VALENTIN LEFEBRE
PKIMRE ET (IRAVEUK A I/EAU-FORTE.
Parmi le nombre considérable d'ouvrages publiés à différentes époques sur les beaux-arts, quelques uns à peine sont uniquement consacrés à Thistoire des graveurs et de leurs productions. Les peintres, les sculpteurs, les architectes de tous les pays, plus heureux au contraire, ont trouvé des biographes qui nous ont laissé des détails curieux sur leur vie et des renseignements précieux sur leurs travaux. Les tableaux des artistes célèbres, et ceux même dont les auteurs sont inconnus, ont été décrits dans une foule de catalogues, de guides, d'indicateurs, imprimés pendant le cours de plus de trois cents ans; peu de sciences enfin comptent autant de traités théoriques et pratiques que la peinture et les différentes branches qui s'y rattachent. Il n'en est pas ainsi de 18Ââ il
graveurs : sur deux mille ouvrages environ qui ont les arts du dessin pour objet, trente tout au plus s'occupent spécialement de leurs œ\ivres, et Ton réunirait difficUement dix traités de gravure (1).
Une lacune aussi grande dans Thistoire des beaux-arts reste encore à remplir, et la mémoire de tant d'hommes cél^res demande justice d'un pareil oubli.
Chaque jour, cependant, les traditions se perdent, les recherches deviennent plus difficiles et plus incertaines; chaque jour les amateurs d'estampes regrettent que le petit nombre de livres qu'on puisse consulter avec succès soit si rare.
Les causes de cette disette de catalogues bien faits et de monographies intéressantes ne sont point difficiles à découvrir. La première de toutes, c'est que les. rédacteurs de catalogues ont voulu embrasser une trop grande portion de l'histoire de l'art, et ont visé à décrire plutôt un grand nombre de gravures, afin d'en former un corps d'ouvrage qui comprit toutes les écoles ou une école entière, qu'à faire une étude spéciale et réfléchie de quelques maîtres, pour en publier ensuite l'œuvre avec conscience et avec le moins d'omissions possible. La vie d'un seul homme ne peut suffire À former un catalogue général des estampes, et la prétention d'approcher le plus près de ce but n'est qu'une prétention ridicule qui tourne au détriment de l'art loin de lui être utile (2).
(i) Celui d^Abrabam Bosse plusieurs fois réimprimé et eDfln revu par Cochin; ceiui de Papillon; celui de Perrot dans la collection des manuels, sont à peu près les seuls écrits en français. M. deLaborde, dans son histoire de la grarure en manière noire, avait annoncé un traité pratique de ce genre de gravure, mais il n*a point encore paru. Nous possédons un ms. inédit de Théodore Fielding sur la manière de graver à Taquatinta. Cet ouvrage, encore Inédit , où tous les procédés qui peuvent assurer la réussite des opérations délicates de l^aquatiole sont décrits dans le plus grand détail et avec la supériorité que donne une longue pratique, sera publié incessamment dans le Cabinet de TAmatenr.
(a) L*oavragc de Bartsch qui est le plus étendu et le plus complet en ce genre, se ressent de la précipitation avec laquelle il a été écrit et de ce désir de rassembler un grand nombre de notices. Les omissions, les erreurs sont telles, qu'il serait & désirer que plusieurs amateurs éclairés se chargeassent d*y faire les annotations indispensables, etde pul)lier chaque catalogue séparément; on y &gnerail correction et économie , M. Rud-Weigel vient de faire paraître à Leipzig un supplément, mais Télévation du prix de ce petit volume, rare en France, n^en permet Tacqulsition qu'à pou de personnes.
DE LAMATBUR. 471
O'auires motifs se sont encore opposés jusqu'à ce jour à propager rétude de cette science: c'est, d'une part, le peu de liaison qui existe entre des amatairs qu'un même goût devrait réunir; l'indifférence et l'égoïsme des possesseurs de collections qui se contentant de jouûr de leurs trésors sans laire paraître des descriptions et des remarques instructives sur les estampes rares et curieuses qu'ils ont rassemblées: et de l'autre enfin, la cupidité de ceux qui, en imprimant des catalogues, ne sont guidés que par le seul motif d'augmenter la valeur des estampes qu'ils comptent livrer aux enchères publiques. On sent combien d'erreurs plus ou moins involontaires peuvent se glisser alors dans des catalogues rédigés sous l'influence de semblables préoccupations.
Un seul moyen, suivant nous, pourrait lever les obstacles sans nombre qui viennent s'opposer à l'entreprise d'une histoire générale de la gravure, et assurer le succès d'un ouvrage dont le plan est trop vaste et l'exécution trop difficile, vu l'immensité des recherches qu'elle exige, pour qu'une seule personne ait l'audace de l'entreprendre.
. Il faudrait que chaque amateur, après avoir acquis préalablement des connaissances suffisantes de l'emploi des divers instruments et des différents procédés de la gravure, se chargeât de rédiger et de publier le catalogue d'un ou de plusieurs maîtres objets de sa prédilection , dont il aurait étudié l'œuvre avec cette sagacité persévérante et éclairée qu'une longue expérience peut seule faire acquérir.
Ces catalogues d'un même format, divisés à peu près sur le même plan, se vendant chacun séparément, contiendraient : une biographie aussi complète que possible de l'artiste, biographie écrite d'après les docu«n«nte les plus authentiques et dépouillée de o^s erreurs grossières transmises d'âge en âge par des écrivains sans critique, qui n'ont pas eu honte de se copier servilement les uns les autres; une description claire, exacte, raisonnée, de l'œuvre du maître; des renseignements sur le degré de rareté des estampes selon les différents états de la planche, et sur les prix où dles s' élevait généralement dans les ventes : on 'sent facilement les avantages de ce mode de publication qui mettrait à même d'acquérir à peu de frais, et successivement,
un ouvrage dont l'ensemble serait bien supérieur à ce qu'un seul homme peut produire^ et dont la réimpression facile permettrait d'apporter à chaque partie toutes les améliorations dont (41e serait susceptible.
Les réflexions précédentes feront assez comprendre les motifs qui nous portent à publier le catalogue de 1* œuvre de Valentin Ijefebre. Malgré tous nos soins, malgré toutes nos recherches, il est loin sans doute d'être aussi complet que nous Teussions désiré. Mais, ainsi que nous l'avons observé, les rectifications ou les additions postérieures trouveront facilement leur place dans un supplément ou dans une nouvelle édition.
Fort peu de biographes ont parlé de Valentin Lefebre (4 ), et le nom de cet artiste distingué serait à peine connu dans le monde des amateurs sans le nombre considérable de gravures qu'il a laissées d'après le Titien et d'aprèçPaul Véronèse. Quelques soins, quelque persévérance que nous ayons mis dans nos recherches pour nous procurer des détails sur sa vie, ce que nous avons pu apprendre se réduit à fort peu de chose, et à des renseignements fort vagues : ce qu'il y a de plus positif, c'est qu'il naquit ^ Bruxelles, en 1 642, et que, fort jeune encore, il partit pour Veni^ où il passa sa vie et mourut en 1 71 0. Ce fut dans cette ville qu'il apprit les éléments de la peinture; aussi son dessin, son coloris, n'ontrien d'ultramontain; ses défauts même sont ceux de l'écolede Venise à cette époque, et l'on ne retrouve dans sa manière aucune trace du goût flamand. Il se proposa Paul Véronèse pour modèle,
(i) De trois personnes, le père Orlandi dans sou Abecedario n'en fait qu'une ot confond :
i« Valentin Lefebre, de Bruxelles, dont nous publions le catalogue.
2*ClaudeLelebre, de Fontainebleau, peintre de portraits, employé par Lebrun dans les sujets de l'histoire du roi, peints pour £tre exécutés en tapisserie. Il mourut à Paris, le a5 avril 1675, âgé de quarante-deux ans.
3* R. Lefebre, surnommé de Venise, à cause de son long séjour dans cette ville. Il fut peintre de portraits, et mécontent de rAcadémle de Paris qui n'avait pas voulu le recevoir en cette qualité, il passa en Angleterre, où 11 mourut en 1677. Voyez Félibien, tome 2, page 592. Au bas d'un portrait du procureur Clémeut, gravé par Boulet, on lit : A. Lefèvre^ dit de FeitfM, plnxit, Picart le Romain a gravé deux portraits signés A. l, F. Vius,^ pihxiu H n'y a plus de doute que son prénom ne commence par un R. Walpole nous apprend qu'il se nommait Roland. On voit à l'église Sainte-Justine de Padoueuu tableau attribué à Lefebre, de Venise. Le Rojlînl, dans sa description des peintures de Venise, p. 200, le donne & Lefebre, de Fonialneblean, erreur dans laquelle lo P. Ortnndi l'a fait tomber.
DK L AMATKLIi. M'.i
et sa constante étude des ouvrages de ce maître le mit en état de suivre ses traces souvent avec un rare bonheur. Ses petits tableaux très finis, et malgré cela touchés avec beaucoup de feu, étaient fort recherchés au temps de Zanetti. Quant à ses gi*andes toiles, elles pèchent un peu par la composition et ses figures sont quelquefois trop longues. Lefebre a laissé un nombre infini de dessins d'après ses propres compositions, et un plus grand nombre encore d'après les maîtres dont il a commencé à graver les chefsd'œuvre avec tant d'habileté. Les amateurs célèbres du siècle passé se sont honorés d'en posséder quelques uns dans leurs riches collections (1 ). Mais bientôt par une de ces vicissitudes de la fortune si communes dans les arts , son nom tomba dans l'oubli avec celui de tant d'autres hommes de talent, et c'est à peine si les amateurs de notre époque connaissent les productions d'un artiste si digne à tous égards de leur reconnaissance ( 2). .
Avant de terminer cette notice sur Valentin Lefebre, qu'on nous permette quelques réflexions sur son talent comme graveur et sur la manière dont il a rendu ses deux maîtres de prédilection. Si l'on compare attentivement ses savantes eaux-fortes aux originaux qu'il a voulu traduire, et qui se trouvent encore pour la plupart réunis à Venise, on acquerra bien vite la convic-
(i) Paignon-Dijonval, Silvestre, etc.
Le savant et laborieux auteur des potes manuscrites Jointes au texte de l*Orlandi de la Bibliothèque royale, rapporte que V. Lefebre avait préparé un grand nombre de dessins dans l'intention de continuer la suite quHl avait commencé à j^ravcr d'après le Titien et d'après P. Véronèse. Cet auteur, qui les Juge curieux et très bien faits, en possédait un assez grand nombre. En 1826, à la vente de M. ***y on vendit un gros volume in-fol., rempli de dessins de ce maître, «'squissés à la sanguine , arrêtés à la plume et lavés au bistre ou à l'encre de Chine. Nous en possédons plusieurs d'après des tableaux connus de Paul Véronèse et préparés évidemment pour la gravure.
(a) Les gravures des Carraclie, les eaux-fortes des maîtres italiens et surtout celles de l'école bolonaise, étaient fort peu recherchées il y a une quinzaine d'années. ToQt à èoup elles s'élevèrent dans les ventes à des prix bien supérieurs à leur valeur véritable, grâce au zèle intéressé d'un marchand assez adroit pour donner au goût des amateurs une direction favorable à ses intérêts. Maintenant ces mêmes estampes gisent dans les cartons di-s marchands d'où peu de personnes songent à les tirer. Cet enthousiasme exagéré et cet oubli profond sont également Injustes, et prouvent malheureusement que, même dans l'empire des arts, la mode a souvent plus d'influence que le sentiment du vrai et du beau.
On sent combien 11 serait facile de multiplier les exemples de pareilles révolutions, et l'on comprend sans peine quelles réflexions rlles font naître naturellement.
tion qu'il a surpassé de bien loin ses rivaux par la finesse arec laquelle il a su pénétrer dans les intentions de ces grands maîtres. Caractères, attitudes, airs de tête, étoffes, architecture, tout est saisi, rendu, avec un bonheur infini : il aborde toutes les difficultés, ne saute par dessus aucun détail , et ne laisse jamais rien dans le vague sans être platement servile. Ce ne sont point des croquis, des à peu près comme, les gravures de Mitelli, de Searamuccia, etc., ni des estampes terminées comme celles de Desplaces, de Thomassin, de Joulain, etc. Faciles et châtiées en même temps, ses eaux-fortes ont plus de feu que les premières, et moins de froideur que les dernières. Il sait varier ses travaux avec tant d'intelligence, qu'à tout il donnesa véritable forme, et que, malgré sa grande simplicité, il est impossible de confondre, dans uuq école dont les maîtres pénétrés des mêmes principes se ressemblent à tant d'égards, ceux qu'il a voulu traduire. On ne verrait qu'un bout de draperie qu'il serait impossible de méconnaître, si elle est du Titien ou de P. Véronèse.
Ridolfi, Zanetti, Boschini, Vasari lui-^nême si plein de préventions contre l'école vénitienne, et la foule d'autres auteurs qui ont écrit la vie du Titien, n'hésitent pas à le regarder comme le premier des paysagistes. Dans cette partie difficile de l'art, Lefebre n'est point resté au dessous de son modèle, et le Titien, s'il eût gravé, n'aurait point désavoué les productions de sa pointe en se genre (4 ]. Nous recommandons principalement à l'attention des amateurs, les numéros 22-28, où les figures ne sont qu'accessoires, et enfin l'admirable paysage du martjTC de saint Pierre le dominicain , dont la beauté ne laisse rien à désirer même en présence du tableau.
Quant à ce grand homme que Boschini nomme le dispensateur des trésors de la peinture (2), ce grand homme dont le Guide élevait le génie si fort au dessus de celui des autres artistes ( 3 ], Paul
(1) l\ est bien reconnu que les estampes, eaux-fortes et gravures sur bois, attribuées au Titien, ne sont point de sa main, mais qu'elles ont été exécutées d'après ses dessins.
(2) Il grand Tesoriere,
(3) Le Guide avait coutume de dire : Si je pouvais choisir mon eiislence comme peintre, je voudrais être Paul Véronèse : dans tous les autres on aperçoit Tari, dans celui-ci (oui est nature.
DE LAMATlkUll. 175
Véfoiièse enfin, nous ne craignons pas d'affirmer que Valentin Lefebre est le seul qui ne lui ait rien fait perdre de cette légèreté, de cette lumière argentine, de cette grâce majestueuse qui fait ie plus grand charme des productions du célèbre peintre de Vérone. Si ces éloges paraissent exagérés, nous prions les amateurs sans j»réventions, et qui ne jugent pas du vrai mérite par le plus ou moins de popularité du nom, de se bien pénétrer du style du Titien et de Paul Véronèse, et de comparer les eaux-fortes de V. Lef(^nre à toutes les planches gravées d'après leurs tableaux; nous avons la conviction intime que, conmie nous, ils finiront par rendre justice à ce talent méconnu, et par trouver que personne ne Ta ni surpassé ni égalé dans cette tâche périlleuse (4 ].
Un mot maintenant sur le présent catalogue (2) et sur Tordre que nous avons suivi dans Texamen des estampes qui le composent. Valentin Lefebre a gravé, àTeau-forte, 53 planches. (non compris le titre) d'après des tableaux exposés pour la plupart dans les édifices publics de Venise. Sur ces 53 planches, S8 sont d'après le Titien, 3d d'après P. Véronèse, et 3 d'après le Tintoret. Ces estampes parurent réunies en corps d'ouvrage, et Rost compte trois éditions de ce livre. La première avec la date de \ 680; la deuxième avec celle de 168SI; la dernière parut en 1749 avec les cuivres retouchés par Jean-Adam Schweigkart, de Nuremberg.
Malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible de nous procurer ces trois éditions, indiquées un peu légèrement sans doute par Rost si peu scrupuleux en fait d'exactitude, et qui, du reste, n'a parlé de Valentin Lefebre que d'une manière extrêmement
(i) Nom n*exceptons personne de cette comparaison, pas même Âug. Carrache qal a beaucoup graTë d'après Galiari et dont le talent si remarquable, à tant d'égards, n'a pas su rendre la légèreté de la touche, la transparence des tons ni même le caractère savant et ferme du dessin du maître. ( Examinez les tableaux de Paolo à Venise, avec les gravures d'Augustin et de Lefebre sous les yeux.}
(9) Lovisa pubHa,en i6o3,le catalogue des estampes de Lefebre en une petite feuille volante \n-^\ Ce catalogue, du reste, n'était qu'une simple nomenclature qui ne donnait ni la description des estampes ni celle des tableaux. Elle se bornait à Indiquer l'endroit où se voyaient alors les peintures. Cette feuille, presque Introuvable malmenant, a beaucoup perdu de son Intérêt, puisque la plupart des tableaux ont été déplacés, et que plusieurs des églises qui renfer-
aient ces toiles célèbres ont été démolies depuis.
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laconique. Tout nous j)or(e à croire au ccmtraire qu'il n'exista qu'une seule édition avec date, celle de 4 682 ; seulement on a tmi plusieurs tirages de cet ouvrage , mais sans différences dans les travaux. Les remarques suivantes aideront à les distinguer.
Le premier tirage, qui surpasse de beaucx)up les autres, et qui est difficile à rencontrer, se distingue par une impression fine, brillante, un papier très fort, très collé et bleuâtre dans les pièces bien conservées que l'air ou la fumée n'ont point jaunies (i ).
Au second tirage, bien inférieur au prafnier, les traits sont plus faibles et plus lourds, les hachures boueuses. Le papier beaucoup plus mince et sans consistance n'est presque pas collé. Ce tirage se trouve plus facilement. Dans les tirages vraisemblablement postérieurs, les planches sont tout-à-fait perdues; de plus, les hachures, en plusieurs endroits , et les contours ont été rentrés par un burin maladroit qui leur a donné une lourdeur aussi désagréable que dure. On remarque aussi dans cet état que les planches ayant été exposées à l'humidité et s'étânt oxidées, les épreuves sortent de la presse toutes maculées de taches noires.
Enfin, un Godifredo Saiier, terminant au burin les planches gravées à l'eau-forte par Lefebre, en a gâté complètement le beau caractère et le travail pittoresque par un prétendu fini glacial et monotone. Dans cet état les planches sont numérotées et signées. Plusieurs même n'existent qu'en contre- partie de celles de Lefebre, ce qui prouverait que , les cuivres ayant été perdus , on aurait contre-épreuve une estampe originale sur la planche vernie, afin d'éviter la peine de faire un nouveau dessin.
Telles sont les indications qui peuvent aider à reconnidtre la priorité des épreuves dépourvues d'ailleurs d'autres signes qui les distinguent les unes des autres. En effet, on ne remarque pas de différence dans l'état des planches, et malgré toutes nos recherches pendant de longues années, nous n'en avons découvert que deux avant toutes lettres. En existe-t-il d'autres ? C'est ce qu'il nous est impossible de décider. En tous cas, elles doivent Hre fort rares, puisque les deux que nous possédons ne se re-
(i) Les Ô3 estampes de rœuvre de V. Lefebre onl été gravées en contre-parUe des tableaux, mais il existe de toutes des contre-épreuves en général fort belle» fl faites avec les épreuves du prcoder tirage.
DE l'amateur. 477
U'ouvent point dam aucune des collections publiques ou pai*ticulièresque nous connaissons. Elles sont sans doute des épreuves d'essai, et il n'est point probable qu'on ait fait un tirage entier de cet état (4).
Frbd. Villot.
(i) Oo Toit assex souvent de fort belles contre-épreuves .qui, au premier coup d'odl, semblent avoir été tirées avec des épreuves avant la lettre, mais 11 est facile de constater qu'elles ont été obtenues au moyen de cache-lettres dont •n a couvert la marge du bas et la place de rinscriplion.
I7K LU. CABLNKT
CATALOGUE RAISONNE
DBS
ESTAMPES GRAVÉES A L'EAU-FORTE Par Valentln Iiefebre.
Titre. Deux branches de lauriers formant une couronne terminée à la
partie supérieure par les armes de France, sont appliquées sur une espèce
de panneau encadré par des filets saillants. L'espace resté blanc au milieu
de la couronne renferme le titre suivant disposé en manière d*inscriptîon:
OPERA SELECTIORA, qya TITIANVS VECELLIVS CADVBRIENSIS et
PAVLVS GALLIARI VERONENSIS inventarvnt ac piwxervwt. QCiEQUE
VALENTINVS LEFEBRE BRVXCELENSIS df.lineavit , et scvlpsit :
GHRISTIANISSIMO LVDOVICO MAGNO FRANCliE ET NAVAKRiE REGI
INVIGTISSIMO SACRAT, vovet, jagobus tan campen MDGLXXXII. Dans
des tirages postérieurs on lit sur la baguette inférieure au dessous des deux
queues des branches de lauriers : cum priviL S> C. Maiestatis^ et Régis
chrisHanissimi.
Larg. 0- 322, haut 0* 395.
$ I*'. Estampes gravées d*après les tableaux