Duboucliet
[La suite an ]irO(iinin nutniro).
— La vente des tableaux de M. Illioiié s'est faite sous la direction de M. Etienne Leroy, de Bruxelles. Le catalogue, fait avec soin, avait aussi été imprimé àBruxelles ; manquons-nous donc à Paris d'imprimeurs et d'experts ? M. Evrard Rhoné était un amateur d'un type très-connu, recliercliant plutôt le joli que le beau , un peu sensuel drins ses goûts, s'il faut en croire les nombreux tableaux mythologiques de Guillaume Mieris , qu'il avait réunis; le clievalier Van der Werff devait être son idéal en peinture. On sait très-bien parmi les amateurs de Paris sa faiblesse pour quelques fournisseurs attitrés qui savaient les lui présenter avec un art ingénieux , payé souvent beaucoup plus cher que les tableaux eux-mêmes. Mais comme M. E. Rhoné était très-soigueux, et qu'il conservait les quittances de ses tableaux , elles ont servi à les faire vendre au mieux. îL E. Le Roy — ces étrangers sont impitoyables— fit annoncer qu'on remettrait séance tenante au nouvel adjudicataire, avec chaque peinture, le reçu original constatant le prix d'acquisition. Cette petite comédie n'a pas fait rire tout le monde; c'était une invitation très-directe à quelques persoimes de se
présenter à la vente : elles n'y ont pas manqué. Beaucoup ont racheté leurs tableaux pour ne pas laisser traîner ces morceaux de papier compromettants , et la vente a été des plus curieuses pour les spectateurs qui connaissaient le dessous des caries.
Les 178 numéros du catalogue de M. Rhoné ont produit 193,000 fr. Un tableau attribué à Titien, que cet amateur avait payé 30,000 fr., n'a pas paru à la vente.
— La collection d'estampes de M. H. Dreux ne présentait pas moins d'intérêt que celle de M. Arozarena. Formée lentement par un amateur difficile, plus soucieux de remplacer une épreuve faible par une épreuve supérieure ou mieux conservée que d'enfler ses cartons, elle était aussi plus variée dans sa composition. Albert Durer, Ant. Van Dyck, î^anteuil, Osfade, BembrandI, y étaient représentés par des estampes du plus beau choix.
Un paysage ii l'eau-forte de Claude Lorrain , le Bourier (a° 8 de notre catalogue raisonné, vol. 2 du Cabinet de l'Jmateur, \" série), était la perle de cette collection. Il est difficile de rien voir de plus séduisant et d'un éclat plus extraordinaire que cette petite estampe , qui s'est vendue 2,060 fr. , et qui les vaut bien. C'est un premier état non décrit avant le nom de l'artiste, qui se trouve dans la marge du bas , à droite. Parmi les autres estampes d'une condition exceptionnelle, nous citerons les suivantes :
!\L A. Raimondi. LeMartyredesaintLaurent.fr. 1,660 ,1 Ste Cécile, d'après Raphaël.. 1,510
Il Le Parnasse (coll. Revil et de
Lasalle) SOS
REsiBKAivnT. Portrait de Rembrandt appuyé. . . . 430 >. T^a Pièce aux cent florins, 1" état. 1^600 L'/?fce//o«!o, 2=état (coll.Debois). 1,050 1) La Descente de la croix, 2" état.. . 72.5 ScHONGAunE. Le Portement de la croix. (B. 21). 560
— La collection des lithographies de 1\L Paraguez n'a pas tenu, à un certain point de vue, tout ce qu'elle promettait. Par une bizarrerie singulière, l'amateur avait fermé ses cartons en 1830; rien n'y avait pénétré depuis cette époque , sauf les productions de Charlet , de sorte qu'elle n'offrait qu'un ensemble fort incomplet. Ni Raffet ni de Lemud n'y étaient représentés. Il y manquait de 51. Eug. Delacroix son Hamlet, son tigre royal et son lion de l'Atlas, les deux pièces les plus parfaites de l'art, et réunissant toutes les ressources qu'il peut offrir.
En moins de quarante ans nous aurons vu uaiire et mourir cet art de la lithographie. Il était venu au monde sous les auspices de Charlet, de Géricault et deBonnington; il est descendu au tombeau avec Raffet, rare et charmant artiste enlevé trop tôt aux arts, qui depuis quelques années déjà était son dernier soutien.
A part les ouvrages de Bonnington , Géricault, Decamps et Eugène Delacroix, le reste de ces froides productions ne s'est guère élevé à plus de 1 fr. la feuille en moyenne.
L'œuvre de Charlet s'est vendu fr. 2,700
L'œuvre d'Horace Vernet i ,300
C'est sur les œuvres de Géricault et d'Eug. Delacroix,
qui ont été détaillées, que s'est établie la bataille ; elle a
été chaude.
Trois soldats du train montés, arrivant au galop, de
GAZETTE ET BULLETIN
face. Une des plus énergiques compositions de Géricault, dont on ne conn.-ît que quelques épreuves fr. 23.5
Deux chevaux gris pommelé se battant dans une écurie. La pierre a été l)risée à la seconde épreuve. 560
La liataille de iMaïpu, g iguée sur les Espagnols par les troupes de Buéuos-Ayres 51
La bataille de C/iacabuco, idem .^s
Campagne de Russie. Grenadier manchot tenant la bride du cheval d'im cuirassier aveugle. 42
La suite, f'arious suhjects clnni-ii from life , publiée à Londres; 12 pièces, détaillées, ont produit ensemble 43]
Études de chevaux d'après nature, publiées chez Gliiant; 12 pièces et la couverture loo
Chevaux de ferme; à pièces so
La tuile des compositions d'Eug. Delacroix , pour le Faust de Cœthe, premières épreuves, avant les inscriptions ou avec des croquis et des essais de crayon sur les marges. Chaque feuille séparément, de SO à (iO francs.
M. Paraguez avait réuni quelques pièces exécutées par des femmes, la duchesse de Berry et la princesse de Chimay entre autres , lor.-que la lithographie était une rage partent, comme dit la chanson; il aurait pu y joindre celles de la princesse Charlotte Bonaparte et de S. A. I. la princesse Mathihle; mais ces délassements de l'exil sont très-rares en France.
— Parmi les ventes faites à l'étranger, que nous gardons pour alimenter notre bullelin d'été , celles des manuscrits provenant de la succession de VViiibald Pirckheimer et des archives du baron Hallcr de Hallerstein , dont ils faisaient parlie, présente un intérêt particulier.
Les manuscrits de Pirckhcimer ont été achetés en bloc par la ville de Nuremberg. Outre ses propres ouvrages, il y avait là une correspondance très-volumineuse qui intéresse l'hisloire de la première moitié du xvi= siècle, beaucoup de lettres des plus illustres réformateurs, et les originaux de celles qu'Albert Durer écrivit de Venise à son ami, dont nous avons donné une traduction dans la première série du Cabinet de l'Amateur.
La quatrième partie de ces archives , contenant les portraits, achetée par le libraire Edwin Tross, s'est vendue à Paris le 29 mai.
— La jolie collection de tableaux moclei'nes de M. Wertemberg, vendue le 0 mars dernier, était l'oj l bien choisie. Pour ne pai'ler que de ceux qui nous ont iin|)ressionncs d'une façon particulière, la Fantasia arabe, d'Eugène Delacroix, les deux Paysages, de J. Dupré, et \& Bazar, de Marilhal, étaient des merveilles; mais de quelles formules nous servirons-nous pour louer W% Soldats jouant aux cartes, de Me'ssonier?... On se récrie sur la somme ; c'est un grand prix, en effet, mais c'est aussi une grande économie que de pouvoir renfermer dans un petit espace et dans un seul objet une source exquise de jouissances que l'on demanderait en vain à cent productions d'un ordre infériein-.
1 RosA BoxnEUR. Troupeau de moutons au repos au
milieu des bruyères, montagnes d'Écosse. 45 cent. sui^CS. — M. Petit...
2 Idem. Vaches dans un pâturage. M. Hollander.
3 BrtASCASSAT. Mouton couché dans \me. prairie.
37 sur 4C. — Le baron J. de Rothschild. .
4 Decamps. La Patrouille turque. 75 sur 93. —
Le comte Paul DemidolT. . .
5 Idem. Les Potiers italiens. Comp. de six 11".
49 sur G5. — M. Petit. .
Decamps. Samson comhallant les Philistins. Esq. 1,080 Delacroix (E.). Fantasia arabe. Composition de
six figures. 05 sur 80. — M-t Thcuard . . . ,3,200 DlAZ. Le Jardin des Amours. Composition de
15 figures. 41 sur 00 |
Idem. Nymphe et Amour. 32 sur 24 igo
DupnÉ (Jules). La Vanne. 50 sur 08. —
Le comte Paul Demidoff. . . 7.100 Idem. Paysage et Animaux ; soleil couchant. 49
sur C5. — Le marquis d'Hertfoj-t. . , 3,350
FICOEL. La Partie d'échecs. 21 sur 27 "oo
FllÈBE (Éd.). Jeinie Paysanne tenant un enfant. 1,500 GÉROME. Arnautes en prière. Comp. de dix 11".
30 sur 52. — Jj. Peiit.°. î,550
ISABEV. Le liois aux Amours. 45 sur 32 850
Jacque. Poules et Coq dans une cour de ferme. 1,100 itlARlLHAT. Bazar à l'entrée de la ville de Jérusalem. 55 siu- 81 . — Le comte Duchàtel. . . 10,000
Idem. Danse sur les rives du Rospbore 0,750
Meissosier. Soldats jouant aux caries. 21sur27.
— Le comte Paul Demidoff. . . 28,000
Petieskofen. Marché hongrois i^iqq
Plassan. Une jeune Femme essaye une coiffure
devant un miroir que lui lient sa serv.inle. .. 1,000
RoBKHT Fleury. Intérieur d'une école juive . . 0,850
RoQOEPLAX. La Cueille des pommes. M. Auguiol. 3,500
RoussEAn. Le Pécheur; effet du malin 700
Idem. Paysage traversé par une rivière 860
Idem. Paysage; effet de soir. 25 sur 33 720
Troyox. Animaux buvant à une niai-e. 40 sur
32.— M. Berihcimy. . . 2,126 Idem. Vaches et Moulons an lepos sur la lisière
d'un bois. 31 sur 39 1 ^qq
Wll.LE.vis. Le Départ du message. 55 sur 40. . . 2,600
ZlEM. Le grand Canal de Venise. M. van Isacker. 3,250
COLLECTIOiN D'ESTAMPES AROZARENA.