‹ Le Cabinet de l'amateur (volume 2)Chapitre 46 sur 54 · COLLECTION CAMP/VRA · texte numérisé non relu

COLLECTION CAMP/VRA

Nous aussi, nous avons été pris de quelque inquiétude, lorsque nous avons vu toucher, par d'autres mains que celles de la France, une collection qui s'était formée pour ainsi dire sous nos yeux, et dont nous connaissions bien l'intérêt. Aux premières uouvelles de l'acquisition de i50 vases grecs par le gouvernement russe, nous avons cru tout perdu; car cette division est vraiment

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GAZETTE ET BULLETIN

d'une extrême importance. Mais un peu de réflexion et quelques informations plus exactes nous ont rassuré, sans nous consoler toutefois des quelques belles piices certainement perdues pour nous.

Les fresques de l'ccole de Raphaël étaient estimées, à Rome, 200,000 francs, et le vase de Cumes, 100,000 francs. On donnait aussi à quelques statues, médiocres en mérite, une assez grande valeur; il n'était donc pas probable que le gouvernement romain, quelque pressé qu'il frtt de rentrer dans ses avances, ait laissé gaspiller, pour 200,000 francs peut-être, un gage du mont-de-piété de Rome qui représentait une somme considérable.

A la suite de son acquisition, lorsque iM. Guédéonoff vint à Paris et crut nous faire une bonne niche en imprimant le catalogue de ses acquisitions, il fut aisé de voir, à l'oniphase de quelques louanges excessives décernées à des monuments secondaires, que les Romains n'avaient eu affaire ni à un archéologue très-exercé, ni à un connaisseur d'un goût très-fin, et que, à part le rase de Cumes et le lombeau éfi'usqiie enhronze, deux pièces d'une grande valeur il est vrai , la collection était encore dans son entier.

Ceci dit à propos d'une rectification insérée dans le Moniteur, à l'adresse d'une Revue qui avait publié hi extenso, nous ne savons dans quel but, le catalogue de M. Guédéonoff, il ne nous en coûte rien d'avouer que ces rectifications, qui empêchent certaines opinions de prendre une trop grande consistance, nous paraissent excellentes. Nous regrettons de n'avoir pas vu démentir en même temps le bruit qui attribuait à certaines influences rivales la reproduction inusitée, dans un recueil périodique français, de cette longue nomenclature de 7fi7 objets antiques rédigée par un Russe.

Voici la rectification du Monileur du 15' septembre :

« Une Revue, en publiant le catalogue des pièces acquises par la Russie et provenant de la collection Canipana, fait précéder et suivre cette publication de

notes inexactes et de réflexions qui tendraient à rabaisser l'importance de la portion acquise par la France et qui va former le Jtusée Kapolcon IIL

« Il est dit, dans l'une de ces notes, qu'un commissaire russe, 1\L .Stapan Guédéonoff, avait acquis pour le musée impérial de l'Ermitage, à Saiut-Pétersbourg, la plupart des iirincipales pièces qui composaient le musée, alors en son entier, et on lit à la fin de ce même article : « Trois " mois, jour pour jour, après notre acquisition conclue, .1 le musée du Louvre s'est rendu acquéreur, à son tour, n des objets restants du musée Campana. A. la suite .1 de nos choix faits et limités, comme il a été dit, oiia- ■1 œurres de premier ordre, la France a pa3é le sur-

/ji'hs 812,000 écus romains ou 4,360,4.10 francs. »

« Or, la Russie a acquis pour 050^500 francs, non pas 1(1 plupart des principales 2>ièces, mais un certain nombre de morceaux dont nous donnons plus bas le chiffre en regard de celui des acquisitions de la France.

.1 Le musée Campana se compose de douze séries. Le commissaire russe n'a eu à choisir que dans cinq séries : les séries des vases, des bronzes, des bijoux, des sculptures et des peintures. Mais, dans ces cinq séries mêmes, le gouvernement romain avait fait une réserve pour ses musées, réserve à laquelle le commissaire russe n'a pu toucher. Le vase de Cumes seul a été obtenu par une négociation parlicidière.

« Le gouvernement de l'Empereur a acquis les douze séries composant le nuisée; de plus, les commissaires français, JIM. Léon Renier et Sébastien Cornu, ont obtenu du gouvernement pontifical que tous les objets choisis par lui dans toutes les séries fissent retour à la collection, et qu'une masse de fragments précieux de vases et de terres cuites, qui n'avaient pas été portés au catalogue, fussent ajoutés à l'acquisition.

" Le tableau suivant donnera une juste idée des acquisitions de la France comparées à celles de la Russie :

l"^ VascH pL'iiils

2* Rronzcs

3= Bijoux grecs, Olrustliios ot roiiKiins. .

Tin-res ciiiles

VeiTespliéniciens, lîtnisquos et romains.

Peintures antiques

7*= Marbres antiques

8* Tableaux des primiUrsUalicus . . . .

9'' Tableaux des maîtres de la Renaissance ,

10« Faïences rares

11* Sculptures m faïence

12* Ivoires anciens

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