PONTS
Un pont porté sur des piles, ou, plus rarement, une espèce de môle traversant le fossé, donnait accès dans la place. Quelquefois, en excavant le fossé, on ménageait une langue de terre, qui servait de passage; mais, d'ordinaire, on préférait un pont léger, facile à enlever au besoin, qui oflfrait l'avantage de rétrécir le passage, et même, en cas de siège,, de l'intercepter tout-à-fait.
Fig. IX. Tapisserie de la reine Mathilde (xi« siècle).
Dans les monuments figurés, dans la tapisserie de la reine Mathilde, par exemple, on voit des ponts semblables qui ne sem-
blent composés que d'une seule planche. 4)n observera que l'extrémité qui aboutit à l'enceinte fortifiée est plus élevée que l'autre. Le but de cette disposition* s'eiq)lique suffisanmient. On doit remarquer-encore des espèces de marches destinées à assurer le pas des chevaux.
Bientôt on imagina de construire des ponts dont le tablier se composait de deux pièces : Tune immobile, l'autre pouvant se relever au besoin, et, de la sorte, fermer le passage. Cette invention, qu'on nomma pont-levis, se perfectionna rapidement. La partie
Fig. X. Porte Sainl-Jcan à Provins, vue de Textérieur.
mobile du tablier fut manœuvrée par un système de contrepoids, en sorte qu'un eflFort même assez faible suffît pour la lever ou l'abaisser.
DE l'amateur. i\9
Il est presque impossible aujourd'hui de retrouver d'anciens pont-levis. On reconnaît qu'ils ont existé à de longues ouvertures percées dans tes murs, au dessijs de la porte, et dans lesquelles se mouvaient sur un axe les flèche», c'est-à-dire les poutres formant le levier auquel le tablier mobile était suspendu.
Pig. XI. Porte Saint-Jean à Provins, vue de Tintérieur;
Si le pont-levis était très léger, comme ceux qui étaient destinés à donner passage à des honunes à pied seulement, les poutres
étaient remplacées par une armature en fer moins compliquée et d'une manœuvre plus facile. Les figures d^ après dispensent de toute description. ,"
Flg* XII. Tour deCesson, près de Saiiu-Brieuc ; état actuel.
Fig. Xlll. Tour de Cessou, porte restaurée.
Lorsqu'au lieu d'un fossé il s'agissait de traverser quelque obstacle plus considérable, tel qu'un latge ravin, ou bien une rivière, un pont solide en pierre était substitué aux ponts de charpente réservés aux fossés d'une largeur médiocre. Alors, par des dispositions particulières, on s'étudiait à rendre le passage dangereux et difficile pour l'ennemi. Presque toujours on élevait fortement le milieu du pont, et l'on y plaçait une 4our, sous laquelle il fallait passer. D'autres tours défendaient les extrémités du pont;
DE l'amateur. 2M
le tablier était très étroit, et souvent interrompu par des pontslevis en avant et ^ arrière des tours (1).
Fig. XIV. Pont Lamen(anO) près de Rome.
Fig. XV. Pont de Cahors.
Fig. XVI. pont près d'Aigues-Morles.
(i) Ces ponts chairs de tours étaient souvent construits pour favoriser ie prélèvement d*un péage. Dans ce cas, ils peuvent se rencontrer fort éloignés de toute autre fortification . ^Quelques châteaux situés sur le bord d'une rivière levaient un impôt sur la navigation au moyen d'un barrage ou estacade qui ne
Fig. XVII. Pont de Sutrl.
, Dan3 quelques provinces, on voit le tablier des ponts affecter en plan la forme d*un Z (1 ), et Ton pensait sans doute que cette disposition devait rendre plus difficile une surprise, telle qu'en auraient pu tenter des hommes à cheval se lançant au galop pour forcer le passage.
Fig. XVIII Pont sur le Tavlgano, en Corse.