deux heures avant le jour, ma femme est accouchée d'un second enfant, un fils. Son parrain est Fritz Rolh de Bayreuth ; il a nommé mon fils Jobannes.
3. Item, 1471, dans la sixième heure, le jour de Saint-Prudenlia, un vendredi de la semaine de la Croix (2), ma femme est accouchée d'un second fils. Son parrain a été Antoni Koberger (5) ; il l'a nommé Albrecht comme moi.
4. Item, 1472, la troisième heure, le jour de Saint-Félix, ma femme Barbara accoucha d'un quatrième enfant. Le parrain a été Sebald Hotzie; il l'a nommé Sebald d'après lui.
5. Rem, 1475, le jour de ISaint-Ruprecht, dans la sixième heure, nia femme Barbara accoucha d'un cinquième enfant. Le parrain a été Hans^ Schreiner, près de Laufer Thor (4) ; il a nomme mon fils Jeronimus comme mon beau-père.
C. Jiem, 1474, le jour de Saint-Domilz, dans la seconde heure, ma femme Barbara accoucha d'un sixième enfant. Le parrain a été IDricIi Mank, orfèvre ; il Ta nommé Antoni.
(1) C'était un orfévr ! diitiogné.
(2) La semaioe a vaut In PcnlecAte.
^5) Imprimeur distingue^, qui fut parrain d' Albrecht Du er. U) Porte j*es coureurs.
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7. Uem, 1476, la première heure, le jour de Siiint-Sébasiien, ma femme m'apporla mon septième enfant. La marraine a été mademoiselle Agnès Bayrin ; elle a nommé ma flile Agnès.
8. Item, après une heure, ma femme est encore accouchée d'une fille avec de grandes douleurs. L'enfant fut vitement baptisée et nommée Marguerite.
9. Item, 1 477, le premier mercredi après le jour de Saint-Loyen, ma femme Barbara accoucha d'un neuvième enfant. La marraine a été mademoiselle IJrsula ; elle a nommé ma fille Ursula.
10. Item, f478, ma femme Barbara accoucha d'un dixième enfant, dans la troisième heure du lendemain de Pierre et Paul. Le parrain a été llaus Sterger, Tami de Sohmbachs ; il a nommé mon fils Hans.
1 1 . Item, 1479, à trois heures avant le jour, un dimanche, le jour de Saint-Arnold, ma femme accoucha d'un onzième enfant. La marraine a été Agnès Fritz-Fisclierin ; elle a d'après elle nommé ma fille Agnès.
12. /(cm, 1481, dans la première heure du jour Vinculi Petri^ ma femme accoucha d'un douzième enfant. Le parrain a été le serviteur de Jobsl Haller Diener, de nom Niclas; il a nommé mon fils Peter.
15. llemy 1482, dans la quatrième heure du premier jeudi avant Bartholomé, ma femme Barbara accoucha d'un treizième enfant. La mar^ raiiie a été la fille de Brintvrars Catherine ; elle a donné ce nom à ma fille.
14. /tom, 1484, avant le jour de Saint-Marx, une heure après minuit, ma femme accoucha d'un quatorzième enfant. Le parrain a été Andréa» Stromayr ; il a donné ce nom à mon fils.
15. Ilem^ 1486, à midi, la veille du jour de Saint-George, ma femme accoucha d'un quinzième enfiint. Le parrain a été Sebald de Lochheim, et a donné ce nom à mon fils. C'est l'autre Sebald.
16. /fem, 1488, midi du vendredi avant l'Ascension, ma femme accoucha d'un seizième enfant. La marraine a été la femme de Bernard Walther et a nommé ma fille Christina, comme elle.
17. Item, 140O, au carnaval, deux heures après minuit, vers dimanche, ma femme accoucha d'un dix-scplième enfant. Le parrain a été M. George, vicaire de SainirSebald ; il a nommé mon fils Hans. C'est mon troisième fils de ce nom.
18. liem^ 1492, le jour de Saint-Cyriacus, deux heures avant la nuit, ma femme accoucha d'un dix-huitième enfant. Le parrain a été Hans Cari d'Oehsenfurt ; il a nommé mon fils Cari, comme lui.
Maintenant mes frères et sœurs, les enfants de mon cher père, sont presque tous morts, les uns tout jeunes, les autres dans l'adolescence.
DE l'amatkur. :>09
Nous sommes encore trois frères vivants, pour autant qu'il plaira à Dieu, c'est-à-dire moi, Albreeht, mon frère Andréas (I) el nionfrèreHanslâ), tous tnfants de mon père.
Item. Cet Albrechl Durer, le père, a vécu avec grande peine |iar un travail dur et difficile, et n'a eu nourriture de rien autre que de ce qu'il a gagné avec sa main pour lui, sa femme et ses enfants. C'est pourquoi il a eu très-peu de chose. Il a aussi eu mainte perplexité, maint désagrément et mainte calamité. Il a aussi reçu d'aucuns qui Font connu de bons éloges, car il a mené une vie honorable et chrétienne; c'était un homme patient, débonnaire, affable pour tout le monde et reconnaissant envers Dieu malgré sa misère. 11 n*a pas non plus usé de beaucoup d'amis mondains. 11 était sobre de paroles, se livrait peu à la société et vivait en homme pieux.
Celui-ci, mon cher père, a eu beaucoup de soins pour ses enfants, afin de les élever pour Thonneur de Dieu ; car son désir le plus haut était de leur donner de bonnes mœurs, atin qu'ils fussent agréables à Dieu et aux hommes. C'est pourquoi tout ce qu*il nous disait Journellement tendait ànous faire aimer Dieu et à nous faire agir fidèlement envers notre prochain. Mon père avait un plaisir particulier à s'occuper de moi, voyant que j'étais appliqué dans Icxercice d'apprendre. C'est pour cela qu'il m'envoya à l'école, et quand j'eus appris à lire et à écrire, il m'en retira. et m'apprit l'orfèvrerie. Dès que je sus travailler oonmir il faut, mon désir me porta plutôt à la peinture qu'à l'orfèvrerie. Je dis cela à mon père, mais il n'en eut guère de satisfaction, car il regrettait le temps perdu que j'avais passé à l'apprentissage de l'orfèvrerie; toutefois il me céda, et dans l'an de grâce i486, le jour de Saint-André, mon père me mit en apprentissage chez Michaël Wohigemutli, pour servir trois ans (3). Pendant ce temps. Dieu me donna de l'application, de sorte que j'apprenais bien ; mais j'avais beaucoup à souffrir des valets. Mon apprentissage fini, mon père m'envoya voyager; je restai quatre ans, jusqu'à ce que mon père me redemandât. J'étais parti dans Fan 1490,
\i) Celui-là burvécul à Albrecbt, et hérita de tous ses outrages d'art.
^2) Il fut peintre à la cour du roi de Pologne.
(5) Michel Woblgemulb, peintre distingué de Nuremberg, un des uieilleurs dessinateurs de celte époque; il s'occupait, au moment oii Durer fut mis eu apprentiisage chez lui. d'illustrer le livic connu sous le nom de Chronique de ISuremberg^ énorme in-folio compilé par Harteman Schedel et publié à Nui'enil)erg, eu 1493, (Nir l'imprimeur Autbooi Kobcrger. — Un grand nombre des gravures sur \wh (|ui ornent cet ouvrage sont peut élre dessinées et gravées par Albrecbt Durer.
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après Pâques, elje roviii^, 1494, après la Peiilecdte, el étant de retour^ Haiis l' rey négocia avec mon père, et me donna sa fille du nom d'Agnès ; il me donna avec elle 200 florins, et fit la uoee, qui eut lieu le lundi avant la Sainte- Marguerite, 1494. Quelques années après, le hasard voului que mon père tombât malade de la dyssenterie, de nruilèreque personne ne pouvait la Caire cesser, et, voyant la mort devant ses yeux^ il s'y résigna patiemment, me recommanda ma mère ; il nous recommanda de vivre selon Dieu. 11 reçut les saints sacrements et mourut e» chrétien, comme j'ai décrit cela longuement dans un autre livre (I). Fan 1302, après minuit, la veille de Saint*Maltbieu. Que Dieu lui soit gracieux et miséricordieux. Après, je pris mon frère Hans chez moi, mais nous envoyâmes Andréas en voyage.
Deux ans après la mort de mou père, je pris ma mère chez moi, car elle n'avait plus rien, et elle resta avec moi jusqu'à raanée 1515, où elle tomba subitement malade, et demeura comme cela une année entière, et le même jour, juste un an après sa maladiCt le 17 mai 1îM4, elle est morte chrétiennement après avoir reçu les saints sacrements^ deux heures avant la nuit. Dieu le tout-puissant l'ait en sa grâce. Dan& l'année 1521, le dimanche après Sain^Bartholomé, dans le signe des Gémeaux, le «8 août, ma chère belle-mère la Hans Freyin tomba malade, et le 29 du mois de septembre, après avoir reçu les samts sacrements , elle mourut dans la nuit, vers la neuvième heure, d'après l'horloge de Nuremberg. Dieu veuille avoir son âme. Après 1523, le jour même où la Vierge fut consacrée au temple, mon cher beaù-père, qui a été malade pendant six ans et qui a aussi souffert beaucoup dans le monde, «st mort le jour de Sainte-Marie, après avoir reçu les saints sacrements. Dieu lui soit miséricordieux.
{ij 11 u' existe qu uue seule page de ce livre, qui a été détruit.
DE l'amatluu. 5H
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