PREMIERE PARTIE
.Lorsqu'il y a bientôt un an, M. Dut)oi9 fit imprimer le catalogue de sa collection d'estampes, nous pensions n'avoir qu'un simple compte-rendu k en faire ; mais la vente a^x enchères en fut bientôt résolue. Nous avons donc dû réserver pour l'époque où elle sera entièrement terminée , l'appréciation que nous voulions faire éê cette collection et du plan sur lequel elle a ét^ formée« Non que le succès plus ou moins grand qu'elle peut obtenir doive influer en rien sur notre opinion , mais parce que ce résultat servira mieux à constater les tendances du goût à notre époque qu'elles soient pour nous un sujet de critique ou.de blâme. ^
Le catalogue rédigé par M. Defer a été dressé suivant l'ordre alphabé* tique ; cette disposition a plus d^un inconvénient sur lesquels nous reviendrons aussi. Observons dès à présent que l'occasion de décrire une pareille collection d'estampes est trop rare pour qu'il ne soit pas désirable d'y voir joindre le plus possible, aux remarques nouvelles qu'elle peut fournir, le fruit des recherches précédentes. Depuis bien long-temps déjà Bartsch est loin d'être à la hauteur des connaissances calcographiques; c'est ce que M. Defer nous semble avoir un peu trop oublié; pour n'être pas décrite par ^ Bartsch, une estampe n'est pas pour cela inédite. Young Otteley, Bruillot, Zanetti, RÛd Weigel, lui ont donné de nombreux suppléments dont^il n'a pas assez souvent tenu compte.
Cette vente avait attiré de nombreux concours de marchands étrangers.*^ Londres, Bruxelles, Amsterdam, Milan, avaient lourni leur contingent.
Les amateuf's français ont heureusement disputé les plus belles pièces. INotre Cabinet des Estampes s'est enrichi de quelques belles estampes des graveurs de notre école, de la Présentation au temple^ de Drevet, n* 203, du portrait de Philippe de Champagne^ par .Edelinck , épreuve unique, et d'une admirable estampe, de Baldini, la vie de la Vierge; qu'un moment d'hésitation lui avait fait abandonner, et qui lui a été gracieusement cédée plus tard par M. Smith, de Londres, à qui eUe avait été tdjugée. Le Cercle deê arts^ fidèle à son titre,. a aussi lait d'excellentes acquisitions; c'est un exemple que devraient suivre ces sortes d'établissements ; rien de puissant comme la communauté. MM. Delessert et Vivenel se sont partagé les plus belles pièces d'Albert Durer, mais c'est à l'article Marc-Antoine et Rembrandt que la grande bataille va se livrer.
Nous donnerons dans son entier le catalogue de cette collection. Pour beaucoup de maîtres dont les estampes n'ont pas encore été décrites , les remarques que nou% indiquons d'une façon très sommaire pourront servir de guide aux amateurs. Les numéros cités entre parenthèse se rapportent, pour les maîtres italiens, allemandset hollandais, aux catalogues du Peintre GRAVEUR, d'Adam Partsch , pour quelques maîtres français à ceux publiés par M. Robert Dumesnil, et pour les pièces gravées d'après Rubens, au catalogue de l'œuvre de ce maître, publié par Basan. . .
Il est inutile de dire que toutes les estampes de cette collection étaient dans un aussi parfait état que possible sous le rapport de la conservation comme aou^ celui de la beauté des épreuves. Toutes portent les Inifialeft du propriétaire <}f S§ écrites à la main et suivies du millésime de l'année de leur acquisition. D'abord M. F. Dubois signa ainsi son nonr dans le champ même de ses épreuves les plus précieuses. Cette barbarie, trop commuie chez quelques amateurs des temps passés, n'indique ni un goûl très pur, ni un grand respect des maîtres et de leurs ouvrages. Plus^tard, sur le» observations qp'on lui en fit, il se contenta d'apposer sa griffe sur le dos ou dans la marge de l'estampe.
Quant aux prix auxquels les estampes ont été portées à cette veole , il faut bien se garder de toujours les prendre pour base des achats 'ou des ventes que Ton aurait à faire. Dans de semblables occasions mille circonstances élèvent la valeur bien au dessus des prix ordinaires. Outre la concurrence toujours plus grande, la rareté de certaines pièces, la conservation de quelques autres et la beauté de leur tirage, laissent une large place à la fantaisie. Ce n'est pas cela que nous blâmons, la première épreuve, tonjours intéressante, est ordinairement la plus belle. La perfection du tirage VI la conservation d'une estampe font une grande partie de sa valeur vénalo. Il y a aussi certains amateurs, et ce ne sont pas les pins habiles, qui sem-
DE l'amateur. Mil)
blent ne savoir aclieter que dans les ventes célèbres ; pour eux la valeur d'une estampe tient plutôt au carton d'où elle sort , à sa généalogie bien constatée, qu'à son mérite intrinsèque, sur lequel ils semblent ne pas daigner ouvrir les yeux. Pour eux ce n'est qu'une affaire de vanité , et elle les conduit d'ordinaire à payer des prix exorbitants des œuvres fort ordinaires.
LISTE DES PRIX D'ADJUDICATION
Noméros du caUI. ' Prix d'adjud.
1. La Vierge dans une gloire, sainte Catherine et sainte Madeleine , fr.
morceau marqué des lettres R. V. dans une tablette. ... 70