‹ Le Cabinet de l'amateurChapitre 104 sur 151 · SALON DE · texte numérisé non relu

SALON DE

L'exposition des artistes vivants allait ouvrir dans les formes accoutumées, lorsque le Moniteur a publié la note suivante :

« De nombreuses réclamations sont parvenues à l'Empereur, au sujet des œuvres d'art qui ont été refusées par le jury de l'Exposition. Sa Majesté, voulant laisser le public juge de la légitimité de ces réclamations, a décidé que les œuvres d'art refusées seraient exposées dans une autre partie du palais de l'Industrie.

« Cette exposition sera facultative, et les artistes qui

ne voudraient pas y prendre part n'auront qu'à en informer l'administration, qui s'empressera de leur restituer leurs rouvres. «

L'exécution de cette mesure, accueillie avec transport par les pauvres bannis du salon, et généralement approuvée par le public, a été l'occasion d'une mesure administrative à laquelle on était loin de s'attendre.

Nous lisons, dans le journal l'Opinion nationale, sous la signature de M. Ch. Samestre :

• On sait que, par une décision toute libérale de l'Empereur, les rouvres d'art refusées au sMon sont exposées dans une des galeries du palais des Champs- Elysées-, de sorte que le public peut, sans déplacement, contrôler la décision du jury et juger en dernier ressort.

" La véritable indépendance consiste à n'exclure personne de la justice, pas même le chef de l'Etat, et nous ne saurions trop louer la décision que nous venons de rappeler : on ne pouvait rien imaginer de plus largement libéral.

« Pourquoi faut- il qu'elle rencontre dans son exécution de mesquines entraves, et que l'administration préposée à la direction de. l'Exposition se montre moins amie de la liberté que le souverain lui-même?

« On refuse aux artistes exclus par le jury le droit de faire distribuer et vendre, dans l'enceinte de leur exposition, le catalogue qu'ils ont fait imprimer à leurs frais. On peut voir leurs tableaux, puisqu'ils sont exposés, mais il leur est défendu d'en faire connaître l'auteur, d'en indiquer le sujet.

• Nous ne voulions pas y croire, et nous avons voulu, avant d'en parler, nous assurer par nous-mêmes de l'exdctitude du fait. Nous avons le regret de dire qu'il est parfaitement vrai. La décision de l'Empereur se trouve par là infirmée autant qu'on l'a pu faire. »

Beaucoup d'autres journaux se sont faits l'écho des réclamations des artistes.

« Les toiles refusées, dit le journal le Temps, sont exposées parallèlement aux toiles acceptées par le jury dans les salles du palais des Champs-Elysées; ne devraient elles pas, dans une certaine mesure, jouir des mêmes privilèges que ces dernières : celui, au moius, de pouvoir être reconnues pour appartenir à leurs auteurs?... Sans aucun doute. Mais l'administration n'a pis été de cet avis; car, sur son refus de faire imprimer un livret spécial, les artistes intéressés ont dû en faire établir un; malheureusement, son utilité a été annulée par l'opposition formelle qui lui a été faite de laisser apposer sur les tableaux refusés les numéros d'ordre correspondant à ceux de ce livret.

« Cette mesure regrettable de l'administration aura pour résultat de priver le public et la critique d'un guide indispensable à leurs recherches et à leur examen; et, par cela même, l'initiative si libérale de l'exposition des tableaux refusés devient incomplète, et ne remplit plus à aucun point de vue le but proposé.

« En couséquence, le comité des artistes refusés se ouve dans l'obligation d'inviter ceux de ses confrères qui ont répondu à son appel, pour le catalogue qu'il a fuit publier, d'apposer sur les cadres de leurs rouvres de petits cartouches contenant leurs noms et prénoms qui se trouvent, par ordre alphabétique, sur ledit catalogue.

■< C'est le seul moyen qui ait été accordé par l'administration, pour compenser ceux qu'elle a cru devoir refuser. Est-il besoin d'ajouter qu'elle a aussi défendu de vendre ce catalogue, non-seulement dans les salles, mais à la porte de l'Exposition et sur la voie publique, et qu'on ne peut se le procurer que chez les libraires, et rue Taranne, 19? »

L'Empereur est venu une seconde fois au secours des artistes refusés. Au moment de mettre sous presse, nous apprenons qu'après une visite de Sa Majesté, ordre a été donné de laisser vendre ce livret imprimé aux frais des artistes, dans les salles mêmes de l'Exposition.

Nous ne voulons entrer au Salon de 1863 que pour y signalrr plus particulièrement à l'attention de nos lecteurs les grandes et belles peintures émaillées sur lave de M. Jollivet. Il y a toute une révolution dans ces travaux qui réunissent à un si haut degré la solidité et l'éclat, sans rien enlever au pinceau de l'esprit de sa touche ou de sa fluidité; la décoration intérieure et extérieure des monuments publics doit tôt ou tard être modifiée par l'avéuemenl de ces procédés nouveaux. M. Jollivet lutte depuis longtemps déjà contre la routine et la paresse, peut-être. En présence de la grande Madone entre saint Joseph et saint Simon, qu'il expose au salon de 1863, c'est au public à hâter l'avènement de la peinture émaillée sur lave. L^ résultats obtenus par l'artiste sont parfaits.

VENTES PUBLIQUES

Tableaux, aquarelles , armures de parade et tabatières précieuses provenant de la galerie de San- Donato, près Florence. (Suite.)

BOITES EN MAT1ÈBES PBÉCIEUSES.

52. Grande boite carrée à coins arrondis, de jaspe sanguin, montée en c.i.'e, sur le couvercle un bouquet d'or ciselé enrichi de brillants, style Louis XV. . 1,310

53. Boite d'or de forme contournée, les épaisseurs ciselées, le fond et le couvercle formés par deux plaques de jaspe héliotrope, tacheté de rouge et de vert clair 800

54. Boite carrée de jaspe sanguin, taillée en cuvette, montée en or, à fleurs émaillées en relief. 465

55. Boite de jaspe, forme contournée divisée en deux compartiments, monture d'or en cage, à fermoirs enrichis de diamants et de rubis 405

56. Double boite formée de plaques de cornaline, monture d'or en cage à filets d'émail bleu , style Louis XVI 1,100

57. Boite de forme ovale, cornaline taillée en cuvette, monture en or émaillé, sur le couvercle un médaillon enrichi de roses d'un travail remarquable 960

58. Boite d'or de forme contournée, les épaisseurs à pilastres ciselés et émaillés, le couvercle et le fond formés de plaques d'agate à sujets chinois, or laqué. Travail allemand, style Louis XV.

Dresde était, au XVIII* siècle, le principal centre de fabrication des bottes en matières dures.

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