OUVRAGES EXPOSÉS AU SALON DU LOUVRE
DEPUIS 1699 jusqu'en 1789.
Chaque salon qui s'ouvre voit la foule se presser à ses portes, et si la masse n'y est attirée que par la curiosité, il est une partie du public pour laquelle les productions de notre école sont toujours un nouveau sujet d'étude et de comparaison. Nous avons été souvent frappés de voir combien la rareté de certains documents jetait d'obscurité dans les opinions et avec quelle avidité étaient accueillis des faits isolés et presque toujours inexacts sur les anciennes expositions. Il nous a donc semblé utile de réimprimer les livrets des trente-quatre premières années d'exposition, devenus introuvables dans le commerce et même dans les bibliothèques publiques. La réunion de ces livrets présente la série des ouvrages exposés au Louvre , depuis Louis XIV jusqu'à la Révolution, alors que le grand salon n'était ouvert qu'aux académiciens seuls et à leurs agréés. Les expositions de ces œuvres privilégiées résument mieux qu'on ne le croirait au premier abord l'histoire de l'art en France pendant près d'un siècle, et l'on peut y suivre progressivement Içs différentes impulsions données tour à tour à l'école française, d'abord par Lebrun, Rigaud et Jouvenet, puis par Watteau, Van Loo et Boucher, et enfin par Vien et David. Ces livrets contiennent une foule de documents utiles pour l'amateur patient qu'ils aident à reconstruire l'œuvre d'un maître , pour le biographe qu'ils guident en lui donnant des traces certaines d'un artiste oublié. Ils sont indispensables au connaisseur chargé
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de rédiger des catalogues de galeries particulières ou de ventes, en fixant d'une manière certaine l'époque de l'exécution d'une œuvre d'art. Enfin ils sont d'un besoin impérieux pour l'étude de l'ancienne école française dont les productions commencent à sortir de l'injuste oubli dans lequel on les avait laissées.
Quelques détails caractéristiques, que nous avons soigneusement conservés sans nous effrayer souvent de leur puérilité , aideront aussi l'amateur à reconnaître le tableau qu'il possède, le nom certain de son auteur, ou, si c'est un portrait, le nom du personnage qu'il représente.
L'utilité de réunir ces livrets épars étant démontrée, il s'agissait de savoir quelle était la meilleure manière de procéder à leur reproduction. La facilité des recherches était le point important. En les imprimant à la suite l'un de l'autre on aurait eu certainement un tableau complet de chaque exposition , et les livrets eussent été reproduits dans leur foi-me primitive. Mais cette méthode, séduisante au premier coup d'oeil comme la plus simple, n'eût pas été favorable aux recherches. Dans les premiers livrets, ta> bleaux, sculptures, gravures, tout est pèle-méle; le nom d'un artiste se trouve répété presque à chaque page et il faut le feuilleter tout entier pour savoir ce que cet artiste y a exposé. A partir de l'année 1755, il règne un certain ordre ; le livret est divisé en catégories : peintures, sculptures, gravures, etc. ; mais les académiciens y sont classés par dignités : les directeurs, les recteurs, les professeurs, les académiciens, et en dernier, les agréés. La gravure en médailles et la gravure sur pierres fines sont confondues avec la gravure au burin. Enfin la manufacture royale desGobelins venait exposer les tapisseries exécutées d'après les tableaux des académiciens, et prenait place dans leur livret* Ainsi il aurait fallu chercher dans tout le volume pour connaître les travaux d'un artiste, et même, avec le secours d'une bonne table, cette recherche eût été pénible. Nous avons donc pensé qu'il valait mieux classer par ordre alphabétique , chacun dans leurs catégories, tous les exposants depuis 1699 jusq'en 1789, et réunir les œuvres exposées par eux aux divers Salons en ayant soin d'indiquer en marge les années d'exposition. Ainsi, dans ce catalogue, divisé en sept parties, peinture, sculpture, graviure, gravure en médailles, gravure en pierres fines, architecture, upisserie que nous nous proposons de donner successivement, on trouvera sous les noms de leurs auteurs tous les objets exposés au Louvre sous l'ancienne académie. Le style et l'orthographe de l'époque ont été scrupulea%ment conservés, ainsi que les dimensions et les petits détails, de costumes, de propriétaires ou de destinations qui peuvent aider à reconnaître l'ouvrage désigné. Cette méthode nous a permis de faire précéder l'œuvre exposée par chaque artiste de quelques détails biographiques indispensa-
1% U CABINET DE LECTUKË.
bles» On s^est attaché dans ces coartes notices à mentionner les prënonls s le lieu et la date de naissance, le maître, les distinctions accordées, le lieu et la date de mort Les renseignements sur Técole française sont cai si petit nombre, que, malgré nos recherches incessantes, nous n^avons pu remplir pour quelques artistes ce programme «i restreint
Ge travail a été pour nous autant un plaisir qu'une étude, et après ravoii' achevé avec tout le soin possible, nous avons cru utile de le publier, pensant qu'il serait d*un grand secours à tous ceux qui s'occupent de questions artistiques et historiques. Mous avons même la conviction que complété et continué jusqu'à nos jours, ce travail, malgré les difficultésqull présenterait pour distinguer cette foule d'exposants depuis 1791 jusqu'à nos jours, n'en serait que plus curieux et plus instructif. Si la partie du public à laquelle nous nous adressons daigne adopter ce travail, nous puiserons dans sa bieu'^ veillance et dans ses conseUs la résolution de le continuer, persuadés que tout ce qui tient à l'histoire nationale de l'art n'est pas d'un intérêt mohidre que la vue de ses productions*