‹ Le Cabinet de l'amateur (volume 2)Chapitre 42 sur 54 · GG · texte numérisé non relu

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EXPOSITIONS PROVliVCIALES.

Les expositions d'objets d'art anciens se niultiplient dans les départements , et nous pouvons en attendre d'excellents résultats. L'an dernier, c'était Amiens et ÏMontpeliier qui nous conviaient à admirer leurs trésors ; cette année, c'est le lourde Rouen et de Marseille. L'enthousiasme, le mouvement d'esprit intelligent et curieux produit par ces solennités provinciales, serviront à constater et ù mettre en lumière bien des richesses restées enfouies ; mieux appréciées, elles seront aussi conservées avec plus de soin ; la province est généralement plus conservatrice que Paris. C'est seulement au moyen

GAZETTE ET BULLETIN DU CAniXET DE L'AMATEUR.

de CCS expositions que nous verrous reparaître ce que le temps a épargné des productions de la peinture française du xv» et du xvi= siècle ; elles sont plus nondirenses qu'on ne se l'imagine communément, et la seule ville d'Amiens avait réuni, l'année dernière, ime suite importante de tableaux français du mo5'en âge et de la renaissance ; mais combien n'en reste-t-il pas encore à connaître !

Beaucoup d'écoles d'art et de centres industriels florissants se trouvaient aulrel'ois disséminés partout sur le sol français : Tours, Orléans, Blois, Dijon, Kevers, Reauvais, Limoges, Rouen, et d'autres encore, étaient célèbres ii des titres différents, et c'est dans ces villes surtout que des expositious consacrées à réunir les ouvrages des artistes provinciaux peuvent être fécondes en résultats intéressants pour l'histoire. C'est là que se trouvent les documents, c'est ;n.issi là qu'il doit être îc plus facile de réunir une suite abondante do monuments.

Mais il faudrait à ces expositions, chose difficile, de bons catalogues critiques, qui paraissent leur avoir manqué jusqu'à présent, et des rapports qui résumassent, à la lin de chaque exposition, les développements historiques qui ne peuvent trouver place dans une simple nomenclature. Sans ces deux condilious, elles ne peuvent être que de stériles satisfactions d'amour-propre.

Le temps nous a manqué pour aller visiter l'expositioti d'œuvrcs d'art qui a eu lieu, dans les premiers jours de juin, dans la grande salle du Palais-de-Justicc de Rouen. On nous dit que, préparée d'une façon un peu hâtive, elle ne répondait pas tout à fait à ce qu'où pouvait attendre des collections parlicidières de cette ville. Quelques amateurs parisiens s'y étaient fait représenter par des objets excellents. La céramique roiiennaisc, très à la mode aujourd'hui, y était néanmoins au grand complet; n>ais c'est à iM. André l^ottier, le doyen et le Nestor des études sur la céramique française, qu'il appartient d'ajouter aux noms de Nicolas Poirel et de Louis Poterat, qu'il nous a déjà fait connaîtie, ce qui distingue les diflVrcntes phases de celte industrie intéressante.

Le monument le plus inlércssaut de l'exposition de Rouen était, sans contredit, un casque de bronze plaque d'or et décoré d'émaux incrustés appartenant à M. Bizet. Ce bel et rare objet, très-probablement gaulois, si nous en croyons ces deux caractères distinctifs de l'art de notre pays à l'époque de la domination romaine (nous voulons parler de l'art de plaquer les métaux et de les incruster d'émail), a été trouvé dans l'uu des bras de la Seine.

I.e coinpltmeiil des Nous <t cc/oircisseim'nls relatifs aux Diauuscrits de Léonard de Vinci paraîtra dans notre prochaine livi'aison.

LE m\m m l'amatelr et de l'antiquaiue

Publié sous la dirccllon de M. EIjG. PIOT 1842-46. Paris, Didot^ 4 volumes grand iu-8o, figures. Prix : 40 francs.

CcUe coUeclion, complète en 4 vol., n'a jamais été mise dans le commerce, et il n'en reste qu'un petit nombre d'exemplaires.

BIBLIOGRAPHIE

Portraits des personnages FitAKr.Ais les plus illusli-es du XVI' siècle, reproduction fac-simtle de.s originaux dessinés aux trois cra}ons par divers artistes contemporains, recueillis et accompagnés de notices historiques par M.' P.-G.-,l. NIEL.

2 vol. gr. in-ful., Paris, DA?iLOS jeune, quai Malaquais, 1.

Le temps est loin de nuire a(i.\ oeuvres consciencieuses, e! lorsqu'une idée est juste, elle se développe avec rajiidiié. C'est ainsi que ce beau livre des Port rai f s français du XVI'^ siècle, j'csté dans l'ombre depuis quelques années, vient de rcparaîlrc plus intéressant, plus vif et plus aciueique jamais. M. Niel n'a pas sevdcment l'Iieureu.v privilège d'être, à ia fois, un érudit et ^ uu homme de goût, c'est aussi un initiateur, et le public lui a donné raison. Aussi, ces aimables crayons dont il nous a enseigné l'intérêt et le mérite, ont-ils fait une belle fortune. lis sont reclieri bés aujourd'hui avec une vivacité toujours cioissanîe, qui donne chaque jour nn plus grand prix à l'excellent recuLîi! qu'il en a publié.

Ou désignait au xvi'' siècle, sous le nom de erajous, des por- Ivails à la pierre noire mélangée de sanguine et de crayon blanc, souvent rejelés ; c'était la mode alors d'en lorracr descoiieclior.s. Beaucoup se sont perdus, mais il nous en est resté un assez grand nombre, conservés maintenant diuis les dépots piibiies et dans les collections particulières. Un peu décolorés par les années, ces dessins ont une douceur d'aspect, une sorte de demi-e\isle:iei' qui s'accorde parfaitement avec réloignenif nt pei'spcctif où ; le iem])s les a placés. Le choi.v de M. Niel est excellent au dou- ! ble point de vue de l'art et de l'histoire. Depuis les Jai:els jusipi'à llabel et Dmiioustici-, totis les artisles qui se sont diilingués dans ce genre de productions y sont représenlé.s par des (l'uvres de choix, et nous pouvons dire qu'elles ont un charme el une distinction qui font honneur à l'art français; rhisloire, de|Uiis François 1*"'" justju'à Henri IV , y voit i-evivre les principaux acteurs de ce drame si mouvementé de la rél'unuc et de la jenaissauce française au xvi'' siècle. C'est imc galerie de porirails qu'il est indispensable de visiter si l'on veut lire avec fruit les mémoires de lîrantome, de Marguerite de Valois, de Montluc et de Pierre de l'Kstoile. Cette collecliou peut se placer à côté de celle des Personnages de la cour de Henri fin, dessinés par Holbein, mais elle lui est bien supérieure par la variété et sui lout par les notices historiques dont M. Niel s'est plu à l'enrichir, notices d'un grand sens et d'un excellent style, pleines d'aperçus ingénieux et de la plus aimable érudition.

Nous rappelons à nos lecteurs que nous avons fait faire pour les abonnés du Cabinet de l'amateur un certain nombi e de reliures mobiles, disposées de manière à recevoir vingt-quatre numéros de notre recueil. On peut se les procurer au piix réduit de 3 fr. ùO.

Chez Castel, libraire, passage de l'Opéra.

LE CABINET DE L'AMATEUR (2' série) parait tous les mois, à partir de mars 1861 , par livi aisons de 2 feuilles 1/2 in-4°.

On s'abonne, à Paris, chez Firmin Diuot frèuks, fils et C"^, 50, rue Jacob; chez tous les directeurs de poste et chez tous les liiiraires de la France et de l'étranger.

Abouuemeut pour Paris. Un an 12 Tr.

— ponr les dêparleineniâ. . . \h

Lu petit nombre d'exemplaires d'amateurs a élé tiré sur grand papier vergé fort. Le prix est de X'i fr. par an.

Tout ce. qui concerne la rédaction doit être adressé franc de port à M. LUG. PlOT, rue Saint-Fiacre, n° 20, à Paris,

Paris. — imprimerie de Ad. R. LainO ei J. fîavai'd, rue Jacoi), bii.

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