PADOUANS
Depuis peu le goût des antiquités s^est répandu, les faussaires ont augmenté, leurs produits ^bond^nt. Il devient urgent de prémunir les curieux contre la fourberie des faiseurs et la mauvaise foi des brocanteurs qui croient leur -probîté sauvée quand ils ont vendu sans garantie un objet quMls tiennent du faussaire.
Les médailles, les bronzes, les autographes, les tableaux se fabriquent à Paris et dans la province, dans la mansarde comme dans le château; il y a des ateliers partout, et chacun s*en mêle. — Tel est un graveur habile , qui sur Tempreinte d*une médaille fondra un coin, le réparera, le polira, et vous donnera à bon marché une médaille dont les rares exemplaires ont toujours été payés fort cher ; aussi que de faux Alïnm d'or, que de faux médaillom de Syracuse! — Tel, marchand ou amateur, mais connaisseur assurément, achète à haut prix des pièces
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dont les contre-épreuves en métal fusible se retrouvent le lendeoiain , sur les quais , derrière les vitrages des boutiques; aussi gare les sceaux , les plomb$ populaires , les père Ducheme particulièrement dont on ne connaît que trois bons exemplaires ; gare les monnaies françaises dorées ou argentées par le procédé Ruolz, gare le métal fusible sous quelque couleur et quoique forme qu*il soit. — Tel enfin, pendant dix mois qu'il passe à la campagne, forge des antiquités, et vient à Paris quand sa pacotille est faite : voici des bronzes richement patines, des bijoux d'or habilement martelés, des ivoires merveilleusement craquelés, savamment pourris. C'est une trouvaille, dit-il, faite à cent lieues de Paris dans ses propriétés. En voulez- vous l'historique, écoutez. Les détails sont pleins d'intérêts, les objets sont curieux ; le marchand fait des échanges, l'amateur achète, la bibliothèque dix roi s'enrichit, les ignorants sont trompés. L'an prochain le compère vous apportera des antiquités égyptiennes, grecques ou étrusques ; vous aurez du moyen Age, si vous l'aimez. L'an prochain, il vous fera des scarabées d'argile avec cartouches royaux; des bagues au chaton creusé pour contenir le poison, des armes en bronze ; des bas-reliefs en terre cuite dont vous retrouverez un Jour les modèles dans quelques cabinets, et si vous doutez alors que vous soyez dupes, mesurez le^ deux monuments : le vAtre est plus petit d'un douzième environ ; il est moulé sur l'autre par conséquent, puisque la terre se resserre au* four dans cette proportion. L'an prochain , il vous sculptera une superbe main de justice, d'un ivoire roux, fendu et vieilli, avec un nom de roi, Ludovico rege. -^ Mais, Dieu merci, la fabrique est connue, l'attention des antiquaires parisiens est éveillée ; nous avons purgé nos collections de toutes ces vieilleries honteusement reléguées dans les boutiques de marchands sans foi ou sans nom. Que les cabinets et tes musées de province soient en garde aujourd'hui.
Depuis trois siècles on grave des pierres antiques; il y a des ateliers de faussaires à Rome, à Florence, en Altemagne. 11 n'y en a pas encore à l^ris, parée que les fabriques étrangères fournissent au delà le petit nombre des curieux, et qu'il ne s'en forme pas de nouveaux. La difliculté de discerner les pierres
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antiques est la. cause du peu d'empressemeot qu'on met à les recueillir. Jusqu'à présent on s'est peu occupé de la critique des pierres gravées ; on les a classées mythologiquement, on a confondu les écoles. Les savants ont tenté d'expliquer le sujet de ces monuments de la gljfptique, et ils en ont négligé l'origine et l'époque. Ce n'est pourtant pas assez de connaître les mœurs des anciens, il faut rendre ses usages à chaque peuple; dès lors le gtte de la pierre, sa taille, son travail, sa matière, sa couleur, deviennent aussi utiles pour traduire l'antiquité que son sujet lui-même. Il est impossible que cette branche de l'archéologie, presque abandonnée aujourd'hui, reste longtemps encore sans étude; mais du jour où elle prendra faveur, les faussaires surgiront. Alors on se demande, puisqu'il n'y a ni livre ni doctrine sur cette matière, où les commençants pourront foruier leur goût? Iront-ils à la bibliothèque du roi où tant de belles pierres antiques sont pauvrement mêlées à des imitations, où tous les styles et tous les temps paraissent irrévoca- ^ blement confondus dans cette exposition redoutable? Iront-ils au Louvre? Mais là aussi, antiques ou modernes, elles sont pêle-mêle, alignées dans la montre comme dans l'écrin du lapidaire, les plus grandes au milieu, les plus petites sur les côtés. Il ne faut pas désespérer de l'avenir.
Après avoir signalé à Tattention publique les dangers que court ta bonne foi des collecteurs, il convient d'exposer les mo}ens de prévenir la fraude. Nous traiterons spécialement cette fois de la manière de discerner les médailles antiques de celles qui sont contrefaites; car c'est en numismatique que les faussaires sont le plus habiles et les curieux le plus trompés. Les commençants d'ailleurs rendent d'importants services à la science, en sauvant de Tenclume Qt du creuset des pièces qui^ enfouies dans leurs tiroirs pendant quelque temps, en sortent enfin pour être décrites, et nous leur devons nos conseils.
Le père Jobert, dans sa Science des médailks, donna le premier quelques instructions sur la façon d'en découvrir la fausseté. Plus tard, Beauvais publia une dissertation étendue sur cette matière^ mais ces renseignements ne tardèrent pas à devenir incomplets. Les foussahres profitèrent des leçons aussi bien que les curieux.
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M. Hennin, dans son Manuel de nunnsniatique, fournit de nouvelles et utiles ol>servations ; mais depuis 4850, que parut cet ouvrage, les sciences ont fait de nouvelles découvertes dont les faussaires se sont servis, l^a critique n*est donc pas sans danger ; en prévenant les dupes, on éclaire les fripons. Mais nous les fatiguerons par notre persévérance à dévoiler leurs ruses, nous surveillerons leurs actes et nous les dirons; nous signalerons leurs dépôts, et nous mettrons impitoyablement leurs noms sur chacune de leurs œuvres.
HicMIallleii Inaagliialre*.
Les premières pièces fausses qui parurent, furent des imitations imparfaites des pièces antiques et des créations invraisemblables, que repoussèrent bientôt Tobservatien et la critique.
Priam avec la ville et le cheval de Troie, Scipton t Africain avec gon char de triomphe, Cicéron avec la Triquêtra, et la légende Trinacria, prOSCRIPTO vbrre, enfin Didon avec la ville de Carihage.
Tous ces produits de imagination, d*un style fautif, d*une époque impossible, n'eurent pas longtemps dans les médailliers les honneurs de Tadmission. Il n*y eut bientôt plus de faussaires pour fabriquer, plus d*aniiquaires pour acheter des médailles de la farce de celle-ci : Annibal à cheval jetant une flèche contre
ie$ mur$ de Rome, avee le mot : âccipite. Agrippa en Neptune conduisant des chevaux niarïm, avec cette légende par trop Inouïs XIV ; >£qooris hic omciPOTBNS. Malheureusement l'envie de former une collection promptement et à peu de frais, faussa le goût et encouragea d*habiles artistes. Cette déplorable manie se répandit si bien, que du temps de Palin et de son avis méme^ il était bon, pour observer une suite, de recueiyir les pièces mauvaises en attendant qu'on en pût' trouver de bonnes. Bientût donc, les faussaires se bornèrent à imiter les pièces incontestables dont quelquefois ils augmentaient Tintérèt par quelques détails ajoutés et quelques légendes nouvelles. On grava d'après Tantique, on coula sur les plus beaux échantillons ; aux médailles imaginaires avaient succédé les médaUles contrefaites.
De» médullleii coulée».'
Celui qui achète une pièce doit avant tout examiner si elle a été frappée ou coulée. C'est un point essentiel qui lève bien des doutes : en effet, si la pièce est coulée, elle est certainement l'œuvre des faussaires modernes ou de faussaires anciens, et celle-là est sans, valeur pour Taotiquaire, parce qu'elle est pour lui sans autorité. Le procédé du moulage n'a été employé par aucun peuple de l'antiquité, si ce n'est par les peuples de l'Italie pour leur première monnaie de cuivre, et par les Gaulois qui, dans des circonstances difficiles, ont coulé, comme pièces de nécessité^ des monnaies en potin. Mais ces médailles, dont nous reparlerons, ont un caractère de fabrication auquel il est impossible de se méprendre. Je sais que l'on découvre dans quelques provinces de la Gaule et en Provence particulièrement, des pièces impériales plus minces et plus petites que le moyen bronze romain, et qu'elles sont antiques et coulées \ mais je ne doute pas que ces pièces n'aient été fabriquées autrefois par des faux monnoyeurs qui les faisaient circuler loin de Rome comme du moyen bronze, et que le motif pour lequel on n'en rencontre pas d'un module supérieur et correspondant au grand bronze, est la difficulté qu'auraient eue alors le faussaire de faire rece-
Toîr pour la valeur du grand bronze une pièce d*un module égal cette fois au moyen.
Quant aux moules en terre cuite qui nous sont parvenus, et qui tous sont d'une époque où Targent baissait de titre, ils sont encore Tosuvre des faux monnoyeurs anciens. La plupart de ces moules, quelle qu'en soit Tempreinte, ont dû être mis en usage postérieurement à Posthume, et sous le règne des empereurs dont nous n'avons pas de monnaies d'argent. Depuis longtemps déjà la nécessité de revenir à la forte monnaie s'était fait sentir ; le discrédit des espèces incessamment affaiblies en fit suspendre enfin la fabrication Jusqu'au rétablissement de la monnaie d'arffent pur, sous Dioctétien. Du temps de Constantin, ces monnaies de billon des règnes antérieurs devaient encore être reçues dans les ateliers impériaux pour y être afHnées et converties en espèces nouvelles : les faussaines.durent alors profiter de ces circonstances pour reproduire à plus bas titre encore les monnaies de billon des anciens empereurs. Je trouve ici l'occasion de combattre une opinion émise sur cette matière dans la revue numismatique de 4857. Qu'il me soit permis de rappeler en peu de lignes l'historique de la trouvaille qui fit le sujet de la dissertation.
En \ 850 on découvrit à Damery, bourg bAti sur les ruines de Bibé(Marne], sous un amas de tuiles, de cendres et de charbons, des constructions ayant servi i des thermes et à un atelier monétaire, et rasées par un incendie. Dans les pièces que l'on déblaya, on trouva plusieurs vases remplis de médailles dont voici l'inventaire :
500 pièces d'argent à l'effigie des empereurs qui régnèrent depuis Philippe Jusqu'à Posthume
4,500 pièces de Posthume, également d'argent, maiscomparativement plus défectueuses que les autres.
Une seule médaille d'ÂntonIn le Pieux, une seule de Macrien.
4,500 petits bronzes de Trêves, Lyon, Arles, Âquilée, Rome et Sisseg, aux types de Rome, Gonstantinople, Constant et Constance. Toutes ces pièces étaient h fleur de coin et de belle fabrique.
Dans une pièce voisine, on trouva des instruments de monnoyage, des cisailles, des moules de terre cuite renfermant
encore les monnaies qui y avaient été coulées, tout l'attirail d'un atelier monétaire.
L'auteur du mémoire pensait que cet atelier, placé près des bains publics, n'était pas un atelier de faussaires, mais la monnaie impériale où Ton frappait au marteau les espèces des empereursrégnants, et oùl'on coulait, en les altérant encore, lesespèces d'argent de bas aloi des règnes précédents; que toutes les pièces de cuivre avaient été fabriquées, malgré leurs différents monétaires, dans le même atelier de Bibé ; qu'enfin les empereurs, depuis Posthume, avaient employé le procédé du moulage pour reproduire secrètement et en métal de mauvais aloi les monnaies de leurs prédécesseurs, et que c'est à ces restitutions clandestines que l'on doit l'énorme quantité de monnaies d'argent à bas titre, depuis Septime-Sévère Jusqu'à Posthume.
Je n'accepte, pour mon compte, aucune de ces propositions, et comme ellcfs sont restées sans réponse, et qu'elles peuvent fiûre autorité pour quelques-uns,.il importe de les combattre ici, quoique très-succinctement.
Je demande d'abord pourquoi les quinze cents pièces de Posthume étaient toutes comparativement plus défectueuses que celles auxquelles elles étaient fêlées, si Ion admet qu'elles provinssent du même atelier et de la même Tonte? Pour moi, Jf conclus de la différence même de la fabrication de ces monnaies qu'elles n'étaient pas du même temps ; Je conclus encore de leur ressemblance avec les pièces impériales de nos collections qu'elles étaient également impériales, c'est-à-dire frappées pendant le règnes des empereurs dont elles portaient l'efHgle, et non coulées postérieurement, comme on Ta laissé croire, quoiqu'on ne l'ait pas dit positivement. A l'appui de mon opinion, j'ajoute qu'on trouva dans le dépôt monétaire un seul Ântonin , un seul Macrien : si la pièce d'Antonin était d'argent fin, elle n'était certainement pas l'œuvre d'un faussaire qui n'aurait eu garde de couler des monnaies d'argent fin, lorsque depuis longtemps le gouvernement n'en fabriquait plus que de billon ; et si elle était coulée et de billon , pourquoi n'a-t-on rencontré qu'un seul exemplaire? Enfinsi le Macrien, la seule pièce rare qui faisaitpartie de la trouvaille, eût été coulé dans l'atelier d^ Bibé avec les
autres pièces qu*on y découvrit, au lieu d*un exemplaire on en eût trouvé cent. Ckimment croire au surplus, que sous le règne des fils de Constantin , lorsque depuis quarante ans déjà la monnaie d'argent fin était rétablie, il y eût eu profit pour les empereurs à fabriquer secrètement une monnaie dont le discrédit avait ftecément (ait cesser Témisaon depuis Posthume, et qui ne devait plus être reçue que par le fisc, pour être convertie dans les ateliers publics en forte monnaie ?
Quant à cette conjecture tirée de la belle conservation (tes bronzes de la trouvaille, (fu'tU devaient woir été fabriquées dans Vaulier de Bibé, nuUgré iet différents de leurs exergues^ elle ne peut être fondée. Outre qu'on trouve journellement , dans le meilleur état de conservation, ces petites monnaies que la légèreté du poids a préservées du frais, on ne peut admettre que le différent particulier à certains ateliers ait été indistinctement apposé sur des espèces monnoyées dans un autre lieu, justement à répoque où cette réforme nouvellement introduite était le plus observée. Au surplus, s'il en eût été ainsi, on devrait être surpris de n'avoir pas trouvé un seul des coins qui servirent à frapper ces petits bronzes, dans les ruines de cet atelier découvert en pleine activité.
S'il fallait, ainsi qu'on l'avance, attribuer aux successeurs de Posthume cette énorme quantité de monnaies d'argent à bas titre, au type des empereurs, depuis SepUme-^vère jusqu'à Posthume, et s'il était vrai queie moulage eût été employé par eux pour reproduire clandestinement cesespèces, pourquoi trouverait-on si peu d^exemplaires anciennement moulés, dans les plus nombreuses collections? La rareté de ces pièces prouve qu^elles ne furent jamais autorisées, même secrètement.
En résumé, je présume que Tofficine de Bibé était un atelier de faussaires, et que rétablissement de bainsqui Ta voisinait servait àgarantir Timpunitéde ces faux monnoyeurs: en effet, àl'époque des Ck)nstantins, les anciennes monnaies de billon, étant décriées pour être converties en fortes espèces , abondaient nécessairement dans les établissements publics qui les envoyaient ensuite aux officiers monétaires. Les pièces secrètement coulées dans Tofficine de Bibé, et à plus bas titre encore que celles que Téta-
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blisfiement des thermes recevait, étaient expédiées en masse aux monnaies impériales, qui donnaient en retour des espèces d'argent nouvellement fabriquées, et des petits bronzes semblables à ceux de la trouvaille.
Les fouilles qui ftarent faites à Famars, dans un des égouts de cette forteresse romaine, confirment cette opinion d'une manière concluante. Parmi les moules en terre cuite qu'on y trouva en assez grand nombre, il y en avait' un de Fimpératrice Séverine (-1 j. Dira-t-on cette fois que les successeurs de Posthume firent couler en billon, quelque altéré qu'il pût être, des pièces qui n'existent qu'en cuivre? N'esir-on pas plutôt en droit de dire qu'à l'époque oii la monnaie d'argent reparut, et lors de la refonte générale des espèces en bilton, les faussaires fabriquèrent à plus bas titre encore les monnaies déjà altérées des empereurs, et qu'un faussaire ignorant, trompé par l'éclat de l'étamage qui recouvre le cuivre de ces sortes de médailles, prit une pièce de Séverine pour de l'argent, et coula à cette effigie de la fausse monnaie en bas billon.
Puisqu'à l'exception des premiers as italiques et de quelques médailles gauloises, les anciens n'ont Jamais coulé de monnaies légalement autorisées, il importe de fixer les moyens à l'aide desquels ce' mode de fabrication peut être constaté .
En général, le moulage, qui est la reproduction exacte de la chose, est de toutes les contrefaçons la plus simple et la plus trompeuse ; mais lorsqu'il s'agit d'avoir la répétition d'un objet obtenu- ainsi que la monnaie par la pression, le faussaire rencontre des difficultés insurniontables. En effet, le métal mis en fusion et coulé a plus de volume et moins de poids que lorsqu'il a été foulé par le balancier ; ^ l'argile la plus fine et le mieux corroyée n'acquiert jamais le miroir du cotn en métal ; — le moule le mieux réussi a toujours un cordon de jonction que reproduit l'objet moulé. Ainsi toute médaille dont le poids n'est pas en rapport avec le volume, dont la surface est poreuse et grenue, dont les bords ont été travaillés, n'offre aucune apparence d'authenticité. Lorsqu'on soupçonne qu'une pièce a été
(1) Rerve numismniiqve do 1836, pap. 41.
Tondue, il est bon de la peser du doigt, et de voir si le métal en est lourd et eomprimé, ou si la chute en est molle ; une médaille frappée dort sur le doigt qui la pèse, tandis qu'une médaille coulée s'en détache aisément.
Le champ et les lettres demandent ensuite un minutieux examen : si Taspect en est pâteux, si les contours en sont incertains, si la surface est irrégulière, la médaille est probablement coulée. Alors, avec le secours d*une forte loupe, on aperçoit de petites cavités formées par le calorique qui a crevé le métal en s'échappant ; les bords de ces cavités sont flasques et affaissés, tandis qu'ils sent fermes et coupants sur les médailles antiques, dont les flans ont été fondus avant d*étre soumis au marteau. Dans les parties profondes de Foreille, des cheveux ou des étoffes^ et sur le corps des lettres, on sent Tindécision de la fonte. La coupe du cou est arrondie, au lieu d*ètre anguleuse et brisée ; Faspect entier manque de franchise et les creux manquent de sécheresse.
Quelquefois For et Targent ont pris dans le moule un toq verdAtre et irisé, bien différent de Tœil que donnent les gaz et les acides qui dorent la pièce sans la pénétrer.
Les rayons qu'on remarque souvent sur les médailles antiques de la plus belle conservation sont alors sans délicatesse et sans ténuité. On nomme rayons, de petits traits divergents qui partent d u centre de la pièce ou du pied des lettres, et qui ont été produits parla fuite du métal écrasé sous le coin. Quelques antiquaires ont cherché à se rendre compte de ce rayonnement, et ils l'ont attribué à la négligence du graveur à polir son carré. Cette supposition est inadmissible. En effet, ce rayonnement est plus délié, et se remarque plus fréquemment sur l'or que sur l'argent et le cuivre, et pourtant personne n'ignore que la gravure des coins qui unt servi pour l'or ne soit plus soignée, ainsi qui' lo prouve cette belle médaille d'or de SepîjUrJii^-SiH'Are, dont nous donnons le revers comme Uw exemple de médailles radiéeg. Cet accident tient dont^ ù la ductilité du métal ainsi qu'aux procédés du monnoyagc, et nullement Ih la négligence du graveur. Autrement, il eût été facile aux faussaires modernes d'imiter ces
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rayons. Mais ils n*y ont pas réussi , parée qu'ils ont fabriqué d'une autre manière que les anciens. Les flans dont ils se sont servis n'étaient ni assez lenticulaires ni assez chauffés, et d'ailleurs leurs coins n'ont Jamais eu la forme antique. Si, au lieu de fers cubiques, ils avaient employé des coins de forme conique ; si, au lieu de frapper le métal à froid, ils l'avaient frappé bouillant; si, enfin, ils avaient pris quelques précautions qu'il ne convient pas d'indiquer ici, je ne doute pas qu'ils ne fussent arrivés à un résultat plus satisfaisant.
Les bords d'une médaille doivent être étudiés avec soin ; c'est par là surtout que la fraude se révèle quand la pièce est fondue. A la sortie du moule, elle portait sur la tranche le jet du métal et le cordon d'assemblage ; il a fallu faire disparaître ces accidents, et pour cela, on a .eu recours à la lime, au burin, aux acides. I>a tranche exige donc un examen attentif, car elle trahit presque toujours le mode de fabrication. Toutefois, je me hflte de (»rftvenir qu'il ne faut pas condamner sans retour la médaille dont la lime a mordu la tranche, surtout si le reste en parait bon. Il est arrivé trop souventque des curieux stupidesontarrondi à la lime les bords d'une médaille antique pour la rendre plus jolie et pour la faire entrer dans un carton ; le carton étant pour eux le principal, la médaille n'étant que la conséquence du carton. Ainsi, le faussaire répare au burin la médaille qu'il a retirée du moule ; il enlève les grains les plus apparents de la fonte, il lime le Jet et le cordon, ou il les abat au marteau. Quelquefois, il pique habilement la tranche, il la fouille avec le burin, et il injecte les cavités d'acides qui rongent le métal à faire croire qu'il a éclaté sous le marteau. Enfin, si la médaille est de bronze, et c'est de celle-là qu'il faut le plus se méfier, il rhabille d'un mastic qui recouvre les imperfections du moulage, il empâte certaines pariiies d'un vert-de-gris factice, et applique sur le tout un faux vernis.
Quant aux médailles reproduites par les faussaires euxmêmes, d'après les premiers as romains qui ftirent moulés dans l'antiquité, il est très-difficile de s'en garantir. Ce n'est qu'avec beaucoup de peine et une grande habitude qu'on parvient à les reconnaître : il faut étudier avec le plus grand soin la patine.
et ne pas prendre pour du vert-de-gris les petites excroissances de métal qui couvrent le champ de la pièce ; en effet, pour peu que Texemplaire antique dont le faussaire s'est servi pour former son jnoule ait été piqué, toutes ces> piqûres du métal ressortent au moulage comme autant de verrues qui trahissent leur mauvaise origine. Webert, mort à Florence vers 4809, réussit à mouler les médailles, et principalement les as romains et étrusques ; il coula avec le même succès des statuettes et un grand nombre de monnaies du Bas-Empire ; il ût même de faux coins antiques. .
Des médatlles frappées.
La contrefaçon des monnaies antiques ne se borna pas au procédé du moulage. Les faussaires ont gravé des coins et travaillé au marteau. Cette fois, les bords de la médaille s'arrondissaient librement, la lime devenait inutile ; le champ de la pièce était sec et franc, les angles vivement trancbésret Touvrier n'avait besoin ni du burin pour enlever la gale de la fonte, ni du mastic pour en boucher les trous ; le poids était identique, fthis il fallait en revanche, pour que la fraude réussit, que le travail du faussaire eût Taspect antique : c'est là que la plupart des graveurs ont échoué .
Ce n'était pas assez que les tètes et les légendes fussent copiées sur l'antique, il fallait qu'elles en eussent le caractère. Les lettres ne devaient pas être géométriquement renfermées entre deux traits de compas, elles ne devaient pas avoir cette carrure moderne qui les trahit toujoiu's, ou cette irrégularité affectée qui dénote l'œuvre de certains faussaires. La tranche d'un bronze ancien s'est assez souvent crevassée sous le coin, et Ton aperçoit à la loupe de petites fissure» qui traversent les bords. Les faussaires se sont étudiés à imiter ces accidents de la frappe, mais ils ont rarement réussi. Leurs flans se sont déchirés sur un ou deux points tout au plus ; alors Téchancrure est large .et pénible. L'œil un peu exercé devine qu'elle est faite exprès, et que ce n'est point un accident naturel. D'ailleurs, les (aussaire^ ne se sont pas contentés de copier, ils ont composé
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ci produit du nouveau. Cétaient pour la plupart d^habiles artistes, mais dMgnorants antiquaires ; et ils ont fait des fautes d^histoire ou de chronologie qui ont heureusement dévoilé leur manière. En outre, quelques faussaires du seizième siècle ont gravé des médailles en Thonneur des- hommes illustres de leur temps* et ils ont signé leurs ouvrages : en rapprochant ces médailles, qui portent une date et une signature certaines, de celles que ces mêmes artistes ont imitées de Tantique, on peut reconnaître le faire et cataloguer les œuvres de chacun d*eux. Cest ce que Je ferai aujourd'hui pour les médailles des deux faussaires les piuis célèbres, Jean Cavino et Alexandre Bassiano, surnommés les Padouans.
Olui qui veut acquérir la connaissance des monnaies antiques, doit, .avant tout, étudier la méthode des artistes anciens. 11 paratt certain qu'autrefois la gravure des coins destinés à la monnaie était confiée aux graveurs sur pierres fines. 11 serait bon quç celui qui ne veut pas être la dupe des fripons eût entre les mains une douzaine de pierres antiques classées chronologiquement, ou à défaut de pierres, de bons plâtres qui les reproduiraient. L'étude de ces monuments, sous le poli desquels il faut rechercher les traces de l'instrument, l'aurait bientôt initié à l'art ancien. 11 aurait bientôt senti combien le travail dU faussaire est lourd et enflé, et que cela provient de ce qu'il a emporté les masses avant de piquer des points de repère ; il a évidé d'abord son carré, et, quand le moule a été formé, il a placé les détails et découpé les parties délicates. Les graveurs anciens n'ont pas procédé de cette façon : ils ont commencé par arrêter leur dessin par des points principaux , et quelquefois si profonds, que l'achèvement du travail ne lésa pas faitdisparattre ; ils ont ensuite égratigné les parties pour créer la masse. Ils ont suivi les mêmes traditions dans la gravure sur pierres fines. Cette manière de procéder donne à l'ensemble un style plus élégant, une composition plus fine * les attaches du <;orps sont plus accusées, la charpente est mieux habillée, la nature mieux sentie.
Les faussaires en pierres dure$, on intailles surtout, se sont, sans s'en douter, rapprochés de Tantiquité bien mieux que
les faussaires en médailles, et voici comment : ils ont travaillé d'après Tintaille même, ou sur des soulVes qui en étaient la reproduction. Ils ont dû faire à leur insu comme les anciens, c'est à-dire indiquer d'abord les repères qu'ils apercevaient, et les lier par le dessin au lieu de procéder par l'ensemble. 11 en est résulté un travail presque identique devant lequel le plus habile reste indécis quelquefois. Les faussaires en médailles, au contraire, n'ont Jamais travaillé d'après les coins antiques , ils se sont bornés à copier les médailles ; mais une médaille, quelle qu'en soit la conservation, ne reproduit que très-rarement les trames de la première ébauche. Le métal a trop d'élasticité pour rendre, comme le plâtre et la cire, VoutiUage du coin; d'ailleurs, les coins antiques n'étant pas d'acier trempé, mais d'un alliage de cuivre et d'étain, avaient bientôt perdu, sous les eiïorttf du marteau, les indices de procédé qui sont restés sur les pierres dures. Faute d'avoir fait cette remarque, les faussaires en médailles ont gravé l'antique à la moderne, et leurs ouvrages, quoique souvent admirablement finis, manquent toujours d'élégance et de style. Nous regrettons, dans l'intérêt de la numismatique et de la dactyliologie, qu'on ne trouve pas dans le commerce quelques bottes d'empreintes classées par époques et par écoles, et qu'accompagnerait un traité de la gravure chez les anciens. En attendant que cette lacune soit comblée, ce qui arrivera bientôt peutêtre, nous engageons les commençants à recueillir comme échantillons quelques médailles de difTérents règnes, de la plus riche conservation, et d'une parfaite authenticité. Les plus communes, pourvu qu'elles soient très-belles, rempliront le but qu'on se propose, et l'étude fréquente de ces exemplaires aura bientôt fait l'œil du novice. C'est surtout à la connaissance de la forme des lettres qu'il doit s'appliquer, et à la durée de leur emploi. Tel caractère usité sous Auguste, et reproduit sur une médaille du règne postérieur, suffit pour démontrer sa fausseté ; en général, depuis le commencement de la monnaie d'argent chez les Romains (269 avant J.-C.), jusqu'à la fin de la république, la lettre reste la même : elle est maigre et allongée ; les extrémités sont terminées par de petits points qui ne se rencontrent à aucune autre époque de l'empire romain. Ainsi que nous venons
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de le dire, ce procédé, dont on retrouve des traces sur les monnaies antérieures à Alexandre, fut également employé par les graveurs sur pierres fines, et cette observation peut déterminer approximativement Tépoque et Torigine d'une intaille. Sous Tibère (Tan ^4 de J.-C.), la lettre des légendes a plus de noblesse : le jambage se termine en queue d'hirondelle, ou bien est coupé horizontalement par un petit trait délié qui lui sert de base ; mais peu à peu le caractère perd de son élégance, et le pied en devient pâté sous Caracalla (Tan 2^4 de J.*G.)« Les légendes elles-mêmes se simplifient, les compositions disparaissent, la poésie s'efface. L'altération des caractères est sensible du temps de Gordien. Les médailles de Trajan-Dèce ont un aspect étrange : la lettre s'aplatit, l'art décroît. Les S allongent le cou d'une manière exagérée, les P abaissent et élargissent leur panse ; la décadence de l'art et de l'empire approche. Cependant cette altération, qui se continue jusqu'à Posthume, tient pIutAt encore au mode dont la monnaie était fabriquée et à la matière qu'on employait à sa fabrication, qu'à la barbarie du caractère. Le métal dont on faisait les espèces était un métal aigre et bouillant qui s'écrasait sous le coin, et la grossièreté de la matière épaississait ce rayonnement qu'on retrouve si délicat sur les médailles du Haut-Empire. Sous Victorin, en effet, lorsqu'on ne frappa plus que des espèces en cuivre pur, et dont les flans étaient moins chauffés « la fabrication parut meilleure, et le caractère conserva sa régularité jusqu'à la fin de l'empire d'Occident.
11 y a cinquante ans, on ne s'occupait guère de médailles grecques; aussi les faussaires, jusqu'à la fin du dernier siècle, avaient songé surtout à multiplier les imitations des monnaies romaines qui étaient plus- généralement recherchées. Les plus habiles furent Jean Gavino et Alexandre Bassiai^o, connus sous le nom de Padouans. Ils s'associèrent vers i 540 et non pas en 4 565 , ainsi qu'on l'a avancé . Le père Dumoulinet , le premier, émit oette opinion dans la description qu'il fit paraître en 4692 de quelques coins gravés par les Padouans. Ges coins donnés en i 676 à la bibliothèque de Sainte-Geneviève par la libéralité de M . Thomas Lecointe, antiquaire du roi, sont conservés aujourd'hui dans le cabinet de la bibliothèque royale. L'opinion du père Dumoulinet
LK CABINKT
était rondée sans doute sur la médaille du Christ, signée Joan Cavinus, avec la date ^565, et qui faisait partie de cette collection. 11 ne nous est resté aucune particularité sur la vie de ces artistes célèbres, qui eurent intérêt, sans doute, à rester ignorés. La date de leur naissance, comme celle de leur mort est incertaine, et leur association Tût restée un mystère s'ils n^avaient eu soin d'en laisser un témoignage dans la médaille qui est placée en tète de ce travail.
1^ plupart des médailles auxquelles on donne le nom de Padouans ue sont que des fontes grossières qui ne peuvent tromper personne ; mais les médailles frappées par les Padouans euxmêmes exigent une grande habitude. Sans atteindre à la finesse de modelé et à la légèreté du burin . antique, ils avaient acquis une pratique qui peut mettre en défaut Toeil le plus exercé. En général le.ur travail comparé à celui des graveurs antiques, présente une certaine enflure et manque de légèreté dans les draperies ; mais c'est surtout quand la pièce à subi quelque préparation qui a altéré la fraîcheur du travail primitif, qu'elle devient trompeuse. Nous donnons ici Agrippine, un des beaux ouvrages des Padouans.
Ces exemplaires sont rares et valent la peine d'être recueillis comme objets de comparaison et d étude ; les coins (de grand module pour la plupart) gravés par ces artistes sont plus larges qu'il ne convient. Leur intention en cela a été d'en faire k volonté des médaillons ou des médailles de grand bronze. Les perles du cordon sont grosses et irrégulièrement ressorties. Le pied des lettres forme la queue d'hirondelle, mais il est étudié et sans finesse.
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L'aspect des lettres est on peu carré» les N surtout ; les M sont larges du bas et resserrés du haut; les H, les D carrés et lourds; les A un peu étroits. Enfin les caractères sont trop plats pour leur largeur. En général, les bords semblent trop uniformément arrondis, et le flan n'a pas assez d'épaisseur. Les pièces frappées par les Padouans eux-mêmes, car il en a été frappé plus tard avec leurs coins, sont assez souvent en cuivre rouge et Jaune mal allié. Quelques-uns de leurs médaillons ont été endiAssés.
Ceux qui après les Padouans s'acquirent le plus de renommée dans la falsification des médailles furent : Michel Dervieux, qui s'établit à Florence, où il contrefit toutes sortes de médailles antiques, mais principalement les médaillons de bronze : ces pièces, pour la plupart, sont fort épaisses et d*on grand module; de larges fentes échancrent les bords ,et les types sont trop alézés; Carteron, en Hollande, Gogornier, à Lyon : ce dernier grava les médailles des tyrans qui prirent la pourpre sous les règnes de Valérien et de Gallien. Laroche, à Grenoble, Imita un grand nombre des médailles rares que renfermait le cabinet Pellerin.
Bientôt on ne rougit plus du titre de faussaire; ceux qui exercèrent ce métier se posèrent comme des artistes lorsqu'ils n'étaient que des voleurs.' A Madrid, ils fabriquèrent un grand nombre des pièces rares qui, vendues à l'infant don Gabriel , trouvèrent place dans sa collection. Stuttgard eut son atelier; Venise eut aussi le sien, et fabriqua des deniers et des quinaires des empereurs et des impératrices : le dessin en est sec, les lettres manquent de relief et le flan d'épaisseur ; l'aspect de ces contrefaçons est maigre et plat; à Catane, on imita les médailles les plus rares de la Sicile.
Galli, à Rome, frappa des quinaires d'argent des empereurs du Bas-Empire^ et le fameux Becker, qui mourut en ^830 à Hombourg près Francfort, grava un grand nombre de pièces de tous modules et de tous métaux ; il frappa même des pièces incuses et fourra des deniers romains; non content d'imiter, il inventa à plaisir. Le catalogue de ses œuvres hit publié en ^826 par Sestini, et complété en ^827 par M. Clouet, de Verdun.
Il y a une vingtaine d'années, un certain Caprara dirigeait à Smyrne une officine monétaire où l'on créait et contrefaisait des
médflillefl antiques. Plus tard, cet atelier fut transporté à Syra, dansTarchipei; maisCaprara étant derenu afeugle, cette fabrication cessa.
Un nonuné Saintot» de Paris, mort il y a peu de temps, grava quelques deniers romains, mais pour son plaisir et nullement dans un but coupable. 11 frappait sur le culrre ses deniers impériaui, au nombre desquds Oide-Julien, Pescennius Niger, Garacalia au revers de Plautille ; les tètes en sont habilement travaillées.mais le dessin des revers manquede finesse ;le flan est éclaté à la manière antique.
Âi:4ourd'tiui , il y a dans Paris quelques faussaires ; nous leur devons tous les faux ducs de Normandie, les tiers de sous d*or mérovingiens, et des deniers de la seconde race, des pièces de quelques tyrans, tels que : Quietus, Macrien, Laelien.
Dans un prochain article, nous dévoilerons les ruses à l'usage des faussaires pour tromper la bonne foi des antiquaires. Aqjourd'hui nous nous bornons à publier la suite des médailles romaines fabriquées par les Padouans, et nous y Joignons la description de quelques autres médailles gravées par ces artistes. Les collecteurs qui les auraient en leur posses«on pourront ainsi étudier le burin de ces deux ouvriers si Justement célèbtes.
De Montigny.