VENTE DE LA COLLECTION VAN DEN SCIIRIECK
A LOUV.ilN.
Il Uéris et Le Roy sont eu guerre. » Os deux frères siamois belgesdu tableau flamand et hollandais, que l'eu voyait autrefois, cliaquc hiver, apporter aux amateurs parisiens ce qu'ils avaient fraternelleuient glané pendant l'été chez nos voisins, divisés maintenant, se font une petite guerre qui n'est pas sans intérêt pour le public.
Le Roy crut un moment avoir terrassé son adversaire par cette fameuse vente Patureau , si bien montée et si rondement menée. Mais Iléris, vaincu sur le terrain de l'adjudication, répondit par un Mémoh-e sur le caractère de l'école flamande de peinture sous le rèfjne des ducs de Sourgo(/ne, qui fut couronné par l'Académie de Bruxelles. Je sais bien que l'on a dit que ce mémoire était de son gendre, habile homme à qui nous devons déjà quelque chose en ce genre ; mais c'est une pure calomnie. Étienne Le Roy, plus positif, essaya de reprendre la corde sur le terrain habituel de ses succès par la \enle très réussie des tableaux de la collection de VandenSchrieck de Louvain, faite enavrildernier. — Un demi-million ! obtenu dans une ville plus connue par la fabricationde la bière que par ses collectionsd'objets d'art, c'était très-joli. Mais voici qu'un autre mémoire de son rival tente de lui en enlever le mérite. Pour cette fois , c'est un mémoire d'uu autre genre : c'est la liste de 3G tableaux vendus par Iléris à M. Vau den Schrieck pour
LK CABINET DE L'.iWATEUR ET DE L'AMKILAIIIE
(1'"'' série)
Publié soas la dIrccllOD de III. EtIG. PIOT 1842-4G. Paris, Didot, 4 volumes grand in 8o, figures. Prix : 40 francs.
Cette collection, complète en 4 vol., n'a jamais été mise dans le commerce, et il n'en reste qu'un petit nombre d'exemplaires.
la modeste sonnnc de C2,100 fr., et dont Kticiine Le Roy vient de retirer 219,380 fr. en vente publique. Voilà ce qui s'appelle parler d'or. Nous verrons ce que Le Roy répondra. Sous un extérieur un peu lourd, il cache beaucoup de finesse et d'habileté en affaires; mais il a fait, cet hiver, uuc foule de petites misères aux marchands parisiens , nous en avons entretenu nos lecteurs dans le temps , qui rendent désormais ses succès difficiles sur le marché de Paris.
On a beaucoup p.irlé et avec raison de la collection de ^L Van den Schrieck, 21!) tableaux, parmi lesquels on pouvait compter 40 toiles excellentes et d'un grand prix ; c'est toujours rare, et plus qu'il u'en fallait pour attirer les amateurs. La France a eu sa bonne part de tout cela, et la Belgique, qui se voit dépouillée peu à peu par les étrangers, n'a pas laissé partir ses tableaux sans les faire bien paver. Le Musée de Bruxelles en a acheté pour 40,000 fr.; celui d'Anvers pour 50,000 : c'est d'un trèsbon exemple et très-patriotique. Kotre musée de Lille était aussi représenté à cette vente par son directeur, M. Reynaert. M. Mcffrc a eu pour lui un petit Gabriel Metzu, qui est une perle. M. Laneuville a acheté pour M. le comte Duehâiel le plus beau Ruysdacl des Flandres, et un Van der Heyden très-précieux. M. Viardot et M. Richard \\'allace , qui est de toutes ces fêtes, ont fait de nombreuses et belles acquisitions. — Nous donnons la liste des plus importantes.
V.\piDER Hexuen et Van de Velde. Vue intérieure d'une ville de Hollande (coll. Krord,
1832. Fr. 6,951). 48 sur 55. Laneuville. . . 25,100 CiAiiEiEL Metzu. La Cuisinière hollandaise.
37 sur 21. M. Melfre. 5,G00 AnniEiN" Van Ostade. Litérieur de ferme.
45 sur 59. M. Viardot. 13,000 Isaac Ostade, Vue de Hollande l'hiver.
88 sur I m. 13. Musée d'Anvers. 9,000 Jacques Ruvsdael. Le Torrent.
89 sur 84. M. Laneuville. 38,000 11). Vue prise en Hollande, figures d'Adrien Van de Velde.
45 sur 59. M. R. "Wallaee. 19,000 Jean Steen. Noce de village (coll. Erard. Fr.
5,000 en 1832). 43 sur 01. .Musée d'Anvers. 10,0011 TiîMEBS. Un Médecin de village.
27 sur 37. Musée de Bruxelles. . 14,1100 ID. Un Corps de garde.
57 sur 8G cent, M. Viardut. 9,000 Van de Velde. Marine par un temps calme.
34 sur 40. M. Farrer. 14,000 W'ouwEKMA.^s (Ph.). Le Cheval rétif.
44 sur 37. I\L Dutuit. 13,100 J. WxNANTS et Adrien Van de Velde. Paysage et animaux. 38 sur 4G. Mus. d'Anvers. 10,000
I.E CABIXRT DE L'A.IIATEUR (2' sci-ie) paraît tous les mois, à partir de mars 18G1 , par livraisons de 2 feuilles l/2in-4'*.
On s'abonne, à Paris, chez FiRMm DlDOT fkèrks, fils et C"^, 56, rue Jacob; chez tous les directeurs de poste et chez tous les libraires de Iii France et de l'étranger.
AbounenienI pour Paris. Un au l'.ï fP.
— pour les depanemcuis. . .
Un petit nombre d'exemplaires d'amateurs a été tiré sur grand papier vergé fort. Le prix est de 24 fr. par an.
Tout ce fini concerne ta rédaction doit être adressé franc de port à M. EuG. PlOT, rue Saint-Fiacre, 20, à Parlu
Paris. — Inipriuieric de Ad. 11. Laiiic elj. llavaid, rue JucoIj, 50.
NOUVELLE SERIE
TEVTE
A'iaVc (le l'Histoire de la poroelaiiic cii Altciiuigiie Iciie liiDOUsine. — La Cassette de saint Louis. rieWarwick . . . ■
J.-D. Otitliy. Deuxième discLuns slu' lii puinliiru.
r'6 ET 7. AOUT-SEPTEMBRE 1861
. — Émail- Le Ciboire
ILLIISTRATIOKS
JardiiiîÈrc en porcelaine de Saxe
Cassellc de saint Louis (musée des Souverains Ciboire de la collection du due de AVarwick.
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NOUVELLES DIVERSES
Sa Majesté l'Empereur vient de l'aire acheter, sur sa cassette particulière, par l'entremise de M. Léon Houier, la portion du mont Palatin qui est comprise sous le nom de Jardins Farnêfie et qui appartenait à Texroi de Napies.
Cette partie de la célèbre colline est de beaucoup la plus considérable. Il ne reste, en dehors du domaine acquis par l'Empereur, que l'ancienne ri/la Mills, au sud, tant de l'ois fouillée, et dans laquelle se trouve aujourd'hui un couvent de religieuses françaises; et, au le\ ant, une maison de franciscains.
Les terrains achetés n'ont pas moins de sept hectares d'étendue. Ils renferment les fameuses ruines du Palais des Césars, dont deux étages entiers sont comblés depuis le temps de l'invasion des barbares et doivent receler des statues, des peintures, des inscriptions du plus haut intérêt. C'est de ce sol, à pein'ê remué jusqu'à ce jour et dans un espace trèsrestreint, que proviennent cependant plusieurs chefstl!œuvre de l'art antique. C'est encore dans ce domaine que l'on a retrouvé récemment les murs primitifs de la plus ancienne enceinte de Rome, celle qui entourait le Palatin lorsqu'il supportait seul la ville primitive, au temps même de son fondateur.
M. Pietro Rosa, auteur de la grande carte archéologique et topographique du Latium, a été nommé conservateur du Palais des Césars. Il est en même temps directeur des fouilles, qui commenceront an mois de novembre de cette année.
— Une exposition de tableaux modernes et d'objets d'art anciens, à Caen, a suivi de près l'exposition de Rouen. Rous aurions su en rendre bon compte à nos lecteurs si nous n'avions préféré prendre le chemin de Florence pour assister à la première exposition de l'iudustrie italienne, dont nous dirons quelque chose dans notre prochain bulletin. ^lême aujourd'hui, l'industrie italienne a pour nous un intérêt d'art qu'il est bon d'é-
tudier. Les vieilles traditions qui n'étaient qu'endormies s'y sont réveillées, et elle a sous les yeux tant de modèles admirables !
Caen renferme plus de bibliophiles que d'amateurs proprement dits ; niais cette ville est depuis quarante ans le foyer de cette agitation archéologique que M. de Caumont, toujours jeune et infatigable, rempli de chaleur et d'entrain, promène chaque année dans un département nouveau, au grand profit des études et de la conservation des monuments français. Caen a aussi nu musée des plus riches parmi les musées provinciaux français. Il a conservé de sa première fondation, après les guerres de la Révolution, quelques pages italiennes importantes. M. Abel Vaulier, qui possède une belle collection de tableaux et de manuscrits à miniatures, avait donné au public les clefs de sa maison, et la visite de son cabinet n'était pas un des moindres intérêts de cette excursion.
— La découverte d'un nouveau gîte de Kaolin, en France, qui nous est apportée par un journal de département, est pour nous toute de circonstance. C'est dans la commune de Clouart (Finistère), que l'on aurait trouvé de la terre à porcelaine sur une étendue de plusieurs hectares et d'une très-facile exploitation, dans le voisinage d'un cours d'eau.
Nous ne savons au juste toute son importance, mais on nous dit que des échantillons de cette terre, ein oyés à la manufacture de Sevrés, ont été reconnus de la plus belle et de la plus pure qualité.