‹ Le Cabinet de l'amateur (volume 2)Chapitre 47 sur 54 · ACQUISITIONS DE LA IT.ANCE · texte numérisé non relu

ACQUISITIONS DE LA IT.ANCE

'1,500 (Série d'un liant inlérèL ErieiUili(|iie cl nr tistique).

ïi5G [Nombreux inorceaux importants).

1,200 (La plus belle colleclion qui existe). 3,000 (Collection unique). La série conijiiMe.

500 La sijrie complè-te.

itj La série complète.

CtlO La séi ie complète.

CO

200 La sél ic coiiiplèle.

ACQUISlTiaXS DE LA ItUSSIE.

5'i2 (dont le laineux vase de (Uinics),

137 (Plusieiti's tuorceaux impot taïUs).

2 (t)n camée et un anneau).

7S (dont li3 statues; quelques-unes impôttantes).

8 fi estincs atlriliuécs à l'école de Itapliai

BLASON, DEVISES, IMPRESE.

Le blason, les emblèmes, devises ou imprese, jouent un rôle considérable au moyen itge, et on ne se figure que difficilement à quel point les signes de ce genre étaient emplo5 és partout par les grands seigneurs, qui paraissent avoir cherché avec soin les occasions de les multiplier. Vêtements, harnais, meubles, équipages,

rien de ce qu'ils faisaient exécuter, h quelque titre que ce fiît , n'échappait à leur empreinte. Aussi leur connaissance est-elle d'un grand secours pour expliquer l'origine et la provenance d'une foule de monuments de cette époque.

Une note sur le blason du prince de Galles, que nous empruntons à une publication anglaise {Notes and Queries), touche très-bien à toutes ces particularités.

On sait que le prince de Galles, héritier présomptif de la couronne en Angleterre, porte trois plumes d'autruche dans ses armes. La version populaire, au sujet de l'adoption des plunres d'autruche par Edward, le prince Noir, peut être rangée parmi les traditions de la nature de celle de « Whittington et son chat, >< et d'autres non moins fondées. Au nombre des légendes fameuses en Angleterre, nous avons celles du roi Arthur et de la Table Ronde, de saint George et le Dragon, de (iuy, comte de Warwiek, et cinquante autres qui ont peut-être un fond de vérité, mais qui se perdent à travers la nuit des âges et qui nous sont tenues embellies par la tradition.

A propos des plumes d'autruclie et de la devise des princes de Galles, telles que l'héritier présomptii actuel les porte encore, l'Iiislorien Sandford en fait remonler l'adoption au temps de la bataille de Crécy. « Au nombre des hommes éminents qui moururent dans cette bataille, il faut compter, du coté des Français, ,Tcan Lugemburg, roi de Bohême, qui tomba de la main même du prince Edward. Celui-ci arracha du casque du \aincu ces plumes d'autruche qu'en souvenir de sa victoire il porta dans ses armes, adoptant jusqu'à la devise ICII DIEN (je sers), et qui furent mises sur sa tombe et portées ensuite par tous les princes de Galles. L'historien suppose que des ailes d'autruche surmontaient le cimier de Jean de Bohême, et qu'/c/t dien signifiait qu'il servait le roi de France. Le même historien remarque que la devise du |)rince peut faire allusion à ces paroles de l'Apôtre ; « L'héritier, tant qu'il est enfant, ne diffère en rien d'un serviteur. » Cela serait d'autant plus acceptable que les princes de Galles sont héritiers et serviteurs de la couronne. Toutefois, les princes de Galles n'adoptèrent pas seuls ce blason et cette devise, car on les retrouve dans les armes de branches collatérales de la famille ro3ale, dans celles des maisons de Lancastre et d'York.

Les plumes étaient un ornement militaire dans l'ancien temps, et aujourd'hui encore elles jouent dans le costume un rôle éclatant. Ainsi, les plumes de coq ornent le chapeau de général. Les anciens rois bretons, particulièrement dans le pays de Galles, ornaient leurs étendards de plumes d'autruches blanches ; mais il est certain que les princes de Galles n'ont commencé de porter la plume d'autruche qu'au temps du prince Noir.

Une mention spéciale des plumes du prince de Galles est faite dans l'inventaire de la garde-robe rojalc sous Edsvard III. Après avoir décrit les divers articles de vaisselle, dont quelques-uns marqués P (initiale probable de la reine Philippe), il est fait mention d'une pièce de vaisselle qui représente dans les armes les plumes d'autruche du prince de Galles.

Le prince Noir, dans un testament daté du 7 juin 137Gj ordonne que son corps soit déposé dans la cathédrale de Canterbury, et que sur sa tombe on place douze écussons d'un pied chacun. De ces douze ccussons, six « porteront nos armes entières, et les autres nos plumes d'autruche. Sur chaque écusson l'on inscrira le mot haumont, » sans doute une devise du prince, synonyme de mar/iianime.

Dans son testament, le prince ordonne encore que sur la tombe son image soit placée armée en guerre. Il ordonne que, pendant la cérémonie funèbre, des hérauts, précédant sou corps, porteront les plumes

d'autruche et son pennon noir avec plumes d'autruche.

Parmi les présents que fit ce prince à la cathédrale de Canterbury, figure une tapisserie ornée de plumes d'autruche, et il veut que sa chapelle spéciale soit ornée d'écussons avec plumes d'autruche. A la chapelle Saint- Nicolas, il donne sa garde-rohe où se trouve, entre autres vêtements, une cotte bleue avec roses et plimies d'autruche.

En réfutation :'i ce dire de ceux qui soutiennent que c'est à dater de la bataille de Crécy que le prince Noir prit les plumes d'autruche, nous objecterons que le cimier du prince Jean était orné, non de ces plumes, mais de plumes de vautour. On dit cependant que l'empereur t;harles, quatrième roi de Bohème, fils de Jean de Bohême, qui fut tué à la bataille de Crécy, portait une plume d'autruche, insigne qui était certainement dans les armes de sa fille Anne, épouse de Richard H. La petite-fille de la reine Philippe était sœur de Henri, comte de Luxembourg, aieul de l'empereur Charles IV. Et si, comme il y a lieu de le supposer, l'autruche était l'ancien blason de la famille, on comprendra que les plumes d'autruche aient été portées par la reine Philippe et par ses fils. Tous les fils d'Edward III, outre le prince de Galles, portaient des plumes d'autruche, et une excellente preuve que les plumes ne furent pas prises 5 la bataille de Crécy par le prince de Galles, c'est que lui-même les portait dans son scèau avant la bataille.

BIBLIOGRAPHIE

IcoNOGBAPHiE ESPAGNOLE, OU Collection de portraits, de statues et de monuments funéraires inédits de rois, reines, grands capitaines, écrivains et autres personnages célèbres de l'Espagne depuis le onzième siècle jusqu'au dix-septième, recueillis et publiés par M. Vale.x- TiN CAEDEnERA, accompagué d'un texte par le même auteur. 2 vol. grand in-folio. Paris, Legoupil, hoiUcvard de la iMadeleine, 5.

La domination des Arabes, le voisinage de la France, des relations politiques avec l'Italie, ont exercé tour à tour, et il des degrés différents, une inlluenee notable sur les beaux-arts en Espagne, mais plutôt pour exciter et développer les qualités caractéristiques de ses écoles nationales que pour leur imposer une direction étran gère. Peu de pays en Europe ont possédé des monuments plus remarquables, plus nombreux et plus variés, et cependant il n'en est point qui ait été moins connu des artistes et des amateurs. La gloire de Velasquez et de iMurillo sans doute a franchi les Pyrénées, mais c'est à peine si l'on soupçonnait, il y a quelques années, qu'avant ces grands maîtres les arts avaient fleuri dans la Péninsule, et que la renaissance et le moyen âge y avaient laissé d'admirables souvenirs. Longtemps la difficulté des communications, le manque de guides éclairés, et, il faut le dire, l'insouciance des Espagnols pour des trésors qu'ailleurs on aurait signalés avec orgueil aux étrangers, ont éloigné les voyageurs d'un pays qui leur ol'frait un vaste sujet d'observations. Puis, des guerres désastreuses et le désordre, suite de sanglantes révolutions, ont précipité la ruine d'une foule de monuments qu'une déplorable incurie n'avait que trop avancée.

La piemière moitié de ce siècle a été surtout fatale

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