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La rossemblaiice est un résultat de toutes les pari les d'un visage, assemblées et formées comme dans le naturel selon la situation et la lumière establie.
xx^. . .
Il est des situations et des lumières bien plus avantageuses à certains objf^ts qu'à d'autres.
XXM.
Avant que de commencer les portraits, il faut considérer l'air ordimiire de la personne, sa taille, son âge, sa qualité, et l'on prendra des situations et des lumières convenables à tous les quatre.
Les portraits doivent être censés faits coste à coste du naturel, c'est-à-dire eu supposant qu'il n'y a point de distance ni par conséquent de diminution de trait et de couleur du naturel au tableau: sans cette supposition on fait ordinairement le nez trop gros et trop long, et l'on manque encore à beaucoup d'autres parties, outre que le coloris du portrait ne sçauroit avoir la force du naturel, et cela vient de la distance qui cause des tromperies au regard du trait <!t de la lumière.
xxvin.
Un objet est si fort ce qu'il est par le tout ensemble, que dès le moment que l'oin rage copié d'après luy manque de ce costé-là, les parties les plus achevées de cet ouvrage ne sçauroient faire en général qu'un méchant effet. Il seroit plus excusable d'avoir négligé ces parties que leur masse et le tout ensemble, c|ui doit être un rapport, une proportion et une liaison de toutes les parties.
Si le soir on recounoist les gens sans voir distinctement les parties de leurs visages , mais en vertu du tout ensemble , il s'ensuit que le tout en.semble ou la masse des objets doit être préférée en peintui-e à la i-echerche du particulier. En peinture et en desseignature , ^adresse est de ti a\ aillei- en un endroit et de voir le tout ensemble.
Les belles touches d'un portrait sont certaines parties esclairées ou ombrées qui tiennent le dessus sur tout l'ouvrage, qui en font la v ie et le pétillant, sans pourtant oster l'union du général.
Mais les belles touches d'un portrait font peu de chose sans les vrais contours, comme les vrais contours font peu de chose sans les belles touches.
Les vrais contours d'un portrait sont les parties formées par une je ne sçay quelle incertitude, et une certaine inégalité de traits qui marque les cavités, les convexités et les accidens du sujet, et qui, par des angles apparemment plus sensibles que dans le naturel, fournit à la distance, et soutient de loin l'effet et la sensation de la nature.
Comme l'homme est dans un perpétuel mouvement et qu'il en résulte différens airs de son visage, le peintre doit se déterminer d'abord pour donner à son portrait l'air et l'e-sprit qu'il croira le plus convenable à son modèle. Sans cette judicieuse et nécessaire détermination, il se met dans le cas de faire et de refaire continuellement son ouvrage, et de dissiper ainsi tout le Ijeau feu de son esprit sans produire aucune chose qui soit véritablement semblable à son objet.
Quand un portrait a le véritable air du modèle, c'est-à-dire qu'il en marque l'esprit et le caractère, il ressemble ordinairement fort longtemps.
[lue véritable ressemblance frappe autant l'esprit que les yeux.
Il faut avoir des entretiens avec les personnes que l'on peint, selon l'humeur et l'esprit dans lesquels on les veut peindre.
L'entretien qui se fait entre le modèle et le peintre , est plus con^'enable à la peinture des portraits que toute autre.
Il faiU faii-e pvomptenient ce dont on juge promptement.