GAZETTE ET BULLETIN DU CABINET DE L'AMATEUR
pour les arts eu Kspague. Tandis que, dans tout le reste de riiurope, se développaient le goût des études archéologiques et le respect des antiquités nationales, l'Kspagnc se couvrait de ruines et voyait disparaître quelques-uits de ses plus beau\ litres de gloire. Partout la fureur aveugle du vulgaire s'attaque aux monuments contemporains des institutions qu'il répudie. Le vandalisme, qui a détruit tant A", monastères dans la Grande- Bretagne, tant de châteaux et d'églises en France, a de même exercé ses ravages en Espagne. Plaints (-helsd'œuvre de la peinture et de. la sculpture, renfermés depuis des siècles dans l'obscurité des cloîtres, où jamais un artiste n'avait pénétré, ont reparu alors à la lumière, mais pour quelques instants; ils allaient cire livres à la torche ou au marteau des barbares.
Au milieu de ces scènes de destruction sauvage, un artiste, animé d'un patriotisme ardent et d'un zèle à toute épreuve, s'efforçait, quelquefois au péril de sa vie, d'arracher aux iconoclastes la proie qui leur était abandonnée. Pendant trente ans, M. Valentin Carderera a parcouru l'Espagne, à la recherche des mouumeuts et des souvenirs de sou histoire. ]Ni la guerre civile, ni les fatigues, ni les privations de toute espèce, n'ont arrêté son activité admirabio. Partout il s'efforçait d'éclairer le vulgaire et lui i)rêehait le respect des arts et des gloires nationales. 11 accourait partout où quelque monument était menacé, et, s'il n'en pouvait prévenir la ruine, il obtenait du moins comme une grâce de le dessiner au milieu des démolisseurs, et conservait ainsi un souvenir de ce qu'on allait perdre à jamais. Chargé plusieurs fois par le gouvernement de recueillir les débris échappés aux Vandales, ou de désigner les objets d'art (pii pouvaient prendre place dans des collections publiques, il a eu le bonheur de prévenir des destructions irréparables et de conserver à son pays des richesses dont il appréciera plus tard toute la valeur. Ilu même temps et parmi ses explorations aventureuses, il se formait un portefeuille immense de dessins exécutés d'après nature, d'autant plus précieux qu'un grand nombre de monuments qu'ils représentent n'existent plus aujourd'hui. C'est une partie de ce portefeuille qu'il publie.
Nous avons distingué tout d'abord dans celte collection les représentations de personnages illustres, la plupart sculptées sur des tombeaux, quelques-unes peintes, provenant de monastères et d'églises supprimés ou démolis. Outre leur importance historique, ces portraits, tous inédits et souvent très-remarquables par leur exécution, offrent à l'art et à l'archéologie une foule de renseignements du plus haut intérêt. Tantôt la disposition originale d'un monument, tantôt la renommée du personnage auquel il a été consacré, le recommandent à l'attention; ailleurs, le costume, les ajustements
LE CAISINET Ulî L'A.M.VTEUR ET DE L'.ANTIQU.MliE
(f"^ sélîlF,)
Piiblië sODs la dircctiuu de AI. EtG. PIOT 1842-46. Paris, Didot, 4 volumes grand iu-S», figures.
Prix : 40 francs.
Celle collection, complète en -i vol., n'a jamais clé mise d.ins le commerce, et i! n'en reste qn'un petit nombre d'e\emplaires.
fournissent à l'antiquaire un sujet d'observations neuves et curieuses. M. Cardercra. qui réunit justement au titre de peintre de Sa Majesté Catholique celui de membre de l'Académie de l'Histoire, s'est appliqué, avec le tact d'un archéologue exerçé, à reproduire scrupuleusement tous les détails sur lesquels l'érudition moderne fonde ses jugements. Son crayon, aussi lidèle que rapide, a conservé à chaque monument ce que les artistes appellent le caractère, c'est-à-dire cette apparence générale qtù frappe tout d'abord, et qui, bien mieux que toutes les traditions, accuse une époque, un style, une école. Rien n'a été négligé pour que la reproduction de ces dessins fût d'une parfaite exactitude, et le crayon des lithographes les a interprétés de la manière la plus fidèle.
L1C0N0GB.4PHIE ESPAGNOLE est uuc ocuvre sérieusc, fruit de patientes recherches, de longs et pénibles voyages. Elle résume dans sou ensemble une grande [)arlic de ce que le moyen âge et la renaissance ont, dans la Péninsule, produit de pins remarquable en peinture et en sculpture. C'est enlin, — que pourrions-nous dire de plus? — l'reuvre d'un amateur et d'un artiste, et les encouragements ne peuvent manquer à un travail consciencieux et original, qui doit combler une lacune regrettable dans l'histoire de l'art.
Archives ue l'abt français, recueil de documents relatifs à l'histoire des arts eu France, publiés sous la direction de JI. A. de Montaiglon. Nouvelle série, livr. 1 et II. Paris, Ed. Tross, passage des Déux-Pavillons, 8.
La première série des archi\ es de l'Art français, éditée avec soin par le libraire Dumoulin, et qui ue foriric pas moins de dix volumes, va avoir une suite. — Les premières livraisons de la deuxième série, qui \iennent de paraître, contiennent une nombreuse suite de pièces relatives à .lean de Paris, peiutre et valet de chambre des rois Charles VHt, Louis Xll et François \" , et aux travaux de cet artiste, exécutés à Lyon de 1483 à 1528.
Ou ne coimait bien l'intérêt des recueils de documents, dans le genre des Archives de l'art français, que lorsque les volumes sont ajoutés aux volumes. C'est une lâche ingrate et difficile ,î remplir, qui mérite toute la sollicitude des amateurs.
Nous r.^[)pelollS à nos Icclciirs que nous avons l'ail l'aire pour les abonnés du Cabinet dk l'ajwateur nn certain nombre de reliures mobiles, disposées de manière à rece\oir %inj^l-(iuaU'(; numéros de noire i-eeueil. On [lent se les proenrer au pii\ leduil lie 3 l'r. 60.
Chez CasI'EI., tiùraii'e, p.issai;)^ ili^ l'Ojiéra.
LE CABINET DE L'A.lIATEUll (2" série) parait lous les mois, à partir de mars 18C1 , par livraisons de 2 leuilles 1/2 in-'i".
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AbODDcnieiit iiour Pari». Un an 12 fr.
— pour lefi dÉparlcmeul.s. . . Ih
L'n petit nombr-e ri' exemplaires d'amateurs a été lire sur grand papier vergé fort. Le prix est de 24 iv. par au.
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l'iiris. — Jinprinierie tle Ad. R. Laiué et J. llavaiil, rue Jaeotj, ùû.